35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
37 Jésus lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : |
38 voilà le plus grand et le premier commandement. |
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. " |
41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question: |
42 " Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ? " Ils lui disent : " De David. " - |
43 " Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit : |
44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds? |
45 " Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ? " |
46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger. |
Le texte du psaume que le Seigneur nous cite aujourd'hui est étonnant par sa puissance prophétique. On peine à croire qu'une telle chose ait pu exister pre factum, avant que l'essence tri-hypostatique de Dieu nous soit révélée. C'est pourquoi, bien sûr, les adversaires du christianisme ont toujours tenté de réfuter le fait qu'il s'agissait d'une prophétie, tant elle est forte.
Pour cette raison, Jean Chrysostome, dans ses homélies sur les psaumes, accueille précisément ses auditeurs par l'apologétique lorsqu'il est question du psaume 109. Voici ce qu'il écrit. « Lorsque nous affirmons que cela est clairement dit du Christ, les Juifs ne l'acceptent pas, mais inventent autre chose ». Il énumère ensuite les variantes proposées pour désigner l'interlocuteur de Dieu : Abraham, Zorobabel ou même tout le peuple. Le saint réfute toutes ces versions avec beaucoup d'émotion. « Est-il fondé de rapporter à Abraham les paroles : Du sein, avant l'aurore, je T'ai engendré » ? Comment peut-on les rapporter aussi à David, ou à Zorobabel, ou au peuple ? Ce qui est dit ici dépasse la nature humaine ». De plus, il est ici question d'une « Personne ayant un sacerdoce extraordinaire et admirable : Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédek ». Mais ensuite « ils disent : « Comment admets-tu un autre Seigneur, quand l'Écriture dit clairement : « Le Seigneur ton Dieu. Le Seigneur est un, et tu Le serviras Lui seul, et il n'y a pas de Dieu hors de Lui » (Dt 4:35, 6:13). Mais pour qui, dis-moi, cela a-t-il été dit ? Principalement à cause de ton ignorance, Juif. Pourquoi rien de semblable n'a-t-il été dit ni à Abraham, ni à Isaac, ni à Jacob, ni à Moïse, mais à toi seul, lorsque, sorti d'Égypte, tu t'es fait un veau ? ».
Mais nous savons bien que nous confessons le monothéisme. Bien sûr, pour l'homme de notre siècle, il est beaucoup plus simple que pour l'homme du temps de Jean Chrysostome de comprendre cette contradiction visible. Nous comprenons qu'une communion inter-hypostatique est possible, car elle nous a été manifestée par le Christ. Mais, en même temps, l'unité n'est pas rompue. Bien plus, nous sommes nous-mêmes appelés à réaliser cette même unité, une unité indivise et sans confusion. « Comme Toi, Père, Tu es en moi et moi en Toi, qu'eux aussi soient un en nous » (Jn 17:21).
35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
Dans les différents Évangiles, ce dialogue est décrit de diverses manières. Il est possible que plusieurs personnes se soient approchées de Jésus à différentes reprises avec cette question. Dans l'Évangile selon Matthieu, le scribe pose la question, semble-t-il, parce qu'il veut comprendre comment trouver le juste repère dans cette mer de commandements en laquelle les spécialistes juifs avaient transformé la Loi de Dieu. En acceptant la réponse de Jésus, le scribe passe d'une compréhension intellectuelle des commandements à leur fondement dans le coeur, et par là il se rapproche du Royaume du Christ. Après cela, ceux qui tentaient de prendre Jésus au piège cessent de lui poser des questions, sans doute par crainte qu'une conversion semblable ne leur arrive aussi.
