37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
« Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits... » Seulement un verre d'eau froide... Ce sont des paroles très importantes. Le bien n'a pas de mesure. « Car Dieu ne donne pas l'Esprit avec mesure » (Jn 3:34). Il nous est amer de voir combien le bien que nous faisons est sans commune mesure avec l'ardeur de notre cœur, avec notre soif d'embrasser le monde entier de notre amour et de rendre chacun heureux. Si nous en souffrons trop, il me semble que cette souffrance nous est procurée par l'orgueil, qui en a poussé certains à des crimes terribles dans une situation semblable. Et voici devant nous seulement un verre d'eau froide...
Donner, ou plus exactement donner chaque fois à boire à celui qui a soif, peut avoir pour Dieu une valeur non moindre que tous les traités théologiques apologétiques écrits au cours des 2000 dernières années pris ensemble. Car le bien n'a pas de mesure. Seul le mal en a une.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Bien sûr, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, ce sont surtout les paroles du Christ disant que celui qui aime les siens plus que Dieu n'est pas digne de Dieu qui retiennent l'attention. Premièrement, elles concernent tous sans exception; deuxièmement, on a aussitôt envie de se vérifier à leur lumière. En outre, ces paroles provoquent souvent en nous une protestation assez résolue, parce que nous sommes habitués à considérer la maison comme une forteresse et les proches parents comme le seul entourage sûr et fiable. Et les paroles du Christ nous privent de cette sécurité illusoire et nous appellent à être ouverts au monde. C'est difficile, et c'est pourquoi cela ne plaît pas à l'homme.
Mais il est important de considérer les paroles du Seigneur sur la parenté dans le contexte de tout le passage évangélique, plus précisément de toute la seconde moitié du chapitre 10. Le Seigneur appelle les disciples à confesser sans crainte leur foi devant les hommes. Ensuite, il dit que, dans les relations propres à ce monde dans son état déchu, la foi des disciples rencontrera inévitablement une résistance. Cela concerne les relations non seulement avec les autorités, mais avec les hommes en général; et c'est justement cette résistance qui explique en grande partie pourquoi le chemin de la suite du Christ est un chemin de croix. Et cette parole du Christ se termine par l'appel adressé aux disciples à construire leurs relations avec les hommes non selon les mesures de ce monde, mais à s'accueillir les uns les autres à cause de Dieu.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
Dans le passage de l'Évangile selon Matthieu que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur dit deux choses importantes pour notre compréhension de la sainteté. Premièrement, le disciple du Christ est celui pour qui le Seigneur Lui-même et la confession de Son nom comptent plus que tout dans la vie ; celui qui est prêt à tout perdre, jusqu'à son âme, c'est-à-dire sa vie, pour le Christ. Ni les œuvres, ni les accomplissements spirituels ou autres, rien ne fait d'un être humain un disciple du Christ—sinon la concentration de toute sa vie autour d'un seul centre, de « l'unique nécessaire » : le Christ.
Les derniers versets du chapitre 10 ne sont pas moins importants : le Seigneur dit en quoi s'exprime la sainteté de Ses disciples. C'est la capacité d'accueillir les autres et de leur faire du bien. L'ampleur des bienfaits n'a absolument aucune importance—même si tu ne peux rien faire d'autre que donner une coupe d'eau fraîche à celui qui a soif, tu ne perdras pas ta récompense. La sainteté des disciples du Christ s'exprime précisément dans leur attitude envers les autres ; tout le reste est hors sujet.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
Il ressort palpablement de ces mots qu’il ne faut pas aimer qui que ce soit plus que Dieu. Cela Veut-il dire que nous devons aimer Dieu plus que les Hommes ? Non pas du tout! Cela veut tout simplement dire que nous devons arrêter d’apercevoir l’amour comme quelque chose dont on puisse en parler en termes de « plus– moins ». Qui j’aime réellement le plus : ma mère, ma femme ou ma fille? Question absurde, je les aime tous mais différemment. Voici une autre question : Qui est ce que le Père céleste aime plus - Son Fils Unique ou moi ? Son Fils ? Mais comment il L’a alors envoyé à la souffrance et a la mort pour mon salut.
