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RÉFLEXIONS pour Mc 15:16-47

16 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! "
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. "
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche
28 
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! "
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! "
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! "
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis.
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Dans le récit évangélique de la crucifixion du Sauveur, la description du triomphe que vivent tous ceux qui haïssaient Jésus pendant Sa vie terrestre fait une impression particulière. Et à ceux qui L'aimaient, il ne reste qu'à s'affliger et pleurer. Bien sûr, c'est un triomphe apparent; il ne fait que faire ressortir plus vivement ce qui arrivera très bientôt, trois jours plus tard, lorsque tout reprendra sa place. Mais ces trois jours doivent encore passer, il faut les vivre, et pourtant personne, pas même parmi les disciples les plus proches de Jésus, n'attendait la Résurrection. Ces jours étaient d'autant plus lourds que le triomphe des forces du mal n'était pas une convention ni une mise en scène; il était aussi réel que la mort même de Jésus sur la croix. Au fond, ici, au pied de la croix, deux réalités, deux mondes, se sont touchés: le grand monde de Dieu et le petit monde limité de ceux qui s'opposent à Dieu, séparé de lui. Mais pour ceux qui se trouvent dans ce petit monde, il paraît toujours être la seule réalité. Et dans cette réalité, c'est précisément le mal qui triomphe, et il triomphe aussi réellement que ce petit monde lui-même est réel. Physiquement, le grand monde de Dieu et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu peuvent se trouver dans le même espace et dans le même temps; ceux qui leur appartiennent peuvent se voir et se parler. Mais spirituellement, ce sont deux mondes différents, et au jour du Jugement dernier, la différence entre eux, auparavant visible seulement à quelques-uns, devient évidente pour chacun: le grand monde de Dieu devient ce Royaume dont parle Jésus, et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu devient les ténèbres extérieures de la parabole évangélique. Dans les ténèbres extérieures triomphe la mort; dans le Royaume, la vie. Et la victoire des ténèbres, qui paraît si réelle dans le petit monde, se révèle être leur véritable et totale défaite dans le grand monde de Dieu au jour de la Résurrection. Quant au monde dans lequel vivre, chacun le décide pour lui-même, comme l'ont décidé ceux qui, le jour de la mort du Sauveur, se tenaient au pied de la croix.

Autres réflexions

 
Pour Mc 15:16-47
16 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! "
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. "
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche
28 
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! "
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! "
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! "
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis.
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La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence des souffrances, du mal, alors que ce sont toujours les personnes les plus pures et les plus innocentes qui souffrent? Aujourd'hui nous est un peu dévoilée la manière dont Dieu se rapporte au mal dans le monde. Nous lisons comment le Seigneur Lui-même traverse le coeur même de la souffrance humaine. Il descend des cieux pour partager avec l'homme toute la noirceur, toute l'horreur de sa solitude et de sa douleur. Jésus est abandonné par Ses disciples, Il passe par les moqueries des soldats, la marche infamante vers le lieu d'exécution, la crucifixion douloureuse sur la croix. Pour boire jusqu'au bout toute l'amertume des tourments humains, Il refuse de boire le vin mêlé de myrrhe qui atténue la douleur.

Le Roi de toute la terre, le Fils de Dieu, est «compté parmi les malfaiteurs». Il ne descend pas de la croix, afin de traverser ce qu'il y a de plus terrible: «Mon Dieu! pourquoi M'as-Tu abandonné?»; afin de traverser les ténèbres de l'abandon de Dieu propres à l'humanité déchue. Après cela, Lui, comme chacun de nous, plonge dans le froid de la mort. Le voile du temple, qui séparait Dieu des hommes, s'est déchiré: le Fils de Dieu a parcouru jusqu'au bout le chemin humain. Les quelques disciples restés près de Lui L'ensevelissent comme n'importe lequel des mortels.

Telle est la réponse de Dieu à l'existence des souffrances sur la terre. Il ne fait pas que compatir: Il souffre pleinement avec nous, Il souffre avec nous et pour nous.

