2 Elle court alors et vint trouver Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis. " |
3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. |
4 Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. |
5 Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre; pourtant il n'entra pas. |
6 Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait; il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre, |
7 ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. |
8 Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. |
On considère que le disciple du Christ dont l'Évangile dit que « Jésus l'aimait » est l'apôtre Jean. Ces paroles suscitent chez beaucoup de la perplexité : comment cela, Jésus n'aime-t-Il pas tous les hommes de la même manière, n'est-ce pas pour chacun de nous qu'Il est mort sur la Croix et ressuscité ?
Bien sûr, pour chacun ; bien sûr, Son amour ne peut pas du tout être comparé. Il n'aime pas quelqu'un plus et quelqu'un moins, mais Il n'aime pas non plus tout le monde de façon identique. Il aime chacun séparément, chacun comme une personne indépendante qu'Il a créée, à qui Il a donné un nom, pour qui Il a souffert et est mort, qu'Il a pardonnée, à qui Il a donné la vie éternelle. Mais nous, nous pouvons aimer plus ou moins. Sans doute l'apôtre Jean aimait-il lui-même davantage, aimait-il Jésus plus que tous. Et celui qui aime davantage peut recevoir et contenir davantage d'amour. Le Christ donne à chacun autant d'amour que l'homme peut en supporter, car il y a parfois dans notre âme des coins si sombres qu'ils ne peuvent tout simplement pas coexister avec l'amour, et le Seigneur ne veut pas nous faire violence.
C'est pourquoi Jean n'a besoin d'aucune preuve ni assurance : son immense amour pour le Maître lui donne l'espérance de la Résurrection du Christ, bien qu'il n'ait très probablement pas compris, comme les autres apôtres, les prophéties sur la mort et la résurrection. Et ce même immense amour lui donne une telle foi qu'il lui suffit de voir « les linges posés là, et le linge qui avait été sur Sa tête, non pas posé avec les linges, mais roulé à part dans un autre lieu », pour savoir que le Seigneur est ressuscité. L'Évangile ne nous dit même pas précisément à quoi le disciple crut, parce qu'il parle tout entier de la foi en la Résurrection.
1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. |
2 Elle court alors et vint trouver Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis. " |
3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. |
4 Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. |
5 Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre; pourtant il n'entra pas. |
6 Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait; il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre, |
7 ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. |
8 Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. |
9 En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Écriture, il devait ressusciter d'entre les morts. |
10 Les disciples s'en retournèrent alors chez eux. |
11 Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l'intérieur du tombeau |
12 et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds. |
13 Ceux-ci lui disent : " Femme, pourquoi pleures-tu ? " Elle leur dit : " Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. " |
14 Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. |
15 Jésus lui dit : " Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? " Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : " Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je l'enlèverai. " |
16 Jésus lui dit : " Marie ! " Se retournant, elle lui dit en hébreu : " Rabbouni ! " - ce qui veut dire : " Maître ". |
17 Jésus lui dit : " Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. " |
18 Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et qu'il lui a dit cela. |
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
À la lecture des récits de la Résurrection, il devient évident que, malgré tout ce que Jésus leur avait dit pendant Son ministère terrestre, les apôtres n'étaient absolument pas prêts à rencontrer le Ressuscité. Ce n'est pas un hasard si Jean mentionne les vêtements funéraires, les « linges », qui ont amené pour la première fois les apôtres à penser qu'il se passait quelque chose d'inhabituel (v. 1–9). En effet, selon la coutume juive, le corps était enveloppé dans le linceul si étroitement qu'il était pratiquement impossible de le dérouler sans endommager le tissu. Or les apôtres ont vu ce linceul non seulement intact mais, apparemment, même sans qu'il ait été dérangé, si bien que le linge dont on entourait habituellement la tête du défunt, le « suaire » du v. 7, était resté posé à part, sans doute à l'endroit où se trouvait la tête du Sauveur avant la Résurrection. Il était impossible d'expliquer ce qui s'était produit autrement que par un miracle. Mais les apôtres ne se représentaient apparemment pas encore très bien ce qui avait précisément eu lieu.
Bien sûr, Marie Madeleine avait vu Jésus ressuscité dans le jardin et l'avait aussitôt annoncé aux apôtres (v. 11–18), mais son témoignage ne leur avait probablement pas suffi. La véritable rencontre eut lieu le soir du même jour (v. 19–23), et les apôtres purent enfin se convaincre que leur Maître était réellement vivant. Ce n'est pas un hasard si Jésus leur permet de regarder Ses mains, Ses pieds et Ses côtes (v. 20). Les traces des blessures devaient convaincre les apôtres qu'ils n'avaient devant eux ni un fantôme ni une ombre sortie du tombeau, comme ils auraient pu le penser en apprenant de Marie Madeleine que le Ressuscité ne lui avait pas permis de Le toucher (v. 17). Cela était extrêmement important, car il ne s'agissait pas seulement de la Personne du Ressuscité, mais aussi de la nature du Royaume. Si celui-ci ne différait en rien du monde des ombres et des esprits, son influence sur le monde ne serait pas plus forte que la leur. Les ombres et les esprits peuvent parfois manifester leur présence, mais ils sont incapables d'influer sérieusement sur l'ordre existant, et moins encore de le changer radicalement comme le monde change lorsqu'il devient une partie du Royaume.
Mais, malgré toute son objectivité et sa réalité tangible, le Royaume diffère apparemment de manière essentielle, sous certains aspects, de notre monde qui n'est pas encore transfiguré. Ce n'est pas un hasard si le Seigneur place tout de même le désir de Thomas de toucher de ses propres mains les blessures de Jésus au-dessous de la confiance accordée au témoignage (v. 24–29). Car l'essentiel dans le Royaume est déterminé par la confiance : confiance en Dieu, confiance en Jésus, confiance les uns envers les autres. Elle est le fondement de tout. Sans elle, il n'y a pas de Royaume. Et elle ne peut dépendre de la possibilité de toucher de ses mains ce en quoi l'on croit ou celui en qui l'on a confiance. Non pas parce que cela est interdit, mais parce que l'essentiel dans le Royaume ne peut être touché avec les mains. On ne peut le toucher qu'avec le cœur. Et tous ceux qui veulent vivre la vie du Royaume doivent y être prêts.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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