Tant que nous utiliserons la logique « plus-moins », nous comprendrons l’amour comme une émotion, un sentiment qui peut en effet être fort ou faible. Cependant l’amour n’est pas une émotion, mais plutôt une relation interpersonnelle, et c’est pourquoi toutes ces relations diffèrent et sont incomparables entre elles ; Comme «doux » et « verdoyant ». Lorsque nous abdiquons cette logique de comparaison, nous nous rapprochons de la manière dont Dieu aime ; nous possédons Sa méthode d’aimer au fond de notre amour pour qui que ce soit. Et alors l’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain s’avèrent deux faces d’une seule et même médaille.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
Peut-on considérer la vie humaine comme une valeur absolue? Cette question découle de la phrase que nous venons de lire, si nous tenons compte du fait que, dans la bouche de Jésus, le mot «âme» ne désigne pas une composante immatérielle de notre personnalité, mais au contraire une vie pleinement corporelle.
Combien souvent nous pensons que la vie en elle-même est le plus grand bien, et que la mort est une perte irréparable et terrible. Par peur de la mort, nous sommes prêts à tout pour préserver notre vie. Et, une fois encore, Jésus renverse toutes nos représentations: seule a de la valeur une vie remplie d'amour et de don de soi; une telle vie, même interrompue par la mort, ne cesse pas.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
Peut-on considérer la vie humaine comme une valeur absolue ? Cette question résulte de la phrase lue si nous prenons en considération que le mot « âme » (dans certaines traductions on utilise le synonyme « vie ») sortant de la bouche de Jésus ne signifie pas une certaine composante immatérielle de notre personnalité, mais au contraire signifie une vie entièrement matérielle. Nous pensons le plus souvent que la vie en elle-même est un bien prodigieux et que la mort est une perte horrible et irrémédiable. Ayant peur de la mort, nous sommes prêts à tout pour conserver notre vie. Jésus culbute de nouveau toutes nos imaginations : Ce n’est qu’une vie pleine d’amour et d’abnégation qui a de la valeur, une telle vie même si interrompue par la mort ne cesse point de vivre.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Parfois les paroles de Jésus paraissent trop dures. Que veut-il dire, en effet, lorsqu'il dit qu'on ne peut aimer son père ou sa mère plus que lui? Puis vient l'explication: celui qui veut garder sa vie, son « âme », la perdra, et celui qui la donne à cause du Christ la gardera.
À première vue, on peut croire qu'il s'agit d'une sorte d'au-delà, du paradis qui attend les martyrs. Mais en réalité il s'agit ici encore du Royaume. Du Royaume qui n'est pas quelque part « dans les cieux » ni plus tard, mais ici et maintenant. Et il ne s'agit pas d'une autre vie, qui attendrait les fidèles dans une autre dimension, mais de cette vie même à laquelle chaque chrétien peut et doit, s'il est réellement chrétien, participer déjà ici et maintenant.
Mais pour que la participation à la vie du Royaume devienne possible, il faut renoncer à sa vie. Non parce qu'elle est une vie, mais parce qu'elle est la sienne. Et sienne non au sens où elle est unique et irrépétable, donnée par Dieu à moi et à personne d'autre, de sorte que personne d'autre que moi ne pourra en répondre devant Dieu; mais au sens où elle n'appartient qu'à moi seul, cette vie dans laquelle je ne laisserai entrer personne et que je ne partagerai avec personne, craignant de perdre ne serait-ce qu'une petite parcelle de ma vie si précieuse. Un tel désir de retenir sa vie séparée de tout le reste du monde de Dieu et du Royaume finit inévitablement par se retourner en catastrophe: toutes les tentatives de préserver le peu qui nous reste, dans le monde déchu, de la plénitude de la vie autrefois donnée par Dieu se terminent par la perte même de ce peu. Ce n'est qu'en renonçant à une telle auto-isolation spirituelle et, pour parler la langue des philosophes modernes, existentielle, que nous pouvons recevoir cette plénitude de la vie du Royaume que le Sauveur nous a préparée.
