Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Lc 14:12-15

12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille.
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles;
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. "
15 A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! "
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Derrière les paroles de Jésus sur ceux qu’il faut inviter chez soi au festin se tient une tradition juive bien précise, liée à la représentation de la répartition des biens dans le siècle présent et dans le siècle à venir. Au fondement de cette tradition se trouve l’idée que Dieu accorde à chaque homme un certain volume de biens qu’il peut recevoir, commun au siècle présent et au siècle à venir. Par conséquent, plus l’homme en utilise dans le siècle présent, moins il en restera pour le siècle à venir. De ce point de vue, il vaut réellement mieux inviter à sa table ceux qui ne peuvent pas te rendre la pareille dans le siècle présent : ta récompense sera d’autant plus grande dans le siècle à venir.

Dans les paroles du Sauveur, il y a aussi quelque chose de plus, lié au Royaume, à ses lois et à sa vie. Il ne s’agit plus ici du siècle présent ou du siècle à venir, mais de la façon dont nous nous rapportons à nos propres œuvres et actions. Il faut remarquer que, dans presque toutes les traditions ascétiques, se reflète d’une manière ou d’une autre la compréhension du fait que la vie spirituelle normale et la croissance spirituelle ne sont possibles qu’avec une juste attitude envers sa propre activité. Est considérée comme juste une attitude qui ne suppose pas d’attachement aux résultats, aux fruits de son travail.

Toute œuvre doit être pour l’homme, en un certain sens, une fin en soi ; elle doit avoir une valeur en elle-même, et c’est vers elle, non vers les résultats futurs, que doit être dirigée l’intention avec laquelle l’homme s’occupe de son œuvre. Et non parce que l’orientation vers les fruits, vers les résultats en eux-mêmes, peut pousser l’homme à négliger la qualité de son travail afin d’atteindre plus vite le résultat, mais parce qu’en transférant le centre de son effort spirituel vers l’avenir, l’homme se concentre ainsi sur l’irréel, sur quelque chose qui n’existe pas encore, et dont on ne sait pas ce qu’il sera.

Si cela est vrai pour notre monde qui n’est pas encore transfiguré, cela l’est d’autant plus pour le Royaume : car dans le Royaume, le passé et l’avenir non seulement n’existent pas, mais ne peuvent pas exister dans la qualité sous laquelle ils nous sont connus. Appliqué au Royaume, on ne peut parler que de la vie ici et maintenant, et de ce que l’on reçoit ici et maintenant. Et s’il n’y a pas de plénitude ici et maintenant, il n’y en aura pas non plus plus tard. Car le Royaume est un pour tous les temps. Et sa vie aussi.

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