7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; |
9 persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C'est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
Poursuivant son propos sur le ministère du témoin, Paul souligne tout particulièrement la nécessité de déplacer le centre de l'attention des auditeurs de la personne du témoin vers Dieu et vers le Christ, afin que personne n'attribue au témoin lui-même, comme à un homme, la force de Dieu et le souffle du Royaume (v. 7). C'est précisément de ce point de vue que l'apôtre considère les persécutions et les oppressions qui s'abattaient souvent sur lui-même comme sur ses compagnons (v. 8–9). Bien sûr, le témoignage d'un véritable témoin ne deviendrait pas faux ni moins significatif, même s'il était entouré d'honneur et de respect. Mais dans ce cas il existerait toujours le danger que ce qui agit sur les esprits et les coeurs des auditeurs ne soit pas tant le témoignage lui-même que des facteurs accessoires : l'influence de la personnalité du témoin, le respect général qui lui est accordé, la force de l'opinion publique.
Évidemment, cette influence n'est pas dangereuse en elle-même, du moins tant qu'elle oriente l'homme dans la bonne direction. Mais dans un tel état des choses, une certaine forme d'illusion sur soi reste toujours possible, lorsque l'homme se considère (parfois très sincèrement) comme chrétien non parce qu'il cherche le Royaume et est prêt à suivre le Christ, mais parce qu'il s'est trouvé sous le charme de la personnalité d'un leader spirituel connu, respecté et peut-être réellement remarquable. Suivre un prédicateur persécuté ou, du moins, impopulaire est toujours psychologiquement plus difficile ; mais dans ce cas les chances que celui qui le suit partage les valeurs et les convictions de son leader, et ne cède pas simplement à son charme, sont tout de même nettement plus élevées (bien qu'il existe, bien sûr, des exceptions).
Mais autre chose est également important : le témoignage du Royaume là et alors où, semble-t-il, il n'y a déjà plus aucun espoir non seulement du triomphe des idées défendues par le prédicateur, mais même simplement d'une issue favorable (v. 10–12). Dans une telle situation, la réalité du Royaume est soit vécue avec une intensité extrême, soit, si elle reste pour les auditeurs une simple abstraction, elle n'est pas vécue du tout. Ce n'est pas par hasard que Paul dit que la mort qui atteint l'apôtre et ses compagnons se transforme en plénitude de la vie du Christ et du Royaume pour ceux auprès de qui ils témoignent, y compris les chrétiens de Corinthe (v. 12). Rien ne convainc autant que le triomphe du Royaume qui se révèle dans la vie du témoin persécuté (v. 13–15). C'est cela qui empêche Paul de se décourager : car il vit réellement ce triomphe pendant les persécutions, voyant le Royaume s'élargir et accueillir toujours de nouveaux habitants (v. 16–18).
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; |
9 persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
L'Épître aux Corinthiens parle non seulement du danger de la voie chrétienne, mais aussi de souffrance et de mort, sans aucune récompense évidente. Car le seul motif se révèle être le désir « que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle », tandis que « le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ». Comme tout cela est loin de nos conceptions habituelles de la vocation de l'homme, de son accomplissement dans cette vie et, enfin, de la gloire!
8 Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; |
9 persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. |
Pour Paul, le service chrétien et le chemin chrétien sont inséparables de l’idée de pauvreté comprise chrétiennement. La notion de pauvreté était liée au chemin de la justice dès la prédication d’Isaïe de Jérusalem, huit siècles avant la venue du Christ. À l’époque évangélique, ce lien était déjà perçu comme traditionnel: pauvreté et justice étaient synonymes.
Naturellement, la pauvreté n’était pas alors comprise comme une situation matérielle, mais comme un état spirituel. Même un homme matériellement tout à fait à l’aise pouvait se sentir pauvre devant Dieu. La question n’était pas la richesse ou la pauvreté, mais la mesure dans laquelle l’homme était prêt à s’appuyer sur Dieu ou sur sa richesse.