Mais alors il faudra renoncer au petit pour l'infini, à la limitation pour la plénitude. Et pas seulement en ce qui concerne sa propre vie, mais aussi en ce qui concerne les relations avec les autres, même les plus proches. Car les relations avec eux doivent elles aussi cesser d'être une partie de notre petit monde isolé pour devenir une partie du Royaume. Alors il n'y aura plus ces pertes irréversibles auxquelles ce petit monde nous condamne. Car la vie du Royaume est, selon la parole du Sauveur, une « vie en abondance ». Elle est donnée à chacun de ceux qui entrent dans le Royaume. Et celui qui y entre y apporte toutes les relations qui le lient à ses proches. Des relations qui deviennent elles aussi une partie du Royaume.
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Ce n’est pas la paix, mais l’épée que le Christ apporte au milieu des hommes. Pendant des siècles, beaucoup ont tenté de justifier par ces paroles leur propre esprit belliqueux. Il est vrai qu’en même temps ces pseudo-guerriers ne voulaient pas remarquer que le mot épée n’est pas ici synonyme du mot guerre. (Car le Christ n’a pas dit : « ce n’est pas la paix que J’ai apportée, mais la guerre ».) N’oublions pas que l’épée (dans la traduction slavonne, le couteau) n’est pas seulement un instrument de meurtre, mais aussi un outil qui coupe. Par cette épée sont coupés les liens entre des proches si, sur les questions spirituelles les plus importantes, ils ne peuvent ni trouver un accord ni parvenir à la tolérance religieuse. Mais le choix qui tranche les anciens liens est souvent inévitable lorsque ces liens anciens ne tirent pas seulement vers d’anciennes connaissances et relations familiales, mais vers les péchés d’autrefois.
Il ne s’ensuit pas que les chrétiens doivent commencer une hostilité. Non, nous sommes appelés à porter l’amour dans le monde qui nous entoure. Mais telle est la réalité : il n’est pas toujours facile, pour ceux qui nous entourent, de comprendre ceux à qui la foi a ouvert une autre vie. C’est pourquoi la rupture survient souvent sans être à l’initiative des chrétiens.
Beaucoup de ceux qui lisent l’Évangile ont du mal à recevoir les paroles selon lesquelles celui qui aime ses proches plus que le Christ n’est pas digne de Lui. On croit y voir du despotisme, la négation de tous les liens humains naturels... Heureusement, nous avons affaire ici à ce paradoxe de l’Évangile qui nous révèle la profondeur de l’amour du Christ pour nous. Car notre amour « naturel » pour ceux qui nous sont chers est, reconnaissons-le, imparfait. Mais en plaçant le Christ au centre de notre cœur, nous pouvons recevoir de Lui les ressources d’un amour si fort pour nos proches que nous ne pourrions jamais le leur offrir en les mettant à la première place.
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Les paroles de Jésus sont très difficiles pour nous. Nous aimerions que ce soit plus simple... Tout est-il vraiment si radical? Ses manières d'ordonner le monde sont-elles réellement incompatibles avec les nôtres, et le suivre exige-t-il nécessairement que nous renoncions à ce qui nous paraît juste? Sur le chemin de l'unité, devons-nous vraiment passer par les divisions; sur le chemin de l'amour, par l'hostilité; sur le chemin de la gloire, par la croix; sur le chemin de la vraie vie, par la mort?
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Vivre sur la terre fait déjà peur, et si l'on applique à soi-même les paroles du Christ adressées aux apôtres, on se sent vraiment mal à l'aise. Voilà pourquoi, dans cet enseignement, les mots « n'ayez pas peur » reviennent si souvent et avec tant de sérieux. La peur est l'une des expériences les plus fortes de l'homme, ce qui signifie qu'on ne peut la surmonter que par quelque chose d'encore plus fort. Le Seigneur indique à ses disciples ces « remèdes puissants » : ce sont la confiance et, aussi étrange que cela paraisse, la crainte.