41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question: |
42 " Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ? " Ils lui disent : " De David. " - |
43 " Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit : |
44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds? |
45 " Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ? " |
46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger. |
1 Alors Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples en disant: |
2 " Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : |
3 faites donc et observez tout ce qu'ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes: car ils disent et ne font pas. |
4 Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. |
5 En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C'est ainsi qu'ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges. |
6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, |
7 à recevoir les salutations sur les places publiques et à s'entendre appeler "Rabbi" par les gens. |
8 " Pour vous, ne vous faites pas appeler "Rabbi" : car vous n'avez qu'un Maître, et tous vous êtes des frères. |
9 N'appelez personne votre "Père" sur la terre : car vous n'en avez qu'un, le Père céleste. |
10 Ne vous faites pas non plus appeler "Directeurs" : car vous n'avez qu'un Directeur, le Christ. |
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. |
12 Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. |
Pour ceux à qui cet Évangile était d'abord adressé, l'image des « scribes et pharisiens » personnifiait à la fois les hommes qui n'avaient pas accueilli Jésus et l'avaient condamné, et la principale menace « intérieure » pour leur communauté: car le « levain des pharisiens » pouvait conduire le croyant à la même trahison qu'alors. Ainsi, à la place du législateur et prophète Moïse se sont assis des « fonctionnaires religieux », et ensuite Jésus trace un tableau reconnaissable en tout temps: les premières places dans les banquets et « dans les synagogues ».
Les disciples du Christ reprendront d'une manière ou d'une autre les réalités religieuses qui leur sont familières pour construire l'Église chrétienne, et il faudra bien que quelqu'un occupe les premières places, dirige, instruise, soit « maître » et « père ». Que faire donc? Le Christ donne une réponse paradoxale: les grands doivent être les petits, les chefs les serviteurs, les élevés les humbles. Cela n'est possible que si les « grands » comme les « petits » sont d'abord les enfants d'un même Père, les disciples d'un même Maître.
41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question: |
42 " Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ? " Ils lui disent : " De David. " - |
43 " Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit : |
44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds? |
45 " Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ? " |
46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger. |
1 Alors Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples en disant: |
2 " Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : |
3 faites donc et observez tout ce qu'ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes: car ils disent et ne font pas. |
4 Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. |
5 En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C'est ainsi qu'ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges. |
6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, |
7 à recevoir les salutations sur les places publiques et à s'entendre appeler "Rabbi" par les gens. |
8 " Pour vous, ne vous faites pas appeler "Rabbi" : car vous n'avez qu'un Maître, et tous vous êtes des frères. |
9 N'appelez personne votre "Père" sur la terre : car vous n'en avez qu'un, le Père céleste. |
10 Ne vous faites pas non plus appeler "Directeurs" : car vous n'avez qu'un Directeur, le Christ. |
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. |
12 Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. |
La question posée aux pharisiens sur ce qu'ils pensent du Christ fait écho à la question posée auparavant aux disciples sur ce que les gens disent de Lui. Mais aux pharisiens, Il n'a pas encore révélé Qui Il est. Pourtant, dans la conscience des pharisiens, remplie d'informations sèches, Jésus essaie de semer les graines d'une compréhension plus profonde de la Révélation que celle qu'ils ont l'habitude d'avoir apprise par coeur. À ceux qui sont habitués à attendre le Messie dans le rôle d'héritier du roi David, ayant droit au trône de son glorieux ancêtre, Jésus fait comprendre que le Messie est immensément plus élevé et que Sa venue est sans commune mesure avec tout ce que les hommes ont l'habitude d'attendre.
De telles paroles peuvent sembler contredire le fait que, dans l'Évangile, le Christ Lui-même est appelé Fils de David. Mais les paroles de Jésus n'impliquent pas le rejet de ce titre messianique, car Il propose de ne pas réduire son sens à une interprétation littérale. Ce n'est sans doute pas par hasard que ceux qui écoutaient cessèrent de poser des questions précisément après ces paroles. Ils ont apparemment senti le souffle d'un autre monde, supérieur, auprès duquel les raisonnements humains les plus sages paraissent imparfaits.
