1 Craignons donc que l’un de vous n’estime arriver trop tard, alors qu’en fait la promesse d’entrer dans son repos reste en vigueur. |
2 Car nous aussi nous avons reçu une bonne nouvelle absolument comme ceux-là. Mais la parole qu’ils avaient entendue ne leur servit de rien, parce qu’ils ne restèrent pas en communion par la foi avec ceux qui écoutèrent. |
3 Nous entrons en effet, nous les croyants, dans un repos, selon qu’il a dit : Aussi ai-je juré dans ma colère : Non, ils n’entreront pas dans mon repos. Les œuvres de Dieu certes étaient achevées dès la fondation du monde, |
4 puisqu’il a dit quelque part au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres.
|
5 Et de nouveau en cet endroit : Ils n’entreront pas dans mon repos.
|
6 Ainsi donc, puisqu’il est acquis que certains doivent y entrer, et que ceux qui avaient reçu d’abord la bonne nouvelle n’y entrèrent pas à cause de leur désobéissance, |
7 de nouveau Dieu fixe un jour, un aujourd’hui, disant en David, après si longtemps, comme il a été dit ci-dessus : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... |
8 Si Josué avait introduit les Israélites dans ce repos, Dieu n’aurait pas dans la suite parlé d’un autre jour. |
9 C’est donc qu’un repos, celui du septième jour, est réservé au peuple de Dieu. |
10 Car celui qui est entré dans son repos lui aussi se repose de ses œuvres, comme Dieu des siennes. |
11 Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que nul ne succombe, en imitant cet exemple de désobéissance. |
12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des mœlles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. |
13 Aussi n’y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. |
C’est déjà le second épisode rapporté par Marc où le Seigneur guérit au moyen de la salive. C’est peut-être encore une action prophétique, où Jésus représente symboliquement ce qui se passe réellement sur le plan invisible de l’être.
Et il ne s’agit même pas du fait que ces symboles reflètent le mieux ce qui se passe, mais du fait qu’ils sont eux-mêmes le reflet de la réalité céleste qu’apporte le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme. Ainsi, les mots mêmes de « Père » et de « Fils » sont tirés du vocabulaire humain des relations familiales ; mais qui sait si ces relations familiales n’ont pas été créées pour refléter l’unité céleste du Père et du Fils ? La salive de l’homme a toujours été considérée comme porteuse de ses qualités. La salive de l’impur est impure (Lv 15:8), la salive du malade est contagieuse. De même, la salive de Celui qui voit donne la vision, la salive de Celui qui écoute et qui parle donne l’ouïe et la parole (Mc 7:33).
1 Craignons donc que l’un de vous n’estime arriver trop tard, alors qu’en fait la promesse d’entrer dans son repos reste en vigueur. |
2 Car nous aussi nous avons reçu une bonne nouvelle absolument comme ceux-là. Mais la parole qu’ils avaient entendue ne leur servit de rien, parce qu’ils ne restèrent pas en communion par la foi avec ceux qui écoutèrent. |
3 Nous entrons en effet, nous les croyants, dans un repos, selon qu’il a dit : Aussi ai-je juré dans ma colère : Non, ils n’entreront pas dans mon repos. Les œuvres de Dieu certes étaient achevées dès la fondation du monde, |
4 puisqu’il a dit quelque part au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres.
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5 Et de nouveau en cet endroit : Ils n’entreront pas dans mon repos.
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6 Ainsi donc, puisqu’il est acquis que certains doivent y entrer, et que ceux qui avaient reçu d’abord la bonne nouvelle n’y entrèrent pas à cause de leur désobéissance, |
7 de nouveau Dieu fixe un jour, un aujourd’hui, disant en David, après si longtemps, comme il a été dit ci-dessus : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... |
8 Si Josué avait introduit les Israélites dans ce repos, Dieu n’aurait pas dans la suite parlé d’un autre jour. |
9 C’est donc qu’un repos, celui du septième jour, est réservé au peuple de Dieu. |
10 Car celui qui est entré dans son repos lui aussi se repose de ses œuvres, comme Dieu des siennes. |
11 Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que nul ne succombe, en imitant cet exemple de désobéissance. |
Comme on le voit, le messianisme mystique qui se répandait dans les milieux proches de l'Église après l'an 70 ne se rapportait que peu, ou pas du tout, à l'histoire sainte. En effet, si le Royaume n'est aucunement lié à notre monde, s'il triomphe dans quelque autre dimension, quel rapport les événements historiques peuvent-ils avoir avec ce triomphe, même s'il s'agit de l'histoire du peuple de Dieu ? Dans un tel contexte, la perception des événements de l'Ancien Testament devait inévitablement changer : comme on le voit, on commençait à les percevoir comme quelque chose qui n'avait aucun rapport avec l'histoire messianique et qui s'était achevé depuis longtemps, bien avant la venue du Sauveur dans le monde. Quelque chose de semblable s'est manifestement produit aussi avec l'image de la terre promise, qui, dans la tradition yahviste comme dans la première tradition juive, était liée à l'image du Royaume messianique : désormais elle n'était perçue que comme une réalité strictement historique, et l'expression « entrer dans le repos de Dieu », qui avait également un sens messianique, n'en vint plus à désigner que l'installation des Juifs en Palestine, où ils s'établirent en cessant d'être un peuple nomade.
