38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
L’Église est jeune et pleine de forces, des forces que l’Esprit du Seigneur a insufflées en elle. Les sauvés s’ajoutent par milliers, de nombreux signes s’accomplissent, tous les croyants ont reçu le don de l’Esprit Saint et demeurent dans la crainte de Dieu ; leur vie est le modèle d’une vie chrétienne pleinement accomplie (voir Ac 2:42). Vraiment, ce n’est plus une vie, c’est un rêve… Mais un rêve, c’est tout de même quelque chose de généralement inaccessible, quelque chose que l’on invente pour soulager sa conscience. On se dit : c’est un idéal incompatible avec la réalité. Or ce dont vivent les premiers chrétiens, c’est justement la vraie réalité. Plus réelle que celle dans laquelle nous vivons maintenant.
Et dans l’entretien avec Nicodème, le Seigneur parle précisément de cet être nouveau, du Royaume de Dieu qui est au-dedans d’eux et au milieu d’eux (voir Lc 17:21, Mt 18:20). Par le repentir, par le baptême d’eau et d’Esprit, par la naissance d’en haut, nous pouvons entrer, ou plus exactement nous donnons au Christ la possibilité de nous conduire dans cette autre vie (voir Jn 3:13). Peut-être ne l’avons-nous pas encore remarqué nous-mêmes, mais Lui a déjà tout fait. Il ne nous reste qu’à y croire comme à rien d’autre. Croire, afin de prendre progressivement conscience de ce qui nous est arrivé…
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
Le premier sermon de l'apôtre Pierre le jour de la Pentecôte a fait plusieurs gens avoir «le cœur transpercé» et poser la question : «que devenons nous faire?» Chaque personne, qui reçoit la Bonne Nouvelle pose cette même question. Et voici la réponse, que Dieu nous propose à travers Son Église.
Premièrement: il faut se repentir. Nous avons déjà plusieurs fois parlé du sujet concernant la repentance ici. Nous nous rappellerons simplement que: c'est le basculement de l'esprit, la reconnaissance du fait que nous ne sommes pas autosuffisants et sans péchés et notre appel à Dieu comme source de vie et d'amour. Deuxièmement : il faut se baptiser. Il s'agit d’une ablution complète comme signe de repentance et début d’une vie nouvelle. Au nom de Jésus-Christ signifie ayant confiance en Lui et en Lui obéissant, pour l’union avec Lui dans Sa mort et résurrection. Troisièmement : le don du Saint Esprit. Il ne suffit pas seulement d'être exempt du péché, il faut être rempli de justice; il ne suffit pas seulement de commencer une vie nouvelle, il faut qu’elle soit une vie dans l’Esprit Saint. Et tout cela nous est donné, comme don, et il nous reste seulement à l’accepter, le cultiver et le garder.
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
Luc donne ici une définition de la plénitude de la vie chrétienne. En effet, si l’essence de cette vie est l’union avec Dieu, l’accueil de Sa présence et de Son action dans chacun de nos jours, alors où, en quoi nous a-t-Il laissé cette présence et cette action? Vous direz: partout? C’est vrai, mais une telle présence de Sa part est « diffuse », impersonnelle; elle n’implique pas de relations personnelles avec Lui. Alors vous direz: en Jésus-Christ? Oui, car Il est avec nous « tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est le Verbe de Dieu venu dans la chair, et Il demeure avec nous dans la Parole de Dieu, dans la Bible. Luc appelle cela « l’enseignement des Apôtres », parce que c’est précisément la perception apostolique de l’Ancien Testament et le témoignage apostolique au sujet du Christ qui constituent notre Bible.
