10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
11 [ ]. |
12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
Il est très important qu'aujourd'hui précisément, jour du Saint-Esprit, l'Église nous rappelle la promesse du Seigneur d'être au milieu de nous lorsque nous nous réunissons en Son nom à deux ou trois. Au moment où le Christ prononçait ces paroles, les apôtres comprenaient difficilement comment le Maître pourrait toujours être présent avec tous ceux qui se réuniraient «en Son nom». Tant qu'ils ne l'avaient pas appris et vérifié de leurs propres yeux, par leur propre expérience, ces paroles demeuraient pour eux une énigme. Le Christ, le prévoyant, envoya tout de même aux apôtres ce «paquet» qui atteint son destinataire avec le temps.
Et c'est précisément le jour de la Pentecôte que ce paquet fut livré: «Mais le Défenseur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en Mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit» (Jn 14:26). Ce jour-là, l'Esprit donna aux apôtres le sentiment de la présence vivante de leur Maître au milieu d'eux, aussi réelle que lorsqu'ils marchaient ensemble sur les routes de Palestine. Et peut-être même plus réelle encore: l'Esprit «assurait» Sa présence à la fois au milieu d'eux et en chacun d'eux. Parce qu'ils étaient réellement réunis en Son nom.
Il est possible que les apôtres, en attendant la descente de l'Esprit, se soient occupés précisément de ce que Paul énumère dans l'épître aux Éphésiens (Ép 5:9-19). Car c'est là une incarnation tout à fait concrète des paroles «en Son nom», c'est vraiment ce qu'il convient de faire dans l'attente de l'Esprit. Mais en tout cas, les apôtres ont véritablement écouté les paroles du Christ et sont demeurés ensemble. Et cette disposition commune, cette attente fidèle pendant les dix jours depuis l'Ascension, était ce que le Seigneur voulait d'eux. Ce seul pas en réponse auquel Il fait beaucoup plus: Il répand sur nous Sa grâce.
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
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12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le jour du Saint-Esprit. L'Épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). Ce nouvel état de l'homme, l'apôtre Paul l'appelle « lumière dans le Seigneur »; l'apôtre Jean recourt lui aussi à cette image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et enfin à recevoir la grâce de Dieu dans la prière unanime au nom du Christ et en sa présence, comme cela nous a été promis.
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
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12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
Pour ce jour du Saint-Esprit, citons des paroles de l'office composées par saint Théophane le Marqué, qui vécut dans la première moitié du IXe siècle.
Source de vie en qui nous croyons, flot de bonté, Saint-Esprit de Dieu, rends la vie à mon intelligence morte et, par Ton action, relève-la pour chanter Ta divinité.
Ô Esprit de sagesse et de crainte de Dieu, Esprit de vérité, de conseil et d'intelligence, Toi qui donnes la paix, demeure en nous, afin que, sanctifiés par Ta présence, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Tout-Puissant et Seigneur de tous, Toi qui préserves toute la création de la corruption, accorde-nous la sanctification et l'illumination, afin que, rassasiés de Ta lumière, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Viens à nous, Esprit Saint, rends-nous participants de Ta sainteté, de la Lumière sans déclin, de la vie divine et de Tes dons parfumés, car Tu es le flot de la Divinité, procédant du Père par le Fils.
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
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12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
Les paroles qui recommandent de ne pas mépriser ces petits sont prononcées aussitôt après l'avertissement sur le danger des scandales. Mais seuls les enfants font-ils partie des petits mentionnés? Car si le Christ propose à des adultes de devenir comme des enfants, cela signifie que les petits peuvent être des personnes très diverses, de toute catégorie d'âge.
En conseillant de ne mépriser personne, Il nous donne un commandement très difficile. Beaucoup d'entre nous sont habitués à traiter avec mépris ceux qui ne nous conviennent pas. Il est très commode de se rendre compte qu'on est meilleur que les autres, ces gens si désagréables. Bien plus, beaucoup d'entre nous ont l'habitude de “se perfectionner moralement” en se comparant à de “mauvaises personnes” et en se mettant en valeur sur leur fond.
