8 Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. |
9 Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. |
10 C’est qu’il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur. |
11 Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu’elle estima fidèle celui qui avait promis. |
12 C’est bien pour cela que d’un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... |
13 C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
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14 Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie. |
15 Et s’ils avaient pensé à celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. |
16 Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi, Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville... |
17 Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, |
18 lui à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une postérité.
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19 Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts ; c’est pour cela qu’il recouvra son fils, et ce fut un signe. |
Dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul propose une interprétation très intéressante du comportement d’Abraham. Pour nous, qui avons grandi dans une culture chrétienne, il est peut-être tout à fait évident que, si nous croyons en Dieu, nous croyons aussi à la résurrection des morts. Pourtant, même au temps de Paul, cela n’allait nullement de soi. Et cela allait encore moins de soi au temps d’Abraham. À strictement parler, Abraham n’avait pas de raisons particulières de croire à la résurrection. Car pour un homme de cette époque et de cette culture, l’immortalité s’obtenait précisément dans les enfants ; Abraham ne pouvait imaginer aucune autre continuation de la vie. Mais Paul dit qu’Abraham faisait tellement confiance à Dieu, qui avait promis qu’Isaac serait le père d’un grand peuple, qu’il ne doutait pas une seconde que la promesse serait accomplie, même si Isaac était offert en sacrifice. Comment cela peut-il être ? Est-ce vraiment important de savoir comment ? Abraham ne pense pas à la manière dont cela se fera ; il accepte simplement comme un fait que les paroles de Dieu ne peuvent se contredire entre elles, et que, par conséquent, d’une façon ou d’une autre, cela s’accordera... Et c’est cette confiance qui lui est comptée comme justice.
13 C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
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14 Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie. |
Qu'est-ce que la foi des Patriarches, et qu'est-ce que notre foi en comparaison d'elle ? Mais peut-être ne comprenons-nous tout simplement pas tout à fait ce qu'est la foi ? Il nous semble que la foi, surtout la foi des patriarches, est quelque chose d'inébranlable, un certain repos donné à leurs grandes âmes pour accomplir leurs grandes oeuvres. Mais regardons de plus près ce que l'Apôtre nous dit aujourd'hui : « ...ils déclaraient qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ; car ceux qui parlent ainsi montrent qu'ils cherchent une patrie ». Dans ces paroles, au contraire, il y a une certaine inquiétude, une recherche. Et selon la logique de notre langue, c'est quelque chose d'opposé à la foi. La recherche s'associe plutôt au doute qu'à la foi. Nous avons même des expressions comme « affermi dans la foi », « foi ferme ». Et bien que dans le premier mot la racine soit « fermeté » et non « foi », cette consonance nous forme à notre insu.
Mais en réalité, la foi de nos pères consistait justement à ne laisser sa pensée se reposer sur rien de terrestre, ni même sur quoi que ce soit. Car « s'ils avaient eu dans la pensée cette patrie d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner ». Si nous avons dans la pensée quelque chose de formé, pas nécessairement quelque chose de strictement défini, concret et matériel, même simplement une idée, cela attire nos actions, et nous trouvons le temps de le réaliser ; mais la foi est ailleurs. La foi, c'est toujours tendre, c'est une dynamique, un élan, parfois même une errance, mais une errance non dépourvue de sens, portée par l'espérance en lui. Et c'est cette espérance même qui doit être notre forteresse. Dès que nous cessons d'espérer, nous nous coupons de la vigne et nous nous desséchons. Nous nous fermons l'oxygène de la grâce.
C'est pourquoi les doutes doivent exister. Mais ce doivent être des doutes non sur Dieu, mais sur notre représentation de lui ; cette petite précision est toujours oubliée lorsqu'on parle des doutes dans la foi. Une seule chose doit être inébranlable : Celui qui m'a créé m'aime, car : « Tu aimes tout ce qui existe et tu n'as de dégoût pour rien de ce que tu as fait, car tu ne l'aurais pas créé si tu l'avais haï » (Sg 11:25). De quoi douter ici ? Le fait que je suis signifie que quelqu'un a voulu que je sois, c'est évident. Qu'il a créé avec responsabilité, et non comme dans un jeu d'enfant, cela aussi se comprend : puisqu'un monde si complexe tient debout et que tout y est si beau, son Créateur ne peut être irresponsable. Donc il aime. Voilà tout. Voilà toute la foi.
