Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mc 6:54-7:8

54 Quand ils furent sortis de la barque, aussitôt des gens qui l'avaient reconnu
55 parcoururent toute cette région et se mirent à transporter les malades sur leurs grabats, là où l'on apprenait qu'il était.
56 Et en tout lieu où il pénétrait, villages, villes ou fermes, on mettait les malades sur les places et on le priait de les laisser toucher ne fût-ce que la frange de son manteau, et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés.
Les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se rassemblèrent auprès de lui,
et voyant quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées -
les Pharisiens, en effet, et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé les bras jusqu'au coude, conformément à la tradition des anciens,
et ils ne mangent pas au retour de la place publique avant de s'être aspergés d'eau, et il y a beaucoup d'autres pratiques qu'ils observent par tradition: lavages de coupes, de cruches et de plats d'airain -,
donc les Pharisiens et les scribes l'interrogent : " Pourquoi tes disciples ne se comportent-ils pas suivant la tradition des anciens, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures ? "
Il leur dit : " Isaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres ; mais leur cœur est loin de moi.
Vain est le culte qu'ils me rendent, les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains.
Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. "
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La conversation de Jésus avec les pharisiens au sujet du lavement des mains illustre très bien l'essence du conflit entre Jésus et une partie de la fraternité pharisienne, conflit qui finit par conduire beaucoup de pharisiens à haïr ouvertement Celui qu'ils croyaient attendre avec tant d'impatience. Il ne s'agit bien sûr pas ici d'hygiène, ni de la nécessité de se laver les mains avant de manger, mais précisément du lavage rituel sans lequel, selon certains maîtres pharisiens, on ne pouvait toucher le pain qui allait être rompu et béni (les Juifs croyants ne mangeaient pas, et ne mangent pas, de pain sans l'avoir béni d'une manière particulière).

Il faut remarquer que ce lavage relevait moins de l'accomplissement des normes de la Torah que d'un hommage à la tradition : car la Torah, qui exige effectivement un lavage pour ceux qui participent au sacrifice du Temple, ne dit rien de la nécessité de lavages avant la bénédiction de la nourriture en général, et du pain en particulier, dans le cadre domestique. Mais, comme on le voit, pour une partie des pharisiens, peut-être assez importante, refuser de suivre cette tradition tardive et secondaire, ainsi que d'autres semblables, équivalait à l'apostasie. Et Jésus réagit assez vivement aux accusations portées contre Ses disciples (comme d'habitude, on n'accuse pas directement les disciples, en faisant porter toute la responsabilité sur le Maître). Il n'entre avec Ses adversaires dans aucune discussion sur la tradition ; Il leur rappelle seulement les paroles d'Isaïe sur le vrai et le faux culte rendu à Dieu, sur le fait qu'honorer Dieu en paroles ne signifie pas L'honorer de son cœur.

Que veut-Il donc dire ? Car une telle piété « excessive », à première vue, ne gêne pas particulièrement la piété authentique. On peut certes être fidèle à Dieu sans se laver les mains, mais le lavement des mains, semble-t-il, ne peut pas non plus faire obstacle à une telle fidélité. Et pourtant Jésus voit la situation autrement. Et le problème ne tient sans doute pas seulement au fait que la piété « excessive » devient trop souvent un motif d'orgueil et d'affirmation de soi aux dépens du prochain.

Le problème tient avant tout aux racines spirituelles d'une telle « piété ». Le fait est que l'homme qui ne veut pas approfondir et intensifier sa relation avec Dieu, qui craint cet approfondissement, est souvent porté à le remplacer par une religiosité excessive, qui engendre à son tour une « surpiété ». Celui qui ne veut pas aller « en profondeur », approfondir sa relation avec Dieu, ira inévitablement « en largeur », sur la voie de l'augmentation du nombre des rites religieux et des obligations religieuses. Et plus ils deviennent nombreux, moins il reste de chances de revenir sur la voie du mouvement « en profondeur ». Or Jésus, bien sûr, le comprend parfaitement. Et Il condamne le mouvement « en largeur » de la façon la plus résolue. Car en avançant ainsi, on n'arrive jamais au Royaume.

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