Ici se trouve aussi notre réponse: les chrétiens, chacun à sa mesure, participant aux souffrances du Christ, compatissent au monde, participant ainsi au sacrifice rédempteur du Christ, et par là aussi à Sa Résurrection.

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Pour Mc 15:16-39
16 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! "
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. "
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche
28 
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! "
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! "
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! "
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
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La mort du Christ sur la croix paraît à beaucoup une énigme. Elle est en effet mystérieuse, et si aujourd'hui elle ne nous semble plus telle, c'est seulement parce que les récits évangéliques nous sont devenus familiers. Si familiers que nous ne réfléchissons plus à leur mystère et percevons tout ce qui y est décrit comme...  Lire la suite

La mort du Christ sur la croix paraît à beaucoup une énigme. Elle est en effet mystérieuse, et si aujourd'hui elle ne nous semble plus telle, c'est seulement parce que les récits évangéliques nous sont devenus familiers. Si familiers que nous ne réfléchissons plus à leur mystère et percevons tout ce qui y est décrit comme connu de tous et allant de soi. En réalité, la mort de Jésus est un événement absolument incroyable. Non pas la mort sur la croix: là, tout s'explique justement par la péché de l'humanité déchue; mais le fait que la mort soit devenue pour lui une réalité.

Il ne s'agit même pas du fait qu'il est le Dieu-homme: la plénitude divine en lui pouvait se cacher, devenir pour lui-même inconsciente, et lui seul sait ce qu'il a vécu en cet instant. L'état d'abandon de Dieu nous est familier et même, en un certain sens, habituel; notre nature abîmée par le péché s'est adaptée à une existence aussi anormale pour elle. Mais on ne peut rien dire de tel de lui: il est né et a grandi en ayant conscience en lui de la plénitude divine, et en être privé fut pour lui une épreuve que nous sommes tout simplement incapables d'imaginer. Il s'agit aussi du fait que, pour la nature humaine en général, et particulièrement pour la nature humaine transfigurée, telle qu'est la nature humaine du Sauveur, la mort est un phénomène contre nature. Elle nous paraît naturelle, et en un certain sens elle l'est effectivement pour nous, mais seulement au sens où, pour un toxicomane par exemple, la présence dans son organisme de la drogue qui le tue est «naturelle». Pour une nature humaine normale, la mort est quelque chose de contre nature; pour une nature transfigurée, elle est franchement impossible.

Comment donc le Sauveur a-t-il pu mourir, même du point de vue de sa propre humanité? La mort, pour lui, ne pouvait manifestement devenir une réalité que si... que si lui-même, de manière absolument volontaire, en accomplissant la volonté du Père, avait consenti et s'était résolu à y entrer. À entrer en contact avec elle. À la rendre volontairement, pour lui-même et pour sa propre existence, aussi réelle qu'elle l'est pour nous indépendamment de notre volonté. À le faire pour nous, parce qu'autrement même la plénitude de la vie du Royaume qu'il nous a apportée serait restée incompatible avec notre nature déchue. La plénitude divine devait être apportée au monde non simplement dans une nature humaine: elle devait entrer dans le monde revêtue d'une nature humaine mortelle, absolument identique à la nôtre dans notre état présent.

La différence tenait seulement à ceci: notre mortalité s'est révélée être la conséquence involontaire d'un péché commis volontairement, tandis que sa mortalité était un état temporaire qu'il avait volontairement pris sur lui, sans aucun lien avec aucun péché. En ce sens, la mort de Jésus fut vraiment absolument volontaire: sans aucune contrainte ni nécessité, il a accepté d'entrer dans un état totalement contre nature pour lui et absolument étranger à lui. Ce qui le mouvait alors n'était plus la nécessité ni l'inéluctabilité, mais l'amour: pour le Père et pour ceux qu'il veut sauver.

