10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
« Vous ne pouvez pas servir deux maîtres » : de quoi s'agit-il ? Du corps ? Du monde ? De l'amour de l'argent ? Et surtout : si l'on ne peut pas servir deux maîtres, comment vivre dans le monde, qui, comme on le sait par le même Évangile, « gît dans le mal » ? Que faire ? Fuir le monde, fuir au désert, comme l'ont fait de tout temps les moines, les ermites, les solitaires ?
Mais est-ce vraiment une issue ? Car même dans le désert, même dans la forêt, il faudra penser à se nourrir d'une manière ou d'une autre, au moins au minimum. Et là-bas cela peut se révéler, peut-être, encore plus problématique qu'en ville. Et il ne s'agit pas seulement de nourriture, mais du principe : si l'on ne peut pas servir deux maîtres, cela signifie qu'on ne peut pas non plus vivre selon les lois de ce monde dans lequel nous vivons. Où que l'on fuie, il est quand même avec nous : car chacun de nous en est une partie, et le mal dans lequel il gît nous concerne.
Mais si le Royaume existe, s'il est déjà entré dans notre monde pour le transformer, alors tout n'est pas encore perdu. S'il existe une alternative, alors on peut vivre dans ce monde sans lui être soumis, vivre selon les lois du Royaume et ne pas se diviser, ne pas servir deux maîtres. Vivre ainsi n'est certes pas simple, mais une telle vie est possible en principe. Et donc, au monde qui gît dans le mal, il existe une alternative. L'essentiel est de la trouver et, l'ayant trouvée, de ne pas la perdre.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
Les paroles du Christ sur l'impossibilité de servir deux maîtres sont l'une des images les plus fortes du choix que l'homme accomplit en devenant chrétien. Ce choix ne tolère ni compromis ni conditions. Et ce choix doit être fait. Il est absurde d'adresser des reproches à Dieu si tu n'as pas fait ce choix ou si tu as préféré servir ton bien-être. C'est ta décision, seulement ta propre décision. C'est pour nous un bien étonnant, et en même temps une vérité redoutable. On a tant envie de rejeter sur Dieu la responsabilité de son propre état de mort... Mais c'est ton propre choix, que personne, pas même Dieu, ne fera à ta place. Et la miséricorde du Fils de Dieu n'en est que plus bouleversante : il meurt pour nous tous, sans aucune condition, « alors que nous étions encore pécheurs », comme le dit l'apôtre Paul.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
«Si donc vous n'avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables?» Pourquoi être fidèle dans les richesses injustes? Cela sonne étrangement. Aujourd'hui, l'Église nous propose une lecture d'une manière particulière, seulement les dernières lignes de la parabole sur les richesses injustes qu'il faut distribuer. Ainsi, telle que nous la lisons aujourd'hui, nous sommes en quelque sorte séparés de ce sens, même si nous pouvons naturellement y revenir. Mais sans y revenir, on peut rappeler l'interprétation très «originale», selon le mot de l'archimandrite Zacharie, que le starets Sophrony Sakharov, disciple de saint Silouane de l'Athos, donne des «richesses injustes»:
«Notre union dans l'être avec le Dieu d'amour suppose la fusion de deux volontés: celle de Dieu et celle de l'homme. Cette union elle-même s'accomplit dans l'état d'amour. Dieu est Esprit personnel, et l'homme est une personne; ils s'unissent dans l'acte éternel de la Vie divine. C'est ainsi que Dieu est connu de nous. Acquérir cet amour est le but ultime de l'ascèse chrétienne. L'atteinte de ce but est liée à un chemin long et difficile. Mais éprouver la visite de Dieu avec une grande puissance est possible comme don d'en haut, à certains moments où l'âme, dans l'élan du repentir, devient réceptive à la lumière qui descend sur elle de Dieu. Pourtant ces premières visites ne sont pas encore l'état acquis pour toujours par les sauvés. Ce ne sont encore que des “richesses injustes”, qui peuvent être retirées à cause de l'infidélité. Garder cette grâce, demeurer fidèle à tout ce qu'elle nous a enseigné, est impossible sans de profondes larmes pendant des années» (archim. Sophrony Sakharov, Voir Dieu tel qu'Il est, chap. «Sur les larmes spirituelles»).
