1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
Encore et encore, l'Évangile nous dit qu'il y a place pour tous dans l'Église, que chacun peut suivre le Christ « proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! ». Chacun, quel que soit son passé. Même lorsque nous sommes chrétiens depuis longtemps, nous pensons souvent que le passé ne peut pas être changé. Croire que Dieu tient dans ses mains notre présent et notre avenir n'est pas si difficile. Nous savons qu'il sait tout de notre passé. Mais il est très difficile de croire qu'il peut aussi changer le passé : il peut changer notre rapport à un passé lourd au point qu'il cesse d'influer sur notre vie ; il peut guérir les blessures reçues dans notre petite enfance, dont nous pouvons même ne pas nous souvenir, bien qu'elles déforment notre vie, notre perception de la réalité, notre compréhension de nous-mêmes, notre relation aux autres.
Nous voyons quels hommes et quelles femmes suivent le Christ à travers les villes et les villages. Ils sont différents, blessés, sans instruction, anciens possédés, malades, pécheresses et pécheurs ; et tous peuvent porter la Bonne, la Joyeuse Nouvelle, la nouvelle que le Royaume de Dieu vient sur la terre, la nouvelle que pour Dieu le temps n'existe pas et qu'il a le pouvoir de tout changer si nous lui permettons d'entrer dans notre coeur. Mais ce n'est pas seulement par la prédication que nous pouvons servir Dieu. Chez d'autres, le service est plus discret, silencieux. Ce n'est pas forcément la prière solitaire d'un reclus dans une cellule, ni le travail d'un médecin ou d'une infirmière. Servir Dieu peut aussi être ce que nous percevons très rarement ainsi : « beaucoup d'autres ... le servaient de leurs biens ». C'est-à-dire qu'elles aidaient matériellement. Elles nourrissaient, donnaient à boire, habillaient, accueillaient pour la nuit. Elles pouvaient ne faire aucun exploit, ne jamais prêcher. Elles partageaient simplement avec générosité ce qu'elles avaient.
Oui, bien sûr, dans l'Évangile, le Christ dit qu'« il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux ». Mais le riche, dans ce sens, n'est pas celui qui possède simplement beaucoup ; c'est celui qui ne comprend pas que ses biens lui ont été donnés par Dieu, qu'ils ne lui appartiennent pas. Ce n'est qu'en commençant à donner qu'il peut entrer dans le Royaume. En commençant à donner, il deviendra riche autrement. Car on ne peut donner que ce qui est à soi ; on ne donne pas ce qui appartient à autrui, et en décidant d'arracher quelque chose de soi, on acquiert le Royaume.
Nous sommes appelés à servir Dieu par les dons que lui-même nous a donnés : pour l'un, c'est le don de la parole ; pour un autre, le don de comprendre les autres ; pour un autre encore, le don d'aider par ses biens, que Dieu donne aussi.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
La lecture d'aujourd'hui se termine par les mots « et beaucoup d'autres, qui L'assistaient de leurs biens ». Ainsi passe devant nous une suite de personnes inconnues de tous, sauf de Dieu, qui ont apporté à Ses pieds tout ce qu'elles avaient, Lui donnaient toute leur vie et n'exigeaient rien en retour. Car leur unique et principale récompense était la possibilité d'être auprès de Jésus.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
Parmi les paraboles sur le Royaume racontées par le Sauveur, la parabole du semeur, la parabole de la parole que Dieu sème dans le cœur humain, occupe une place particulière. Le Royaume et la parole: comment sont-ils liés? Comment la parole qui entre dans le cœur humain est-elle liée au Verbe? Le Verbe avec une majuscule s’incarne dans le Christ. Et la parole de Dieu avec une minuscule? Comment entre-t-elle dans le cœur de l’homme? Quelle est-elle, cette parole? La parole par laquelle Dieu crée le monde. La parole que les prophètes entendent. La parole qui, comme le dit l’hymnographe, ne revient pas à Dieu sans avoir accompli sa mission. Il s’avère qu’elle est donnée à chacun. Elle est semée, comme des semences dans un champ, d’une main généreuse. Seulement, elle n’est pas toujours reçue comme une terre bien préparée reçoit les semences.