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Pour Mc 15:19-21
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
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Selon la lettre du verdict judiciaire, le Christ n'avait été condamné qu'à la crucifixion. Mais les hommes trouvent trop souvent que les souffrances « légales » ne suffisent pas...  Lire la suite

Selon la lettre du verdict judiciaire, le Christ n'avait été condamné qu'à la crucifixion. Mais les hommes trouvent trop souvent que les souffrances « légales » ne suffisent pas. Les uns sont possédés par la haine, les autres sont excités par l'ardeur de la traque. Et voici que, du côté des soldats qui se divertissent, puis de la foule qui regarde, commencent des moqueries et des tourments supplémentaires avant la mort. En ce long jour interminable, ils ne se sont pas achevés, et depuis vingt siècles nous continuons d'infliger au Seigneur des blessures en plus de celles mentionnées dans les pages de l'Évangile.

Ce même jour, il revint à Simon de Cyrène de porter un peu la croix, et d'alléger ainsi un tout petit peu le chemin de croix. Le Christ ne force personne à porter Sa croix ; Il appelle chacun de nous à porter la sienne, qui n'est pas comparable à la Sienne. Nous cherchons déjà à éviter cela, mais il peut arriver qu'en nous dérobant au port de notre propre croix, nous refusions au Christ d'alléger Son fardeau.

Et il sera bon que nous le voyions assez tôt, non pas avec le centurion qui comprit Qui avait été crucifié quand l'exécution avait déjà eu lieu.

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Pour Mc 15:22-41
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. "
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche
28 
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! "
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! "
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! "
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
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Aujourd’hui sont lus deux textes qui frappent, à première vue, par la divergence des pensées. La Deuxième lettre de Jean peut être appelée...  Lire la suite

Aujourd’hui sont lus deux textes qui frappent, à première vue, par la divergence des pensées. La Deuxième lettre de Jean peut être appelée une lettre d’un pasteur à ses amis, dans laquelle il les bénit et les informe de sa venue. Dans le texte évangélique, nous lisons le récit de l’exécution et de la mort du Christ. Et, après avoir lu ces textes, il semble qu’après une telle exécution du maître, un groupe de personnes continue son œuvre, parle de ce dont il parlait, se souvient de lui. Mais il n’en est pas ainsi. Jésus avant sa mort : « Mon Dieu, Mon Dieu ! Pourquoi M’as-tu abandonné ? ». Et comme en réponse aux paroles du Christ, s’adressant à la famille des chrétiens, l’apôtre écrit : « celui qui demeure dans l’enseignement du Christ a le Père et le Fils ». C’est pour nous une indication que, en suivant le Christ, nous ne sommes pas seuls sur ce chemin. Les doutes et les peurs peuvent nous tourmenter, ainsi que le sentiment d’abandon et de désarroi, mais nous sommes gardés et conduits par le Christ. La mort du Christ nous a annoncé la Résurrection d’entre les morts et le salut du monde par Son sacrifice, par la Communion. Et en suivant le Christ, nous devons nous souvenir de Son sacrifice et communier à Ses Saints Mystères. Le Carême est un temps de prière constante et de marche sur le chemin du repentir. Par le Carême, l’Église aide le chrétien sur ce chemin. Mais le chemin du repentir passe toujours par la Communion, sans condamnation, avec un cœur pur et dans l’humilité. Parcourons le chemin de ceux qui L’ont suivi en Galilée, qui sont venus à Jérusalem et sont devenus les témoins muets et souffrants de l’exécution. Et approchons des jours lumineux de Pâques dans la prière et dans une participation particulière aux œuvres du Christ.

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Pour Mc 15:22-25
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
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Aujourd'hui nous nous tenons devant notre Seigneur déchiré, et, comme une tragique résonance de tout ce qui se déroule, les heures sonnent la troisième, la sixième et la neuvième heure. Avez-vous remarqué comme parfois les heures sonnent douloureusement, quand...  Lire la suite

Aujourd'hui nous nous tenons devant notre Seigneur déchiré, et, comme une tragique résonance de tout ce qui se déroule, les heures sonnent la troisième, la sixième et la neuvième heure. Avez-vous remarqué comme parfois les heures sonnent douloureusement, quand nous attendons quelqu'un ? Même lorsque nous n'attendons déjà plus, mais que nous restons simplement assis, pétrifiés, comme hors de ce monde, soudain les heures peuvent sonner avec tant de gravité, d'effroi, mais aussi de sobriété. Et il est si remarquable que nous ayons ces prières des Heures. Tournons-nous maintenant vers elles. Et essayons de revivre encore une fois la troisième, la sixième, la neuvième...