L'auteur de l'épître indique avec raison que le repos dont parle la sainte Écriture ne signifie pas seulement l'installation sur une terre et la fin des pérégrinations, mais qu'il s'agit d'un état spirituel qualitativement nouveau, qui ne s'atteint pas par la seule conquête de la terre ; c'est pourquoi il est convaincu que le sens messianique de l'expression « entrer dans le repos » n'est nullement perdu, qu'on peut y entrer encore maintenant, alors que plus d'un millénaire s'est écoulé depuis la conquête par les Juifs de la terre promise par Dieu. Et il appelle ses lecteurs à ne pas perdre ce sens essentiel pour la vie spirituelle (v. 1-3).
Pour l'auteur de l'épître, l'histoire du salut n'est nullement achevée, comme les partisans du messianisme mystique pouvaient peut-être le penser. Dans les textes de l'Ancien Testament, il trouve des indications de cet inachèvement, d'autant plus précieuses qu'elles supposaient le triomphe du Royaume ici, dans notre monde, en voie de transfiguration mais pas encore transfiguré (v. 4-7). L'histoire du salut a commencé, mais elle n'est nullement encore terminée, et ceux qui n'ont pas eu le temps auparavant peuvent encore avoir le temps d'en devenir partie prenante. Mais le temps est court, et il vaut mieux ne pas tarder : car il peut aussi arriver que le prochain appel de Dieu se révèle réellement être le dernier (v. 8-11). Ainsi l'auteur de l'épître rappelle à ses lecteurs l'essentiel : le Royaume qui s'est approché et qui vient, non pas quelque part dans d'autres mondes, mais ici et maintenant.
1 Craignons donc que l’un de vous n’estime arriver trop tard, alors qu’en fait la promesse d’entrer dans son repos reste en vigueur. |
2 Car nous aussi nous avons reçu une bonne nouvelle absolument comme ceux-là. Mais la parole qu’ils avaient entendue ne leur servit de rien, parce qu’ils ne restèrent pas en communion par la foi avec ceux qui écoutèrent. |
3 Nous entrons en effet, nous les croyants, dans un repos, selon qu’il a dit : Aussi ai-je juré dans ma colère : Non, ils n’entreront pas dans mon repos. Les œuvres de Dieu certes étaient achevées dès la fondation du monde, |
4 puisqu’il a dit quelque part au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres.
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5 Et de nouveau en cet endroit : Ils n’entreront pas dans mon repos.
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6 Ainsi donc, puisqu’il est acquis que certains doivent y entrer, et que ceux qui avaient reçu d’abord la bonne nouvelle n’y entrèrent pas à cause de leur désobéissance, |
7 de nouveau Dieu fixe un jour, un aujourd’hui, disant en David, après si longtemps, comme il a été dit ci-dessus : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... |
8 Si Josué avait introduit les Israélites dans ce repos, Dieu n’aurait pas dans la suite parlé d’un autre jour. |
9 C’est donc qu’un repos, celui du septième jour, est réservé au peuple de Dieu. |
10 Car celui qui est entré dans son repos lui aussi se repose de ses œuvres, comme Dieu des siennes. |
11 Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que nul ne succombe, en imitant cet exemple de désobéissance. |
L'endurcissement du cœur est un mal terrible qui frappe souvent l'homme confronté à Dieu. Ce moment important sert très souvent à présenter le terrible compte que chaque homme, croyant, incroyant ou athée, porte en lui, prêt à en lire toute la liste au moment opportun. Cette liste noire est toujours devant nous et, lorsqu'il rencontre Dieu face à face, chacun doit faire un choix très difficile : justifier Dieu ou se justifier soi-même. Si Dieu est bon, c'est donc moi qui suis coupable, mais moi, je ne peux tout de même pas être coupable ! Pour rester propre à ses propres yeux, il est plus facile de reconnaître que Dieu est responsable de tout ce qui se passe dans le monde. Pour cela, l'homme est prêt à renoncer à tout, même à la vie que Dieu lui offre.