Où encore rencontrons-nous le Christ? Bien sûr, dans la prière. Dans la prière qui Lui est adressée, et dans la prière au Père que nous partageons avec le Fils. Et il y a une présence particulière du Christ dans Son Corps et Son Sang, dans le repas eucharistique, la « fraction du pain ». Enfin, souvenons-nous des paroles de Jésus: « dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait ». Il y a donc Sa présence en chacun des hommes que nous rencontrons; il y a Son action particulière chez ceux qui « ont reçu l’Esprit Saint en croyant ». Et c’est pourquoi la « communion », l’amour fraternel, l’entraide sont aussi une rencontre avec le Christ et l’accueil de Lui dans notre vie.
Faisons attention à tous ces « canaux de communication », sans chercher à en « mettre en avant » certains au détriment des autres; essayons de vivre non pas dans le « ou bien-ou bien », mais dans le « et-et ».
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
Comme cela arrive souvent, le plus important dans la lecture évangélique d’aujourd’hui est son sens direct. Dans l’entretien nocturne avec Nicodème, homme d’un certain âge et riche d’expérience, le Seigneur parle d’une nouvelle naissance, du fait qu’une vie nouvelle peut commencer pour celui qui croit en Lui. Et cette vie, dit-Il, commence par une naissance de l’Esprit de Dieu, une naissance d’en haut. Il est terrible et triste qu’un homme ne vive pas de cette vie née d’en haut, donnée par l’Esprit. Mais ce fait ne doit pas nous conduire au découragement ; au contraire, l’ordre direct du Christ à l’homme est : nais et vis. Comme Dieu l’a dit par le prophète Ézéchiel : je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.
Des paroles du Seigneur sur la naissance d’en haut découle encore une conclusion évidente : cette naissance dépend de toi-même ; la volonté du Créateur pour ta naissance d’en haut existe déjà et elle a été clairement exprimée par le Seigneur. Et cela nous ouvre le côté joyeux, pascal, de ces paroles.
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
Parmi les pharisiens, il y avait des personnes différentes, et elles avaient envers Jésus des attitudes différentes. Il y avait aussi, parmi les chefs spirituels du mouvement, des hommes qui manifestaient pour lui et pour ses paroles un intérêt sincère. Nicodème était l'un d'eux. Il vient à Jésus avec des paroles de soutien et d'approbation, en l'appelant « vrai maître ». Il est difficile de dire quel sens Nicodème mettait dans ces mots. Il est tout à fait possible qu'il ne considérât pas Jésus comme le Messie. Mais Jésus lui-même, de toute évidence, n'a pas l'intention de discuter avec Nicodème de la question de sa messianité.
En réponse aux assurances de Nicodème, selon lesquelles lui et ceux qui pensent comme lui voient en Jésus un vrai maître, Jésus lui parle aussitôt de la seconde naissance. De la naissance d'en haut. De l'eau et du souffle de Dieu. On dit d'ordinaire : c'est au sujet du baptême. Oui, c'est évidemment au sujet du baptême. Mais pourquoi Nicodème est-il alors si étonné ? Les ablutions purificatrices qui ont reçu chez nous le nom de baptême étaient connues depuis longtemps et bien connues des Juifs.
Si ce Maître mystérieux n'avait proposé qu'une nouvelle ablution purificatrice, il n'y aurait rien eu d'inhabituel. Mais il parle d'une seconde naissance, et Nicodème ne le comprend pas. Pourtant il le devrait : « Tu es maître en Israël, et tu ne sais même pas cela ? » Jésus parle de la seconde naissance comme de quelque chose qui pouvait et devait être connu de Nicodème, s'il est vraiment maître en Israël. Il ne s'agit donc manifestement pas seulement d'ablutions purificatrices. D'ailleurs, Nicodème parle de l'utilité de la nouvelle naissance comme d'une chose évidente, mais inaccessible. Il ne demande pas : « Pourquoi ? » Il dit : « Comment ? » Comment naître une seconde fois ?
