31 " A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? A qui ressemblent-ils ?
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s'interpellent les uns les autres, en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n'avez pas pleuré ! "
33 " Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : "Il est possédé ! "
34 Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! "
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. "
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Les paroles que Jésus adresse aux pharisiens qui L'écoutent décrivent brièvement et précisément les vraies causes du refus, par Ses auditeurs, de Jésus Lui-même comme de Ses témoignages. Leur sens est simple : la « sagesse » est justifiée par ses enfants, c'est-à-dire par ceux qui l'ont inventée et par ceux qui la soutiennent et la défendent, s'appuyant sur elle et bâtissant sur elle leur vision du monde. Le Sauveur compare ces « sages » à des enfants qui jouent dans la rue, leur jeu consistant à deviner quelle mélodie va retentir ensuite : joyeuse ou triste. Celui qui devinait gagnait ; celui qui se trompait perdait.
Il est tout à fait évident que de tels jeux n'avaient rien à voir avec la musique comme art élevé. Et la « sagesse » des pharisiens qui contredisaient sans cesse Jésus, à en juger par l'exemple qu'Il donne, n'avait pas plus de rapport avec la sagesse que ces jeux d'enfants avec l'art musical. Une recherche sérieuse et réfléchie de la vérité conduit souvent à des erreurs, et tous ceux qui rencontrent Jésus ne peuvent pas facilement voir en Lui le Messie. Mais ici il n'y avait aucune recherche. Il n'y avait qu'un jeu de mots, de citations de la Torah et d'écrits théologiques répandus alors dans les milieux rabbiniques.
Un jeu nullement inoffensif : les pharisiens qui discutaient avec Jésus ne le menaient pas pour des exercices intellectuels, mais pour préserver intacte leur vision du monde familière, pour que ne s'effondre pas la religiosité qui leur était si chère. Ils avaient besoin de « sagesse » pour ne pas accepter ce qui était inacceptable à leurs concepts théologiques. Et ils n'étaient prêts à accepter Jésus qu'à leurs conditions, si Lui consentait à correspondre à leurs représentations de ce que le Messie devait être et faire.
Ils étaient aussi prêts à entrer dans le Royaume, mais à leurs conditions. Jésus, manifestement, le leur refuse avec toute la fermeté possible. Non parce qu'il n'y aurait pas de place pour la religion dans le Royaume, mais parce qu'en entrant dans le Royaume il faudra changer, devenir autre, devenir un homme nouveau. Faire ce que tant de chefs du mouvement pharisien redoutaient tellement. Ils le redoutaient au point de préférer renoncer au Royaume pour rester les mêmes.
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