10 et Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. » |
11 Naamân, irrité, s’en alla en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l’endroit malade et délivrera la partie lépreuse. |
Comme l'homme désire un miracle, un vrai miracle tombé du ciel! Je suis malade: que la guérison descende donc sur moi. Je vais mal: j'ai besoin d'urgence d'une «épaule» sur laquelle pleurer. Il n'y a pas de travail: pourquoi ne tomberait-il pas tout seul sur moi? Quoi? Me plonger sept fois dans le Jourdain? Je n'ai donc pas d'eau chez moi? Quelle idée, et en plus ce sont des croyants! Moi, j'ai besoin d'un miracle. Quel est ce conseil: va chez le médecin et prends les médicaments qu'il prescrira; cesse de te plaindre de toi-même, regarde les autres; commence à chercher du travail, apprends quelque chose de plus simple?
On a très envie d'un cadeau gratuit de Dieu. On n'a vraiment pas envie de prendre des médicaments dégoûtants, de se lever, d'aller et de chercher. On n'a vraiment pas envie de se réjouir. Mais le plus souvent, les miracles ne s'accomplissent que lorsque nous ne nous contentons pas de demander de gagner à la loterie, mais que nous allons enfin acheter un billet de loterie.
1 Naamân, chef de l’armée du roi d’Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c’était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais ce vaillant homme était lépreux. |
2 Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d’Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. |
3 Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si seulement mon maître s’adressait au prophète de Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre. » |
4 Naamân alla informer son seigneur : « Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d’Israël. » |
5 Le roi d’Aram répondit : « Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d’Israël. » Naamân partit, prenant avec lui dix talents d’argent, six mille sicles d’or et dix habits de fête. |
6 Il présenta au roi d’Israël la lettre, ainsi conçue : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre. » |
7 À la lecture de la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit : « Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me demande de délivrer quelqu’un de sa lèpre ? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu’il me cherche querelle ! » |
8 Mais quand Élisée l’homme de Dieu apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu’il vienne donc vers moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. » |
9 Naamân arriva avec son attelage et son char et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée, |
10 et Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. » |
11 Naamân, irrité, s’en alla en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l’endroit malade et délivrera la partie lépreuse. |
12 Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. |
13 Mais ses serviteurs s’approchèrent et s’adressèrent à lui en ces termes : « Mon père ! Si le prophète t’avait prescrit quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi et tu seras purifié.” » |
14 Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu : sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant ; il était purifié. |
15 Il revint chez l’homme de Dieu avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : « Oui, je sais désormais qu’il n’y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. » |
La réaction de Naamân est humainement très compréhensible. On l'avait envoyé auprès d'un grand prophète, et il attendait de lui des actes grands et terribles. Naamân pensait qu'un événement aussi considérable que la guérison de la lèpre serait entouré du faste et de la solennité qui convenaient. Élisée exige de Naamân quelque chose de presque impossible : une confiance totale et une humilité totale. Il ne sort même pas lui-même à la rencontre de Naamân, mais lui envoie un serviteur. Et Naamân s'en va en claquant la porte, fou de rage. Il est intéressant qu'il accepte de suivre le conseil d'Élisée selon le principe : « Cela ne peut pas faire de mal. » Autrement dit, au moment où il se plonge dans les eaux du Jourdain, il n'y a pas la moindre trace de confiance ou d'humilité. Et pourtant, le Seigneur agit et accorde la guérison ; c'est alors que Naamân accueille Dieu dans son cœur, ce Dieu qui ne donne pas de spectacle là où il n'en faut pas, mais fait simplement miséricorde et sauve ceux qui se tournent vers Lui.
1 Naamân, chef de l’armée du roi d’Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c’était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais ce vaillant homme était lépreux. |
2 Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d’Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. |
3 Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si seulement mon maître s’adressait au prophète de Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre. » |
4 Naamân alla informer son seigneur : « Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d’Israël. » |
5 Le roi d’Aram répondit : « Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d’Israël. » Naamân partit, prenant avec lui dix talents d’argent, six mille sicles d’or et dix habits de fête. |
6 Il présenta au roi d’Israël la lettre, ainsi conçue : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre. » |
7 À la lecture de la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit : « Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me demande de délivrer quelqu’un de sa lèpre ? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu’il me cherche querelle ! » |
8 Mais quand Élisée l’homme de Dieu apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu’il vienne donc vers moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. » |
9 Naamân arriva avec son attelage et son char et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée, |
10 et Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. » |
11 Naamân, irrité, s’en alla en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l’endroit malade et délivrera la partie lépreuse. |
12 Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. |
13 Mais ses serviteurs s’approchèrent et s’adressèrent à lui en ces termes : « Mon père ! Si le prophète t’avait prescrit quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi et tu seras purifié.” » |
14 Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu : sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant ; il était purifié. |
15 Il revint chez l’homme de Dieu avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : « Oui, je sais désormais qu’il n’y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. » |
Lorsque nous parlons et pensons à Dieu et à la vie spirituelle, nous associons presque toujours aussitôt l’un et l’autre à la religion. Mais avons-nous raison de penser ainsi ? S’il existe réellement un lien entre la vie spirituelle et la religion, quel est-il ? Il est incontestable qu’une personne religieuse pense toujours à Dieu et Le garde à l’esprit (s’agissant des Syriens du temps d’Élisée, il serait plus juste de parler des dieux, mais cela ne change rien au fond : quoi qu’il en soit, il s’agit de ces puissances supérieures devant lesquelles l’homme éprouve la crainte sacrée qui fonde toute religion). Mais comment la conscience religieuse voit-elle Dieu ?
