RÉFLEXIONS pour Lc 8:1-3
Encore et encore, l'Évangile nous dit qu'il y a place pour tous dans l'Église, que chacun peut suivre le Christ « proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! ». Chacun, quel que soit son passé. Même lorsque nous sommes chrétiens depuis longtemps, nous pensons souvent que le passé ne peut pas être changé. Croire que Dieu tient dans ses mains notre présent et notre avenir n'est pas si difficile. Nous savons qu'il sait tout de notre passé. Mais il est très difficile de croire qu'il peut aussi changer le passé : il peut changer notre rapport à un passé lourd au point qu'il cesse d'influer sur notre vie ; il peut guérir les blessures reçues dans notre petite enfance, dont nous pouvons même ne pas nous souvenir, bien qu'elles déforment notre vie, notre perception de la réalité, notre compréhension de nous-mêmes, notre relation aux autres.
Nous voyons quels hommes et quelles femmes suivent le Christ à travers les villes et les villages. Ils sont différents, blessés, sans instruction, anciens possédés, malades, pécheresses et pécheurs ; et tous peuvent porter la Bonne, la Joyeuse Nouvelle, la nouvelle que le Royaume de Dieu vient sur la terre, la nouvelle que pour Dieu le temps n'existe pas et qu'il a le pouvoir de tout changer si nous lui permettons d'entrer dans notre coeur. Mais ce n'est pas seulement par la prédication que nous pouvons servir Dieu. Chez d'autres, le service est plus discret, silencieux. Ce n'est pas forcément la prière solitaire d'un reclus dans une cellule, ni le travail d'un médecin ou d'une infirmière. Servir Dieu peut aussi être ce que nous percevons très rarement ainsi : « beaucoup d'autres ... le servaient de leurs biens ». C'est-à-dire qu'elles aidaient matériellement. Elles nourrissaient, donnaient à boire, habillaient, accueillaient pour la nuit. Elles pouvaient ne faire aucun exploit, ne jamais prêcher. Elles partageaient simplement avec générosité ce qu'elles avaient.
Oui, bien sûr, dans l'Évangile, le Christ dit qu'« il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux ». Mais le riche, dans ce sens, n'est pas celui qui possède simplement beaucoup ; c'est celui qui ne comprend pas que ses biens lui ont été donnés par Dieu, qu'ils ne lui appartiennent pas. Ce n'est qu'en commençant à donner qu'il peut entrer dans le Royaume. En commençant à donner, il deviendra riche autrement. Car on ne peut donner que ce qui est à soi ; on ne donne pas ce qui appartient à autrui, et en décidant d'arracher quelque chose de soi, on acquiert le Royaume.
Nous sommes appelés à servir Dieu par les dons que lui-même nous a donnés : pour l'un, c'est le don de la parole ; pour un autre, le don de comprendre les autres ; pour un autre encore, le don d'aider par ses biens, que Dieu donne aussi.
