15 C'est pourquoi moi-même, ayant appris votre foi dans le Seigneur Jésus et votre charité à l'égard de tous les saints,
16 je ne cesse de rendre grâces à votre sujet et de faire mémoire de vous dans mes prières.
17 Daigne le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de la gloire, vous donner un esprit de sagesse et de révélation, qui vous le fasse vraiment connaître!
18 Puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur pour vous faire voir quelle espérance vous ouvre son appel, quels trésors de gloire renferme son héritage parmi les saints,
19 et quelle extraordinaire grandeur sa puissance revêt pour nous, les croyants, selon la vigueur de sa force,
20 qu'il a déployée en la personne du Christ, le ressuscitant d'entre les morts et le faisant siéger à sa droite, dans les cieux,
21 bien au-dessus de toute Principauté, Puissance, Vertu, Seigneurie, et de tout autre nom qui se pourra nommer, non seulement dans ce siècle-ci, mais encore dans le siècle à venir.
22 Il a tout mis sous ses pieds, et l'a constitué, au sommet de tout, Tête pour l'Église,
23 laquelle est son Corps, la Plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout.
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Paul appelle l'Église le corps du Christ, la définissant comme « la plénitude de Celui qui remplit tout en tous ». Ici, comme on le voit, il suit les représentations juives traditionnelles du peuple de Dieu comme un tout spirituel unique, comme un seul corps qui était sanctifié comme un tout unique par les cultes qui se déroulaient régulièrement dans le Temple de Jérusalem jusqu'à sa destruction en 70 apr. J.-C.
C'est précisément grâce à une telle sanctification du peuple comme un tout unique que même les Juifs croyants qui ne pouvaient pas se rendre à Jérusalem pour une fête, par exemple pour Pessa'h ou pour Chavouot, ne se sentaient pas coupés de Dieu ni de leur communauté : ils se rassemblaient là où ils vivaient, dans les synagogues de la diaspora, et célébraient avec ceux qui étaient alors à Jérusalem. Paul transfère cette vision à l'Église, avec cette différence qu'elle est sanctifiée par la présence du Messie Lui-même, ressuscité des morts et demeurant auprès du trône de Dieu.
Bien entendu, l'Église est l'espace du Royaume qui demeure dans notre monde en cours de transfiguration, mais qui n'est pas encore transfiguré jusqu'au bout. Elle est aussi l'espace du Christ Lui-même, l'espace de Sa présence personnelle. Certes, la présence de Dieu était déjà connue du peuple juif auparavant ; Dieu s'est révélé à lui dès le don de la Torah au Sinaï, Il s'est révélé pour ne plus Se cacher, et Sa présence a accompagné le peuple tout au long de son histoire.
Mais maintenant, à l'espace spirituel de cette présence s'est ajouté l'espace des relations qui unissent le Christ à Son Père céleste. Le Royaume se déploie à l'intérieur de ces relations, se révèle en elles et par elles. Leur plénitude est ce qui remplit « tout en tous ». Et le christianisme signifie l'inclusion dans cette plénitude des relations du Père et du Fils. C'est cette inclusion que l'on peut appeler ecclésialisation au sens authentique du mot ; tout le reste dans la vie ecclésiale n'est qu'un moyen pour résoudre cette tâche principale. Si, bien sûr, il s'agit bien de l'Église avec une majuscule.
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