Le pauvre au sens spirituel le devenait lorsqu’il comprenait que sa vie était liée à la présence de Dieu, que le chemin de la justice était impensable hors de cette présence, et que l’homme ne pouvait, en ce sens, s’aider lui-même en rien. Tout ce que possède l’homme ne le rapproche aucunement de Dieu; et ce qui le rapproche, l’homme ne le possède pas, il ne peut que recevoir de Dieu ce qui lui est nécessaire, si Dieu veut bien le lui donner. Mais ce qui est reçu de Dieu doit être gardé, et là beaucoup dépend déjà de l’homme lui-même.
C’est ainsi que le chemin de la justice était compris dans certaines écoles rabbiniques des temps évangéliques, comme d’ailleurs dans des époques plus anciennes. Et les paroles du Sauveur sur la béatitude des pauvres confirment la vérité d’une telle compréhension de la justice. On ne peut acquérir le Royaume que de cette manière, seulement par ce chemin. On ne peut ni le mériter ni l’obtenir par ses propres forces, mais on peut le recevoir et le garder. Ou le perdre, si l’on est spirituellement négligent.
C’est pourquoi l’apôtre parle de «vases d’argile» qui, en eux-mêmes, n’ont aucune valeur: seul leur contenu est précieux, et non le vase lui-même. Et la pauvreté menée jusqu’au bout, c’est la mort au monde dans le Christ. Pour ce monde, l’homme est mort; dans ce monde, il n’est rien, mais la vie du Royaume se déploie en lui d’autant plus pleinement qu’il est moins «vivant» du point de vue du monde non transfiguré. Et plus il y a dans l’Église de telles personnes, plus elle se révèle pleinement au monde comme corps du Christ, ce qu’elle doit être selon le dessein de son Fondateur.
8 Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; |
9 persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. |
Les mots de l'apôtre sur ces conditions, dans lesquelles il arrive de vivre et témoigner à lui-même et ses coreligionnaires, peuvent sembler être la déclaration d’une résistance héroïque, les mots des héros résistant au monde entier et prêts à lutter jusqu'à la fin victorieuse. Probablement, tel aurait été le cas si ce n’était pas un "mais". Paul comprend parfaitement qu'ici, dans le monde se transformant, mais pas encore transformé, et donc étant encore dans le mal, ils ne peuvent pas vaincre. Bien sûr, cela ne diminue pas l'héroïsme: la perdition héroïque est une chose, une histoire connue. Mais l'apôtre, comme on voit, voit le sens même pas dans la possible ou impossible victoire, mais dans le fait même que, malgré tous les efforts de ce mal, dans lequel se trouve le monde, ils n'ont pas tout de même disparu de ce monde, ils continuent dans les cas ici leur œuvre, leur témoignage.
Une telle logique du point de vue des lois du monde non transformé semble un peu étrange et, au minimum, sans perspectives: car les témoins ne pourront pas dans tous les cas changer radicalement la situation à leur profit, et si c’est ainsi, quel sens alors dans tous leurs efforts? Mais du point de vue du Royaume tout se met à sa place: car de ce point de vue il est tout à fait évident que jusqu'au triomphe définitif du Royaume et avant la transformation complète du monde, il sera vraiment impossible de changer radicalement l'état de choses dans lui. Mais le Royaume doit exister dans le monde, exister comme l'Église, comme une communauté de justes vivant la vie du Royaume et témoignant ce Royaume.
Ils ne pourront pas transformer le monde non transformé en paradis terrestre, mais ils sont capables de manifester l'alternative au régime existant des choses et donner la possibilité de se joindre à la vie du Royaume à ceux qui le cherchent. Et c’est en cela que consiste la principale tâche de l'Église, comme la comprend Jésus Lui-même, et tous les apôtres, y compris bien sûr Paul. Alors il parle de ses souffrances et de celles de ses concélébrants non pas pour se vanter devant quelqu'un ou effrayer quelqu'un.