Pourquoi, cela est clair : c'est la manière la plus radicale de se libérer de l'impureté. Recommencer la vie. À partir d'une page blanche. Et ne plus se souiller. Mais comment ? Jésus dit : de l'eau et du souffle de Dieu. Cela sonne étrangement, car, comme on le pensait alors, Dieu purifie l'homme ou bien le sanctifie. D'abord il purifie, puis il sanctifie. D'abord la purification, l'ablution et le sacrifice pour le péché, puis le sacrifice de paix. Et peut-être alors le souffle de Dieu descendra-t-il sur l'homme. Mais avoir aussitôt la purification et le souffle de Dieu ? Jésus, pourtant, parle de la vie du Royaume.
Il parle de la mesure dans laquelle elle est accessible ici et maintenant ; en ce sens, ses paroles sont « terrestres ». Il parle du souffle du Royaume, qui purifie. Et qui renouvelle chaque fois la personne, comme en la faisant naître de nouveau à la lumière : car dans le Royaume, chaque jour est nouveau. Et, bien sûr, l'eau : car, jusqu'à la transfiguration complète de la nature humaine, on n'échappe pas au péché. Cela, c'est « terrestre ». Et cela est incompréhensible. Quant au « céleste », il n'en est pas encore question. Il est devant nous. Lorsque le Royaume se manifestera jusqu'au bout dans notre monde déchu, en le transformant totalement. Alors il n'y aura plus besoin de purifications. Mais cela est devant nous. Pour l'instant, il faut des pas justes. Pour l'instant, il s'agit du « terrestre ».
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
Autant que nous sommes dans une position meilleure, que Nicodème, qui est le premier à avoir entendu ces mots. Il lui était évidemment très difficile de les comprendre, mais beaucoup plus facile pour nous, connaissant déjà ce qui s'est passé par la suite.
Le péché a pénétré toute notre vie, toutes nos pensées et actes dès la naissance - l'égoïsme, l'orgueil, l’exaltation, la condamnation... Le péché conduit aux actions incorrectes (pécheresses), ayant des conséquences très lourdes, qui à leur tour provoquent les nouveaux péchés en nous mêmes, et en nos proches. Et tout cela roule, comme une boule de neige, prenant de plus en plus de vitesse. Certes, une telle vie n'a rien de commun avec le Royaume de Dieu. Peut-on arrêter cela? Et si la réponse est oui, alors comment?
Jésus fait savoir qu'une nouvelle naissance est nécessaire pour cela, ou une régénération, parce qu'une vieille vie doit entièrement cesser, et c’est seulement après cela que peut commencer la vie nouvelle. Notre participation, notre désir est indispensable ici, - ce qui est caractérisé par le mot «repentance». C’est justement à travers la repentance que nous venons à la mort volontaire dans l'eau du Baptême, dans laquelle s'achève notre vie pécheresse; et le pas suivant est l’acceptation de la vie nouvelle, que nous offre le vivifiant Saint-Esprit, envoyé à nous par l’aimant Père Céleste. Et voici que nous, des bébés nouveau-nés, baignés par l'eau et l'Esprit, entrons dans le Royaume de Dieu...
C’est ainsi dans l'idéal. Dans la pratique c’est seulement partiel pour nous. Notre repentance est incomplète, nous continuons à nous repentir même après le Baptême. Et ceci dit, notre vie pécheresse ne meurt pas complètement, et nous devrons encore être purifiés et encore purifiés. Et la naissance de l'Esprit - n’est avant tout pas une régénération, mais plutôt la naissance en nous d’une vie nouvelle semblable au grain de moutarde, qui devrait grandir et grandir. Oui Dieu fera de nous ce sol fertile, dans lequel le Royaume croissant atteindra la maturité et apportera des fruits!
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
Jésus utilise la comparaison de l'esprit avec le vent (c'est un jeu de mots dans la langue araméenne): l'esprit, tout comme le vent, souffle partout; on peut sentir son haleine, mais il est impossible de déterminer le début et la fin de ce flux. Seul l'esprit connait la source et le but de son mouvement. L'idée de Jésus et l'image utilisée par lui sont claire jusqu'à ce point, et ici Il fait un tournant brusque: «Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit». Comment – «comme ça» ? Il semble qu'Il veut dire que la nouvelle vie qui «n’est pas dans la chair, mais dans l'Esprit» (Rom 8) est autant différente en comparaison avec la vie ordinaire, dont on ne connait pas où est son début et quel est son but.
