53 Ayant achevé la traversée, ils touchèrent terre à Gennésaret et accostèrent.
54 Quand ils furent sortis de la barque, aussitôt des gens qui l'avaient reconnu
55 parcoururent toute cette région et se mirent à transporter les malades sur leurs grabats, là où l'on apprenait qu'il était.
56 Et en tout lieu où il pénétrait, villages, villes ou fermes, on mettait les malades sur les places et on le priait de les laisser toucher ne fût-ce que la frange de son manteau, et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés.
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D'un côté, Jésus nous révèle réellement un Dieu qui nous accueille tels que nous sommes, avec toutes nos maladies, nos besoins, nos difficultés psychologiques, nos complexes d'enfance, indépendamment de nos mérites ou de notre indignité. Tout cela est vrai, comme il est vrai que, grâce à la foi et à l'élan vers Dieu, beaucoup de problèmes se résolvent parfois, des maladies sont guéries, ou bien nous devenons capables, ce qui n'est pas moins précieux, de regarder toutes ces épreuves de la vie autrement, avec les yeux de Dieu Lui-même, comme on dit, d'en comprendre le sens et d'en tirer profit. Et, sans aucun doute, cela aussi peut être rattaché à ce qui est appelé dans le passage évangélique d'aujourd'hui des «guérisons», si l'on entend par là des actions divines grâce auxquelles notre raison, toute notre vie, même loin de l'idéal, commence à acquérir une certaine intégrité, et nous recevons la capacité de nous élever au-dessus des problèmes oppressants et de comprendre quelque chose de nouveau et d'inattendu sur la vie, sur Dieu.
D'un autre côté, on a l'impression que, malgré l'immense nombre de scènes de guérisons et d'autres miracles dans l'Évangile, Marc, suivant l'Esprit et les intentions de Jésus, voulait dire encore quelque chose. La guérison ou les changements pour le mieux peuvent se produire ou ne pas se produire, même si l'espérance du meilleur demeure en tout cas; mais au fond de toutes ces attentes ou déceptions se cache un appel adressé à chaque homme: regarder à la racine et s'efforcer d'accueillir de tout son être que la souffrance et la détresse sont synonymes de la vie humaine. Leur dépassement n'est possible qu'en déplaçant notre attention de nos propres «bobos» vers les souffrances et la douleur des autres, comme le faisait Jésus. Car la participation à la souffrance des autres peut agir comme une anesthésie pour nos propres souffrances, et elle aide en même temps à rendre la vie plus supportable et, surtout, non privée de consolations ni de joie partagée avec les autres.
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