1 Craignons donc que l’un de vous n’estime arriver trop tard, alors qu’en fait la promesse d’entrer dans son repos reste en vigueur. |
2 Car nous aussi nous avons reçu une bonne nouvelle absolument comme ceux-là. Mais la parole qu’ils avaient entendue ne leur servit de rien, parce qu’ils ne restèrent pas en communion par la foi avec ceux qui écoutèrent. |
3 Nous entrons en effet, nous les croyants, dans un repos, selon qu’il a dit : Aussi ai-je juré dans ma colère : Non, ils n’entreront pas dans mon repos. Les œuvres de Dieu certes étaient achevées dès la fondation du monde, |
4 puisqu’il a dit quelque part au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres.
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5 Et de nouveau en cet endroit : Ils n’entreront pas dans mon repos.
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Il est réellement possible d'arriver trop tard. Ce n'est pas un hasard si la lecture d'aujourd'hui nous met en garde... La Parole de Dieu avait été annoncée au peuple de l'Ancien Testament, et pourtant le Seigneur dit, dans le psaume que Paul citait au chapitre précédent, qu'un « peuple qui s'égare dans son cœur » ne peut entrer dans Son repos. Pour ce qui est de l'information, tout va bien pour nous, mieux même que pour le peuple d'Israël. Mais qu'en est-il du cœur ? Accepter la parole en théorie et l'accueillir dans son cœur sont deux choses différentes... Accepter la vérité en théorie et accueillir dans son cœur la Vérité Vivante, Dieu Lui-même, sont des choses plus différentes encore... Voilà ce que l'Église nous dit aujourd'hui par cette lecture. Tant que la promesse demeure, ou, comme nous le lisions hier, tant qu'il reste du temps, demandons à Dieu la grâce de la conversion et ouvrons-Lui notre cœur.
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
23 Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? » |
24 Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : « J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher. » |
25 Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. |
26 Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : « N’entre même pas dans le village. » |
Il nous semble parfois que le miracle accompli en nous par le Seigneur est un passage instantané, une seconde après laquelle tout change. Il arrive sans doute qu’il en soit réellement ainsi. Mais l’histoire de l’aveugle de Bethsaïde est particulièrement intéressante parce que l’évangéliste nous fait comprendre combien la nature humaine se transforme progressivement au contact de la grâce, et combien il nous faut surmonter de choses pour recevoir la guérison.
Tout d’abord, l’aveugle ne recouvre pas immédiatement la vue. Le Seigneur le touche une première fois, mais il voit encore de façon indistincte et approximative ; ce n’est qu’après le second contact qu’il voit tout clairement. Le plus important ici est que le Seigneur semble laisser à l’aveugle un peu de temps pour s’habituer à son nouvel état. Il transforme la nature humaine avec douceur et tendresse, nous donnant la possibilité de prendre conscience du changement qui s’opère au-dedans de l’homme. Ensuite, Jésus nous montre que le miracle, la transfiguration, est un processus silencieux et secret, une conversation personnelle de Dieu avec l’homme. Il conduit l’aveugle hors de la ville, loin des regards inutilement curieux, puis le renvoie directement chez lui en lui demandant de ne raconter à personne ce qui s’est passé.
Il est très important de nous donner le temps de comprendre ce qui s’est réellement produit, de prendre conscience des changements survenus dans notre vie à la suite de notre rencontre avec Dieu, et de laisser Son œuvre s’accomplir en nous jusqu’au bout. Alors, ce ne seront pas nos paroles, mais notre vie elle-même, transfigurée, qui témoignera de Dieu.
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
23 Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? » |
24 Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : « J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher. » |
25 Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. |
26 Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : « N’entre même pas dans le village. » |
Un détail important de la guérison de l’aveugle que nous raconte aujourd’hui l’évangéliste Marc est l’ordre du Christ donné au guéri: aller directement chez lui, sans passer par ceux qui l’avaient amené à Jésus. On peut rapprocher cela de la mention de l’évangéliste Jean selon laquelle les Samaritains crurent en Jésus «non plus à cause des paroles» de la femme qui L’avait rencontré au puits, mais parce qu’ils «L’avaient entendu eux-mêmes et avaient reconnu qu’Il est le Christ». Apprendre par ouï-dire les grandes et glorieuses œuvres de Dieu est bon et utile, mais, comme on dit maintenant, «ce n’est pas l’essentiel». L’essentiel est de Le rencontrer soi-même. Voilà pourquoi la fête de la Nativité du Christ, qui commence aujourd’hui pour la plupart de nos frères, est si importante pour nous. Sa naissance dans ce monde est la possibilité donnée à chacun de nous de rencontrer le Fils de Dieu non par ouï-dire, mais nous-mêmes.