La confiance dont il est question n'est pas seulement la foi que « Dieu aidera toujours », mais une certitude très profonde, fondamentale, que tout est entre ses mains, depuis les petits oiseaux vendus au marché pour quelques pièces de cuivre jusqu'à chaque vie et chaque mort humaines. Et le second remède est la crainte de Dieu : non la peur du châtiment, ni même la peur du péché, mais précisément la « crainte » devant Dieu, la vénération et l'émerveillement qui rendent Dieu pour nous infiniment plus réel et plus important que toutes les autres peurs.
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Aujourd'hui le Seigneur parle à ses disciples des détresses et des épreuves à venir. Ce qui les attend : la trahison, le rejet, l'exil, le martyre. À quoi donc les appelle-t-Il (et nous appelle-t-Il) en cette heure difficile ? Dans de telles situations, le monde a besoin de l'intervention de Dieu Lui-même, et Jésus appelle Ses disciples à devenir les instruments de cette intervention. Que par eux les rois et les puissants entendent la parole du salut, que par eux ceux qui souffrent reçoivent consolation et encouragement. Eux-mêmes ne manqueront de rien — le Père céleste Lui-même prendra soin d'eux. Il leur faut seulement apprendre à Lui faire confiance. Alors leur lien avec le Ciel deviendra plus solide que tous les liens terrestres ; Dieu sera pour eux une réalité plus grande que la famille, les biens, que la vie elle-même.
Face aux épreuves, le Seigneur nous appelle à nous remettre entièrement à Sa volonté et à devenir Sa présence guérissante sur la terre.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: |
3 " Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " |
4 Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! " |
7 Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. |
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
Aujourd’hui, le Seigneur parle de la prophétie de l’Ancien Testament : tous les récits, prophéties et promesses concernant le Royaume de Dieu allaient jusqu’à Jean ; désormais commence le temps de leur accomplissement. Désormais, le Royaume est réel dans le Christ, accessible à tout croyant en Lui et à tout homme qui Le suit.
Ses disciples étonnés avaient l’habitude de parler du Royaume comme de quelque chose d’attendu, de quelque chose qui n’existe pas encore. Aussi étrange que cela soit, nous aussi parlons souvent du Royaume des Cieux, de la vie avec Dieu, comme d’une certaine réalité posthume, ou comme de ce qui doit se révéler dans le siècle à venir, après la Seconde Venue. Or le Christ dit que le Royaume est déjà ouvert, et que ceux qui sont prêts à faire certains efforts peuvent y entrer.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: |
3 " Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " |
4 Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! " |
7 Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. |
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " |
La lecture d'aujourd'hui nous dit beaucoup de choses sur la sagesse au sens où Jésus l'entend. Elle commence par un épisode décrivant l'étrange perplexité, à première vue, de Jean le Baptiste au sujet du ministère du Sauveur (v. 2-6). En effet, la question a été posée précisément par celui qui, le premier, avait désigné Jésus comme le Messie-Christ (Mt 3:13-17). Et pour Jésus lui-même, cet épisode est devenu l'occasion de paroles amères sur la sagesse humaine. Le problème n'est pas la limitation de la raison humaine : en soi, cette limitation n'a rien de terrible, car Dieu n'a pas conçu l'homme omniscient dès le commencement. Le problème est de savoir comment et dans quel but l'homme utilise la raison que Dieu lui a donnée. Or l'homme déchu, semble-t-il, l'utilise le plus souvent pour se justifier et s'affirmer lui-même.
Les auteurs de l'Ancien Testament voient la sagesse comme l'art de construire des relations avec Dieu et avec les hommes, comme la science d'une vie juste ; mais il arrivait souvent qu'elle dégénère en une sorte de jeux intellectuels servant uniquement au divertissement et, en ce sens, guère différents des jeux d'enfants (v. 16-17). Le pire était que ces jeux, pris avec tout le sérieux possible, ont masqué aux « sages », au moment critique, la Vérité vivante venue dans le monde ; ils leur ont masqué le Royaume.