Mais le Seigneur, ici aussi, regarde et agit autrement. Ceux que nous avons l'habitude de placer plus bas que nous peuvent se révéler beaucoup plus précieux pour Lui que certains “corrects”, précisément parce que nous avons renforcé la douleur des rejetés par nos coups “corrects”.
Et à ces gens bien installés qui ne comprennent pas la statistique du Christ, selon laquelle, pour sauver une seule brebis égarée, on peut laisser tout l'immense troupeau, rappelons que personne n'est assuré de ne jamais devenir une telle brebis. Et alors le Bon Pasteur, laissant tout, ira le sauver lui aussi. Car Il veut que tous soient sauvés jusqu'au dernier.
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
Il semble que, pour que les promesses de Dieu commencent à s’accomplir dans notre vie, nous devions revoir notre attitude... envers nous-mêmes. Qui sommes-nous ? Des êtres sages, forts, adultes, justes, connaissant le bien et le mal ? Alors à quoi Dieu nous sert-Il ? Et Dieu ne nous impose ni Sa communion ni Sa présence dans notre vie. Mais si nous voulons nous tenir devant Lui comme des enfants devant leur Père, comme des brebis égarées devant leur Berger, alors Il marchera réellement devant nous et ne nous abandonnera pas.
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Les représentations messianiques traditionnelles de l'époque évangélique supposaient des exigences assez strictes imposées à ceux qui cherchaient le Royaume messianique. On supposait que seuls les justes recevraient le droit d'y entrer. Et le Messie Lui-même, bien sûr, choisirait pour Son entourage le plus proche uniquement des justes. Les pécheurs ne pouvaient avoir place autour de Lui. Il allait de soi, en même temps, que de tels justes existaient. Rien d'étonnant : la justice se comprenait alors dans un contexte exclusivement religieux, comme conformité aux normes et exigences admises dans la communauté religieuse, avant tout aux exigences de pureté rituelle. La pureté rituelle supposait bien sûr aussi l'abstention du péché. Mais tous comprenaient qu'il n'y a pas d'hommes parfaits dans le monde.
L'abstention du péché supposait l'observance des commandements donnés par Dieu autant que cela est possible à l'homme déchu. Mais là aussi la mesure de la justice variait : les uns s'efforçaient de tout accomplir scrupuleusement, sans négliger le moindre détail des nombreuses prescriptions morales et rituelles ; d'autres se limitaient au minimum. Ceux qui accomplissaient, comme il leur semblait, tout exactement, regardaient les autres de haut, certains que, pour eux au moins, les justes, le Royaume était garanti.
Mais Dieu, comme le Messie qu'Il a envoyé, voit la situation tout autrement. Pour Dieu, il n'y a pas de différence entre une « grande » et une « petite », une « pleine » et une « incomplète » justice. La justice n'est pas une propriété de l'homme, mais son état. Et cet état est déterminé par Dieu, non par l'homme. C'est l'action de Dieu qui fait du juste un juste, non ses propres efforts. Bien sûr, il est aussi demandé beaucoup à l'homme dans ce cas, mais la justice ne lui est possible que comme don de Dieu. C'est pourquoi le Messie vient dans le monde avant tout comme Sauveur, non comme Juge. Certes, Sa venue même dans le monde est déjà un jugement.
Les uns L'accueillent, les autres Le rejettent. Cet accueil ou ce rejet détermine le destin de l'homme dans l'éternité. Mais Dieu ne veut la perte de personne. Il envoie Son Fils dans le monde non pour condamner le plus grand nombre possible de pécheurs, mais pour que le plus grand nombre possible d'hommes puisse être sauvé du mal dans lequel gît le monde et entrer dans le Royaume. Il n'y a pas d'hommes sans péché, et il n'a aucun sens pour des hommes déchus de se mesurer les uns aux autres avec une justice qui ne leur appartient pas.
D'autant plus que ni Dieu ni le Sauveur envoyé par Lui ne sont impressionnés par cette justice. De même, la condition pécheresse de l'homme déchu ne choque pas le Messie : Il sait dans quel monde Il est venu et à quels hommes Il aura affaire. Mais Il est venu non pour juger ces hommes, mais pour les sauver. Car le Royaume est pour tous ceux qui cherchent, non pour les seuls justes. Pour le Royaume, même le pécheur le plus notoire peut s'engager sur le chemin de la justice. Mais une justice qui n'a pas le Royaume en vue est une impasse spirituelle. Un chemin qui ne mène nulle part.