12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des mœlles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. |
13 Aussi n’y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. |
14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi. |
15 Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché. |
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune. |
En parlant de la parole de Dieu qui « pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit », l'auteur de l'épître a en vue, d'une part, la révélation vivante qui est inséparable de la présence de Dieu, et d'autre part la Torah intérieure, cet impératif spirituel et moral intérieur et cette colonne vertébrale spirituelle sans lesquels les premières générations chrétiennes ne concevaient pas la vie spirituelle. C'est elle, cette parole vivante de Dieu, qui juge l'homme. En parlant de « l'âme et de l'esprit », l'auteur de l'épître a en vue, d'une part, la nature de l'homme, qu'il appelle « âme », bien que le mot grec correspondant puisse, dans le contexte biblique, signifier simplement « vie » ; et d'autre part ce « souffle », cet « esprit » que Dieu donne à chaque homme lors de la création. Là se trouve l'ultime profondeur de la personnalité humaine, celle à laquelle est liée l'existence même de l'homme comme image de Dieu.
C'est à cette profondeur que se décide ce qu'est un homme concret devant Dieu, devant les autres hommes et devant lui-même. Et pour le chrétien, un tel jugement acquiert un sens supplémentaire : car pour lui se décide aussi ici la question de savoir s'il est fidèle au Christ ou non, si la vie du Royaume est pour lui une valeur absolue, ou si, là, au plus profond de son âme, il est prêt à chercher autre chose de plus important. Et c'est aussi là, à cette ultime profondeur, que se décide la question de la fidélité au Christ comme Grand Prêtre avec une majuscule. En effet, le grand prêtre, dans la compréhension yahviste traditionnelle, est le chef du peuple-communauté qui se tient devant Dieu.
Toute communauté se compose toujours de personnes, chacune ayant pleinement conscience d'elle-même et de ses relations aussi bien avec Dieu qu'avec les autres membres de sa communauté ; autrement la communauté dégénère en collectif religieux, où les individus se dissolvent dans un grand « nous » collectif, éprouvant parfois des expériences religieuses assez vives, mais spirituellement tout à fait stérile. Et chaque membre de la communauté va vers Dieu avec toutes les relations qui l'unissent aux autres. Celui qui préside la communauté et en est le chef se trouve au centre de ce système complexe de relations que représente une communauté allant vers Dieu.
La question de la pleine inclusion du président dans le système des relations internes à la communauté se révèle extrêmement importante dans le contexte du chemin spirituel de la communauté. En ce sens, le Sauveur est le Chef et le Président idéal : Son lien avec chacun de ceux qui appartiennent à l'Église comme à Son corps est absolu ; un tel lien avec sa communauté ne peut exister chez personne, pas même chez le grand prêtre le plus zélé qui dirige la communauté du Temple et le peuple de Dieu. Trahir un tel Président signifie perdre le Royaume, et donc le salut.
12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des mœlles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. |
13 Aussi n’y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. |
14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi. |
15 Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché. |
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune. |
En revenant à l'image du Messie-Grand Prêtre, l'auteur de l'épître ne la sépare pas des représentations de la Torah vivante qui étaient alors largement répandues aussi bien dans le milieu juif que dans le milieu chrétien. C'est précisément Jésus qui devient pour lui cette Torah vivante; Son sacerdoce suprême tient à ce qu'Il a réussi ce que personne n'avait encore réussi avant Lui: réaliser l'idéal demeuré auparavant inaccessible. Pour devenir Torah vivante, il fallait que l'homme se libère entièrement du péché tout en restant homme et sans se transformer en quelque être incorporel. Et Jésus fut, dans l'histoire de l'humanité, le premier et l'unique à qui cela réussit (v. 15).
On ne trompe pas un tel Maître: car la Torah vivante est la parole de Dieu incarnée; Son action sur l'homme touche les profondeurs de l'être humain où se rencontrent sa composante spirituelle («l'esprit») et sa composante naturelle («l'âme») (v. 12). Il est tout aussi impossible de se cacher de Lui que de se mettre à l'abri de Dieu ou de Lui dissimuler quoi que ce soit (v. 13). Mais ce Messie-Grand Prêtre porte en Lui toute la plénitude de la grâce du Royaume qu'Il a apporté au monde, donnant à tout fidèle la possibilité d'y participer (v. 16). La Torah vivante, la parole de Dieu incarnée, l'Homme qui porte en Lui toute la plénitude du Royaume et donc la plénitude de Dieu: tel est le Messie que voit l'auteur de l'épître, celui qu'il appelle le nouveau Grand Prêtre, le Grand Prêtre du Royaume.