Mais il y a un danger à accorder plus d'attention aux raisonnements qu'aux actes. Pourtant, en dénonçant les pharisiens, le Christ ne nie nullement la vérité de leurs convictions théoriques ; Il dénonce la rupture entre leurs paroles et leurs actes. Ce qu'Il dit alors à ce sujet demeure actuel jusqu'à aujourd'hui. Car le christianisme n'est pas un ensemble de représentations, mais la vie elle-même, et la rupture entre théorie et pratique y est particulièrement inadmissible.
L'appel du Christ à ne pas se faire appeler maîtres et à être frères, à n'appeler père que le Père céleste, comme beaucoup de Ses autres paroles, peut d'abord provoquer la perplexité. Il faut pourtant bien s'adresser d'une façon ou d'une autre à son père selon la chair ou à un maître d'école, dont la profession n'a pas été supprimée ! Mais il faut se souvenir de la polysémie de ces mots, souvent employés hors de propos. Il s'agit ici du fait qu'il est inadmissible de se placer arbitrairement à une place qui exige une vénération particulière. Dans ce cas, nous risquons de nous trouver voleurs de ce qui, de droit, ne doit pas nous appartenir.
Mais si le Seigneur nous y place pour le service, il ne faut pas s'y dérober. Il faut seulement se souvenir que nous sommes placés là pour travailler, non pour nous exalter.
41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question: |
42 " Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ? " Ils lui disent : " De David. " - |
43 " Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit : |
44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds? |
45 " Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ? " |
46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger. |
1 Alors Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples en disant: |
2 " Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : |
3 faites donc et observez tout ce qu'ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes: car ils disent et ne font pas. |
4 Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. |
5 En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C'est ainsi qu'ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges. |
6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, |
7 à recevoir les salutations sur les places publiques et à s'entendre appeler "Rabbi" par les gens. |
8 " Pour vous, ne vous faites pas appeler "Rabbi" : car vous n'avez qu'un Maître, et tous vous êtes des frères. |
9 N'appelez personne votre "Père" sur la terre : car vous n'en avez qu'un, le Père céleste. |
10 Ne vous faites pas non plus appeler "Directeurs" : car vous n'avez qu'un Directeur, le Christ. |
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. |
12 Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. |
Les pharisiens aimaient être des personnes religieuses. Ils faisaient autorité auprès de leurs compatriotes, étaient des maîtres respectés de la Loi, des gardiens de la tradition culturelle, et ainsi de suite, et ainsi de suite.
Nous non plus, nous ne sommes pas opposés aux salutations dans les assemblées, s'il y en a la possibilité ; nous sommes prêts à dire notre mot de poids en toute situation, en somme, à être à la hauteur. Mais l'essence de notre religion, si l'on peut appeler ainsi la vie avec le Christ, n'est pas du tout là.
Nous sommes prêts à être les pharisiens de notre temps, ou nous le sommes déjà. Mais sommes-nous prêts à n'avoir d'autre maître que le Christ, d'autre père que Dieu, d'autre patrie que Son Royaume, à être serviteurs et non maîtres ? Cela correspond-il à nos représentations de la vie religieuse, de la tradition des pères dont nous sommes les héritiers ?
34 Apprenant qu'il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent en groupe, |
35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
37 Jésus lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : |
38 voilà le plus grand et le premier commandement. |
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. " |
En quoi consiste donc la « nouveauté » du Nouveau Testament ? Y a-t-il vraiment quelque chose de nouveau dans les paroles de Jésus lorsque, citant l'Ancien Testament, Il nomme les principaux commandements, les commandements de l'amour de Dieu et du prochain ? Oui, parce qu'avant l'incarnation, avant que Dieu ne se fasse homme, les hommes n'accomplissaient pas l'Alliance conclue avec Dieu, ils la violaient.
Mais Dieu est fidèle jusqu'au bout. Il n'a pas seulement accompli Lui-même l'Alliance, Il l'a fait aussi pour l'homme qu'Il avait créé, mais qui avait péché. L'homme déchu ne pouvait pas être fidèle, et Dieu s'est incarné et a Lui-même accompli l'Alliance que les hommes avaient reçue de Lui. Il a fait ce que nous devions faire ; Il ne nous a pas seulement montré un exemple, un chemin, Il est Lui-même devenu le Chemin sur lequel nous devons marcher, la Vérité que nous pouvons suivre, en laquelle nous pouvons croire, et la Vie dont nous pouvons vivre.