Quant aux doutes sur les dogmes, sur les hommes, même revêtus d'une dignité, sur l'organisation de l'Église... tout cela est justement cette errance dont nous parle aujourd'hui l'Apôtre en parlant des descendants du patriarche Abraham et de sa femme Sara. Et ne nous attachons pas trop à ce qui est terrestre, car « ils aspiraient à une meilleure patrie, c'est-à-dire à la céleste ; c'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une ville ».
15 Et s’ils avaient pensé à celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. |
16 Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi, Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville... |
Paul dit que toute foi est liée au Royaume, à sa vie, à la perspective de participer à cette vie. Autrement, elle est dépourvue de sens. Un peu plus tôt, il appelle la foi « la réalisation de ce qu'on espère et la certitude de ce qu'on ne voit pas ». Une certitude qui n'est pas abstraite, ni théorique, mais expérimentale, lorsque l'invisible se révèle à l'homme, dans le processus de la communion avec Dieu, comme quelque chose de tout à fait réel.
Mais dans ce cas, il devient évident qu'il s'agit de différents niveaux de réalité, elle-même à plusieurs niveaux. Si l'on pense au niveau auquel l'homme déchu a d'ordinaire affaire, alors tout ce que l'auteur énumère comme oeuvres de la foi est tout à fait dépourvu de sens. À ce niveau de réalité, il est plus opportun d'agir de manière directement opposée à celle que choisissent pour eux les hommes de foi. Et agir comme ils ont agi n'est possible qu'au niveau du Royaume, qui, semble-t-il, aux temps non seulement d'Abraham, mais aussi de Moïse ou de David, se trouvait encore en avant.
En même temps, lorsqu'on dit du Royaume qu'il était encore en avant, que son temps n'était pas encore venu, il importe de tenir compte du fait qu'il s'agit encore une fois de la réalité ouverte à l'homme déchu, non de la réalité du Royaume. Pour Dieu, le monde demeure toujours son Royaume. Il l'était dès le commencement, déjà au premier jour de la création, lorsque la lumière de la présence de Dieu pénétra tout l'univers de telle sorte qu'il n'y avait plus aucune place pour les ténèbres. C'est plus tard, lorsqu'apparut dans le monde une volonté opposée à Dieu, volonté à laquelle Dieu conserva la liberté et le droit de lui résister, que la création se divisa, perdant son intégrité. Et ce n'est que dans la partie de la création séparée de Dieu et de la plénitude du monde de Dieu qu'existe le petit monde de l'homme déchu, d'où le trône de Dieu n'est pas visible et où le Royaume apparaît donc non comme présent, mais comme un avenir indéfini dans le temps et l'espace.
Mais aux hommes de foi, lorsqu'ils se confiaient à Dieu, s'ouvrait ce grand monde de Dieu, le monde qui était toujours resté le Royaume. Et ils vivaient dans ce Royaume, non pas absolument, bien sûr, mais avec les limites conditionnées par la nature humaine déchue non encore transformée. Pourtant, ils y vivaient et participaient à sa vie dans la mesure où elle pénétrait le petit monde séparé de Dieu par la volonté mauvaise des hommes et des esprits déchus. La réalité du Royaume était pour eux la réalité qui déterminait leur vie et leur choix. Un choix qui ne pouvait être autre, car alors ils auraient perdu pour toujours la vie du Royaume que Dieu, qui les appelait à sa suite, leur avait entrouverte.
13 C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
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14 Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie. |
15 Et s’ils avaient pensé à celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. |
16 Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi, Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville... |
17 Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, |
18 lui à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une postérité.
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19 Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts ; c’est pour cela qu’il recouvra son fils, et ce fut un signe. |
20 Par la foi encore, Isaac donna à Jacob et à Ésaü des bénédictions assurant l’avenir. |
21 Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph et il se prosterna appuyé sur l’extrémité de son bâton.