Mais voilà que la troisième heure, en réalité, parle d'autre chose : elle parle de la Pentecôte, et non du clouage à la croix. « Seigneur, toi qui, à la troisième heure, as envoyé ton très saint Esprit à tes apôtres, ne nous le retire pas, ô Bon, mais renouvelle-nous, nous qui te prions. » Pourquoi ? Pourquoi soudain une telle rupture dans la logique de construction du texte liturgique ? Mais, bien sûr, nous nous souvenons : « ...ils ne sont pas ivres, comme vous le pensez, car il n'est encore que la troisième heure... » (Ac 2,15) Certains trouveront cette circonstance insignifiante, une coïncidence fortuite ; d'autres y verront une falsification consciente au service de la prédication de « leur » vérité ; d'autres diront que l'évangéliste Luc a symboliquement rattaché l'événement de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres au moment du commencement de l'exécution, comme symbole du commencement de la prédication de la Parole de Dieu dans le monde. Mais peut-être n'avons-nous besoin ni de l'un, ni de l'autre, ni du troisième raisonnement. Il nous faut simplement nous tenir devant les événements qui se produisent et crier : « Ne me rejette pas loin de ta face, et ne retire pas de moi ton Esprit Saint ».

« Toi qui, à la neuvième heure, as goûté la mort dans la chair pour nous, fais mourir les pensées de notre chair, Christ Dieu, et sauve-nous. » Fais mourir, car « pour moi, le monde est crucifié, et moi pour le monde » (Ga 6,14). On interprète souvent ces paroles de manière traditionnelle ainsi : je suis mort pour le monde, et le monde est mort pour moi. Mais si l'apôtre Paul avait voulu dire cela, il l'aurait dit ainsi ; or il a dit « crucifié »...

Lorsque notre Seigneur a été crucifié, le monde a changé à tel point qu'il est désormais impossible de vivre dans un monde où le Seigneur n'est pas crucifié. Et bien que beaucoup vivent ainsi, nous vivons autrement, et c'est pourquoi nous aussi, nous sommes crucifiés. Avec lui.

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Pour Mc 15:39
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
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Qu'est-ce qui a tant frappé ce centurion dans la mort du Seigneur Jésus? Car un centurion, c'est un soldat qui avait vu bien des morts et des supplices au cours de sa vie... Nous ne pouvons que le deviner...  Lire la suite

Qu'est-ce qui a tant frappé ce centurion dans la mort du Seigneur Jésus? Car un centurion, c'est un soldat qui avait vu bien des morts et des supplices au cours de sa vie... Nous ne pouvons que le deviner.

Trois évangélistes témoignent des ténèbres qui couvrirent la terre pendant l'exécution; Matthieu parle d'un tremblement de terre au moment de la mort du Christ. Peut-être ces phénomènes naturels devinrent-ils des signes pour le centurion, car dans la religion gréco-romaine «olympienne», les dieux immortels réagissent souvent ainsi à la mort de leurs enfants mortels. C'est ainsi que Matthieu et Luc comprennent sans doute la réaction du centurion. Marc, lui, dit que c'est précisément la mort elle-même, la manière dont Jésus est mort, qui fut pour le centurion le signe du caractère hors du commun de ce Condamné.

La mort sur la croix est terrible et douloureuse. Un crucifié meurt très lentement, s'étouffant peu à peu et perdant ses forces. Au moment de mourir, il ne lui reste plus de force même pour inspirer, encore moins pour crier. Le centurion l'avait sans doute vu bien des fois. Mais ce Crucifié meurt de façon inattendue et rapide, avant même qu'on ait eu le temps de Lui briser les jambes, comme si Celui qui a pouvoir sur les temps de la vie et de la mort Lui avait manifesté Son amour jusque dans la mort. Jésus meurt en remettant Son esprit entre les mains du Père, et le centurion entend ces paroles. Enfin, Son cri avant la mort témoigne, comme l'expliquent des médecins modernes, que le Christ ne meurt pas d'asphyxie, mais d'une rupture du coeur: selon les représentations du centurion romain, non pas d'une mort honteuse, mais d'une mort noble.

