1 Enfin, frères, nous vous le demandons et vous y engageons dans le Seigneur Jésus: vous avez reçu notre enseignement sur la manière de vivre qui plaît à Dieu, et déjà c'est ainsi que vous vivez; faites-y des progrès encore.
2 Vous savez bien quelles prescriptions nous vous avons données de par le Seigneur Jésus.
3 Et voici quelle est la volonté de Dieu: c'est votre sanctification; c'est que vous vous absteniez d'impudicité,
4 que chacun de vous sache user du corps qui lui appartient avec sainteté et respect,
5 sans se laisser emporter par la passion comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu;
6 que personne en cette matière ne supplante ou ne dupe son frère. Le Seigneur tire vengeance de tout cela, nous vous l'avons déjà dit et attesté.
7 Car Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté mais à la sanctification.
8 Dès lors, qui rejette cela, ce n'est pas un homme qu'il rejette, c'est Dieu, lui qui vous a fait le don de son Esprit Saint.
9 Sur l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous écrive, car vous avez personnellement appris de Dieu à vous aimer les uns les autres,
10 et vous le faites bien envers tous les frères de la Macédoine entière. Mais nous vous engageons, frères, à faire encore des progrès
11 en mettant votre honneur à vivre calmes, à vous occuper chacun de vos affaires, à travailler de vos mains, comme nous vous l'avons ordonné.
12 Ainsi vous mènerez une vie honorable au regard de ceux du dehors et vous n'aurez besoin de personne.
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Poursuivant son propos sur la vie du Royaume, Paul attire l’attention sur sa caractéristique la plus importante: ceux qui sont appelés à une telle vie doivent toujours conserver un état de sanctification (v. 7; dans la traduction synodale, la sanctification est généralement appelée «sainteté»). Ici, l’apôtre poursuit manifestement la tradition formée déjà au temps où fut écrite la seconde partie du Livre du Lévitique (Lv 19-27): c’est précisément là qu’a retenti pour la première fois l’appel non pas simplement à la pureté, qui avait déjà retenti auparavant, mais à une vie sanctifiée (Lv 1-2).
Paul appelle aussi les destinataires de sa lettre à une vie sanctifiée (v. 3-7). Il semblerait donc que les appels de l’apôtre n’aient rien de fondamentalement nouveau. Mais les choses ne sont tout de même pas exactement ainsi: l’appel est bien resté le même, mais les circonstances ont changé de manière fondamentale. Auparavant, l’appel à une vie sanctifiée résonnait précisément comme un appel et un souhait; maintenant, il résonne comme une exigence. Il n’y a rien d’étonnant à un tel changement: auparavant, il s’agissait de justice dans ce monde-ci, pas encore transfiguré; maintenant, il s’agit du Royaume auquel Paul appelle ses auditeurs et ses lecteurs. Dans le monde non transfiguré, la question de la vie sanctifiée est avant tout la question de la justice dans toute sa plénitude: car la sanctification suppose la transfiguration de la nature humaine, sans laquelle elle n’est pas capable d’une vie juste, si toutefois l’on comprend la justice non comme l’observance formelle d’un certain code moral, mais comme l’acquisition de la Torah intérieure.
Cependant la Torah n’a jamais exigé de l’homme une telle justice; elle la proposait seulement comme un idéal auquel elle appelait à tendre. Mais l’idéal et les cas exceptionnels de notre monde, encore non transfiguré, sont manifestement la norme pour le Royaume; aussi l’apôtre, à la suite du Sauveur Lui-même, appelle-t-il les fidèles à une vie sanctifiée non comme à quelque chose d’exceptionnel, mais comme à la norme sans laquelle il est impossible de devenir habitant du Royaume. Et cela signifie qu’il est impossible aussi d’être chrétien.
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