12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des mœlles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. |
13 Aussi n’y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. |
14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi. |
15 Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché. |
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune. |
Il y a quelque chose de très important pour nous dans la Révélation biblique : Dieu, transcendant et incompréhensible, parle. Il parle—et l'univers prend forme ; Il parle—et la vie apparaît ; Il parle—et l'être humain est créé, celui avec qui Dieu poursuivra ensuite un dialogue. Nous voyons que la parole de Dieu n'est pas simplement une parole, mais une action.
De plus, Sa parole possède une qualité qui n'appartient d'ordinaire qu'à un interlocuteur vivant : chaque fois que nous nous tournons vers elle, nous entendons quelque chose de nouveau ! La parole procède du Dieu vivant et apporte la vie avec elle.
Dieu franchit la distance qui nous sépare de Lui et S'adresse à nous. Et l'apôtre nous rappelle que la parole de Dieu « travaille » pour nous lorsqu'elle pénètre en nous, jusqu'au plus profond du cœur—alors elle nous purifie, nous instruit et nous remplit. Pouvons-nous nous en protéger ? Probablement. Mais alors, si elle n'agit pas en nous, la vie que Dieu veut nous donner n'entrera pas non plus en nous.
11 Les pharisiens sortirent et se mirent à discuter avec lui ; ils demandaient de lui un signe venant du ciel, pour le mettre à l’épreuve. |
12 Gémissant en son esprit, il dit : « Qu’a cette génération à demander un signe ? En vérité, je vous le dis, il ne sera pas donné de signe à cette génération. » |
13 Et les laissant là, il s’embarqua de nouveau et partit pour l’autre rive. |
14 Ils avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque. |
15 Or il leur faisait cette recommandation : « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. » |
16 Et eux de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pains. |
17 Le sachant, il leur dit : « Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché, |
18 des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas, |
19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? » Ils lui disent : « Douze » — |
20 « Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » Et ils disent : « Sept. » |
21 Alors il leur dit : « Ne comprenez-vous pas encore ? » |
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
La demande d’un signe adressée à Jésus était tout à fait compréhensible : beaucoup étaient prêts à voir en Lui le Messie, et déjà, sinon tous, du moins la majorité Le tenaient pour prophète. Pourtant, pour reconnaître le Messie comme Messie, on attendait de Lui certains signes bien précis comme preuve de Sa messianité. Ces signes étaient liés aux représentations messianiques traditionnelles, en partie populaires et en partie théologiques ; la théologie messianique était particulièrement développée dans le milieu pharisien, ce qui n’a rien d’étonnant : ils se considéraient comme des messianistes, ce reste dont parlaient les anciens prophètes. Ils ne pouvaient absolument pas se tromper sur le Messie, d’où leur attention à la théologie messianique et leurs tentatives d’élaborer des critères univoques pour définir la messianité.
Mais Jésus, étant le Messie, n’allait se conformer aux critères de personne. Il manifestait simplement au monde le Royaume dans sa plénitude, dans l’amour et dans la puissance, et la puissance de Dieu agit d’ordinaire de manière très convaincante, il est vrai seulement pour ceux qui veulent voir. On pourrait dire : ouvre les yeux et regarde. Quels autres signes faut-il, à quels autres critères doit correspondre Celui qui peut non seulement guérir toute maladie, mais encore rendre la vie à un mort ?
Le problème, cependant, est que l’homme déchu possède un talent surprenant pour créer des illusions et une réalité illusoire dans laquelle il peut demeurer si pleinement que rien de l’extérieur n’a parfois plus aucun effet sur lui. Derrière des concepts bâtis sur ses propres illusions et mirages, l’homme déchu peut longtemps se cacher de toute réalité, même de la réalité du Royaume entrant dans le monde, qu’un « théologien » égaré par sa propre « réalité » peut très bien ne pas remarquer. Là, tous les signes et toutes les preuves sont réellement inutiles : ils passeront inaperçus, comme tout ce qui ne rentre pas dans le concept et dans la « réalité » à partir de laquelle il a été créé.