Ainsi toute sensation de grâce en nous est encore une richesse injuste, dans laquelle nous devons être fidèles au Seigneur seul, non à nous-mêmes, même si cet état peut être enivrant. Et si nous restons fidèles à Dieu en cela, nous recevrons un jour la vraie richesse.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
La foi et la fidélité sont deux mots qui vont en pair non seulement dans le langage français, mais aussi dans le langage biblique. Dans un sens biblique, la foi sous-entend toujours la fidélité. Si la foi chrétienne est quelque chose qui nous ouvre la possibilité de s’unir à Jésus, et par conséquent la voie à la vie éternelle, c’est notamment la fidélité à cette foi qui nous garde sur ce chemin, tandis que l’infidélité nous jette dans les ténèbres de ce monde. Ainsi, tout notre sort se définie avec l’acceptation du salut de Dieu par la foi et la fidélité.
Mais est-il possible de cumuler d’une part la fidélité en cette si importante ligne de vie pour nous, et d’autre part l’infidélité en quelque chose de plus partielle et moins importante? Il y a une blague qui était très populaire en Union soviétique qui dit: «si aujourd’hui tu trompes ta femme, demain ça sera la patrie» Les mots de Jésus montrent qu’Il n’aurait pas pris cela juste comme une blague. La fidélité est une propriété de la personnalité de l’homme, pas autant innée, qu’on puisse l’apprendre et la développer; le niveau de développement de cette propriété se reflète dans tous les sphères du caractère humain. Combien de fois nous est-il arrivé de remarquer avec tristesse comment les gens, infidèles à leur parole, s’avèrent après infidèles dans l’amitié, le mariage, dans son appartenance à une Église.
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
Les paroles du Sauveur sur la responsabilité envers ce qui est à soi et ce qui appartient à autrui peuvent, à première vue, paraître étranges : chacun sait bien que l'homme traite ce qui est à lui de manière plus responsable que ce qui appartient à autrui, qu'il s'agisse de biens ou de quoi que ce soit d'autre. Mais cela ne paraît ainsi qu'à première vue, si l'on ne réfléchit pas à ce qu'est en général une attitude responsable envers quoi que ce soit, que ce soit à soi ou à autrui.
Qu'est-ce donc que la responsabilité ? D'où vient-elle ? La vraie responsabilité est impossible sans un choix librement et consciemment accompli, lorsque l'homme se détermine spirituellement par rapport à sa propre vie. La responsabilité est le revers de la liberté de choix réalisée par l'homme.
Mais pour que le choix, dans une situation concrète, soit réellement libre, toute la vie de l'homme doit être consciente. Pour cela, l'homme doit prendre conscience de chacun de ses désirs et de ses élans, de chaque intention tournée vers quelqu'un ou vers quelque chose. Si rien de tel n'existe, il n'y aura pas non plus de désir conscient dans la vie de l'homme. Pourtant, apparemment, tous désirent quelque chose, et la majorité le désire même très fortement, tandis que bien peu, hélas, ont conscience d'eux-mêmes et de leur vie. Que penser alors des désirs de la majorité ? On voit qu'il est difficile de les appeler conscients.
Mais de tels désirs ne peuvent guère être considérés comme des désirs au sens propre : car le vrai désir est toujours spirituel, c'est un acte de volonté dans lequel l'homme se rend compte de lui-même pleinement et jusqu'au bout. Le désir inconscient n'est qu'une passion, une émotion, un affect, une force qui s'est emparée de l'homme et qu'il ne peut ni comprendre ni contrôler. Et lorsqu'elle saisit l'homme, ce vers quoi il tend passionnément lui paraît inconditionnellement sien, absolument nécessaire, et même absolument inséparable de lui-même.
L'homme ne se pense pas sans son « bien à lui », non parce qu'il a compris et pris conscience de la place que l'objet de ses désirs doit occuper dans sa vie, mais parce qu'il a fusionné avec lui jusqu'à une presque totale indiscernabilité, et en tout cas jusqu'à une parfaite inséparabilité. Enlever à l'homme ce « bien à lui », c'est comme lui couper un bras ou une jambe, ou même pire, une part de son âme. C'est dans un tel cas qu'on dit le plus souvent : « je l'ai arraché de mon cœur ».
Seulement, dans un tel cas, il n'est évidemment pas question de responsabilité : quelle responsabilité peut-il y avoir là où l'homme saisi par le désir d'obtenir ou de retenir ce qui est « à lui » ne se possède même pas lui-même ? Mais avec ce qui appartient à autrui, avec ce qui « n'est pas à soi », rien de tel ne peut exister par définition. Pour traiter de manière responsable ce qui n'est pas l'objet de sa propre passion, ce qui vous est indifférent, il faut précisément une vraie responsabilité.
Et si elle existe, l'homme saura d'abord distinguer ce qui est à lui de ce qui lui paraît seulement tel, puis traiter ce qui est à lui de manière aussi consciente et responsable que tout ce qui lui est confié. Rien d'étonnant : l'homme qui vit consciemment ne peut pas ne pas comprendre que même ce qui est à lui lui est seulement confié par Dieu, que cela lui est donné pour en user, non pour le posséder sans partage et sans condition. Et il s'y rapporte en conséquence, de la même manière qu'à tout ce qui lui est donné et confié.