Il veut simplement, paraît-il, dissiper cette illusion qui commence déjà alors à se répandre parmi une certaine partie des chrétiens, que l'Église peut un jour et d'une façon ou d'une autre devenir la partie naturelle et organique de ce monde, trouver en lui sa place et même le transformer, ayant transformé si ce n’est pas en paradis, alors ne serait-ce qu’à quelque chose de plus digne, qu'il était dès le moment de la chute. Et l'apôtre ne se fatigue pas de rappeler à tous que ces espoirs sont illusoires. Et les fantômes ne sont pas inoffensifs, parce qu’ils détournent ceux qui en sont passionnés de l'essentiel — du Royaume.
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
Paul a parlé plusieurs fois dans différents de ses messages avec des mots différents de la même chose: le christianisme n’est pas une certaine nouvelle, religion messianique, et la vie dans le Royaume messianique, ce même Royaume, qu’attendait tant (ou on pensait qu'attendait) si ce n’est pas tout Israël, alors sa grande majorité. Voici seulement ce Royaume ne s’avéra pas tel, que la majorité attendait à le voir, et sa vie ne s’avéra pas aussi tel, que beaucoup attendaient. Parait-il, il n'a pas rien de commun ni avec la religion, ni avec la politique. Par contre il est directement lié à quelque chose «pas de ce monde», ce qu’on ne peut pas voir avec les yeux et ne pas palper avec les mains, ce qui s'ouvre seulement grâce aux relations et la communication avec le Ressuscité.
Et l'apôtre comprend bien sûr parfaitement que, quelles qu’en soient les raisons extérieures historiques du supplice de Jésus, la raison spirituelle de ce qui s’est passée est ce rejet par le monde du Royaume, qui ne disparaîtra pas jusqu'au moment de sa [ce monde] complète transfiguration. Mais si c’est le cas, alors chacun de nous, si seulement nous sommes vraiment des chrétiens, i.e. les habitants du Royaume, a un rapport avec Sa mort. Ou, plus exactement, Sa mort a un rapport avec nous. Et le problème ici n’est pas dans le refus ascétique du monde ou d’une certaine «mortification», dont plusieurs chrétiens se passionnaient tant au Moyen âge. Le problème est que dans quelle mesure nous vivons d'après les lois du Royaume, et dans quelle mesure ont le pouvoir sur nous les lois du monde non transformé.
À l'époque actuelle, l'époque du Royaume à venir, chaque chrétien vit à la frontière de deux mondes, appartenant aux deux simultanément : au Royaume et à ce monde se transformant, mais pas encore totalement transformé, qui existait avant l'arrivée du Sauveur. Cette même vie peut être considérée pour les chrétiens comme une norme; la question est seulement que qu’est-ce qui définit la vie d’un chrétien concret : les lois du Royaume ou les lois du monde non transformé. Si et puisqu'elle est définie par les lois du Royaume, alors autant une telle personne rejettera le monde non transformé.
Mais d'autre part selon le degré de rejet par le monde, le chrétien vivant d'après les lois du Royaume pénétrera de plus en plus dans la vie du Royaume, que Paul appelle «la vie de Jésus». Même en restant dans le monde non transformé, il deviendra de plus en plus un habitant du Royaume et moins un habitant de «ce monde». Et le jour du triomphe complète et définitive du Royaume, quand le monde sera transformé enfin totalement, le Royaume deviendra la seule réalité de sa vie. Le jour du triomphe du Royaume deviendra aussi le jour de son triomphe.
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
La foi en la résurrection générale est apparue dans le peuple de Dieu pas immédiatement. Il est peut-être impossible aujourd'hui de définir l'heure exacte de son apparition. Mais on peut dire avec certitude que pour cent ou deux cents ans avant encore l'arrivée du Christ elle était déjà répandue partout, ainsi certainement qu’à l'époque évangélique. Mais les représentations traditionnelles sur la résurrection générale supposaient que cette résurrection deviendra l'anticipation du dernier jugement et le jour de l'arrivée du Messie. Au propre, c’est notamment au Jugement que devait se décider, qui est digne d’entrer dans le Royaume, et qui ne l’est pas. L'apôtre nous propose une autre image de la résurrection générale. Comme on voit, il se base sur le fait que la résurrection du Christ n’est pas un certain événement surnaturel exclusif dans l'histoire, qu'elle marque par elle-même le début d’une autre histoire, l'histoire du Royaume entrant dans le monde.