D’ailleurs, les disciples ne valent guère mieux, à leur manière, que ceux qui demandent un signe : eux aussi ne comprennent pas le Maître ; pour eux, le levain est lié au pain matériel, et ils sont sûrs que Jésus leur interdit de partager le pain avec les pharisiens et les sadducéens. Mais Lui parle en réalité de tout autre chose, non d’interdits alimentaires ni de rites. Le Royaume qu’Il a apporté dans le monde se révèle trop plein et trop libre même pour ceux qui L’ont suivi. C’est compréhensible : dans notre monde, la chute a touché chacun sans exception, sauf Lui. Un temps viendra où commencera le lent et difficile dépassement des conséquences de cette catastrophe à cause de laquelle le Royaume s’est trouvé fermé à l’homme, mais pour l’instant ce temps était encore à venir.
1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une foule nombreuse et qu’ils n’avaient pas de quoi manger, il appela à lui ses disciples et leur dit : |
2 « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. |
3 Si je les renvoie à jeun chez eux, ils vont défaillir en route, et il y en a parmi eux qui sont venus de loin. » |
4 Ses disciples lui répondirent : « Où prendre de quoi rassasier de pains ces gens, ici, dans un désert ? » |
5 Et il leur demandait : « Combien avez-vous de pains ? » — « Sept », dirent-ils. |
6 Et il ordonne à la foule de s’étendre à terre ; et, prenant les sept pains, il rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule. |
7 Ils avaient encore quelques petits poissons ; après les avoir bénis, il dit de les servir aussi. |
8 Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles ! |
9 Or ils étaient environ quatre mille. Et il les renvoya ; |
10 et aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans la région de Dalmanoutha. |
11 Les pharisiens sortirent et se mirent à discuter avec lui ; ils demandaient de lui un signe venant du ciel, pour le mettre à l’épreuve. |
12 Gémissant en son esprit, il dit : « Qu’a cette génération à demander un signe ? En vérité, je vous le dis, il ne sera pas donné de signe à cette génération. » |
13 Et les laissant là, il s’embarqua de nouveau et partit pour l’autre rive. |
14 Ils avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque. |
15 Or il leur faisait cette recommandation : « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. » |
16 Et eux de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pains. |
17 Le sachant, il leur dit : « Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché, |
18 des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas, |
19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? » Ils lui disent : « Douze » — |
20 « Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » Et ils disent : « Sept. » |
21 Alors il leur dit : « Ne comprenez-vous pas encore ? » |
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
23 Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? » |
24 Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : « J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher. » |
25 Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. |
26 Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : « N’entre même pas dans le village. » |
Le passage d'aujourd'hui nous ramène une fois encore au récit du miracle de la multiplication des pains. Ce n'est assurément pas par hasard que l'évangéliste s'attarde avec tant de détails sur cet événement, soulignant à plusieurs reprises que les apôtres ne comprennent pas le sens de ce qui se passe (v. 15-21). Or, l'avertissement contre le « levain des pharisiens et d'Hérode » (v. 15) est précédé ici de la mention de la controverse entre Jésus et les pharisiens, qui Lui réclamaient un « signe » (v. 11). Le sens de cette controverse devient plus clair si l'on garde à l'esprit que les pharisiens avaient leur propre conception théologique, assez élaborée, de ce que devait être le véritable Messie-Christ, de la manière et du moment précis où Il devait apparaître, ainsi que des phénomènes naturels et surnaturels qui devaient accompagner Son apparition. Apparemment, les pharisiens réunis exigeaient que Jésus leur montre quelque chose qui les convainque qu'Il était vraiment ce Messie-Christ qu'ils attendaient. Mais Jésus refuse, puis Il parle à Ses disciples du danger du « levain des pharisiens et d'Hérode » et, en réponse à leur perplexité, leur rappelle le miracle de la multiplication des pains. Rien d'étonnant à cela : c'est précisément dans ce miracle que les traits du Royaume de Dieu que Jésus apporte au monde sont apparus de manière parfaitement visible et manifeste à beaucoup. Mais de tels témoignages ne satisfont pas les pharisiens, plongés dans leurs propres théories théologiques. Il leur faut des signes qui confirment la justesse de ces théories, tandis qu'un Royaume qui ne leur correspond pas leur est manifestement inacceptable. Face à une telle attitude de rejet décidé d'avance, toute preuve est bien sûr inutile, et cette attitude elle-même empêche souvent de voir l'évidence. Voilà pourquoi Jésus avertit Ses disciples du danger du « levain des pharisiens ».