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
Comme tout est simple et évident : si un problème survient entre deux personnes, il faut d’abord essayer de le résoudre à deux. Mais malheureusement nous ne faisons que le contraire : nous discutons de nos relations abîmées avec n’importe qui, mais seulement pas avec celui qu’il faut. Avons-nous peur qu’une discussion directe pourrait révéler la précarité de notre propre position ? Ou alors avons-nous peur que notre adversaire ait raison ? Ou peut être ça ne nous plait pas de pardonner au cas où nous aurions raison et que personne n’aurait vu ou ne saurait notre générosité ? Quoi qu’il en soit, nous essayons d’augmenter notre cote de popularité aux yeux des autres en critiquant et humiliant notre frère avec tous ces commérages et médisances ; et nous le perdons ainsi. Nous avons peur du risque de la défaite lors de la conversation directe, mais n’oublions pas que l’éventuel gain est plus grand : acquérir son frère.
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
Le seigneur Jésus Christ parle de ceci pour la première fois dans Mt 16:19 lorsqu’Il caractérise l’Église en la personne de Pierre, après que ce dernier L’ait professé Fils du Dieu Vivant ; ensuite est donné le pouvoir n’appartenant qu’a Dieu de pardonner aux gens les péchés. Le seigneur Jésus donne encore ici à ses disciples la première communauté chrétienne, le pouvoir de pardonner les péchés et souligne que tout pardon accordé par l’Église ne s’accompli pas seulement sur la terre mais aussi au ciel c'est-à-dire dans l’éternité.
Il est clair et logique que ce que Dieu a accompli au ciel se reflète dans la vie terrestre des Hommes. Nous voyons ici que Le seigneur a voulu établir dans l’Église un autre rapport : ce que l’Église accomplie sur terre s’étend jusqu’au ciel. L’Église transmet le pardon divin aux gens, et le péché professé dans le sacrement religieux qu’est la pénitence est remis et n’existe plus.
Nous pensons d’habitude que le Seigneur parle du pouvoir comme étant notre faculté ou capacité, ou encore notre force de pardonner. Mais Il parle tout à fait d’un autre pouvoir, qui est dans le Royaume des Cieux. Il faudrait mieux comprendre les mots de Jésus ainsi : Il confie à l’Église un service, dont le but consiste à transmettre Ses pardons. C’est en ceci le sens de l’existence de l’Eglise et de ses sacrements, en effet c’est Jésus Christ lui-même qui donne ce pardon aux mains des apôtres.
Il y a encore un autre sens à ces paroles à savoir: La durée terrestre de notre vie est inestimable, pendant qu’il y a encore du temps nous ne pouvons construire des relations avec les gens qu’ici-bas. Nous pouvons essayer de corriger quelque chose, pardonner et ouvrir de nouveau le cœur à ceux qui nous ont offensés, et demander pardon a ceux que nous avons offensés pendant que nous vivons encore sur terre. Alors nous pourrions mourir avec ce capital spirituel que nous avons accumulé sur terre ; Mais si nous mourons avec un cœur sans pardon, comment pourrions nous être dans le Royaume du pardon et d’amour ?
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
Est-il vraiment possible que « tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé » ? Et si... ? À propos de toute prière, le Seigneur dit que le Père céleste connaît tous nos besoins, tandis que nous devons chercher Son Royaume et demander : « Que Ta volonté soit faite. » Deux points des paroles du Seigneur sont pour nous d'une importance fondamentale.
Premièrement, Il parle de notre accord humain les uns avec les autres. Cela se révèle si important que Dieu promet d'entendre immanquablement la prière unanime de plusieurs personnes. En pratique, cela explique pourquoi les chrétiens attachent tant de prix à l'Église : c'est précisément là que nous demandons ensemble. Cela signifie aussi que, par la prière, tu peux prendre part aux besoins des autres.