Et toute cette histoire est la résurrection, la résurrection de ceux qui font avec le Christ ressuscité un tout spirituel, demeurant avec Lui dans le même Royaume. Ici, comme on voit, pour Paul se lient ensemble l'histoire du Royaume et les biographies spirituelles de ses concrets habitants: chaque chrétien traverse le chemin du Christ, le chemin des pertes locales, partielles et incomplètes, de la vie pour l'entrée dans une vie nouvelle, la vie du Royaume dans toute sa plénitude.
Et là-bas, dans le Royaume, il n'y a plus de temps historique, tel que nous le connaissons selon le monde non transformé: tous les ressuscités se lèvent en même temps devant Jésus, non parce que le temps est illusoire, mais parce que le monde, devenant le Royaume dans toute la plénitude, se réunit autour de son centre — le Christ ressuscité, Qui est la base de toute l'histoire et de toute la vie du Royaume. Ainsi le triomphe du Christ devient le triomphe du Royaume, et le triomphe du Royaume — le triomphe de tout un chacun, qui y est impliqué.
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
Cette idée, l’une des idées centrales dans cette épître de l'apôtre de Paul, nous ouvre le dessein de Dieu pour notre salut. L'apôtre le voit plus en détail comme suit. Premièrement, à la base de tout le dessein se trouve l’Incarnation du Fils de Dieu et la création de l'Église.
Quand le Fils de Dieu a partagé volontairement avec nous notre nature humaine et notre vie humaine, devenant ainsi semblable à nous en tout, sauf le péché, Il nous a alors donné la possibilité d'être ensemble, avec Lui.
Ce «ensemble» est quelque chose d’assez mystérieux; Dieu Lui-même parle de cela «Demeurez en moi, comme le sarment demeure sur la vigne». Mais l'apôtre Paul, selon d'anciens manuscrits, sous-entendait le sens simple de ce mot, et a écrit «avec Jésus», au lieu de «par Jésus».
Ensuite, dans le dessein de Dieu, selon Paul, les gens demeurant ensemble avec Jésus, deviennent les participants de Sa résurrection. L'icône de la descente aux enfers, sur laquelle le Seigneur par les mains tire du tombeau Adam et Eve parle de cela le plus clairement. La Bible appelle souvent le Christ Pasteur des gens, et à l'est le Pasteur va devant le troupeau, lui frayant le passage.
Voici, proprement dit, pourquoi l'Église, qui ne représente pas juste un institut social, une «organisation religieuse» dans les termes du droit civil, mais le vrai Corps du Christ, est si signifiante pour nous. Le secret de l’union avec Christ dans le baptême nous donne ce merveilleux espoir.
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
Toute l'histoire chrétienne est en grande partie, si ce n’est pas en général, l'histoire du sermon. Mais il faut reconnaître que ce sermon n'était pas fructueux dans toutes les époques. Pourquoi ainsi ? Plusieurs ont tenté de répondre à cette question, et les réponses contenaient assez souvent une analyse théologique assez profonde de la question, qui cependant n'amenait pas toujours les auteurs de ce genre d’études à une réponse univoque. Cependant, trouver la réponse n’aurait pas du tout été difficile, si nous réfléchissions seulement sérieusement, qui et quoi nous prêchons, de quoi et de qui nous témoignons.
Qu’est-ce que Jésus Lui-même prêchait pendant Son service terrestre ? Une nouvelle religion ? Une nouvelle morale ? Une nouvelle théologie ? Non. Il prêchait seulement une chose : le Royaume, qui, par Ses propres mots, «est tout proche». Et Il n’a pas laissé sur terre une communauté des prêcheurs de la nouvelle religion, de la nouvelle morale ou de la nouvelle théologie, mais plutôt une communauté d’hommes, qui, en demeurant avec Lui en communication constante, deviendront les habitants de ce Royaume, de la proximité dont Il a témoigné, en vue de porter ce Royaume au monde.