Quel Messie les Juifs croyants attendaient-ils en ce temps-là ? Les conceptions théologiques messianiques étaient nombreuses, mais il s'est trouvé que le Messie réel n'entrait pleinement dans aucune d'elles. Sans doute même Jean le Baptiste attendait-il autre chose du Messie-Christ qu'il avait reconnu.
Du reste, il est impossible de satisfaire ceux pour qui leurs théories valent plus que la vérité : s'il jeûne, c'est qu'il est possédé ; s'il ne jeûne pas, c'est un glouton, un ivrogne, un pécheur (v. 18-19)... Ici, une seule chose compte : celui qu'on juge correspond-il aux critères du « nôtre », entre-t-il dans le cadre de la conception ou non ? Sinon, on peut toujours trouver des justifications pour le déclarer « incorrect », pécheur, transgresseur de la Torah et serviteur de Satan. Et les partisans de la théorie « correcte » sauront toujours fonder sa « correction » (v. 19). Seulement, au Jugement, ces « théoriciens » auront ensuite plus de peine que ceux qui ont simplement péché sans aucune théorie (v. 20-24). Ce qui, au fond, n'a rien d'étonnant : le sage qui a employé sa sagesse pour le mal porte une responsabilité plus grande que celui qui ne prétend à aucune sagesse.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: |
3 " Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " |
4 Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! " |
7 Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. |
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " |
En parlant de la réalisation du Royaume de Dieu, l’évangéliste souligne clairement le rôle central du Christ Lui-même. Il se révèle être le contenu principal de la prédication du Baptiste — car c’est précisément pour cela que les gens venaient à lui de tout le pays, et non pour regarder le vent agiter un roseau dans le désert ! Il est au centre de la prédication dans les villes de Galilée : avec Sa venue, Capharnaüm « s’élève jusqu’au ciel », mais, refusant d’écouter Sa prédication, elle est « précipitée jusque dans l’enfer ». Enfin, Il concentre en Lui la loi divine et la volonté divine. Cela ressort du vocabulaire des derniers versets de ce chapitre. Les personnes pieuses qui prenaient sur elles le « fardeau » d’accomplir tous les commandements de la Loi se disaient « fatiguées et chargées ». Il ne s’agit donc nullement ici de la classe ouvrière qui, après le travail, va à l’église pour apaiser son âme par le culte. Jésus, quant à Lui, appelle les disciples à Le prendre Lui-même sur eux comme un « fardeau », à vivre par Lui et à servir Dieu par Lui, car, contrairement aux commandements fixes et immuables du Pentateuque, Son « fardeau » est aisé et léger : Il sait adopter une approche personnelle envers chacun, et il y a en outre la fidélité, l’amour et le pardon.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Parfois les paroles de Jésus paraissent trop dures. Que veut-il dire, en effet, lorsqu'il dit qu'on ne peut aimer son père ou sa mère plus que lui? Puis vient l'explication: celui qui veut garder sa vie, son « âme », la perdra, et celui qui la donne à cause du Christ la gardera.
À première vue, on peut croire qu'il s'agit d'une sorte d'au-delà, du paradis qui attend les martyrs. Mais en réalité il s'agit ici encore du Royaume. Du Royaume qui n'est pas quelque part « dans les cieux » ni plus tard, mais ici et maintenant. Et il ne s'agit pas d'une autre vie, qui attendrait les fidèles dans une autre dimension, mais de cette vie même à laquelle chaque chrétien peut et doit, s'il est réellement chrétien, participer déjà ici et maintenant.