34 Apprenant qu'il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent en groupe, |
35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
37 Jésus lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : |
38 voilà le plus grand et le premier commandement. |
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. " |
Il n'est pas difficile d'imaginer l'état ambivalent des pharisiens après que Jésus eut réduit au silence les sadducéens: celui avec qui ils avaient l'habitude de polémiquer avait confondu leurs adversaires. Aussi la question du docteur de la Loi au sujet des deux plus grands commandements ressemble-t-elle à une sorte de sondage: ne serait-il pas possible de l'attirer de leur côté? Il est difficile aux pharisiens, et pas seulement à eux, de comprendre qu'en réalité c'était à eux de prendre la décision de passer de son côté. D'ailleurs, aujourd'hui encore, beaucoup d'idéologues ne résistent pas à la tentation de présenter le Christ comme leur précurseur et leur allié; eux aussi veulent le faire passer dans leur camp, mais ce qui paraît cohérent dans les articles de propagande s'écroule au contact de la Réalité.
Et voici que le Christ répond à la question du pharisien. Mais, ce faisant, il ne donne pas simplement une réponse à cette question particulière: il révèle les fondements centraux de la foi et de la vie. Il est clair qu'il a appelé commandement principal les paroles sur l'amour de Dieu qui absorbe toutes les forces et tous les élans. Cependant, il a qualifié le commandement de l'amour du prochain de semblable à lui, ce qui pouvait paraître étrange à ceux qui avaient l'habitude de placer les représentations religieuses au-dessus de tout ce qui est humain. Et pourtant, c'est précisément cela que le Christ a apporté aux hommes et qui distingue le christianisme de toutes les religions.
Bien sûr, le commandement de l'amour des hommes n'est pas égal au commandement de l'amour de Dieu; il lui est seulement semblable. Mais l'homme, dans le christianisme, est élevé aussi haut qu'aucun enseignement ne l'élève. Et seul le Christ détruit définitivement la barrière infranchissable entre Dieu et les hommes.
15 Alors les Pharisiens allèrent se concerter en vue de le surprendre en parole; |
16 et il lui envoient leurs disciples, accompagnés des Hérodiens, pour lui dire : " Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit, car tu ne regardes pas au rang des personnes. |
17 Dis-nous donc ton avis : Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ? " |
18 Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : " Hypocrites ! pourquoi me tendez-vous un piège ? |
19 Faites-moi voir l'argent de l'impôt. " Ils lui présentèrent un denier |
20 et il leur dit : " De qui est l'effigie que voici ? et l'inscription ? " Ils disent : |
21 " De César. " Alors il leur dit : " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu. " |
22 A ces mots ils furent tout surpris et, le laissant, ils s'en allèrent. |
23 Ce jour-là, des Sadducéens, gens qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s'approchèrent de lui et l'interrogèrent en disant: |
24 " Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, sa belle-sœur, et suscitera une postérité à son frère. |
25 Or il y avait chez nous sept frères. Le premier se maria, puis mourut sans postérité, laissant sa femme à son frère. |
26 Pareillement le deuxième, puis le troisième, jusqu'au septième. |
27 Finalement, après eux tous, la femme mourut. |
28 A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'auront eue. " |
29 Jésus leur répondit : " Vous êtes dans l'erreur, en ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu. |
30 À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel. |
31 Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu l'oracle dans lequel Dieu vous dit: |
32 Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Ce n'est pas de morts mais de vivants qu'il est le Dieu ! " |
33 Et les foules, qui avaient entendu, étaient frappées de son enseignement. |
34 Apprenant qu'il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent en groupe, |
35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
37 Jésus lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : |
38 voilà le plus grand et le premier commandement. |
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. " |
Si seulement nous savions lire l’Écriture ainsi, en voir l’essence comme le Seigneur... Dans ses réponses sur la résurrection des morts et sur le plus grand commandement, il part du Pentateuque, que ses adversaires connaissaient presque par cœur. Non seulement il répond aux questions provocatrices des scribes, mais il nous montre aussi combien le sens de paroles bibliques qui nous sont familières peut être profond.