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
Et personne ne demande si nous sommes d'accord ou pas. Le vent souffle où il veut. Personne ne peut l’indiquer où aller, comment agir, où souffler. Personne n'a le pouvoir sur lui. Il se manifeste là où il veut. Le Seigneur fait savoir ici que l’Esprit est comme ce vent. Il semble parfois que voici ici Il {l’Esprit} devrait se manifester, car nous en avons besoin maintenant. Mais en réponse nous avons le silence, parce qu'Il est libre, Il est la liberté elle même. Sans Lui, nous ne pouvions même pas connaitre qu'est-ce que c'est, comment on peut vivre, quand il n'y a pas des règles et rites strictes, il n'y a pas d'obligations "tu me donnes, je te donne". Certes, il aurait été plus facile et plus tranquille, si on savait exactement où, par quel moyen et pour quel coût on pouvait Le rencontrer, et recevoir ce qu’on souhaite. Mais alors, Il ne serait pas Dieu.
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
Dans le Livre des Actes, on rencontre des passages particuliers qui semblent résumer tout ce qui a été dit auparavant, et à la fin du deuxième chapitre du livre nous voyons précisément un tel passage. On pourrait croire que, vu tout ce qui s’est produit pendant le temps décrit dans les premiers chapitres du livre, ce bilan devrait toucher à des choses d’une importance fondamentale — par exemple l’Ascension ou la Pentecôte, car, en fin de compte, ce sont justement ces événements qui ont déterminé l’existence même de l’Église.
Mais l’auteur du livre parle d’autre chose : il raconte simplement la vie de l’Église en ce temps-là, le processus de son existence, de sa présence dans le monde — et de sa présence dans le Royaume. Ce n’est pas par hasard que le passage parle de la fraction du pain, de la prière et de la communion avec les apôtres. Telle était, dans l’Église des premiers chrétiens, la vie du Royaume, et telle elle demeure aujourd’hui. Rien de nouveau n’a été inventé, et cela ne pouvait pas l’être : car c’est ainsi que le Sauveur lui-même a défini cette vie lors de la Cène.
Quant à la vie communautaire, elle était plus étroite que chez nous aujourd’hui. Il ne s’agissait certes guère d’une vie commune du type de celle qui caractérisait les monastères médiévaux, souvent organisés comme de grands foyers collectifs. De telles formes de vie commune étaient peu propres au judaïsme.
Mais il y avait autre chose : une caisse communautaire, alimentée par les dons généreux des frères riches, une caisse dans laquelle chaque personne dans le besoin pouvait recevoir de l’aide. Bien sûr, la Synagogue a toujours connu la bienfaisance. Mais ici, il s’agit apparemment de plus que de simple bienfaisance : il s’agit de pauvreté au sens où les prophètes en parlaient, de pauvreté comme état spirituel et non comme situation matérielle. La conscience de ce fait simple : tout ce qui t’appartient n’est à toi que de façon conditionnelle, jusqu’au moment où cela devient plus nécessaire à l’un de tes frères. La compréhension qu’il n’existe pas sur terre de propriété absolue : il n’y a ici qu’un droit d’usage, déterminé par des circonstances concrètes, des circonstances qui exigent de ne rien considérer comme sien et d’user de tout ce qui est nécessaire. Or c’est bien la projection de la vie du Royaume dans la société, une vie où il n’y a rien à soi, et s’il y en a, c’est une vie perdue. Celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, comme le dit le Sauveur lui-même, tandis que celui qui la donne au Christ, en la faisant entrer dans le Royaume, la reçoit au contraire en retour dans une plénitude impensable dans le monde non transfiguré.
