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RÉFLEXIONS pour Lv 14:33-56

33 Yahvé parla à Moïse et à Aaron et dit:
34 Lorsque vous serez arrivés au pays de Canaan que je vous donne pour domaine, si je frappe de la lèpre une maison du pays que vous posséderez,
35 son propriétaire viendra avertir le prêtre et dira : " J'ai vu comme de la lèpre dans la maison. "
36 Le prêtre ordonnera de vider la maison avant qu'il ne vienne examiner le mal; ainsi rien ne deviendra impur de ce qui s'y trouve. Après quoi le prêtre viendra observer la maison,
37 et si, après examen, il constate sur les murs de la maison des cavités verdâtres ou rougeâtres qui font creux dans le mur,
38 le prêtre sortira de la maison, à la porte, et il la fera fermer sept jours.
39 Il reviendra le septième jour et si, après examen, il constate que le mal s'est développé sur les murs de la maison,
40 il ordonnera que l'on retire les pierres attaquées par le mal et qu'on les jette hors de la ville en un lieu impur.
41 Puis il fera gratter toutes les parois intérieures de la maison et l'on répandra le crépi ainsi détaché dans un lieu impur à l'extérieur de la ville.
42 On prendra d'autres pierres pour remplacer les premières et un autre enduit pour recrépir la maison.
43 Si le mal prolifère à nouveau après l'enlèvement des pierres, le décapage et le crépissage de la maison,
44 le prêtre viendra l'examiner; s'il constate que le mal s'est développé, c'est une lèpre contagieuse dans la maison; celle-ci est impure.
45 On la démolira, on portera dans un lieu impur, hors de la ville, ses pierres, ses charpentes et tout son crépi.
46 Quiconque entrera dans la maison, pendant tout le temps qu'on la tient fermée, sera impur jusqu'au soir.
47 Quiconque y couchera devra nettoyer ses vêtements. Quiconque y mangera devra nettoyer ses vêtements.
48 Mais si le prêtre, lorsqu'il vient examiner le mal, constate qu'il ne s'est pas développé dans la maison après le crépissage, il déclarera pure la maison, car le mal est guéri.
49 En vue d'un sacrifice pour le péché de la maison, il prendra deux oiseaux, du bois de cèdre, du rouge de cochenille et de l'hysope.
50 Il immolera un des oiseaux sur un pot d'argile au-dessus d'une eau courante.
51 Puis il prendra le bois de cèdre, l'hysope, le rouge de cochenille et l'oiseau encore vivant, pour les plonger dans le sang de l'oiseau immolé et dans l'eau courante. Il fera sept aspersions sur la maison
52 et, après avoir fait le sacrifice pour le péché de la maison par le sang de l'oiseau, l'eau courante, l'oiseau vivant, le bois de cèdre, l'hysope et le rouge de cochenille,
53 il lâchera l'oiseau vivant hors de la ville, dans la campagne. Le rite d'expiation ainsi fait sur la maison, elle sera pure.
54 Telle est la loi concernant tous cas de lèpre et de teigne,
55 la lèpre des vêtements et des maisons,
56 les tumeurs, dartres et taches.
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Il est prescrit de purifier de la lèpre non seulement l’homme, mais aussi la maison et les objets qui lui appartiennent. Au premier regard, il n’y aurait là que de l’hygiène, mais à y regarder de plus près, tout se révèle moins simple. Ces purifications font partie de tout un ensemble de normes et de règles de pureté rituelle.

Elles peuvent sembler être un tribut payé à des schémas religieux ; pourtant il ne s’agit pas seulement de formalités religieuses. Il faut plutôt parler de la pureté comme possibilité d’entrer en contact avec le sacré. En fin de compte, avec cette présence de Dieu qui se révélait dans la Demeure, puis plus tard dans le Temple. Elle exigeait de l’homme une disponibilité : d’abord la disponibilité à vivre d’une vie pleine. Or tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, était lié à la mort privait l’homme de cette plénitude.

Dans les temps préchrétiens, en effet, la mort était un départ vers le monde des ombres, vers le shéol, où il n’y avait pas de vie. Là, ce n’était pas la vie, mais une existence que l’on ne pouvait appeler vie que de façon très conditionnelle. Dieu n’y avait pas de place. Nous vivons aujourd’hui à une autre époque, celle du Royaume qui vient et qui, selon la parole du Sauveur, « s’est approché ». Aujourd’hui, l’achèvement du chemin terrestre suppose bien sûr toujours pour l’homme une rencontre avec la mort, mais celle-ci n’est plus toute-puissante ; désormais, la mort n’a sur l’homme que le pouvoir que l’homme lui permet d’avoir sur lui.

L’achèvement du chemin terrestre peut aujourd’hui parfaitement devenir pour l’homme la continuation de la vie, et cela dans une plénitude non moindre, mais plus grande que celle qu’il avait sur terre. Dans les temps préchrétiens, c’est précisément la mort qui régnait dans le monde, et l’achèvement du chemin terrestre signifiait tomber dans le monde d’une agonie continue, qui n’arrive jamais à son terme. Il en allait de même de tout ce qui était lié à la lèpre : il s’agissait précisément d’une mort en pleine vie, qui pouvait durer parfois des décennies.

Tout ce qui était lié à la mort et à l’agonie faisait obstacle à la sanctification, empêchait cette plénitude de vie que supposait la communion avec Dieu. C’est pourquoi les normes et les règles de pureté rituelle sont exposées si minutieusement dans le Lévitique : pour les hommes de l’époque préchrétienne, c’était une question de vie et de mort, une question de communion avec Dieu ou de son absence. Il n’est pas étonnant qu’on craignît la souillure comme le feu. Il arrivait bien sûr qu’elle devienne inévitable, mais même alors on cherchait à s’en purifier dès que cette nécessité disparaissait : autrement, la communion avec Dieu devenait impossible, et donc la vie perdait son sens pour le yahviste croyant.

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