Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Jb 41:3-26

Qui donc l'a affronté sans en pâtir? Personne sous tous les cieux!
Je parlerai aussi de ses membres, je dirai sa force incomparable.
Qui a découvert par devant sa tunique, pénétré dans sa double cuirasse?
Qui a ouvert les battants de sa gueule? La terreur règne autour de ses dents!
Son dos, ce sont des rangées de boucliers, que ferme un sceau de pierre.
Ils se touchent de si près qu'un souffle ne peut s'y infiltrer.
Ils adhèrent l'un à l'autre et font un bloc sans fissure.
10  Son éternuement projette de la lumière, ses yeux ressemblent aux paupières de l'aurore.
11  De sa gueule jaillissent des torches, il s'en échappe des étincelles de feu.
12  Ses naseaux crachent de la fumée, comme un chaudron qui bout sur le feu.
13  Son souffle allumerait des charbons, une flamme sort de sa gueule.
14  Sur son cou est campée la force, et devant lui bondit la violence.
15  Les fanons de sa chair sont soudés ensemble ils adhèrent à elle, inébranlables.
16  Son coeur est dur comme le roc, résistant comme la meule de dessous.
17  Quand il se dresse, les flots prennent peur et les vagues de la mer se retirent.
18  L'épée l'atteint sans se fixer, de même lance, javeline ou dard.
19  Pour lui, le fer n'est que paille, et l'airain, du bois pourri.
20  Les traits de l'arc ne le font pas fuir il reçoit comme un fétu les pierres de fronde.
21  La massue lui semble un fétu, il se rit du javelot qui vibre.
22  Il a sous lui des tessons aigus, comme une herse il passe sur la vase.
23  Il fait bouillonner le gouffre comme une chaudière, il change la mer en brûle-parfums.
24  Il laisse derrière lui un sillage lumineux, l'abîme semble couvert d'une toison blanche.
25  Sur terre, il n'a point son pareil, il a été fait intrépide.
26  Il regarde en face les plus hautains, il est roi sur tous les fils de l'orgueil.
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En achevant Sa parole à Job, Dieu lui montre le Léviathan (v. 1 – 34). Une telle indication n’est pas fortuite, car l’image du Léviathan, quelle qu’en soit l’origine, était déjà devenue, à l’époque où le Livre de Job fut écrit, le symbole de la force qui s’oppose à Dieu, même si, bien sûr, le Léviathan était une créature de Dieu comme tout le reste du monde. Et ce n’est évidemment pas par hasard que Dieu place Job devant le Léviathan comme Il l’avait placé auparavant devant l’hippopotame (Jb. 40 : 15 – 24). Si l’hippopotame était le symbole d’une nature complètement indifférente à l’homme, le Léviathan était le symbole des forces obscures qui s’opposent à l’homme. Dieu dit en quelque sorte à Job : tu voulais t’appuyer sur ta justice en exigeant quelque chose de Moi ; mais ce n’est pas Moi qui m’oppose à toi, Je suis de ton côté. Voici ton véritable ennemi ; regarde si tu peux lui résister. Ta justice t’aidera-t-elle (v. 1 – 9) ? Un tel retournement du thème n’était pas fortuit : Job exigeait réellement le triomphe immédiat de la justice, accusant Dieu de laisser faire les forces du mal, de regarder avec indifférence les souffrances du juste et le triomphe de l’impie. Job opposait en quelque sorte sa justice à cette indifférence.

Et maintenant Dieu lui a montré de manière visible ce que vaut la justice de l’homme face au mal du monde, si elle reste sans l’aide et le soutien de Celui qui est Lui-même la source de toute justice. Mais cette vision avait aussi un second sens, plus profond. Dieu dit directement à Job que Lui seul peut venir à bout du Léviathan, qui incarne les forces du mal (v. 11). Et celui qui ne peut venir à bout du Léviathan n’ose pas Lui lancer un défi (v. 10). L’homme se trouve placé devant un choix entre Dieu et le Léviathan, et s’il n’est pas du côté de Dieu, cela signifie qu’il soutient, volontairement ou non, ceux qui s’opposent à Dieu. Le juste ne peut pas devenir l’adversaire de Dieu ; la nature même de la justice, son origine, ne le permet pas. Certes, le triomphe de Dieu sur le Léviathan ne vient pas aussitôt. La lutte de Dieu contre ceux qui s’opposent à Lui ne s’achèvera qu’à la fin des temps ; la rétribution du Léviathan, manifestement, est encore à venir (v. 10). Et alors chacun recevra sa récompense. Il semblerait qu’une telle perspective ne vaille pas mieux que celle dont parlaient à Job ses amis, en lui indiquant que le temps de la récompense du juste et du châtiment du pécheur viendrait encore.

Mais là, il s’agissait d’une perspective humaine, tandis qu’ici il s’agit de la perspective de la providence de Dieu. Et la question n’est pas seulement celle de l’échelle. Elle tient aussi au fait que le temps est passager, tandis que l’éternité de Dieu ne l’est pas. C’est pourquoi, dans l’éternité de Dieu, toute vie trouve sa place, même celle qui, selon les mesures de ce monde, semblait avoir complètement échoué. La récompense du juste dans l’éternité de Dieu ne consiste pas à recevoir de Dieu une compensation quelconque pour les souffrances endurées, mais dans le renouvellement de toute sa vie, y compris de cette partie qui semblait perdue sans retour. Dieu n’esquive pas les questions de Job ; Il lui fait simplement comprendre que la réponse aux questions qu’il pose ne peut être trouvée que dans le Royaume. Et Job croit Dieu, qui lui parle face à face.

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