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22 Par la foi, Joseph, proche de sa fin, évoqua l’exode des fils d’Israël et donna des ordres au sujet de ses restes. |
23 Par la foi, Moïse, à sa naissance fut caché par ses parents pendant trois mois, parce qu’ils virent que le petit enfant était joli et ils ne craignirent pas l’édit du roi. |
24 Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils d’une fille d’un Pharaon, |
25 aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître la jouissance éphémère du péché, |
26 estimant comme une richesse supérieure aux trésors de l’Égypte l’opprobre du Christ. Il avait, en effet, les yeux fixés sur la récompense. |
27 Par la foi, il quitta l’Égypte sans craindre la fureur du roi : comme s’il voyait l’Invisible, il tint ferme. |
28 Par la foi, il célébra la Pâque et fit l’aspersion du sang, afin que l’Exterminateur ne touchât point leurs premiers-nés. |
29 Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, tandis que les Égyptiens, ayant essayé le passage, furent engloutis. |
30 Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, quand on en eut fait le tour pendant sept jours. |
31 Par la foi, Rahab la prostituée ne périt pas avec les incrédules, parce qu’elle avait accueilli pacifiquement les éclaireurs. |
Poursuivant son discours sur la fidélité et la confiance en Dieu, l'auteur de l'épître dit des justes anciens qu'ils sont morts sans avoir obtenu ce qui était promis; cela, pourtant, ne les a pas conduits au désespoir et ne les a pas poussés à trahir les promesses données une fois pour toutes ni l'alliance conclue une fois pour toutes avec Dieu: ils ne perdaient pas l'espérance du Royaume dont ils attendaient la venue (v. 13-14). Et cette espérance et cette fidélité s'exprimaient avant tout par le fait qu'aucun d'eux n'a jamais envisagé la possibilité de revenir en arrière et de retourner à cette vie ancienne qu'ils avaient quittée en croyant au Dieu qui S'était révélé à eux et en Le suivant (v. 15-16). L'auteur de l'épître cite de nombreux exemples d'une telle fidélité, bien connus de tout lecteur des livres de l'Ancien Testament (v. 17-31).
Ces rappels, bien entendu, n'étaient pas fortuits: les justes anciens devaient devenir des exemples de fidélité et d'espérance dans le Royaume pour les contemporains de l'auteur de l'épître, dont beaucoup, apparemment, possédaient ces qualités dans une mesure bien moindre que leurs grands prédécesseurs spirituels. La crise vécue par les communautés ecclésiales après la catastrophe de l'an 70 était d'abord une crise spirituelle: beaucoup de ceux qui attendaient le triomphe prochain du Royaume furent déçus dans leurs attentes et, avec cela, dans le messianisme comme tel, se tournant sans doute vers le mode de vie juif traditionnel comme vers une sorte de refuge religieux où ils pourraient traverser leur crise intérieure et l'effondrement d'espérances non réalisées. Certains signes de cette crise étaient apparus dès la vie de Paul, lorsque mouraient des représentants de la première génération chrétienne qui, comme leurs coreligionnaires, étaient convaincus que le Sauveur reviendrait et que le Royaume triompherait encore de leur vivant; mais après l'an 70, elle s'est, peut-on penser, fortement accentuée. Et l'auteur de l'épître donne l'exemple de ceux qui croyaient à la venue du Royaume même quand il restait encore des siècles avant cette venue; ils y croyaient en sachant parfaitement qu'eux-mêmes ne la verraient pas, et ils espéraient ne pas rester à l'écart de son triomphe, même s'ils n'avaient aucune représentation précise de la résurrection des morts, pas plus que de leur propre sort après la mort, et donc aucune garantie qu'ils prendraient eux-mêmes part à ce triomphe. Si, malgré tout cela, les justes anciens ne désespéraient pas, comment ceux à qui le Royaume avait été non seulement promis, mais qui y avaient déjà été associés, pouvaient-ils perdre l'espérance seulement parce que le triomphe promis par le Sauveur se révélait moins proche qu'il ne l'avait paru à ceux qui l'attendaient?
1 Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. |
2 C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage. |
3 Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce que l’on voit provient de ce qui n’est pas apparent. |
4 Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice de plus grande valeur que celui de Caïn ; aussi fut-il proclamé juste, Dieu ayant rendu témoignage à ses dons, et par elle aussi, bien que mort, il parle encore. |
5 Par la foi, Hénoch fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu.
|
6 Or sans la foi il est impossible de lui plaire. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent. |
7 Par la foi, Noé, divinement averti de ce qui n’était pas encore visible, saisi d’une crainte religieuse, construisit une arche pour sauver sa famille. Par la foi, il condamna le monde et il devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi. |
8 Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. |
9 Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. |
10 C’est qu’il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur. |
11 Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu’elle estima fidèle celui qui avait promis. |
12 C’est bien pour cela que d’un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... |
13 C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
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14 Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie. |
15 Et s’ils avaient pensé à celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. |
16 Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi, Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville... |
17 Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, |
18 lui à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une postérité.