1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une foule nombreuse et qu’ils n’avaient pas de quoi manger, il appela à lui ses disciples et leur dit : |
2 « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. |
3 Si je les renvoie à jeun chez eux, ils vont défaillir en route, et il y en a parmi eux qui sont venus de loin. » |
4 Ses disciples lui répondirent : « Où prendre de quoi rassasier de pains ces gens, ici, dans un désert ? » |
5 Et il leur demandait : « Combien avez-vous de pains ? » — « Sept », dirent-ils. |
6 Et il ordonne à la foule de s’étendre à terre ; et, prenant les sept pains, il rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule. |
7 Ils avaient encore quelques petits poissons ; après les avoir bénis, il dit de les servir aussi. |
8 Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles ! |
9 Or ils étaient environ quatre mille. Et il les renvoya ; |
10 et aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans la région de Dalmanoutha. |
11 Les pharisiens sortirent et se mirent à discuter avec lui ; ils demandaient de lui un signe venant du ciel, pour le mettre à l’épreuve. |
12 Gémissant en son esprit, il dit : « Qu’a cette génération à demander un signe ? En vérité, je vous le dis, il ne sera pas donné de signe à cette génération. » |
13 Et les laissant là, il s’embarqua de nouveau et partit pour l’autre rive. |
14 Ils avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque. |
15 Or il leur faisait cette recommandation : « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. » |
16 Et eux de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pains. |
17 Le sachant, il leur dit : « Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché, |
18 des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas, |
19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? » Ils lui disent : « Douze » — |
20 « Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » Et ils disent : « Sept. » |
21 Alors il leur dit : « Ne comprenez-vous pas encore ? » |
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
23 Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? » |
24 Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : « J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher. » |
25 Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. |
26 Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : « N’entre même pas dans le village. » |
Les guérisons accomplies par Jésus se produisent chaque fois un peu différemment. Comme dans ce cas, lorsqu'Il touche deux fois les yeux de l'homme qu'Il guérit. À première vue, cela peut paraître étrange: il s'agit en effet de la puissance de Dieu, qui peut guérir un homme en un instant, et ici il y a manifestement un certain processus, certaines étapes, et la guérison ne se produit pas, pour une raison quelconque, d'un seul coup. On pourrait avoir l'impression que Jésus, pour ainsi dire, prend Ses mesures, essaie Sa force avant la guérison complète et définitive.
En partie, il en est bien ainsi, seulement il ne s'agit pas de Sa force, mais de la disponibilité de l'homme. Car la guérison ne paraît simple et instantanée que sur le papier; en réalité, derrière elle se trouve un processus complexe et tendu auquel participe celui qui est guéri. Dans de tels cas, nous parlons d'ordinaire de foi: celui qui croit reçoit la guérison; mais la foi, même comprise comme confiance et non comme un ensemble de convictions, est un processus et pas seulement une décision instantanée. En guérissant l'homme, Jésus l'entraîne dans une relation avec Lui et dans la vie du Royaume qu'Il a apporté au monde, dans la mesure où l'homme est prêt à Le suivre.
Une telle implication commence toujours par la disponibilité de l'homme à suivre Jésus: sans elle, rien ne se produira. Cependant cette disponibilité doit être constamment confirmée, parce que sa mesure varie et parce qu'à chaque étape suivante du chemin cette mesure change. En un certain sens, on pourrait dire qu'à chaque nouvelle étape du chemin Dieu redemande à l'homme s'il est prêt à aller plus loin, et l'homme est chaque fois libre de répondre à Dieu «oui» ou «non». Il en va de même dans les relations avec le Sauveur: chaque pas suivant sur le chemin chrétien signifie une plus grande mesure d'implication de l'homme dans les relations avec le Christ, et cette plus grande mesure suppose le consentement de l'homme au pas suivant.
Il semblerait qu'il soit seulement question ici d'une guérison, de la mener jusqu'au bout; mais pour l'homme lui-même, ce «seulement» signifie beaucoup, un immense pas en avant sur le chemin des relations avec Dieu et avec le Christ. Il n'est pas étonnant que l'homme le franchisse non pas en un seul pas, mais en deux. Jésus traite chacun de ceux avec qui Il entre en contact avec le plus grand ménagement, sans le presser ni le pousser dans le dos; mais si l'homme est prêt, le pas suivant suivra nécessairement.