La vie communautaire des premiers chrétiens était une sorte de pratique de la vie du Royaume. Car il vaut mieux s’habituer à la vie nouvelle le plus tôt possible, afin qu’ensuite, lorsque le Royaume se révélera dans toute sa plénitude, on y entre aussi naturellement que cela est possible à l’homme déchu.
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
Manifestement, les gens qui avaient entendu Pierre prirent sa prédication au sérieux. La question «que devons-nous donc faire?» ne fut pas posée par hasard. En effet, s’il s’agit du rejet du Messie Lui-même, et d’un rejet conscient, on ne peut échapper aux conséquences d’un tel péché. Le yahvisme comme le judaïsme ont traditionnellement considéré le péché conscient comme un péché dont les conséquences pèsent indéfiniment sur l’homme, même si celui-ci se repent profondément et sincèrement de ce qu’il a fait. Et ici, il s’agissait du péché d’avoir participé à la mort du Messie... Il y avait de quoi réfléchir et de quoi avoir peur.
Pierre indique aussitôt à ceux qui l’écoutent la seule issue possible à cette situation. Une issue devenue possible précisément grâce à Celui que, selon la parole de l’apôtre, les hommes ont tué et que Dieu a ressuscité. Et cette issue est liée à la possibilité de participer à cette vie nouvelle, la vie du Royaume, qui, le jour de la Pentecôte, est devenue une réalité ouverte à chacun.
En entrant dans le Royaume, l’homme recommence sa vie. À partir d’une page blanche. Les conséquences de tous les péchés qu’il a commis restent dans sa vie ancienne, si, bien sûr, il ne les traîne pas avec lui. Et pour que cela n’arrive pas, il faut précisément cette conversion dont parle l’évangéliste. Dans la traduction synodale, elle est traditionnellement appelée repentir, mais il s’agit bien d’une conversion: le mot grec correspondant de l’original signifie au moins cela. Or la conversion n’est pas seulement le retour vers Dieu, dont on s’était détourné. Et ce n’est pas seulement le regret émotionnel des péchés commis.
C’est aussi la compréhension de ce qui a été fait, la prise de conscience de la qualité spirituelle de ses actes et des intentions qui les sous-tendent. Et le refus conscient de celles qui sont incompatibles avec la Torah, avec l’Évangile, avec les commandements donnés par Dieu. Alors il devient réellement possible de commencer une vie nouvelle à partir d’une page blanche. Alors pouvait devenir réalité cette vie communautaire dont parle l’auteur du livre des Actes: car elle ne peut exister que tant que chaque membre de cette communauté vit la vie du Royaume dans toute la plénitude qui lui est accessible. Comme cela doit être dans l’Église avec un grand É.
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
La réponse à la question de savoir ce qu'est le christianisme et ce que doit faire un chrétien retentit de façon parfaitement claire dans la bouche de Pierre. Il s'agit avant tout du repentir des péchés commis et du bain au nom de Jésus-Christ, qui libère de ces péchés et de leurs conséquences une fois pour toutes. Ensuite commence une vie nouvelle, la vie dans le Royaume, inséparable de ce que l'apôtre appelle « le don du Saint-Esprit ». C'est ainsi que sonne la traduction synodale. Mais le texte grec permet une autre interprétation, plus vraisemblable : recevez le don de Dieu, l'Esprit Saint.
Ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré est le principal cadeau fait par Dieu aux chrétiens. Cadeau reçu par le Christ, dans l'union avec Lui comme Roi de ce Royaume. C'est là que se trouve la réponse à la question de savoir ce que doit faire le chrétien. Vivre. Vivre dans le Royaume. Si le christianisme était une nouvelle religion quelconque, la question de savoir ce que doivent faire ses adeptes serait tout à fait pertinente. Mais le fait est que Pierre ne parle pas de religion. Il ne propose rien de nouveau, sur le plan religieux, à ses auditeurs. Même le bain (ou, comme on l'appelle en russe, le baptême) des chrétiens n'est qu'une variété des bains de purification qui existaient à cette époque.