À en juger par la réaction de Naaman aux renseignements qu’on lui avait donnés sur le prophète capable de le guérir, c’était sans aucun doute un homme religieux : il manifeste sa foi non seulement dans les dieux (et le Dieu d’Israël était probablement pour lui l’un des nombreux dieux dont il avait entendu parler), mais aussi dans le miracle (autrement il ne serait jamais allé en Israël pour être guéri), et même dans l’existence d’hommes particuliers qui entretiennent avec les dieux des relations particulières et possèdent de ce fait une puissance particulière, capable de guérir toute maladie.
Mais la conception que Naaman se fait de cette puissance, tout comme sa conception des dieux, reste très naturaliste. Il pense qu’elle est physiquement liée, d’une manière ou d’une autre, aux mains du prophète, qui doit toucher ses plaies pour les guérir. Pour lui, Dieu n’est ni volonté ni esprit, mais force, énergie, bref, nature : une nature certes supérieure à celle dont nous faisons partie, mais néanmoins une nature, à laquelle on participe selon les lois de la nature et non selon la logique d’une action spirituelle. Il cherche l’instrument qui met en mouvement cette énergie surnaturelle et s’indigne, se croyant trompé, lorsqu’il ne le voit pas.
Il ne revient se laver que sur le conseil de son serviteur, partant de la simple considération qu’il n’a de toute façon rien à perdre et qu’un prophète reste un prophète, qui ne parle pas en vain. C’est alors, de manière tout à fait inattendue et illogique du point de vue de Naaman, que le miracle se produit : par un seul acte de Sa volonté et sans aucun instrument, Dieu guérit un homme qui ne pouvait croire que Dieu n’avait pas besoin de baguette magique. Il n’en a pas besoin parce qu’Il n’est pas un magicien, mais un Créateur aimant, dont la création obéit absolument à Son amour.
1 Naamân, chef de l’armée du roi d’Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c’était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais ce vaillant homme était lépreux. |
2 Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d’Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. |
3 Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si seulement mon maître s’adressait au prophète de Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre. » |
4 Naamân alla informer son seigneur : « Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d’Israël. » |
5 Le roi d’Aram répondit : « Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d’Israël. » Naamân partit, prenant avec lui dix talents d’argent, six mille sicles d’or et dix habits de fête. |
6 Il présenta au roi d’Israël la lettre, ainsi conçue : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre. » |
7 À la lecture de la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit : « Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me demande de délivrer quelqu’un de sa lèpre ? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu’il me cherche querelle ! » |
8 Mais quand Élisée l’homme de Dieu apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu’il vienne donc vers moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. » |
9 Naamân arriva avec son attelage et son char et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée, |
10 et Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. » |
11 Naamân, irrité, s’en alla en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l’endroit malade et délivrera la partie lépreuse. |
12 Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié ? » Il tourna bride et partit en colère. |
13 Mais ses serviteurs s’approchèrent et s’adressèrent à lui en ces termes : « Mon père ! Si le prophète t’avait prescrit quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi et tu seras purifié.” » |
14 Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu : sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant ; il était purifié. |
15 Il revint chez l’homme de Dieu avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : « Oui, je sais désormais qu’il n’y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. » |
Les gens ont des attitudes différentes envers leurs maladies: les uns y pensent tout le temps, d'autres, au contraire, essaient de les oublier. Les uns se plaignent, d'autres se taisent et font semblant de ne pas être malades. Mais presque tous veulent quand même être guéris. Il est vrai que ce désir lui aussi peut être différent. Naaman désirait probablement très ardemment la guérison. Il la désirait et croyait qu'elle était possible. C'est précisément cette foi qui ouvrit ses oreilles aux paroles de la petite servante. Il n'entendit pas seulement ses paroles au sujet du prophète, il y crut et osa en parler au roi.
Oui, il était «un grand homme auprès de son maître». Mais plus on est haut placé, plus il est effrayant de se couvrir de ridicule, de se déshonorer. Quand il arriva chez Élisée, celui-ci ne sortit même pas sur le seuil vers Naaman, mais transmit l'instruction par l'intermédiaire d'un serviteur. Et Naaman fut déçu, se mit en colère, refusa d'accepter la manière dont le Seigneur avait décidé d'agir dans cette situation.
Combien souvent nous avons une réaction semblable lorsque nos plans soigneusement réfléchis ne se réalisent pas; mais, heureusement, Dieu avait donné à Naaman le don d'écouter les personnes qui l'entouraient. Malgré le fait qu'il ne s'agisse que de serviteurs, le désir de guérison et la confiance en Dieu conduisent Naaman plus loin. Et le Seigneur récompense la confiance de ses enfants par la guérison du corps et de l'âme.
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