1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une foule nombreuse et qu’ils n’avaient pas de quoi manger, il appela à lui ses disciples et leur dit : |
2 « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. |
3 Si je les renvoie à jeun chez eux, ils vont défaillir en route, et il y en a parmi eux qui sont venus de loin. » |
4 Ses disciples lui répondirent : « Où prendre de quoi rassasier de pains ces gens, ici, dans un désert ? » |
5 Et il leur demandait : « Combien avez-vous de pains ? » — « Sept », dirent-ils. |
6 Et il ordonne à la foule de s’étendre à terre ; et, prenant les sept pains, il rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule. |
7 Ils avaient encore quelques petits poissons ; après les avoir bénis, il dit de les servir aussi. |
8 Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles ! |
9 Or ils étaient environ quatre mille. Et il les renvoya ; |
10 et aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans la région de Dalmanoutha. |
11 Les pharisiens sortirent et se mirent à discuter avec lui ; ils demandaient de lui un signe venant du ciel, pour le mettre à l’épreuve. |
12 Gémissant en son esprit, il dit : « Qu’a cette génération à demander un signe ? En vérité, je vous le dis, il ne sera pas donné de signe à cette génération. » |
13 Et les laissant là, il s’embarqua de nouveau et partit pour l’autre rive. |
14 Ils avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque. |
15 Or il leur faisait cette recommandation : « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. » |
16 Et eux de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pains. |
17 Le sachant, il leur dit : « Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché, |
18 des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas, |
19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? » Ils lui disent : « Douze » — |
20 « Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? » Et ils disent : « Sept. » |
21 Alors il leur dit : « Ne comprenez-vous pas encore ? » |
22 Ils arrivent à Bethsaïde et on lui amène un aveugle, en le priant de le toucher. |
23 Prenant l’aveugle par la main, il le fit sortir hors du village. Après lui avoir mis de la salive sur les yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? » |
24 Et l’autre, qui commençait à voir, de répondre : « J’aperçois les gens, c’est comme si c’était des arbres que je vois marcher. » |
25 Après cela, il mit de nouveau ses mains sur les yeux de l’aveugle, et celui-ci vit clair et fut rétabli, et il voyait tout nettement, de loin. |
26 Et Jésus le renvoya chez lui, en lui disant : « N’entre même pas dans le village. » |
Depuis huit chapitres déjà, nous lisons la marche glorieuse sur la terre du Fils de Dieu. L'avons-nous reconnu? Avons-nous appris à Lui faire confiance? À croire Sa Parole? Ou avons-nous encore besoin de signes? Avons-nous tout «compris», ou sommes-nous restés aveugles? Qu'y a-t-il davantage en nous: le levain des pharisiens ou la foi des affamés et des malades? Celui qui a eu faim et a été rassasié, qui a été malade et a été guéri, qui a été aveugle et a recouvré la vue, a-t-il encore besoin de signes?
Les disciples ont été témoins de la multiplication des pains pour le peuple; ils étaient à cette fête, ils ont même distribué le pain. Mais dans la vie quotidienne, ils restent dans le doute et ne sont pas sûrs d'être rassasiés. Pourtant Jésus est avec eux et ils Le voient de leurs yeux. Mais avec le coeur? Sentons-nous la présence de Dieu dans la vie quotidienne, le lundi, dans cette barque où nous traversons la semaine? Ou bien «ne comprenons-nous toujours pas»? Pour la deuxième fois, Marc rapporte un passage sur une grande foule rassasiée avec quelques pains. Il importe de comprendre que, si le pain est donné par les mains de Dieu, ce n'est pas simplement du pain. Les hommes sont rassasiés par la bénédiction de Dieu, par l'amour de Dieu. Et c'est véritablement un rassasiement réel.
Il est difficile de comprendre ce qui arrive aux autres quand tout va bien pour toi, quand tu n'as rien à demander avec larmes. Quand il n'y a pas de vraie détresse, l'espérance n'est pas nécessaire, ni le Guérisseur. Quand nous n'aspirons pas à la rencontre avec la vérité, avec l'amour, quand nous n'avons pas assez souffert dans ce monde avec notre faiblesse et notre infirmité en cherchant la justice, il est difficile d'être rassasié par ce que Dieu nous donne. Tels sont les pharisiens: Jésus ne parle même pas avec eux: «Il les laissa».
Les disciples demeurent près de Jésus, Le voient de leurs yeux terrestres, partagent le repas avec Lui, voient de nombreuses guérisons, mais restent encore hors du mystère de Dieu. Ils ont recouvré la vue une première fois, comme cet aveugle de Bethsaïde. Après la première imposition des mains, l'aveugle s'est mis à voir comme tous les hommes. Il a vu les hommes extérieurement. L'homme n'a pu «tout voir clairement» qu'en présence de Jésus, lorsqu'il «regarda attentivement».
Dieu donne la vue spirituelle à ceux qui ont soif. Pour cela il faut «adoucir» le «coeur endurci». Alors on comprendra ce qu'est l'esprit du pharisaïsme, et l'on verra la vie spirituelle des hommes, de Dieu. Alors les signes ne seront plus nécessaires. Qu'avons-nous donc pu «comprendre» au cours de ces sept chapitres et demi? Qu'avons-nous réellement compris, «vu clairement», comment avons-nous changé?
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