Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mc 14:7

Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
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En parlant des pauvres, que Ses disciples avaient toujours, et de Lui-même, qu'ils n'avaient pas toujours avec eux, Jésus attire l'attention sur ce système de priorités propre à la vie chrétienne normale. Le problème principal est que les chrétiens, de tout temps, ont regardé le christianisme d'abord comme une religion par excellence, et ensuite comme une religion pratique, une religion des «bonnes oeuvres».

Cette manière de voir a été beaucoup favorisée par le fait que Jésus Lui-même met au centre l'amour: envers Dieu, envers Lui-même et les uns envers les autres. Dans la pratique, on oubliait souvent l'amour de Dieu et du Christ, et l'amour du prochain était compris précisément comme une religion des «bonnes oeuvres». Bien sûr, on gardait aussi formellement mémoire de l'amour du Christ, mais il était entendu comme allant de soi: à la différence des pauvres, Il ne semble avoir besoin d'aucune aide, surtout maintenant, après la résurrection, après l'ascension, après qu'Il siège déjà à la droite du Père, tandis que les prochains se trouvent dans une situation bien moins avantageuse et ont besoin de cette aide pratique.

Lorsque, dans l'histoire chrétienne, l'accent était mis sur l'amour du Christ, il se transformait souvent en quelque chose de mièvre et d'émotionnel, parfois même franchement sensible, si bien que les personnes observant une telle religiosité de l'extérieur pensaient raisonnablement qu'il valait mieux suivre la voie du service pratique, celle de la religion des «bonnes oeuvres», que de s'abandonner à une exaltation religieuse aussi étrange, et parfois malsaine. On le formulait d'habitude en disant que l'amour du Christ et de Dieu va de soi, et qu'il se manifeste dans ces mêmes «bonnes oeuvres» au profit du prochain. Mais Jésus rappelle à Ses disciples que le christianisme suppose d'abord des relations intenses avec Lui-même, et seulement ensuite tout le reste.

L'amour n'est pas une émotion ni une exaltation; il est volonté et état spirituel. Mais un tel état spirituel n'apparaît ni ne se maintient de lui-même; il faut le faire grandir, et pour cela il faut une concentration constante sur le Christ et sur la relation avec Lui, concentration de la volonté, non intellectuelle ni émotionnelle et sensible. L'amour comme état spirituel naît de ces relations et se maintient par cet effort de la volonté; comme tout amour, il suppose des efforts spirituels orientés et le travail spirituel de deux personnes. Quant aux bonnes oeuvres, pour être bonnes sans guillemets, elles doivent découler de l'amour qui unit le disciple à Jésus; elles doivent être faites et exister dans l'espace des relations qui relient celui qui les accomplit à Jésus. Des pauvres, il s'en trouvera toujours; mais qu'il y ait ou non une relation dépend de l'homme. C'est pourquoi Jésus attire l'attention des disciples sur Lui-même: sans Lui, les «bonnes oeuvres» resteront bonnes entre guillemets, quels que soient les efforts de ceux qui les font «pour le Christ».

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