Les chrétiens sont les témoins du Royaume, dans lequel ils vivent, et de Celui, qui a apporté le Royaume dans le monde. Certes, les chrétiens peuvent témoigner d’autres choses aussi, ils peuvent tout à fait raconter au monde, par exemple, leurs découvertes dans le domaine de la théologie, ou leurs réflexions au sujet de la morale, ou leurs idées politiques inspirées par la lecture de la Torah ou de l'Évangile. Ils peuvent aussi raconter au monde cette nouvelle religiosité, qui a grandi sur la base chrétienne pendant les deux derniers millénaires.
Mais, en racontant tout cela, il est important de se rendre compte qu’un tel témoignage n’est pas un témoignage proprement chrétien, et non parce qu'il contredit l'Évangile (le chrétien ne peut et doit pas admettre une telle contradiction par définition), mais parce qu'il n'a pas de relation directe ni avec Christ, ni avec ce Royaume, de la proximité dont Il parlait. Et aujourd'hui les hommes, pour la plupart, n’ont pas besoin de nouvelles idées et conceptions. Ils ont besoin du Christ vivant. Et du Royaume, qu'Il a apporté au monde.
16 C'est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
Regardant l'histoire de l'humanité, on n'a rien inventé jusqu'ici qui sortirait du cadre de l'alternative du progressisme ou du catastrophisme. De même aussi en regardant l’homme nous sommes devant le choix entre la philanthropie et la misanthropie. Il est facile de se persuader que le regard sur l'histoire est corrélé naturellement avec le regard sur l’homme: le misanthrope croira à peine au progrès conduisant à la prospérité et au bonheur général, et celui qui croit que l’homme est initialement bon, croira presque certainement et au fait que dans la vie de l'homme il n'y a pas de problèmes insolubles et le bonheur général est accessible, ne serait-ce qu’en principe.
Le regard biblique sur l'histoire est antinomique : d'une part, toute l'histoire de l'époque chrétienne n’est rien d'autre que l'histoire de la venue du Royaume, se révélant de plus en plus, dont la projection dans le monde non transformé est l'histoire de la justice chrétienne (ou comme on l'appelle d'habitude, la sainteté chrétienne); D'autre part, toute l'histoire du monde «chrétien» est l'histoire de ce mal, dans lequel, selon la parole de l'Évangile, se trouve le monde et qui se manifeste dans l'histoire «chrétienne». Est aussi antinomique le regard de la Bible sur l’homme: d'une part, dans toutes les époques a été ouverte à l’homme la voie de la justice, et Dieu a donné à Son peuple la Torah, comme guide sur cette voie; d'une autre part, comme dit Dieu à travers l'auteur du Prologue du Livre de Genèse «toutes les intentions du coeur humain sont mauvaises dès son enfance», et on ne peut rien faire de cela avant la transfiguration complète de la nature humaine.
Ainsi il se trouve que la venue du Royaume ni dans la vie d’un homme, ni dans l'histoire de l'humanité ne rappelle pas du tout ce progrès, dont rêvaient tant les philanthropes de tous les temps et tous les peuples, étant sûrs que les perfectionnements graduels de la technique, comme des moeurs amèneront finalement l'humanité à l'âge d'or. Au contraire, la venue du Royaume suppose la polarisation des forces s’opposant les unes contre les autres, les forces du Royaume et les forces de ce mal, dans lequel est le monde.
Dans l'histoire de l'humanité, comme dans la vie d’un individu. Et plus un tel individu s'enracine dans la vie du Royaume, plus considérablement se manifeste dans sa vie (intérieure, comme extérieure) ce mal, qui est lié à sa nature déchue. Comme dans l'humanité au cours de l'histoire mondiale, il n'apparaît pas bien sûr de nouveau de nulle part et n'augmente même pas en quantité, il devient simplement plus visible, tout comme devient aussi plus visible son opposition.