Deuxièmement, le Seigneur parle de Sa présence. À la question « Où est Dieu ? » ou « Où est le Royaume des Cieux ? », l'Évangile donne une réponse simple : là où les hommes acceptent d'être ensemble et de partager la vie et les besoins les uns des autres. C'est à la fois un fait empirique et une promesse de Dieu à laquelle nous pouvons nous fier.
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
Comme il est important s’avère-t-il du point de Dieu notre entente l’un envers l’autre et vice versa. Jésus promet l’accomplissement des demandes communes sans aucunes conditions supplémentaires. On dirait qu’Il ne soupçonne pas de telles choses comme la collusion criminelle ou l’égoïsme collectif. Apparemment Il comprend quelque peu différemment que nous ce que c’est que la prière : pour Lui cette relation avec le Père a une telle ampleur et intimité que la coordination de ces relations par les deux ne peut signifier qu’un amour authentique entre eux. Et comme on chante dans une chanson chrétienne « là ou il y a l’amour, et là se trouve Dieu ».
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » |
22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois. |
23 « À ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L’opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n’ayant pas de quoi rendre, le maître donna l’ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d’éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s’y tenait prosterné en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. » |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler, en lui disant : « Rends tout ce que tu dois. » |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai. » |
30 Mais l’autre n’y consentit pas ; au contraire, il s’en alla le faire jeter en prison, en attendant qu’il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s’était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l’affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : « Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise, parce que tu m’as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j’ai eu pitié de toi ? » |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout son dû. |
35 C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » |
La lecture d’aujourd’hui est consacrée à l’un des thèmes évangéliques les plus importants : le pardon des péchés. Le sens de la parabole comme celui de l’enseignement se résume à ceci : Dieu ne nous pardonne nos péchés que si nous sommes nous-mêmes prêts à pardonner les péchés de ceux qui pèchent contre nous.
On interprète parfois cette exigence comme un appel au pardon indistinct de tout. Mais une lecture plus attentive du texte montre qu’il n’en est pas du tout ainsi. En effet, ce pardon indistinct suppose souvent que la personne offensée ne remarque tout simplement pas le péché commis contre elle ou n’y prête pas attention. Dans les milieux chrétiens, on entend même parfois des appels à apprendre à ignorer les péchés de son prochain, y compris ceux qui sont dirigés contre nous. Cependant, dans la pratique, une telle ignorance conduit habituellement tôt ou tard à une explosion émotionnelle, dans laquelle toutes les blessures accumulées se déversent au dehors, au point qu’il ne reste aucune trace de l’apparence de paix.
Jésus, Lui, n’appelle nullement à ignorer le péché ; au contraire, Il juge nécessaire d’appeler les choses par leur nom, ouvertement et, si nécessaire, en présence de témoins, parfois même publiquement, dans l’assemblée de l’Église (v. 15-17). Bien sûr, une telle explication peut mener non seulement à la réconciliation, mais aussi à la rupture ; cependant, dans tous les cas, les choses auront été clarifiées dans les relations entre les personnes, et ce n’est qu’alors que le pardon et la restauration des relations deviendront possibles.
Ce n’est pas un hasard si l’enseignement parle aussi de l’assemblée des fidèles (v. 19-20) : elle est impossible tant que les relations ne sont pas restaurées. Mais on ne peut les restaurer en ne remarquant pas le péché ou en l’ignorant ; cela n’est possible que par le repentir, d’une part, et par le pardon du péché, d’autre part.
Et cela n’a rien d’étonnant : il est ici question de la vie spirituelle, où les relations, aussi bien entre les personnes qu’entre chaque personne et Dieu, passent au premier plan. Ne pas remarquer le péché, faire comme si rien ne s’était passé entre frères, signifierait dès le départ construire ces relations sur le mensonge, ce qui serait une grave erreur spirituelle.
Mais une erreur non moins grande serait d’absolutiser le péché, de le considérer comme quelque chose qui aurait désormais rendu à jamais impossibles des relations normales entre frères. Bien sûr, dans notre monde encore non transfiguré, les conséquences d’un péché commis consciemment et délibérément étaient effectivement tenues pour irréversibles ; mais nous ne vivons déjà plus dans les temps anciens, nous vivons à l’époque du Royaume qui vient et se révèle, et désormais le péché, même commis consciemment, ne peut avoir de conséquences irréversibles si celui qui l’a commis se repent sincèrement de ce qu’il a fait. Et si nous vivons dans le Royaume, nous saurons discerner la personne derrière son péché, et donc nous saurons aussi lui pardonner ; sinon, un seul péché commis contre nous détruira pour toujours nos relations avec elle.
