10 Et voici un homme qui avait une main sèche, et ils lui posèrent cette question : " Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? " afin de l'accuser.
11 Mais il leur dit : " Quel sera d'entre vous l'homme qui aura une seule brebis, et si elle tombe dans un trou, le jour du sabbat, n'ira la prendre et la révéler ?
12 Or, combien un homme vaut plus qu'une brebis ! Par conséquent il est permis de faire une bonne action le jour du sabbat. "
13 Alors il dit à l'homme : " Étends ta main. ". Il l'étendit et elle fut remise en état, saine comme l'autre.
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L'essence du conflit entre la loi et la grâce, entre le Christ et les docteurs de la loi, se reflète comme dans une goutte d'eau dans cette guérison. Les docteurs de la loi interrogent le Christ afin de L'accuser. La question, à proprement parler, est de savoir ce qui est le plus important : l'observation des prescriptions de la loi (dont aucun docteur de la loi ne doute qu'elle soit absolument et littéralement donnée par Dieu) ou la miséricorde, la compassion pour l'homme souffrant. Conflit d'idées : d'un côté, pour employer un mot slavon, la loi « écrite par Dieu », que les Juifs perçoivent comme l'unique expression de la volonté du Créateur ; de l'autre côté : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes » (Os. 6:6). Le problème n'est pas de savoir s'il est possible de réinterpréter et de compléter la loi : les Juifs se le permettent couramment. Mais permettons-nous à Dieu d'avoir une volonté liée par rien ? Lui donnons-nous le droit de faire miséricorde ? Le Christ nous répète souvent que du jugement dont nous jugeons, nous serons jugés. Les docteurs de la loi, eux, veulent que Dieu limite Sa miséricorde aux cadres de la loi qu'ils connaissent.
En réponse, le Christ fait exactement ce qu'Il avait fait jadis avec le prophète Jonas. Il propose aux docteurs de la loi de voir la situation de Son point de vue. À Jonas, qui s'était offensé de Dieu parce qu'Il avait eu pitié des Ninivites repentants, Dieu donna une plante dont Jonas regrettait tant la perte qu'il était prêt à mourir, et Il annonça ainsi qu'Il donnerait Lui-même Sa vie par pitié pour nous (Jon. 4:6-11). Aux docteurs de la loi de la synagogue de Capharnaüm, Il pose la question de la brebis, parce que la supériorité de l'homme sur le bétail ressemble en partie à la supériorité du Tout-Puissant sur l'homme lui-même. Ainsi, si vous avez pitié d'une créature qui périt sans votre aide, alors, pour paraphraser Jon. 4:11, « ne devrais-Je pas avoir pitié de l'homme souffrant ? » Comme dans toute la Bible, nous voyons ici une grande révélation : le motif qui pousse Dieu à agir dans le monde est Sa compassion pour nous. D'ailleurs, par Sa réponse, Jésus a aussi fondé la légitimité de Son acte : il est permis de faire le bien le jour du sabbat. Le commandement disait : tous les jours, fais tes œuvres. Or le bien est l'œuvre de Dieu, et il est permis de le faire toujours.
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