Mais pour que la participation à la vie du Royaume devienne possible, il faut renoncer à sa vie. Non parce qu'elle est une vie, mais parce qu'elle est la sienne. Et sienne non au sens où elle est unique et irrépétable, donnée par Dieu à moi et à personne d'autre, de sorte que personne d'autre que moi ne pourra en répondre devant Dieu; mais au sens où elle n'appartient qu'à moi seul, cette vie dans laquelle je ne laisserai entrer personne et que je ne partagerai avec personne, craignant de perdre ne serait-ce qu'une petite parcelle de ma vie si précieuse. Un tel désir de retenir sa vie séparée de tout le reste du monde de Dieu et du Royaume finit inévitablement par se retourner en catastrophe: toutes les tentatives de préserver le peu qui nous reste, dans le monde déchu, de la plénitude de la vie autrefois donnée par Dieu se terminent par la perte même de ce peu. Ce n'est qu'en renonçant à une telle auto-isolation spirituelle et, pour parler la langue des philosophes modernes, existentielle, que nous pouvons recevoir cette plénitude de la vie du Royaume que le Sauveur nous a préparée.
Mais alors il faudra renoncer au petit pour l'infini, à la limitation pour la plénitude. Et pas seulement en ce qui concerne sa propre vie, mais aussi en ce qui concerne les relations avec les autres, même les plus proches. Car les relations avec eux doivent elles aussi cesser d'être une partie de notre petit monde isolé pour devenir une partie du Royaume. Alors il n'y aura plus ces pertes irréversibles auxquelles ce petit monde nous condamne. Car la vie du Royaume est, selon la parole du Sauveur, une « vie en abondance ». Elle est donnée à chacun de ceux qui entrent dans le Royaume. Et celui qui y entre y apporte toutes les relations qui le lient à ses proches. Des relations qui deviennent elles aussi une partie du Royaume.
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Ce n’est pas la paix, mais l’épée que le Christ apporte au milieu des hommes. Pendant des siècles, beaucoup ont tenté de justifier par ces paroles leur propre esprit belliqueux. Il est vrai qu’en même temps ces pseudo-guerriers ne voulaient pas remarquer que le mot épée n’est pas ici synonyme du mot guerre. (Car le Christ n’a pas dit : « ce n’est pas la paix que J’ai apportée, mais la guerre ».) N’oublions pas que l’épée (dans la traduction slavonne, le couteau) n’est pas seulement un instrument de meurtre, mais aussi un outil qui coupe. Par cette épée sont coupés les liens entre des proches si, sur les questions spirituelles les plus importantes, ils ne peuvent ni trouver un accord ni parvenir à la tolérance religieuse. Mais le choix qui tranche les anciens liens est souvent inévitable lorsque ces liens anciens ne tirent pas seulement vers d’anciennes connaissances et relations familiales, mais vers les péchés d’autrefois.
Il ne s’ensuit pas que les chrétiens doivent commencer une hostilité. Non, nous sommes appelés à porter l’amour dans le monde qui nous entoure. Mais telle est la réalité : il n’est pas toujours facile, pour ceux qui nous entourent, de comprendre ceux à qui la foi a ouvert une autre vie. C’est pourquoi la rupture survient souvent sans être à l’initiative des chrétiens.
Beaucoup de ceux qui lisent l’Évangile ont du mal à recevoir les paroles selon lesquelles celui qui aime ses proches plus que le Christ n’est pas digne de Lui. On croit y voir du despotisme, la négation de tous les liens humains naturels... Heureusement, nous avons affaire ici à ce paradoxe de l’Évangile qui nous révèle la profondeur de l’amour du Christ pour nous. Car notre amour « naturel » pour ceux qui nous sont chers est, reconnaissons-le, imparfait. Mais en plaçant le Christ au centre de notre cœur, nous pouvons recevoir de Lui les ressources d’un amour si fort pour nos proches que nous ne pourrions jamais le leur offrir en les mettant à la première place.
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Les paroles de Jésus sont très difficiles pour nous. Nous aimerions que ce soit plus simple... Tout est-il vraiment si radical? Ses manières d'ordonner le monde sont-elles réellement incompatibles avec les nôtres, et le suivre exige-t-il nécessairement que nous renoncions à ce qui nous paraît juste? Sur le chemin de l'unité, devons-nous vraiment passer par les divisions; sur le chemin de l'amour, par l'hostilité; sur le chemin de la gloire, par la croix; sur le chemin de la vraie vie, par la mort?
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