Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour 2Co 4:8-9

Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés;
persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés.
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Pour Paul, le service chrétien et le chemin chrétien sont inséparables de l’idée de pauvreté comprise chrétiennement. La notion de pauvreté était liée au chemin de la justice dès la prédication d’Isaïe de Jérusalem, huit siècles avant la venue du Christ. À l’époque évangélique, ce lien était déjà perçu comme traditionnel: pauvreté et justice étaient synonymes.

Naturellement, la pauvreté n’était pas alors comprise comme une situation matérielle, mais comme un état spirituel. Même un homme matériellement tout à fait à l’aise pouvait se sentir pauvre devant Dieu. La question n’était pas la richesse ou la pauvreté, mais la mesure dans laquelle l’homme était prêt à s’appuyer sur Dieu ou sur sa richesse.

Le pauvre au sens spirituel le devenait lorsqu’il comprenait que sa vie était liée à la présence de Dieu, que le chemin de la justice était impensable hors de cette présence, et que l’homme ne pouvait, en ce sens, s’aider lui-même en rien. Tout ce que possède l’homme ne le rapproche aucunement de Dieu; et ce qui le rapproche, l’homme ne le possède pas, il ne peut que recevoir de Dieu ce qui lui est nécessaire, si Dieu veut bien le lui donner. Mais ce qui est reçu de Dieu doit être gardé, et là beaucoup dépend déjà de l’homme lui-même.

C’est ainsi que le chemin de la justice était compris dans certaines écoles rabbiniques des temps évangéliques, comme d’ailleurs dans des époques plus anciennes. Et les paroles du Sauveur sur la béatitude des pauvres confirment la vérité d’une telle compréhension de la justice. On ne peut acquérir le Royaume que de cette manière, seulement par ce chemin. On ne peut ni le mériter ni l’obtenir par ses propres forces, mais on peut le recevoir et le garder. Ou le perdre, si l’on est spirituellement négligent.

C’est pourquoi l’apôtre parle de «vases d’argile» qui, en eux-mêmes, n’ont aucune valeur: seul leur contenu est précieux, et non le vase lui-même. Et la pauvreté menée jusqu’au bout, c’est la mort au monde dans le Christ. Pour ce monde, l’homme est mort; dans ce monde, il n’est rien, mais la vie du Royaume se déploie en lui d’autant plus pleinement qu’il est moins «vivant» du point de vue du monde non transfiguré. Et plus il y a dans l’Église de telles personnes, plus elle se révèle pleinement au monde comme corps du Christ, ce qu’elle doit être selon le dessein de son Fondateur.

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