Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour 2Co 6:11-18

11 Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre cœur s'est grand ouvert.
12 Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous; c'est dans vos cœurs que vous êtes à l'étroit.
13 Payez-nous donc de retour; je vous parle comme à mes enfants, ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi.
14 Ne formez pas d'attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l'impiété? Quelle union entre la lumière et les ténèbres?
15 Quelle entente entre le Christ et Béliar? Quelle association entre le fidèle et l'infidèle?
16 Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles? Or c'est nous qui sommes le temple du Dieu vivant, ainsi que Dieu l'a dit: J'habiterai au milieu d'eux et j'y marcherai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
17 Sortez donc du milieu de ces gens-là et tenez-vous à l'écart, dit le Seigneur. Ne touchez rien d'impur, et moi, je vous accueillerai.
18 Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant.
Masquer

Poursuivant son propos sur le Royaume et sur la vie du Royaume, Paul rappelle de nouveau aux frères corinthiens que la vie spirituelle exige une décision ferme et une appréciation spirituelle et morale sans ambiguïté des actes humains, qu’ils soient justes ou pécheurs (v. 14–18). Ces paroles font écho, sans aucun doute, aux paroles du Sauveur lui-même sur l’impossibilité de servir deux maîtres, lesquelles résumaient à leur tour l’enseignement, traditionnel dans le yahvisme et le judaïsme, sur les deux voies: la voie du péché et la voie de la justice.

Mais Paul ne se limite pas à rappeler des choses que les chrétiens de Corinthe auraient dû connaître aussi bien que lui. Pour lui, le principal problème n’est pas moral à proprement parler, mais spirituel. Ici encore, Paul suit pourtant la tradition: du point de vue de la Torah aussi, ce qu’il y a de plus terrible dans le péché n’est pas son immoralité, mais le fait qu’il sépare le pécheur de Dieu, dressant entre eux un mur impossible à détruire sans repentir et nouvelle conversion. L’apôtre, lui, déplace l’accent des relations entre l’homme et Dieu vers les relations entre les habitants du Royaume, que l’on ne peut pourtant guère considérer indépendamment de leurs relations avec Dieu.

Il dit à ses frères corinthiens que, à cause des péchés qu’ils commettent, il se sent à l’étroit dans leurs cœurs, alors que son propre cœur et ceux de ses compagnons sont assez larges pour ne connaître aucune étroitesse (v. 11–12). Mais, ajoute l’apôtre, «comme à des fils, la rétribution correspondante s’étendra à vous» (v. 13), si bien que ceux dont les cœurs sont étroits ne pourront pas sentir la largeur de cœur qu’ils auraient pu trouver chez Paul autrement. Même devenu habitant du Royaume, l’homme soumis à l’action de ce mal dans lequel demeure, jusqu’au retour du Sauveur, notre monde pas encore transfiguré, ne reçoit dans son cœur que la mesure de vie du Royaume définie par sa résolution à résister à ce mal. Alors l’indécision de l’homme sur le chemin spirituel, la tentative de servir deux maîtres, le prive non seulement lui-même de la plénitude de la vie du Royaume, mais prive aussi les autres de la possibilité d’une communion complète avec un chrétien aussi indécis.

C’est pourquoi Paul se sent à l’étroit dans le cœur de certains de ses frères corinthiens. Et il le leur dit directement, désirant peut-être rappeler le temps où rien ne faisait obstacle à leur unité spirituelle. Le temps où ils respiraient sans doute à pleins poumons le souffle du Royaume, comme il convient aux chrétiens.

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.