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
L’argent et la dévotion sont-elles aussi incompatibles? N’avons-nous pas rencontré des chrétiens riches et en même temps bons et généreux? N’avons-nous jamais rencontré des criminels devenus brutaux à cause de la pauvreté? Les mots clés ici sont surement: «servir», «aimer», «s’attacher». Qu’est ce qui prime dans notre cœur ? Qui ou quoi servons-nous? La richesse – mais quelle richesse avons-nous - l’argent – c’est un but ou juste un moyen? Si c’est le but alors nous devons nous soigner de la cleptomanie, et ne pas se tromper que tout va bien. Et si c’est un moyen, alors un moyen pour quoi? L’argent apporte dans nos vies de nouvelles possibilités, mais toutes ces possibilités ne sont pas utiles pour notre salut. Nous pouvons utiliser cet argent pour avoir le pouvoir sur les autres (la plus terrible drogue c’est le pouvoir), pour divers autosatisfaction (nourriture, sexe, confort, voyage etc.), pour apaiser la conscience (aumône, bienfaisance), bref pour se faire plaisir. Comment l’argent peut-il être pour nous une manière de servir Dieu (et ne pas être en même temps une auto disculpation) – voila surement la question que chacun de nous devrait répondre dans ses relations avec Dieu. Deux personnes ne peuvent pas s’asseoir à la fois sur un trône…
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
16 " Jusqu'à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s'efforcent d'y entrer par violence. |
17 " Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi. |
18 " Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. |
Les pharisiens qui se moquèrent de Jésus lorsqu'Il dit qu'il est impossible de servir Dieu et la richesse pensent au Royaume de Dieu comme nous le faisons ordinairement. Ce n'est que lorsque quelqu'un meurt que nous disons: «Que le Royaume des cieux soit à lui»; souhaiter le «Royaume des cieux» à une personne vivante nous est psychologiquement impossible. Le stéréotype formé au fil des siècles place le Royaume «plus tard», au-delà de cette vie. Les pharisiens pensaient de même, eux qui espéraient la résurrection des morts et attendaient le Royaume dans un avenir historique, mais lointain. Les pharisiens considéraient que la seule manifestation (en tout cas la principale) de la bienveillance de Dieu dans cette vie était la richesse, l'honneur parmi les autres et le bien-être familial. Notre religiosité stéréotypée coïncide ici encore avec celle des pharisiens. On le voit lorsque nous reprochons à Dieu Son injustice en voyant la prospérité des escrocs et la souffrance des justes.
Mais le Seigneur dit aux pharisiens, et à nous qui pensons comme eux, que l'annonce du Royaume de Dieu comme affaire d'un avenir lointain n'était valable que jusqu'au temps de Jean-Baptiste. À partir du moment où a retenti son témoignage à l'Agneau de Dieu, au Fils bien-aimé en qui la bienveillance du Père est donnée aux hommes, dès ce moment le Royaume de Dieu est annoncé comme une réalité du présent. Et c'est pourquoi, dit le Seigneur, pour y entrer, il faut seulement un effort: l'effort de la foi et de la résolution. Les pharisiens ne veulent pas de cette proximité et de cette ouverture du Royaume; pour eux, il est venu trop soudainement et trop tôt. Hélas, ici encore nous ne différons pas d'eux. À Ses disciples, le Seigneur parle de la nécessité de pardonner aux hommes sans limite, comme Dieu pardonne. C'est un signe essentiel du Royaume dans lequel nous sommes appelés à entrer ici et maintenant.
9 " Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu'au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles. |
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
On entend souvent des gens se plaindre de leur travail. Comment, disent-ils, peut-on s'y consacrer sérieusement, tout lasse, c'est la routine. Si seulement on pouvait tout quitter et faire quelque chose d'utile pour l'humanité, quelque chose de lumineux et de beau. Mais de telles occupations n'existent pas; et tant qu'elles n'existent pas, il faut tenir bon et attendre dans un travail ennuyeux et sans intérêt, en le traitant comme tel.
Jésus, Lui, nous dit qu'Il ne peut nous confier une grande et importante affaire si nous ne savons pas nous montrer fidèles dans ce qui est petit et sans importance pour le destin de l'humanité. Comment confier des personnes à quelqu'un qui ne sait pas répondre des choses? Si l'on ne commence pas à considérer chaque journée comme une épreuve qui révèle si nous sommes capables de faire quelque chose de grand et d'important, on peut passer toute sa vie assis dans une attente morne.