Nous ne savons pas si c'est ainsi ou non. Mais l'important est que la contemplation de la croix du Christ ait touché le coeur même d'un païen endurci et nullement sentimental. Ne perdons-nous pas cette capacité de répondre du coeur à la souffrance du Sauveur? Car c'est seulement en étant crucifiés avec Lui que nous pouvons aussi ressusciter avec Lui...

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Pour Mc 15:39
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! "
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En quoi la mort de Jésus a si ahuri ce centurion? Le centurion n’est-il pas un guerrier ayant vu pas mal de morts et d’exécutions… Nous ne pouvons que deviner...  Lire la suite

En quoi la mort de Jésus a si ahuri ce centurion? Le centurion n’est-il pas un guerrier ayant vu pas mal de morts et d’exécutions… Nous ne pouvons que deviner.

Trois évangélistes témoignent de l’obscurité qui a couvert la terre au moment du supplice, Matthieu parle du tremblement de terre qu’il eut au moment de la mort de Jésus. Ces phénomènes naturels ont peut-être été des signes au centurion, car les dieux immortels réagissent le plus souvent de la sorte a la mort de ses enfants mortels dans «l’olympienne» religion gréco-romaine. Matthieu et Luc comprenne surement ainsi la réaction du centurion. Mais Marc fait savoir que c’est justement la mort même, la manière dont Jésus est mort qui a été au centurion un signe d’étrangeté, de particularité de cette exécution.

La mort sur la Croix est horrible et pénible. La mort d’un homme crucifié est très longue: il suffoque progressivement en perdant la force, et au moment de la mort il n’a même plus de la force pour une inspiration, n’en parlons pas d’un cri. Le centurion a surement vu ceci plusieurs fois ; mais ce Crucifié meurt soudainement vite (on n’a même pas eu le temps de Lui clouer les pieds), comme ci Celui Qui a le pouvoir sur la durée de la vie et sur la date de la mort Lui {Jésus} manifeste Son amour même pendant la mort. Jésus meurt, ayant remis Son esprit entre les mains du Père (le centurion écoute ces paroles). Son cri d’avant la mort certifie (comme l’expliquent les médecins contemporains) qu’Il n’est pas mort de suite d’asphyxie, mais plutôt de suite de rupture cardiaque : cette mort n’est pas infâme, mais noble selon les idées du centurion romain.

Nous ne savons pas si tel est le cas ou pas. Néanmoins, est important le fait que la contemplation du Christ sur la croix a « touché » aussi le cœur d’un païen invétéré et tout a fait froid. Ne perdons nous pas la faculté à réagir par notre cœur à la souffrance du sauveur? Puisque c’est seulement en étant crucifiés avec Lui, que nous pourrions être ressuscités avec Lui.

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Pour Mc 15:40-47
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis.
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À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses...  Lire la suite

À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses qui servaient le Christ et les apôtres de leurs biens, c'est Joseph d'Arimathie, qui avait longtemps caché son statut de disciple, mais qui rejeta alors la prudence. Joseph, qui n'eut pas peur d'aller demander à Pilate le Corps du Condamné, eut aussi ce jour-là l'occasion de servir Jésus avec ses biens : un morceau de tissu et un tombeau. Mais avant tout, tous ceux qui ensevelirent le Seigneur Le servirent par leur fidélité et leur fermeté inattendue.

Dans les moments décisifs, quand les questions de vie et de mort se posent avec acuité, la foi se prouve non par des théories, et les débats problématiques passent au second plan. Ce qui devient principal, ce sont les actes simples, remplis d'un courage discret et d'un amour sans paroles.

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Pour Mc 15:42-43
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
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Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène...  Lire la suite

Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène, par exemple, Joseph d’Arimathie, mentionné par l’évangéliste. On ne sait presque rien de lui, sinon qu’il était un homme de très haut rang. Que représentait Jésus pour lui ? Quelles étaient ses relations avec Lui ? Sans doute un disciple secret, comme les autres évangélistes le disent aussi de lui ; mais que signifiait être Son disciple secret ? Soutenir dans une situation où aucun des disciples visibles ne peut rien faire, utiliser sa position pour que l’impossible devienne possible ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais l’essentiel, c’est la disponibilité.