Mais nous ne pouvons compter sur le pardon de nos propres péchés que dans le Royaume. Dieu n’exige pas de nous de pardonner les péchés du prochain parce que, sans cela, nous ne serions pas assez bons pour Lui et pour le Royaume ; simplement, en ne manifestant pas la disposition à tout pardonner au prochain et à recommencer une relation avec lui, nous refusons aussi le Royaume, où tout commence précisément à partir d’une page blanche, y compris pour nous-mêmes.
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » |
22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois. |
23 « À ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L’opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n’ayant pas de quoi rendre, le maître donna l’ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d’éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s’y tenait prosterné en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. » |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler, en lui disant : « Rends tout ce que tu dois. » |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai. » |
30 Mais l’autre n’y consentit pas ; au contraire, il s’en alla le faire jeter en prison, en attendant qu’il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s’était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l’affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : « Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise, parce que tu m’as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j’ai eu pitié de toi ? » |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout son dû. |
35 C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » |
Dans la parabole, l'incommensurabilité de nos dettes mutuelles et du pardon de Dieu est soulignée : une myriade de talents vaut un million de fois plus que cent deniers (un tel numéral n'existe tout simplement pas en grec). C'est comme si, ayant reçu un appartement en cadeau, nous arrachions un rouble à quelque mendiant (on peut imaginer des comparaisons encore plus grandioses). D'un autre côté, une dette de cent deniers est aussi une somme : l'offense infligée par nos proches peut être très amère.
Nous devons tous quelque chose les uns aux autres ; tous, d'une manière ou d'une autre, nous blessons et nous nous sentons blessés. Mais lorsque Dieu entre dans l'écheveau compliqué et confus de nos offenses mutuelles et de nos anciennes dettes, Il rompt tout l'équilibre moral et matériel de nos relations humaines. Cela se produit lorsque, face au malheur, nos désaccords et nos querelles pâlissent, ou lorsque, sur le lit de mort, la vie acquiert une telle gravité que les offenses et les blessures que nous nous sommes infligées les uns aux autres paraissent absurdes.
15 « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » |
22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois. |
23 « À ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L’opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n’ayant pas de quoi rendre, le maître donna l’ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d’éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s’y tenait prosterné en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. » |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler, en lui disant : « Rends tout ce que tu dois. » |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : « Consens-moi un délai, et je te rendrai. » |
30 Mais l’autre n’y consentit pas ; au contraire, il s’en alla le faire jeter en prison, en attendant qu’il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s’était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l’affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : « Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise, parce que tu m’as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j’ai eu pitié de toi ? » |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout son dû. |
35 C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » |
Dans un différend avec un frère, et plus généralement avec tout « prochain », l'homme est appelé à choisir la démarche la plus difficile : non pas pardonner avec condescendance à celui qui se trompe, ni oublier ses sottises, mais tout au contraire admettre la possibilité d'avoir soi-même tort ! Si tu n'as pas réussi à t'entendre avec ce frère, demande-toi : « Et si c'était moi le coupable ? » et appelle une troisième personne capable de juger objectivement. Mais même alors, même si le jugement objectif de ce tiers s'avère être en ta faveur, fais encore un effort sur toi-même : mets en doute ta propre victoire et soumets l'affaire à l'instance suprême, l'assemblée de ceux qui se réunissent au nom du Christ, où Lui-même pourra vous départager et révéler Sa volonté à ceux qui voudront l'entendre. Car il est si facile de croire que l'on a raison, et si difficile de croire à la possibilité réelle du jugement de Dieu sur la terre...