Mais plus cette opposition est repoussée vers «l’extérieur», sur la périphérie de la vie, plus celui qui cherche le Royaume s'enracine dans sa vie. Et alors la périphérie reste moins, elle disparaît graduellement, et l’intérieur, ce dans quoi se manifeste la vie du Royaume est plus. Voici seulement ce processus ne peut pas s'achever dans le monde non transformé et frappé par le mauvais. Il s'achève dans le Royaume, et celui qui ne voit pas le Royaume, ne voit pas aussi son achèvement. Achèvement coïncidant avec le triomphe du Royaume et la transfiguration complète de la création.
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
L'apôtre Paul parle de «légères tribulations» tandis qu’il subissait en réalité de très lourdes épreuves, peu de gens peut subir de telles épreuves. Il explique lui-même, de quoi il s’agit, disant qu’il voit ses souffrances transformées.
L'apôtre les voit déjà terminées, voit comment est leur fruit - la gloire, les voit du point de vue de l'éternité, puisqu’aujourd’hui déjà – Dieu voit notre souffrance - lorsqu’on a mal et il semble que cela ne s'achèvera jamais. Ce mal finira, et sera revêtu de gloire, tout comme la Croix du Christ s'achève par la Résurrection. Et on peut déjà s'approcher aujourd’hui d'une telle vision, si on ne regarde pas «aux choses visibles, mais aux invisible».
On ne peut regarder à l’invisible que par la foi, dont l’apôtre Paul définit comme « la preuve des réalités qu’on ne voit pas» (Heb. 11:1 : «la foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas»).
La foi allège nos souffrances et tout ce que comprend notre vie. C’est seulement par la foi, en regardant l’invisible, c'est-à-dire en gardant dans notre cœur, comme le plus grand bijou la confiance en Dieu - le Créateur, Prometeur de tout ce qui est sur terre et le Rédempteur, que nous gagnons la vue, devenons capable de voir le sens de nos tribulations, et de nos joies.
Seulement par la foi nous pouvons nous lever jusqu'à la hauteur du dessein Divin et les voies Divines de dispensation, jusqu'au support ferme, solide, qui n'est pas exposé au temps, ne disparaît pas, ne change pas, ne trompe pas, parce que c'est Dieu.
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
L'apôtre Paul parle de «légères tribulations» tandis qu’il subissait en réalité de très lourdes épreuves, peu de gens peut subir de telles épreuves. Il explique lui-même, de quoi il s’agit, disant qu’il voit ses souffrances transformées.
L'apôtre les voit déjà terminées, voit comment est leur fruit - la gloire, les voit du point de vue de l'éternité, puisqu’aujourd’hui déjà – Dieu voit notre souffrance - lorsqu’on a mal et il semble que cela ne s'achèvera jamais. Ce mal finira, et sera revêtu de gloire, tout comme la Croix du Christ s'achève par la Résurrection. Et on peut déjà s'approcher aujourd’hui d'une telle vision, si on ne regarde pas «aux choses visibles, mais aux invisible».
On ne peut regarder à l’invisible que par la foi, dont l’apôtre Paul définit comme « la preuve des réalités qu’on ne voit pas» (Heb. 11:1 : «la foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas»).
La foi allège nos souffrances et tout ce que comprend notre vie. C’est seulement par la foi, en regardant l’invisible, c'est-à-dire en gardant dans notre cœur, comme le plus grand bijou la confiance en Dieu - le Créateur, Prometeur de tout ce qui est sur terre et le Rédempteur, que nous gagnons la vue, devenons capable de voir le sens de nos tribulations, et de nos joies.
Seulement par la foi nous pouvons nous lever jusqu'à la hauteur du dessein Divin et les voies Divines de dispensation, jusqu'au support ferme, solide, qui n'est pas exposé au temps, ne disparaît pas, ne change pas, ne trompe pas, parce que c'est Dieu.
