La mention que fait Jacques de la sagesse en lien avec l'endurance peut paraître, au premier abord, quelque peu étrange. Mais elle peut nous paraître telle aujourd'hui parce que, pour nous, la sagesse est souvent liée à quelque chose de livresque, de philosophique, d'abstrait. Or la sagesse, telle que la Bible la comprend, a toujours été quelque chose de pratique plutôt que de spéculatif abstrait. Le mot hébreu correspondant, comme son équivalent grec, désigne avant tout un art, une habileté, d'abord une habileté pratique. Un artisan habile, sachant faire une belle chose à partir de la pierre, du bois ou du métal, pouvait être appelé sage : il fallait ici à la fois le savoir-faire pratique d'un ouvrier et le sens de la beauté propre à l'artiste. On appelait aussi sage celui qui savait gouverner, qu'il s'agisse de sa propre maison ou d'un pays entier. Ici, l'habileté n'était plus liée à la maîtrise artisanale, mais à l'expérience qui permet de construire des relations avec les personnes, de tenir compte des intérêts de chacun et de veiller à ce que la tâche fixée soit accomplie non en lésant les intérêts de quelqu'un, mais pour le bien commun. Mais la forme la plus haute de la sagesse était la sagesse du juste, l'expérience et l'habileté de la vie juste. Il semblerait que la justice soit un don de Dieu et que l'homme n'y soit pas pour grand-chose. Mais tout don doit être reçu avec habileté, et l'art de la vie juste est précisément lié à cette capacité. Comment suivre Dieu malgré son propre péché, et le suivre de telle sorte que l'on trébuche moins ? La sagesse de celui qui cherche la vie juste était liée à la réponse à cette question. C'est de cette sagesse que parle Jacques. Et la fermeté qu'il mentionne, traduction plus exacte du mot grec rendu par « patience » dans la traduction synodale, joue un rôle important dans son acquisition. Le noyau spirituel sur lequel repose toute la vie de l'homme, intérieure et extérieure, ne peut être fort que lorsque les événements extérieurs ne le lavent pas et ne le détruisent pas. Et Jacques conseille de demander à Dieu comment faire en sorte qu'il en soit ainsi. Cela se comprend : après tout, c'est Dieu qui rend l'homme juste, en lui ouvrant la route du Royaume. |
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||