18 « En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 « De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » |
21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » |
22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois. |
Nous ne pouvons manquer de remarquer que, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, le Christ nous révèle la manière dont Dieu a voulu être présent dans notre monde. Là où deux ou trois sont réunis en Son nom, Il est là au milieu de nous. C'est précisément cette union entre nous en Son nom que Dieu attend de nous, et lorsqu'elle se réalise, Il vient immanquablement à nous. Car si deux d'entre nous s'accordent pour demander ensemble quelque chose à Dieu, Il ne peut pas ne pas être présent, puisque c'est précisément pour un tel accord, une telle union, qu'Il nous a créés. L'inverse est vrai aussi : pour nous trouver en présence de Dieu et venir à Lui, nous devons nous accorder les uns avec les autres. Cela signifie que ce ne sont plus nos problèmes personnels qui deviennent importants pour nous, mais une autre personne et sa vie. Et c'est là un aspect essentiel de notre ressemblance avec Dieu.
1 À ce moment les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux |
3 et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 « Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. |
6 Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! |
8 « Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
11 [ ]. |
12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
Comment comprendre les paroles selon lesquelles il faut devenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume des Cieux ? Sans doute chacun de ceux qui connaissent un peu les petits enfants sait qu’ils ne sont nullement des anges (bien que leurs anges se tiennent devant le trône du Très-Haut dans les cieux). Peut-être l’essentiel est-il justement dans leur petitesse, leur absence de défense, leur dépendance à l’égard des parents — car le Seigneur parle précisément d’abaissement (v. 4). Ils sont les plus exposés au danger du scandale, de la tromperie, de l’action du mal du monde ; c’est pourquoi ils ont tant besoin de l’amour et de la protection de Dieu. Apparemment, ce sont précisément de telles relations avec Dieu qui constituent la réalisation du Royaume des Cieux.
1 À ce moment les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux |
3 et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 « Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. |
6 Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! |
8 « Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
11 [ ]. |
12 « À votre avis, si un homme possède cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée ? |
13 Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde. |
Les paroles sur les enfants qu’il faut devenir pour entrer dans le Royaume des Cieux sont reliées par l’évangéliste à une petite parabole sur le berger et la brebis perdue, et cela remet aussitôt tout à sa place. Il ne s’agit pas seulement de devenir faibles, sans défense et dépendants, même s’il nous est parfois vraiment nécessaire de nous sentir enfants devant Dieu ; le Christ parle clairement ici d’une « nouvelle enfance », c’est-à-dire d’une seconde naissance : non seulement de nous sentir enfants par rapport à Dieu, mais de devenir réellement enfants du Père céleste, et ici aucune infantilité n’a sa place, tant cet appel est élevé.
Dans cette compréhension, le commandement habituel « soyez comme des enfants » devient un appel insondable à participer à la vie de Dieu, à devenir des fils et des filles bien-aimés dans le Fils unique bien-aimé : le chemin qui s’ouvre devant nous dans la Résurrection du Christ...
1 À ce moment les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux |
3 et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 « Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. |
6 Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! |
8 « Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
11 [ ]. |
La question de ce que signifie être comme des enfants préoccupe les chrétiens depuis de nombreux siècles. Cela se comprend: c'est bien la condition indispensable pour entrer dans le Royaume. Le plus souvent, on mentionne ici l'innocence enfantine et la naïveté enfantine. En réalité, cependant, les choses ne sont pas si simples avec la naïveté et l'innocence.
Déjà Augustin avait remarqué que les enfants ne sont nullement innocents; ils n'ont simplement pas encore assez de force ni d'habileté pour pécher «comme des adultes», mais il n'est pas possible de parler de leur absence de péché, ni même d'une moindre culpabilité par rapport aux adultes, car tous les grands pécheurs grandissent naturellement à partir de petits, s'ils ne tentent pas de résister à leur péché. Avec la naïveté non plus, tout n'est pas simple: les enfants comprennent d'habitude beaucoup plus qu'ils ne disent aux adultes, bien que, en règle générale, ils le fassent à leur manière, dans le cadre de leur propre logique et de leurs propres représentations du monde.
Il existe cependant une différence essentielle entre les enfants et les adultes, du moins jusqu'à un certain âge: ils se soucient d'habitude assez peu de l'image qu'ils donnent aux autres et de la place qu'ils occupent dans le monde «adulte». Pendant cette période de leur vie, les enfants ignorent simplement les repères du monde «adulte», tout en comprenant qu'il est une réalité objective. Les adultes perçoivent généralement cette existence de l'enfant comme un jeu permanent, plus important pour lui que la vie que les adultes considèrent comme «réelle».
