Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour He 4:12-16

12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur.
13 Aussi n'y a-t-il pas de créature qui reste invisible devant elle, mais tout est nu et découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte.
14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi.
15 Car nous n'avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d'une manière semblable, à l'exception du péché.
16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune.
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En parlant de la parole de Dieu qui « pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit », l'auteur de l'épître a en vue, d'une part, la révélation vivante qui est inséparable de la présence de Dieu, et d'autre part la Torah intérieure, cet impératif spirituel et moral intérieur et cette colonne vertébrale spirituelle sans lesquels les premières générations chrétiennes ne concevaient pas la vie spirituelle. C'est elle, cette parole vivante de Dieu, qui juge l'homme. En parlant de « l'âme et de l'esprit », l'auteur de l'épître a en vue, d'une part, la nature de l'homme, qu'il appelle « âme », bien que le mot grec correspondant puisse, dans le contexte biblique, signifier simplement « vie » ; et d'autre part ce « souffle », cet « esprit » que Dieu donne à chaque homme lors de la création. Là se trouve l'ultime profondeur de la personnalité humaine, celle à laquelle est liée l'existence même de l'homme comme image de Dieu.

C'est à cette profondeur que se décide ce qu'est un homme concret devant Dieu, devant les autres hommes et devant lui-même. Et pour le chrétien, un tel jugement acquiert un sens supplémentaire : car pour lui se décide aussi ici la question de savoir s'il est fidèle au Christ ou non, si la vie du Royaume est pour lui une valeur absolue, ou si, là, au plus profond de son âme, il est prêt à chercher autre chose de plus important. Et c'est aussi là, à cette ultime profondeur, que se décide la question de la fidélité au Christ comme Grand Prêtre avec une majuscule. En effet, le grand prêtre, dans la compréhension yahviste traditionnelle, est le chef du peuple-communauté qui se tient devant Dieu.

Toute communauté se compose toujours de personnes, chacune ayant pleinement conscience d'elle-même et de ses relations aussi bien avec Dieu qu'avec les autres membres de sa communauté ; autrement la communauté dégénère en collectif religieux, où les individus se dissolvent dans un grand « nous » collectif, éprouvant parfois des expériences religieuses assez vives, mais spirituellement tout à fait stérile. Et chaque membre de la communauté va vers Dieu avec toutes les relations qui l'unissent aux autres. Celui qui préside la communauté et en est le chef se trouve au centre de ce système complexe de relations que représente une communauté allant vers Dieu.

La question de la pleine inclusion du président dans le système des relations internes à la communauté se révèle extrêmement importante dans le contexte du chemin spirituel de la communauté. En ce sens, le Sauveur est le Chef et le Président idéal : Son lien avec chacun de ceux qui appartiennent à l'Église comme à Son corps est absolu ; un tel lien avec sa communauté ne peut exister chez personne, pas même chez le grand prêtre le plus zélé qui dirige la communauté du Temple et le peuple de Dieu. Trahir un tel Président signifie perdre le Royaume, et donc le salut.

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