Être un disciple visible est, en un certain sens, plus simple. Jésus dit bien sûr à tous les disciples et à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut veiller toujours, que le relâchement spirituel et le chemin vers le Royaume sont incompatibles. Pourtant, ceux qui sont constamment auprès de Lui ont, en un certain sens, plus de facilité. Ils voient le Maître de leurs propres yeux ; pour eux, Il est réel absolument à chaque instant de leur vie. Les disciples secrets communiquaient sans doute avec Lui beaucoup moins souvent ; Il apparaissait pour eux et disparaissait, et l’on ne pouvait jamais dire avec certitude quand Il apparaîtrait la prochaine fois.

Les apôtres ont vécu quelque chose de semblable pendant la Cène, lorsqu’ils ont compris que Jésus allait les laisser pour un temps. Ils ne savaient pas où Il se préparait à aller, ils ne comprenaient pas vraiment le Maître et ne pouvaient pas imaginer ce qu’ils allaient vivre très bientôt ; mais ils comprenaient qu’en tout cas, maintenant, ils resteraient pour quelque temps (et pour un temps tout à fait indéterminé) seuls : ils ne verraient pas le Maître, n’entendraient pas Sa voix, ne sauraient pas où Il est ni ce qu’Il fait, et ne sauraient pas ce qu’Il exigerait d’eux à Son retour.

Cette situation rappelle beaucoup celle de tout chrétien aujourd’hui. Nous vivons à l’époque du Royaume qui vient, mais quand elle s’achèvera, nul ne le sait, sauf le Père. Nous ne pouvons ici calculer aucun délai, même approximativement ; il ne nous reste qu’à vivre avec la conscience que, n’importe quel jour, tout peut s’achever et le Sauveur peut revenir.

On ne peut pas se préparer à ce jour au sens où nous nous préparons à tel ou tel événement de notre monde. Les événements de notre monde, nous pouvons d’ordinaire nous les représenter au moins d’une certaine façon ; nous pouvons, au moins, essayer de réfléchir et de calculer ce dont nous pourrions avoir besoin (que ce calcul se révèle heureux et adéquat est une autre question).

Quant au Royaume et au retour du Messie, nous ne pouvons ici ni nous représenter quoi que ce soit ni calculer quoi que ce soit. Il ne reste que la disponibilité comme état spirituel intérieur, impliquant cette même vigueur spirituelle dont Jésus parlait comme d’une nécessité et que Ses disciples secrets devaient constamment maintenir : dans l’attente de l’apparition inattendue du Maître et avec la disposition intérieure à faire ce qu’il est absolument impossible de se représenter à l’avance.

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Pour Mc 15:43
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
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Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance...  Lire la suite

Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance avait cessé, lorsque Jésus mourut sur la Croix et que tout était fini, c'est précisément à ce moment-là qu'il resta des hommes qui Lui étaient fidèles.

Demeurer près du Dieu crucifié n'est pas facile. Il est encore plus difficile de pleurer Sa mort. Qu'ont vécu, à quoi ont pensé Joseph d'Arimathie, Nicodème, Marie Madeleine, le Grand Samedi, lorsque le Seigneur demeurait corporellement au tombeau ? Et comment Joseph s'est-il résolu à entrer chez Pilate pour demander le Corps du Christ, méprisant les lois de l'impureté rituelle (ce matin-là, les grands prêtres n'entrèrent pas chez le païen Pilate), méprisant aussi le danger d'être accusé de complicité dans l'affaire du Condamné ? Ils traversent jusqu'au bout l'horreur du vendredi et du samedi et demeurent avec Celui qui a péri et avec Sa Mère. Être avec Dieu jusqu'au bout, partout où Il va. Et lorsqu'Il descend aux enfers, là où les hommes ne peuvent pas aller avec Lui, ils pleurent et L'attendent sur la terre.

Et cette attente ne demeure pas vaine.

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