La différence n'est pas ici dans la forme religieuse, mais dans le contenu, dans ce qui était lié au bain. Ici, il ne s'agissait pas d'une simple purification, mais d'une purification où ceux qui étaient purifiés demandaient la purification au Sauveur Lui-même. Afin qu'ensuite, purifiés, ils soient liés à Lui et puissent être associés à la vie de ce Royaume dont Il est le Roi. Le bain purificateur devenait ici une sorte de laissez-passer pour le Royaume.
Mais ce n'était que le premier pas ; ensuite, il fallait vivre dans le Royaume. Vivre de telle sorte que le cœur du chrétien devienne le lieu où demeure le Royaume. Qu'il soit non seulement autour, mais aussi au-dedans. Parce qu'il n'en va pas autrement, autrement on ne peut être associé à la vie du Royaume. Le souffle du Royaume qui entre dans le cœur du chrétien devient le principal cadeau de Dieu. Il faut maintenant apprendre à vivre avec ce don, vivre de telle sorte qu'on ne le perde pas. C'est là la principale science chrétienne : la science de la vie dans le Royaume, la science de l'acquisition et de la garde dans son cœur du don de Dieu, le souffle du Royaume.
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
La réaction des Juifs qui écoutent la prédication de Pierre peut paraître étrange, compte tenu du fait que ses dernières paroles parlaient de leur faute. Pierre, en les appelant à croire en Jésus Christ, ne craint pas cette vérité. Il faut apprendre de lui une telle attitude quand, en parlant de quelque chose, en prêchant, on ne craint pas de dire à une personne la vérité, même en sachant qu'elle est « contre elle ».
Et quelle est donc la réaction ? « Ils eurent le coeur touché ». Et précisément parce que ce qui avait été dit était la vérité et avait été dit avec amour. De plus, ces personnes ne se sont pas fermées et ne se sont pas endurcies contre la vérité qui leur était dite ; elles l'ont accueillie et ont voulu changer quelque chose. Alors Dieu répond à cette disponibilité du coeur et envoie un don : la componction du coeur, quelque chose qui change le coeur lui-même, et en mieux, en y édifiant la miséricorde, l'amour envers ceux qui nous entourent. Et le Seigneur ne fit pas exception : ils L'aimèrent aussi. Et quoi de plus merveilleux que le sentiment d'amour pour Dieu ?
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, |
2 quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. |
3 Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. |
4 Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. |
5 Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. |
6 Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. |
7 Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? |
8 Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel? |
9 Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, |
10 de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, |
11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! " |
12 Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " |
13 D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " |
14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. |
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. |
16 Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : |
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. |
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit. |
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. |
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour. |
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
22 " Hommes d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, |
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, |
24 mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de l'Hadès. Aussi bien n'était-il pas possible qu'il fût retenu en son pouvoir; |
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. |
26 Aussi mon cœur s'est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance |
27 que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
28 Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. |
29 " Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. |
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, |
31 il a vu d'avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n'a pas été abandonné à l'Hadès, et dont la chair n'a pas vu la corruption : |
32 Dieu l'a ressuscité, ce Jésus; nous en sommes tous témoins. |
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse, et l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. |
34 Car David, lui, n'est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
35 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
Le jour de la Pentecôte commence un temps nouveau : le temps de la prédication apostolique et de l’action du Saint-Esprit dans l’Église. On a sans doute dit et écrit davantage sur ce chapitre que sur tout le reste des Actes, mais nous ne pouvons nous arrêter ici que sur quelques points. Lorsque nous parlons de l’Esprit, nous devons comprendre comment Lui, invisible et incompréhensible, se manifeste dans la vie de l’homme et dans celle de l’Église. Tout d’abord, le feu de leur cœur pousse les apôtres, qui auparavant craignaient de se montrer en public, à sortir sur les places de Jérusalem et à prêcher le Royaume manifesté en Jésus. Dans la prédication de Pierre, nous voyons une audace extraordinaire — certains diraient sans doute une « originalité » — dans l’interprétation de l’Écriture, en particulier des psaumes de David. Cela aussi est un don de l’Esprit : voir et percevoir la révélation de Dieu dans l’Écriture et dans les événements contemporains. Enfin, dans la dernière partie du chapitre, nous voyons comment l’Esprit a multiplié et transformé la communauté apostolique. Il vaut la peine de relire attentivement ces versets (41–47) afin de comprendre sur quels principes le Seigneur commence à bâtir Son Église.