1 Il disait encore à ses disciples : " Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. |
2 Il le fit appeler et lui dit : "Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. " |
3 L'intendant se dit en lui-même : "Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? je n'en ai pas la force ; mendier ? j'aurais honte... |
4 Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m'accueillent chez eux. " |
5 " Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : "Combien dois-tu à mon maître ?" - |
6 "Cent barils d'huile", lui dit-il. Il lui dit : "Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. " |
7 Puis il dit à un autre : "Et toi, combien dois-tu ?" - "Cent mesures de blé", dit-il. Il lui dit : "Prends ton billet, et écris quatre-vingts. " |
8 " Et le maître loua cet intendant malhonnête d'avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière. |
9 " Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu'au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles. |
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
16 " Jusqu'à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s'efforcent d'y entrer par violence. |
17 " Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi. |
18 " Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. |
19 " Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. |
20 Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d'ulcères. |
21 Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères. |
22 Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche aussi mourut, et on l'ensevelit. |
23 " Dans l'Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. |
24 Alors il s'écria : "Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. " |
25 Mais Abraham dit : "Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté. |
26 Ce n'est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le puissent, et qu'on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous. " |
27 " Il dit alors : "Je te prie donc, père, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père, |
28 car j'ai cinq frères ; qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture. " |
29 Et Abraham de dire : "Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu'ils les écoutent. " - |
30 "Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront. " |
31 Mais il lui dit : "Du moment qu'ils n'écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus. " " |
Dans l’Évangile, des parallèles sont très souvent établis entre la richesse terrestre et la richesse céleste. Ce n’est pas un hasard, parce que dans la vie il arrive toujours que certaines personnes aient toujours plus de quelque chose, matériel ou spirituel, que d’autres.
Les paroles centrales de ce chapitre sont sans doute les versets 9-12. Avons-nous conscience que tout ce que nous possédons n’est pas à nous ? Que cela nous est donné seulement comme à des intendants qui doivent gérer correctement ce qu’ils ont ? Or le but des chrétiens, et même des humains en général, ne peut être qu’un seul : réaliser à sa place l’amour éternel de Dieu, c’est-à-dire se servir les uns les autres. C’est pourquoi, si nous utilisons correctement, guidés par l’amour, cette richesse étrangère, nous recevrons en retour ce qui est à nous en propre : les fruits qui naissent de telles relations, le fait de demeurer dans l’amour et dans la lumière de Dieu.
1 Il disait encore à ses disciples : " Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. |
2 Il le fit appeler et lui dit : "Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. " |
3 L'intendant se dit en lui-même : "Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? je n'en ai pas la force ; mendier ? j'aurais honte... |
4 Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m'accueillent chez eux. " |
5 " Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : "Combien dois-tu à mon maître ?" - |
6 "Cent barils d'huile", lui dit-il. Il lui dit : "Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. " |
7 Puis il dit à un autre : "Et toi, combien dois-tu ?" - "Cent mesures de blé", dit-il. Il lui dit : "Prends ton billet, et écris quatre-vingts. " |
8 " Et le maître loua cet intendant malhonnête d'avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière. |
9 " Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu'au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles. |
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. |
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien? |
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre? |
13 " Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. " |
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l'argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. |
15 Il leur dit : " Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu. |
16 " Jusqu'à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s'efforcent d'y entrer par violence. |
17 " Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi. |
18 " Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. |
Encore une drôle d'histoire sur un vaurien débrouillard et, comme toujours, une conclusion étrange et terrible: les «fils de ce siècle» connaissent mieux leur affaire que les «fils de la lumière». Toujours et en tout temps, les gens qui recherchent la richesse, la gloire, le pouvoir savent parvenir à leurs fins, par des moyens honnêtes ou malhonnêtes, par la tromperie, la force, la ruse, l'ingéniosité; tandis que ceux qui aspirent au «Royaume de Dieu et à sa justice» sombrent dans la paresse, le relâchement, l'indifférence. Il en résulte que l'argent et le pouvoir sont des stimulants plus forts, si l'homme est prêt, pour eux, à renoncer à n'importe quoi, à inventer n'importe quelle combinaison, pourvu qu'il atteigne son but. Voilà pour la «spiritualité». Du reste, il y a aussi une place pour la spiritualité: elle sert d'une des formes de loisir; on ne peut tout de même pas travailler tout le temps pour les «richesses injustes». Bien sûr, comme toute parabole, cette histoire est racontée moins pour dénoncer que pour que l'homme, s'étant réjoui pour le voleur débrouillard, réfléchisse à ce qu'il veut dans la vie et à la manière dont il l'obtient.
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