RÉFLEXIONS pour Lc 16:10-15
« Vous ne pouvez pas servir deux maîtres » : de quoi s'agit-il ? Du corps ? Du monde ? De l'amour de l'argent ? Et surtout : si l'on ne peut pas servir deux maîtres, comment vivre dans le monde, qui, comme on le sait par le même Évangile, « gît dans le mal » ? Que faire ? Fuir le monde, fuir au désert, comme l'ont fait de tout temps les moines, les ermites, les solitaires ?
Mais est-ce vraiment une issue ? Car même dans le désert, même dans la forêt, il faudra penser à se nourrir d'une manière ou d'une autre, au moins au minimum. Et là-bas cela peut se révéler, peut-être, encore plus problématique qu'en ville. Et il ne s'agit pas seulement de nourriture, mais du principe : si l'on ne peut pas servir deux maîtres, cela signifie qu'on ne peut pas non plus vivre selon les lois de ce monde dans lequel nous vivons. Où que l'on fuie, il est quand même avec nous : car chacun de nous en est une partie, et le mal dans lequel il gît nous concerne.
Mais si le Royaume existe, s'il est déjà entré dans notre monde pour le transformer, alors tout n'est pas encore perdu. S'il existe une alternative, alors on peut vivre dans ce monde sans lui être soumis, vivre selon les lois du Royaume et ne pas se diviser, ne pas servir deux maîtres. Vivre ainsi n'est certes pas simple, mais une telle vie est possible en principe. Et donc, au monde qui gît dans le mal, il existe une alternative. L'essentiel est de la trouver et, l'ayant trouvée, de ne pas la perdre.