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, |
2 quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. |
3 Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. |
4 Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. |
5 Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. |
6 Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. |
7 Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? |
8 Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel? |
9 Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, |
10 de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, |
11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! " |
12 Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " |
13 D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " |
14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. |
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. |
16 Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : |
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. |
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit. |
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. |
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour. |
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
22 " Hommes d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, |
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, |
24 mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de l'Hadès. Aussi bien n'était-il pas possible qu'il fût retenu en son pouvoir; |
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. |
26 Aussi mon cœur s'est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance |
27 que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
28 Tu m'as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. |
29 " Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. |
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, |
31 il a vu d'avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n'a pas été abandonné à l'Hadès, et dont la chair n'a pas vu la corruption : |
32 Dieu l'a ressuscité, ce Jésus; nous en sommes tous témoins. |
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse, et l'a répandu. C'est là ce que vous voyez et entendez. |
34 Car David, lui, n'est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
35 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
36 " Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. " |
37 D'entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : " Frères, que devons nous faire ? " |
38 Pierre leur répondit : " Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. |
39 Car c'est pour vous qu'est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. " |
40 Par beaucoup d'autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : " Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. " |
41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. |
42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. |
43 La crainte s'emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. |
44 Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; |
45 ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. |
46 Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. |
47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés. |
La lecture d’aujourd’hui nous parle de ce triomphe du Royaume que Jésus avait promis à Ses disciples. Et ce triomphe ne fut rien d’autre que la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres, décrite avec tant de détail par l’évangéliste (v. 1-4). Au premier regard, cette description contient tous les éléments traditionnels propres à la tradition prophétique de l’Ancien Testament: car, dans l’Antiquité aussi, l’action de l’esprit de Dieu se manifestait parfois par un souffle de vent (2 S 5:22-24), et la présence de Dieu, habituellement appelée dans la Bible « gloire », rappelait souvent le feu ou la lumière (Ex 40:34-38). Mais maintenant cette présence ne touche pas seulement ceux qui se trouvaient dans la chambre. Elle s’étend aussi à ceux qui écoutaient les apôtres dans les rues de Jérusalem. Et ils perçoivent la prédication des apôtres comme si ceux-ci parlaient dans la langue maternelle des pèlerins venus à Jérusalem pour la fête depuis des pays très divers (v. 5-13).
Et il ne s’agit évidemment pas du fait que les apôtres auraient soudain reçu des capacités surnaturelles pour les langues étrangères. Car, même si c’était le cas, dans les rues de Jérusalem aux jours de la fête de Chavouot (la Pentecôte), il y avait tant de nations et de langues représentées que les apôtres n’auraient pas pu prêcher simultanément à tous, même si chacun d’eux avait réellement parlé une langue étrangère: dans la liste donnée par l’évangéliste, manifestement incomplète, il y en a nettement plus que douze. Il s’agit, semble-t-il, du fait que ceux qui écoutaient les apôtres se sont eux aussi trouvés dans le Royaume, où il n’existe aucune barrière linguistique. Ici, les sens sont perçus non par le mot, mais directement, de cœur à cœur; leur incarnation se fait déjà dans l’âme de l’auditeur, qui exprime naturellement ce qu’il a reçu avec les mots de sa langue maternelle. Ainsi s’accomplirent les paroles du Sauveur sur le Royaume et sur l’Esprit, dites aux apôtres au moment de l’Ascension (Ac 1:8).