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
L'idée selon laquelle les tribulations, endurées par les chrétiens dans ce monde, deviennent dans le Royaume leur gloire, est déjà probablement devenue un lieu commun. Et pourtant: que veut dire l'apôtre, parlant des tribulations, qui dans «l’invisible», dont il faut seulement regarder et dont il faut uniquement avoir en vue, se retournent en gloire? Ses mots ne signifient-ils que dans la vie éternelle, dans la plénitude du Royaume «personne n'est oublié, rien n'est oublié», et chaque exploit de la foi de chaque chrétien recevra dans sa nouvelle vie l'estimation digne? Probablement, et cela aussi. Mais seulement cela? Qu'est-ce que c'est, en réalité, cette gloire, dont écrit Paul? La grandeur, la célébrité ? Probablement, non tout de même.
Au moins, dans les livres bibliques de langue grecque ce mot correspond à celui juif, qui désigne la gloire, comme la présence de Dieu, cette présence rayonnante, qui accompagnait le peuple juif tout au long de son histoire, commençant par l’Exode. Et si nous parlons d’une telle gloire, alors il faut déjà parler non de la mémoire et même pas des récompenses, ici il ne s’agit pas de l'encouragement des héros, même ceux qui l'ont tout à fait mérité. Il faut parler ici de cette mesure de la plénitude de la présence de Dieu, qui est donnée à l’homme qui cherche le Royaume et se joint à lui.
Et alors il s’avère que ces persécutions et tribulations, qu’endure le chrétien pour sa foi et pour sa fidélité, ouvrent non seulement à lui-même la plénitude de la vie du Royaume, mais aussi le sanctifient, faisant un porteur vivant de cette présence de Dieu, qui pendant des siècles accompagnait le peuple de Dieu et qui pénètre le Royaume. Et le problème ici n’est pas dans le fait que les tribulations en elles-mêmes rapprochent l’homme du Royaume.
Le problème est en ce que le Sauveur Lui-même avait déjà parlé, rappelant l'inévitabilité des persécutions : ces persécutions sont une sorte de compas montrant que le persécuté n'a pas fait fausse route. Bien sûr, ces persécutions peuvent prendre de différentes formes, mais l'aversion par le monde déchu de ceux qui apportent à ce monde la présence de Dieu, était, est et sera, sinon le monde déchu cesserait d'être soi-même.
Viendra le temps, lorsque ça se passera ainsi, le jour du triomphe du Royaume, quand ses habitants et les porteurs de la gloire de Dieu deviendront dans le monde les siens. Mais pour cela le monde doit entièrement se transformer, sa nature elle-même doit devenir autre, transparente pour l'action du souffle de Dieu et lui obéissant entièrement. Mais pour le moment le conflit est inévitable, et «une légère tribulation» ouvre «une masse éternelle de gloire». «Légère» parce que tout ce qui est lié à la nature déchue du monde non transformé, est passager. «Masse éternelle» parce que le Royaume est pour toujours.
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C'est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
1 Nous savons en effet que si cette tente - notre maison terrestre - vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l'œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, dans les cieux. |
Dans son regard sur l’histoire, l’humanité n’a jusqu’à présent rien inventé qui dépasse l’alternative entre progressisme et catastrophisme. De même, dans son regard sur l’homme, nous nous tenons devant le choix entre philanthropie et misanthropie. Il est facile de constater que le regard sur l’histoire est naturellement corrélé au regard sur l’homme : le misanthrope croira difficilement au progrès menant au bonheur et à la prospérité universels, tandis que celui qui croit que l’homme est bon à l’origine croira presque certainement qu’il n’y a pas de problèmes insolubles dans la vie de l’humanité et que le bonheur universel est atteignable, au moins en principe.
Le regard biblique sur l’histoire, lui, est antinomique : d’une part, toute l’histoire de l’époque chrétienne n’est rien d’autre que l’histoire du Royaume qui vient et se révèle de plus en plus, dont la projection dans le monde non transfiguré est l’histoire de la justice chrétienne, ou, comme on l’appelle habituellement, de la sainteté chrétienne ; d’autre part, toute l’histoire du monde « chrétien » est l’histoire du mal dans lequel, selon la parole de l’Évangile, le monde gît et qui se manifeste dans l’histoire « chrétienne ». Le regard de la Bible sur l’homme est tout aussi antinomique : d’une part, le chemin de la justice a toujours été ouvert à l’homme, et Dieu a donné à Son peuple la Torah comme guide sur ce chemin ; d’autre part, comme Dieu le dit par l’auteur du Prologue de la Genèse, « toutes les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse », et l’on ne peut rien y faire avant la complète transfiguration de la nature humaine. Ainsi apparaît-il que la venue du Royaume, ni dans la vie d’un homme particulier ni dans l’histoire de l’humanité, ne ressemble en rien au progrès dont ont tant rêvé les philanthropes de tous les temps et de tous les peuples, convaincus que les améliorations graduelles de la technique comme des mœurs conduiraient finalement l’humanité à l’âge d’or.