Dans le nom mystérieux de Dieu, «Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob», révélé dans le récit de l’appel de Moïse (Livre de l’Exode), nous découvrons soudain un message sur la résurrection des morts; directement, cela ne sera révélé que chez les prophètes tardifs, et accompli dans la Résurrection du Christ. Et les deux commandements les plus importants du Deutéronome se révèlent effectivement être une forme condensée du Décalogue (Ex 20), où les quatre premiers commandements parlent de l’amour de Dieu, et les six autres de l’amour du prochain.
15 Alors les Pharisiens allèrent se concerter en vue de le surprendre en parole; |
16 et il lui envoient leurs disciples, accompagnés des Hérodiens, pour lui dire : " Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit, car tu ne regardes pas au rang des personnes. |
17 Dis-nous donc ton avis : Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ? " |
18 Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : " Hypocrites ! pourquoi me tendez-vous un piège ? |
19 Faites-moi voir l'argent de l'impôt. " Ils lui présentèrent un denier |
20 et il leur dit : " De qui est l'effigie que voici ? et l'inscription ? " Ils disent : |
21 " De César. " Alors il leur dit : " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu. " |
22 A ces mots ils furent tout surpris et, le laissant, ils s'en allèrent. |
23 Ce jour-là, des Sadducéens, gens qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s'approchèrent de lui et l'interrogèrent en disant: |
24 " Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, sa belle-sœur, et suscitera une postérité à son frère. |
25 Or il y avait chez nous sept frères. Le premier se maria, puis mourut sans postérité, laissant sa femme à son frère. |
26 Pareillement le deuxième, puis le troisième, jusqu'au septième. |
27 Finalement, après eux tous, la femme mourut. |
28 A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'auront eue. " |
29 Jésus leur répondit : " Vous êtes dans l'erreur, en ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu. |
30 À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel. |
31 Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu l'oracle dans lequel Dieu vous dit: |
32 Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Ce n'est pas de morts mais de vivants qu'il est le Dieu ! " |
33 Et les foules, qui avaient entendu, étaient frappées de son enseignement. |
34 Apprenant qu'il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent en groupe, |
35 et l'un d'eux lui demanda pour l'embarrasser: |
36 " Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? " |
37 Jésus lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : |
38 voilà le plus grand et le premier commandement. |
39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes. " |
Pour les disciples du Christ, pour qui cet Évangile fut écrit, leur foi et leur espérance étaient liées de la manière la plus étroite à la Résurrection de Jésus d'entre les morts après Son exécution et Son ensevelissement. C'est précisément pourquoi le bref récit sur les adversaires de Jésus, qui s'efforçaient de prouver l'impossibilité de la résurrection, avait pour eux une telle importance. Car leur argument, qui peut d'abord paraître une casuistique absurde à propos d'une situation inexistante (sept frères pour une seule femme), est en réalité fort justement par son absurdité même ! Il y a tant d'absurdité et de mal dans le monde que la mort apparaît plutôt comme un remède à la douleur et à l'impasse. Que se passera-t-il donc si tous les hommes « ressuscitent » soudain, c'est-à-dire reviennent à cette vie, avec toute son imperfection et ses limites ? Comment les sept frères se partageront-ils la malheureuse femme ?
Le Christ répond depuis des positions tout autres. La résurrection est nécessaire parce que chaque homme, d'une manière ou d'une autre, est lié au Dieu vivant. Et cela signifie que, dans la résurrection, l'homme vit de la vie de Dieu Lui-même, libre de l'absurdité et de la douleur humaines.
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