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19 Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts ; c’est pour cela qu’il recouvra son fils, et ce fut un signe. |
Comme notre conception de la foi s'est appauvrie ! Nous appelons croyant celui qui se déclare appartenir à une religion quelconque ou qui pense simplement que Dieu existe. Dans de nombreux passages de l'Écriture, il est question de la foi d'une tout autre manière. La foi est notre ouverture à Dieu, un canal de communion avec Lui par lequel nous recevons Sa révélation. Ce qui est inconcevable devient pour nous une certitude. Paul appelle cela « la conviction des réalités qu'on ne voit pas ». Bien plus, par ce lien, la puissance agissante de Dieu peut se répandre dans ce monde, où se produisent alors des événements dont nous ne pouvions que rêver. L'Apôtre dit : « La foi est la garantie des biens que l'on espère. » Ainsi, la foi est un lien vivant avec Dieu par lequel nous Le connaissons, tandis qu'Il agit en nous et dans le monde.
1 Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. |
2 C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage. |
3 Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce que l’on voit provient de ce qui n’est pas apparent. |
4 Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice de plus grande valeur que celui de Caïn ; aussi fut-il proclamé juste, Dieu ayant rendu témoignage à ses dons, et par elle aussi, bien que mort, il parle encore. |
5 Par la foi, Hénoch fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu.
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6 Or sans la foi il est impossible de lui plaire. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent. |
7 Par la foi, Noé, divinement averti de ce qui n’était pas encore visible, saisi d’une crainte religieuse, construisit une arche pour sauver sa famille. Par la foi, il condamna le monde et il devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi. |
8 Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. |
9 Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. |
10 C’est qu’il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur. |
11 Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu’elle estima fidèle celui qui avait promis. |
12 C’est bien pour cela que d’un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... |
Parlant de la fidélité à Dieu, la «foi», l'auteur de l'épître la nomme «le fondement de ce que nous espérons et la certitude des choses invisibles» (v. 1; dans la traduction synodale: «la réalisation de ce qu'on espère et la certitude de l'invisible»). Une telle définition de la fidélité suppose non seulement la confiance en Dieu, mais aussi une certaine activité de l'homme dans le contexte des relations qui le lient à Dieu. L'auteur de l'épître donne des exemples de telles relations, qu'il trouve dans les livres de l'Ancien Testament (v. 2-5, 7-12). Tous sont unis par cette attitude envers Dieu qu'il appelle «fidélité» (le mot grec correspondant signifie d'abord «fidélité», bien qu'il puisse aussi se traduire par «foi») et sans laquelle celui qui vient à Dieu ne peut devenir digne de Lui (v. 6; dans la traduction synodale: «plaire à Dieu»).
Poursuivant sa pensée, l'auteur de l'épître remarque avec justesse qu'en venant à Dieu, il importe non seulement de croire qu'Il existe, mais aussi qu'Il récompense ceux qui cherchent la volonté de Dieu; ici il faut déjà non seulement la foi en l'être de Dieu, mais aussi la confiance en Lui, inconcevable sans relations personnelles avec Lui. Seules de telles relations peuvent donner aux fidèles le fondement solide de l'espérance que l'auteur de l'épître rappelle à ses coreligionnaires, et l'assurance que ce qui n'est pas encore arrivé arrivera pourtant nécessairement, parce que Dieu l'a promis.
Bien sûr, aucune oeuvre ni aucun acte ne peut en soi rendre l'homme digne de Dieu au sens où l'homme peut devenir digne d'une récompense humaine. En parlant des récompenses destinées à ceux qui cherchent Dieu et de ceux qui les méritent, l'auteur de l'épître a d'abord en vue le fait même de la confiance en Dieu, qui donne sens à tout ce qui se fait pour accomplir la volonté divine. Tous les exemples qu'il cite en sont des témoignages éclatants: ni Abel, ni Noé, ni Abraham, avec tout ce qu'ils ont fait, ne sont concevables sans une confiance totale et inconditionnelle en Dieu, qui Se révélait à eux et qu'ils connaissaient. Comme son maître, l'auteur de l'épître comprend que le juste ne devient juste que grâce à des relations de confiance avec Dieu, et que ses oeuvres ne sont que l'expression extérieure de ces relations. Tel fut le chemin des justes anciens; tel est aussi maintenant le chemin de ceux qui cherchent le Royaume, depuis que Celui qui l'a ouvert à tout chercheur prêt à se confier et à Le suivre est venu dans le monde.
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