Pour l'enfant, en ce temps-là, ce qui importe est ce qu'il considère lui-même comme réel et véritable, et non ce qu'il est convenu de considérer comme tel selon des règles admises par tous, auxquelles les adultes eux-mêmes ne croient souvent pas beaucoup. Une telle attitude enfantine devant la vie est un trésor inestimable pour quiconque aspire à une vie spirituelle normale et plénière. Car une vie spirituelle normale est impossible si l'on ne vit pas de ce que l'on reconnaît soi-même comme vrai, authentique, réel.
En grandissant, nous apprenons plus ou moins à renoncer à ce que nous-mêmes considérons comme vrai et authentique au profit de ce qu'il est convenu de considérer comme tel, et nous passons de la réalité à l'illusion, dont nous nous efforçons de toutes nos forces de convaincre nous-mêmes et les autres qu'elle est réelle. Être comme des enfants signifie renoncer à cette tromperie de soi. Ce n'est bien sûr que le premier pas sur le chemin du Royaume, vers la vie spirituelle authentique, mais sans le premier pas il n'y aura pas les suivants, et donc il n'y aura pas non plus de chemin.
1 À ce moment les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux |
3 et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 « Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. |
6 Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! |
8 « Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux |
11 [ ]. |
Depuis longtemps, la question de l'origine et de la nature du mal dans le monde occupe et tourmente l'homme. Et personne n'aurait sans doute pu en dire davantage que Jésus, qui devait affronter le mal du monde. Pourtant, il parle peu à ses disciples du diable et du mal du monde; il leur dit seulement que le diable est vaincu et qu'un jour viendra où cela deviendra clairement visible pour tous.
En revanche, il parle longuement et en détail à ses disciples et à ceux qui le suivent de la manière de résister au mal dans la vie quotidienne. L'une des tentations les plus sérieuses de cette vie, en ce qui concerne les actes mauvais, est celle de l'impuissance imaginaire de l'homme devant le mal qui s'accomplit. Il ne s'agit même pas de la possibilité d'arrêter ceux qui font le mal, mais de la prétendue absurdité de s'en abstenir. La logique du mal suggère: ta participation ou ta non-participation ne changera rien; si ce n'est pas toi, ce sera un autre. Et en essayant de résister au mal, même sous la forme d'un refus d'y participer, tu ne fais que compliquer ta vie sans rien obtenir du tout, car il n'y a pas moins de mal dans le monde pour autant.
Cette logique paraît d'une simplicité séduisante, et elle serait exhaustive si le monde non transfiguré était l'unique et l'ultime réalité. Mais, heureusement, il n'en est pas ainsi. L'homme qui refuse de participer au mal a une bonne raison d'agir comme il le fait. Il s'agit ici non seulement, ni même principalement, du monde qui gît au pouvoir du mal, mais de l'homme et de son destin spirituel: pourra-t-il entrer dans le Royaume ou demeurera-t-il dans les « ténèbres extérieures »? Même si la situation dans le monde déchu échappe souvent réellement au pouvoir de l'homme — « il faut que les scandales arrivent » —, son propre choix reste toujours en son pouvoir. Jésus ne tient manifestement aucun compte de ce que l'on appelle l'influence du milieu, le déterminisme social et les autres justifications semblables du mal commis par l'homme.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne tienne pas compte de la situation dans laquelle l'homme doit faire son choix. Il dit seulement que l'on ne doit pas consentir au mal ni capituler intérieurement devant lui en l'acceptant comme norme simplement parce qu'il est la norme du monde déchu. La norme du monde déchu n'est pas une norme, mais une perversion, et quiconque accepte de devenir le conducteur des forces du mal doit s'en souvenir, car « malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Il peut certes se produire que, même en refusant de participer au mal, l'homme ne puisse empêcher ce mal. Mais il pourra l'empêcher de pénétrer dans son propre cœur et ainsi préserver ce cœur pour le Royaume.
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