24 Partant de là, il s'en alla dans le territoire de Tyr. Étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sût, mais il ne put rester ignoré.
25 Car aussitôt une femme, dont la petite fille avait un esprit impur, entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds.
26 Cette femme était grecque, syrophénicienne de naissance, et elle le priait d'expulser le démon hors de sa fille.
27 Et il lui disait : " Laisse d'abord les enfants se rassasier, car il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. "
28 Mais elle de répliquer et de lui dire : " Oui, Seigneur ! et les petit chiens sous la table mangent les miettes des enfants ! "
29 Alors il lui dit : " A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. "
30 Elle retourna dans sa maison et trouva l'enfant étendue sur son lit et le démon parti.
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Les paroles du Christ adressées à la Syro-Phénicienne sonnent de façon très troublante : « ...il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Comme s'il soutenait la xénophobie et l'élévation au-dessus des païens comme au-dessus de personnes de seconde catégorie. Mais mettons-nous à la place de cette femme. Supposons que nous demandions au Christ une certaine miséricorde, et qu'il nous réponde : « Je n'ai pas le temps, je suis occupé à distribuer des faveurs méritées aux enfants légitimes de Dieu, et toi, tu es un chien ; il ne te revient pas de manger à la table du maître. » Très certainement, nous nous indignerions et répondrions que « tes enfants ne valent pas mieux que moi ; quant au fait que je sois un chien, il est mal élevé de traiter les gens ainsi ». Mais cette femme, avec une humilité étonnante, accepte et dit : « Tu peux penser de moi tout ce que tu juges nécessaire ; je suis vraiment pécheresse, mais ne pourrait-il pas me revenir quelques miettes de ta miséricorde ? »
Des miettes, parce que de son point de vue, la guérison de sa fille est une si petite chose pour le Tout-Puissant qu'elle ne privera guère les enfants comblés des miséricordes infinies du Créateur. Et cette humilité devant le Christ ne reste pas sans réponse.
Encore un point important : le Christ ne refuse pas de l'aider, elle, une païenne ; mais pour que cela devienne possible, il lui faut accepter que la vérité se trouve dans la foi au Dieu unique. Les Juifs monothéistes acceptent cette vérité, tandis que les païens ne l'acceptent pas. Car si la Syro-Phénicienne n'est pas d'accord pour dire qu'il en est réellement ainsi, qui est alors Jésus pour elle ?
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