Mais la Pentecôte n’était que le commencement de l’histoire du Royaume entrant dans le monde, et maintenant les apôtres l’ont parfaitement compris. Ainsi Pierre, d’une part, parle de la fin des temps, qui est déjà venue (v. 14-21), et d’autre part de cette époque nouvelle qui a commencé après la résurrection du Sauveur (v. 25-36). Le sens principal de sa prédication est que, malgré tout, il n’est pas trop tard pour se convertir et recevoir le Messie crucifié et ressuscité; bien que le dernier jour soit déjà arrivé, les portes du Royaume ne sont pas du tout fermées, au contraire, elles s’ouvrent toutes grandes pour quiconque est prêt à entrer (v. 37-40).
Un tel témoignage était extrêmement inhabituel: car, selon les représentations traditionnelles, on associait à la fin des temps seulement le Jugement; il n’était déjà plus question d’aucune conversion, on estimait qu’il était trop tard pour se repentir au jour du Jugement. Or maintenant il apparaissait que l’histoire du salut, au fond, ne faisait que commencer, et que chacun avait une chance de salut, même ceux qui se trouvaient directement ou indirectement impliqués dans cette mort que le Sauveur dut subir sur la croix (v. 36-38). Ainsi s’acheva l’histoire terrestre et commença l’histoire du Royaume entrant dans le monde.
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Il n'est pas étonnant que les paroles de Jésus aient tant choqué Nicodème. Car, dans sa représentation, une place dans le Royaume du Messie à venir lui était assurée par le simple fait d'être né de parents juifs, par son appartenance au peuple élu. Mais le Seigneur lui dit, et nous dit, que ce qui est né de la chair, c'est-à-dire des hommes, fussent-ils même juifs, est chair; et que pour entrer dans le Royaume de l'Esprit, il faut naître de l'eau, recevoir le baptême, et de l'Esprit, acquérir ce don de l'Esprit que, selon la parole du Seigneur, reçoit quiconque croit en lui (Jn 7:38).
Bien sûr, il nous est facile, à vous et à moi, de sourire devant un maître juif reconnu qui ne comprend pas des choses si simples, puisque nous savons, nous, de quoi parle le Seigneur Jésus. Oui, par la grâce de Dieu, contrairement à Nicodème, nous comprenons lorsque le Maître parle « des choses terrestres »; mais cela signifie-t-il que nous comprendrons lorsqu'il parlera « des choses célestes »? S'il appelle la naissance de l'Esprit « terrestre », qu'est-ce donc alors que le « céleste »? Sans doute ne devons-nous pas trop nous élever au-dessus de Nicodème, car auprès du Seigneur Jésus nous restons toujours des disciples qui comprennent mal...
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
Aujourd'hui, nos pensées vont à la Croix du Seigneur. Le Fils de Dieu sans péché S'est livré au supplice le plus douloureux, et la Croix, lieu et instrument de Sa mort, est effrayante, monstrueuse. Et voici que l'Église découvre et élève cette Croix. Est-ce donc pour nous plonger dans l'horreur et nous détruire ?
Non, en contemplant la Croix et en nous souvenant du Crucifié, nous pouvons sentir Sa présence dans nos souffrances et dans notre mort, nous pouvons découvrir en nous la capacité de compatir. En outre, tous les textes d'aujourd'hui disent que la Croix du Seigneur est l'instrument de notre salut, la manifestation suprême de l'amour de Dieu, la révélation de la gloire de Dieu. Alors, en contemplant la Croix, nous pouvons exposer notre coeur glacé aux rayons brûlants de Son amour et découvrir en nous la capacité de rendre grâce. Crucem Tuam adoramus, Domine... Nous adorons Ta Croix, Maître...
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