Cela se comprend: la parole n’est pas simplement une révélation donnée une fois pour toutes. C’est l’instrument de l’action de Dieu, que Dieu utilise pour transformer l’homme. Pour le préparer à la plénitude de la communion avec Dieu. À la vie dans le Royaume. Or l’homme ne le veut pas toujours. Pour des raisons très diverses. Parfois simplement parce qu’il n’a pas le temps. Si la parole de Dieu n’est pas l’essentiel pour l’homme, si Dieu se trouve pour lui quelque part au bord du chemin qu’il suit, la parole de Dieu ne deviendra jamais dans son cœur l’instrument de l’action divine. Mais même si elle le devient, ce n’est pas encore tout.
La vie spirituelle, en effet, n’est pas pour un jour, ni pour un mois, ni pour un an. Elle est pour toujours. Et si un homme a aujourd’hui du temps pour «la spiritualité», mais pas demain, alors sa «spiritualité» mérite vraiment les guillemets. Et bien sûr, il faut aussi la fermeté au temps des épreuves. L’homme qui désire une vie juste, une vie avec Dieu, a toujours été l’ennemi du mal dans lequel repose le monde déchu. Et le chrétien lui est doublement ennemi: car non seulement il n’accepte pas lui-même ce mal, mais il apporte encore dans le monde le Royaume qui détruit le mal sans pitié, sans lui laisser de place dans la création.
Il n’est pas étonnant que, si ce monde hait en général les justes, il haïsse doublement les justes chrétiens. Et pourtant, les persécutions en elles-mêmes ne sont pas aussi redoutables que ce refus quotidien et organique de la vie spirituelle qui caractérise le monde déchu. Les persécutions mobilisent spirituellement; leur absence relâche. Ce n’est qu’en surmontant l’une et l’autre que l’on peut commencer une vie spirituelle normale. Avec dans le cœur la parole qui reflète ce Verbe même qui s’est incarné dans le Christ. Et qui, si on la laisse transformer son cœur, le rendra capable d’accueillir la vie du Royaume dans toute la plénitude accessible à l’homme.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
La parole, la semence que sème le semeur, porte en elle le germe du Royaume des Cieux. Tombant dans notre cœur, elle commence à produire l'épi d'une vie nouvelle. Mais dans cette parabole, le semeur n'agit pas seul. Sans le sol, c'est-à-dire sans nous, la semence ne peut germer. Comme le remarque Jésus, plus nous participons à ce processus, plus nous portons de fruit. Il en résulte une apparente injustice: plus nous sommes riches, plus nous nous enrichissons. Pourtant, il s'agit probablement moins de richesse spirituelle que de la part de notre capital — temps, attention, forces et, enfin, toute notre vie — que nous sommes prêts à investir dans ce processus commun de croissance du Royaume.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
Les paraboles de Jésus sont quelque chose entre de petites histoires amusantes de la vie quotidienne et des énigmes : par elles, Il explique en langage humain simple l’inexprimable, le Message de Son Royaume. Beaucoup commencent ainsi : « Le Royaume de Dieu est semblable à ce qui arrive quand... », puis Il dessine une situation familière aux auditeurs, leur ouvrant le sens de Son Évangile.
Ainsi, la parabole la plus connue raconte comment la Parole de Dieu, semblable à une semence, doit tomber dans une bonne terre pour porter du fruit et ne pas disparaître en vain. L’évangéliste complète remarquablement la parabole en donnant aussitôt après le récit de la famille de Jésus, où Il adresse aux disciples une nouvelle énigme, exprimant le même Message, mais en d’autres mots : « Celui qui écoute la Parole et la met en pratique est entré dans Ma famille ».
Il ne reste aux auditeurs qu’à comparer ces paraboles-énigmes pour comprendre en quoi consiste le Royaume que leur Maître a apporté sur la terre. Par son livre, l’évangéliste propose cette tâche non plus seulement au petit cercle des disciples, mais à tous les lecteurs de l’Évangile.
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