1 Quand l'un de vous a un différend avec un autre, ose-t-il bien aller en justice devant les injustes, et non devant les saints?
2 Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde? Et si c'est par vous que le monde doit être jugé, êtes-vous indignes de prononcer sur des riens?
3 Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? À plus forte raison les choses de cette vie!
4 Et quand vous avez là-dessus des litiges, vous allez prendre pour juges des gens que l'Église méprise!
5 Je le dis à votre honte; ainsi, il n'y a parmi vous aucun homme sage, qui puisse servir d'arbitre entre ses frères!
6 Mais on va en justice frère contre frère, et cela devant des infidèles!
7 De toute façon, certes, c'est déjà pour vous une défaite que d'avoir des procès entre vous. Pourquoi ne pas souffrir plutôt l'injustice? Pourquoi ne pas vous laisser plutôt dépouiller?
8 Mais non, c'est vous qui commettez l'injustice et dépouillez les autres; et ce sont des frères!
9 Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes,
10 ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu.
11 Et cela, vous l'étiez bien, quelques-uns. Mais vous vous êtes lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés par le nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu.
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En parlant des relations à l’intérieur de l’Église de Corinthe, Paul s’étonne de l’habitude des chrétiens de Corinthe de plaider devant les tribunaux civils et de choisir des arbitres non parmi eux, mais à l’extérieur. Selon toute apparence, Corinthe, en ce temps-là, ne différait pas beaucoup d’Athènes ni des autres cités grecques, dont les habitants se faisaient très souvent des procès pour toutes sortes de raisons, si bien que les procédures judiciaires, y compris avec la participation d’arbitres, y étaient chose courante. Or, dans la Synagogue existait alors une règle (encore non écrite) selon laquelle tous les différends entre Juifs fidèles (il n’y en avait pas d’autres alors) devaient être réglés à l’intérieur de leur communauté, soit avec la participation d’un arbitre, soit devant le tribunal rabbinique.
Pour Paul, en tant que Juif aussi, il était étrange de voir que des affaires qui pouvaient parfaitement être réglées à l’intérieur de leur propre communauté étaient portées au-dehors par ses membres, qui faisaient appel aussi bien aux tribunaux officiels qu’à des arbitres n’ayant aucun lien avec l’Église. Peut-être était-ce aussi parce que le tribunal civil (qu’il soit officiel ou arbitral) se montrait beaucoup plus indulgent dans les affaires où il y avait violation manifeste des commandements donnés par Dieu.
Ce n’est pas par hasard que l’apôtre rappelle aux destinataires de sa lettre que les pécheurs n’héritent pas du Royaume, ayant sans doute en vue que cela reste vrai même lorsque le tribunal civil ne condamne pas quelqu’un pour leur transgression, comme cela arrivait souvent dans les tribunaux païens. Le tribunal ecclésial, à l’époque où la tradition judéo-chrétienne prédominait dans l’Église, aurait certainement examiné les mêmes affaires selon les normes de la Torah, et le jugement d’un tel tribunal aurait pu différer sensiblement de celui d’un tribunal civil. Mais la question n’était pas seulement là.
L’apôtre dit directement : pourquoi donc vous faites-vous des procès ? Ne vaut-il pas mieux laisser les choses en l’état, puisque vous vous considérez comme frères ? En réalité, « revendiquer ses droits » et se poursuivre les uns les autres n’est possible entre frères que lorsqu’au fond ils ont déjà cessé d’être frères. Et Paul désigne les nombreux procès entre membres de l’Église de Corinthe comme un signe évident du malaise spirituel de la communauté ecclésiale : si, à cet égard, tout avait été normal dans l’Église de Corinthe, il n’y aurait pas eu de procès de ce genre, ou il y en aurait eu très peu, et toutes les affaires auraient été réglées à l’intérieur de la communauté.
Autres réflexions
Pour 1Co 6:1-11
1 Quand l'un de vous a un différend avec un autre, ose-t-il bien aller en justice devant les injustes, et non devant les saints?
2 Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde? Et si c'est par vous que le monde doit être jugé, êtes-vous indignes de prononcer sur des riens?
3 Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? À plus forte raison les choses de cette vie!
4 Et quand vous avez là-dessus des litiges, vous allez prendre pour juges des gens que l'Église méprise!
5 Je le dis à votre honte; ainsi, il n'y a parmi vous aucun homme sage, qui puisse servir d'arbitre entre ses frères!
6 Mais on va en justice frère contre frère, et cela devant des infidèles!
7 De toute façon, certes, c'est déjà pour vous une défaite que d'avoir des procès entre vous. Pourquoi ne pas souffrir plutôt l'injustice? Pourquoi ne pas vous laisser plutôt dépouiller?
8 Mais non, c'est vous qui commettez l'injustice et dépouillez les autres; et ce sont des frères!
9 Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes,
10 ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu.
11 Et cela, vous l'étiez bien, quelques-uns. Mais vous vous êtes lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés par le nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu.
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On peut se demander si l’apôtre Paul craint que l’on lave son linge sale en public. Pourquoi ne peut-on pas plaider devant des incroyants ? Paul dit que...
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On peut se demander si l’apôtre Paul craint que l’on lave son linge sale en public. Pourquoi ne peut-on pas plaider devant des incroyants ? Paul dit que la situation même de querelles entre frères est déjà fondamentalement mauvaise. Mais si deux croyants ont manqué de patience et d’humilité pour régler eux-mêmes leurs conflits, il est plus raisonnable de demander conseil aux membres de leur communauté. Pourquoi ? Seulement parce que c’est honteux ? Cela aussi est important, me semble-t-il : la conduite des chrétiens constitue malgré tout une forme de témoignage sur l’Église. Mais il y a encore un autre aspect, probablement plus important. De quel point de vue la question est-elle examinée ? Qu’est-ce qui vient en premier ? Seul un croyant se donnera pour but d’essayer de voir le problème du point de vue de Dieu. C’est pourquoi Paul appelle les croyants à demander conseil à leurs frères.
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Pour 1Co 6:7
7 De toute façon, certes, c'est déjà pour vous une défaite que d'avoir des procès entre vous. Pourquoi ne pas souffrir plutôt l'injustice? Pourquoi ne pas vous laisser plutôt dépouiller?
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Derrière ces paroles se cache le grand mystère de la justice. Si tu es disciple du Crucifié, il t'est donc propre...
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Derrière ces paroles se cache le grand mystère de la justice. Si tu es disciple du Crucifié, il t'est donc propre, comme à une brebis, d'être conduit à l'abattoir. Et il ne t'est pas du tout propre de défendre tes droits devant quelque tribunal que ce soit. On nous a toujours pris quelque chose, quelqu'un est toujours coupable, quelqu'un nous a toujours offensés. La sagesse des disciples de Jésus consiste en ceci : soit nous tentons nous-mêmes de prendre notre défense, soit nous restons offensés, et Dieu prend notre défense. Et là, hélas, aucun compromis n'est possible lorsque nous nous confions en Dieu tout en cherchant nous aussi un petit peu l'aide des « puissants de ce monde ». On ne peut résister au mal qu'à la manière du Maître : en mourant avec Lui.
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