4 Le Seigneur Yahvé m'a donné une langue de disciple pour que je sache apporter à l'épuisé une parole de réconfort. Il éveille chaque matin, il éveille mon oreille pour que j'écoute comme un disciple.
5 Le Seigneur Yahvé m'a ouvert l'oreille, et moi je n'ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé.
6 J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats.
7 Le Seigneur Yahvé va me venir en aide, c'est pourquoi je ne me suis pas laissé abattre, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme la pierre, et je sais que je ne serai pas confondu.
8 Il est proche, celui qui me justifie. Qui va plaider contre moi? Comparaissons ensemble! Qui est mon adversaire? Qu'il s'approche de moi!
9 Voici que le Seigneur Yahvé va me venir en aide, quel est celui qui me condamnerait? Les voici tous qui s'effritent comme un vêtement, rongés par la teigne.
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La résolution avec laquelle le prophète appelle ses adversaires au jugement de Dieu peut nous paraître aujourd'hui quelque peu présomptueuse. Nous savons bien qu'il n'y a pas d'hommes sans péché, et que devant ce Jugement nous serons tous accusés, même si, selon les critères terrestres, nous avions absolument raison face à nos adversaires. Mais le prophète ne pense pas nécessairement au dernier Jugement, celui où, à la fin des temps, le sort de chacun dans l'éternité est déterminé.
Toute intervention de Dieu dans les événements pouvait être appelée, en ces temps-là, jugement de Dieu. Et pas seulement en ces temps-là : parfois, nous aussi aujourd'hui (même si cela arrive rarement), nous voyons la main de Dieu dans les événements de notre propre vie ou de l'histoire du monde. C'est de ce Jugement-là que parle Isaïe, et il est sûr qu'il y sera justifié devant ses ennemis. Une telle assurance pouvait aussi être liée à l'évidence de la situation : le passage parle clairement de persécutions, probablement subies par Isaïe avant même la conquête de Babylone par les Perses ; on peut trouver, dans les sources babyloniennes comme dans les livres bibliques, de vagues échos d'un conflit entre le dernier roi de Babylonie et la communauté juive, tout comme de son conflit avec le sacerdoce traditionnel.
Mais il ne s'agissait pourtant pas seulement de la justice humaine du prophète. Son conflit avec ceux qui s'opposaient à lui n'était pas simplement un affrontement entre des personnes différentes occupant des positions différentes. C'était le conflit d'un homme qui accomplit l'œuvre de Dieu avec ceux qui s'opposaient aux plans de Dieu et voulaient les détruire. Il avait besoin du jugement de Dieu non pour affirmer sa propre justice ni pour triompher de ses ennemis, mais pour que l'œuvre de Dieu ne s'arrête pas, pour qu'elle continue et s'achève avec succès.
Dieu non plus n'a pas besoin de triompher pour triompher ; Il n'a pas à prouver Sa justice à qui que ce soit. Ce qui Lui importe, c'est d'accomplir Son plan de salut de l'homme et de faire de notre monde déchu une partie de Son Royaume, en le transfigurant et en changeant sa nature même. Chacun de Ses serviteurs devient une partie de ce plan, et Dieu fait donc tout pour que chacun de Ses serviteurs réussisse dans la mission qu'Il lui a confiée. Y compris pour ceux qui voient en lui leur adversaire : car Dieu ne veut la perte de personne ; Il veut que tous, y compris les pécheurs les plus terribles, se convertissent, se repentent et restent vivants.
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