Au contraire, la venue du Royaume suppose la polarisation des forces qui s’opposent : les forces du Royaume et les forces de ce mal dans lequel le monde gît. Dans l’histoire de l’humanité comme dans la vie de chaque homme. Et plus un tel homme s’enracine dans la vie du Royaume, plus se manifeste nettement dans sa vie, intérieure comme extérieure, le mal lié à sa nature déchue. Comme dans l’humanité au cours de l’histoire mondiale, il ne surgit évidemment pas de nouveau d’on ne sait où, ni même n’augmente en taille ; il devient simplement plus visible, de même que son opposition devient plus visible.
Mais cette opposition est d’autant plus repoussée vers l’« extérieur », vers la périphérie de la vie, que celui qui cherche le Royaume s’enracine davantage dans sa vie. Alors il reste de moins en moins de périphérie, elle disparaît progressivement, tandis que l’intérieur, ce en quoi se manifeste la vie du Royaume, devient de plus en plus vaste. Seulement, ce processus ne peut s’achever dans le monde non transfiguré et atteint par le mal. Il s’achève dans le Royaume, et celui qui ne voit pas le Royaume ne voit pas non plus son achèvement. Achèvement qui coïncide avec le triomphe du Royaume et la complète transfiguration de la création.
5 Car ce n'est pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
Ces paroles de l'apôtre Paul, poursuivant ce qui est dit dans les Évangiles sur la Lumière du Christ, nous révèlent l'essence et le sens de la Nouvelle Alliance. C'est pourquoi elle est si Nouvelle, si inattendue et étonnante pour les hommes.
La Nouvelle Alliance n'est pas un enseignement secret, dans lequel seuls les élus pourraient pénétrer. Elle n'est pas non plus un clan fermé qui rejette les étrangers. La Nouvelle Alliance n'est pas une liste d'exigences établissant une échelle du bien et du mal à partir de la profondeur de la chute humaine. La Nouvelle Alliance n'est pas une idéologie qui façonne l'âme et l'esprit de ses adeptes. Elle n'est même pas un mode de vie proposant de recevoir certains fruits en échange du renoncement à d'autres.
C'est la lumière qui a resplendi comme l'éclair d'un bout du ciel à l'autre. La lumière dans laquelle tout est visible: la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la vie et la mort. La lumière qui a resplendi sur le visage de Jésus-Christ. Non pas qu'il soit seulement plus pénible de vivre dans les ténèbres, parce qu'il y fait sombre, effrayant et froid. L'expérience montre qu'en dehors de cette lumière, la vie est tout simplement impossible.
1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c'est pour ceux qui se perdent qu'il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'entendement afin qu'ils ne voient pas briller l'Évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. |
5 Car ce n'est pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; |
9 persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c'est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l'action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C'est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s'en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles. |
Que signifie être un chrétien parfait ? Dans le chapitre précédent, Paul parle de la relation nouvelle et vivifiante de l’homme avec Dieu. Que devient donc celui dont le voile est tombé du cœur, qui, en connaissant le Christ, reçoit la liberté et une grande assurance et se transforme à son image ? Peut-être devient-il un modèle que beaucoup imitent et jouit-il de l’admiration et de la confiance universelles ? Peut-être acquiert-il une grande vitalité, réussit-il en tout, se développe-t-il et se réalise-t-il pleinement ? Peut-être avance-t-il avec assurance sur le chemin de la vie, où des cadeaux sont disposés ici et là...
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