7 Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous. |
8 Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos cœurs, gens à l’âme partagée. |
9 Voyez votre misère, prenez le deuil, pleurez. Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. |
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
11 Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es pas l’observateur de la Loi, mais son juge. |
12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
13 Eh bien, maintenant ! vous qui dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » |
14 Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie, car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît. |
15 Que ne dites-vous au contraire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » |
16 Mais voilà que vous vous glorifiez de votre forfanterie ! Toute gloriole de ce genre est mauvaise. |
17 Celui donc qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché. |
L’apôtre Jacques utilise la métaphore de l’or et de l’argent rouillés pour indiquer non pas le côté matériel de la vie, mais les buts et le sens de toute accumulation. L’expérience accumulée, la gloire et la reconnaissance comme spécialiste, comme grand acteur, comme personne à qui les affaires réussissent, les titres universitaires : voilà cet or et cet argent qui rouillent et témoigneront contre nous. Et les buts que nous nous fixons sont notre trésor. Ils signifient très peu pour l’avenir. Et aucun succès en ce monde n’est requis pour aimer ses proches, ses amis, ses voisins et ses connaissances. Pour le croyant, pour l’homme entré dans la vie de l’Église, qui lit l’Évangile, la conscience de la petitesse et de l’invisibilité de nos succès devant le monde et devant Dieu doit devenir fondamentale. Quand l’Apôtre dit : « Affligez-vous, pleurez et gémissez ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse », il appelle à prêter attention au fait que nous recherchons la joie et l’allégresse, que nous chassons loin de nous les pensées difficiles et pénibles. Or il n’y a pas de joie dans le monde. Nous portons la joie dans nos cœurs. Et cette joie vient de Dieu. Lui seul peut nous la donner. Nous, nous cherchons dans ce monde un substitut à la relation avec Lui. Et nous comprenons que nous devons faire le bien, nous en sentons le besoin ; mais la miséricorde accomplie et l’aide apportée ne nous donnent pas de joie si, à travers elles, nous ne glorifions pas Dieu, si nous ne Le remercions pas de la possibilité d’aider et d’être auprès de celui qui est dans le besoin.
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
Pour les incroyants, l’humilité est sans doute la notion la plus irritante du christianisme. On la caricature de toutes les manières : impuissance, absence de volonté, passivité, soumission servile... Est-ce bien cela ? Car le Christ dit de Lui-même : « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11:29), et Il n’est ni impuissant, ni dépourvu de volonté, ni passif ; et s’Il est soumis, ce n’est pas comme un esclave, mais comme un Fils, c’est-à-dire plutôt obéissant que soumis.
Ce mot irrite parce qu’il est opposé à l’orgueil, la principale force motrice de tout péché. L’orgueil cherche la force, le pouvoir, l’affirmation de soi ; l’homme qu’il agite se place au-dessus de tout et de tous et se montre incapable d’un véritable amour. L’humilité, elle, est le chemin vers l’amour, parce que pour celui qui aime, ce n’est jamais lui-même qui est le plus important, mais l’autre, l’être aimé.
L’œuvre de la Croix du Christ nous fait tous sortir de l’esclavage du péché, rachète notre faute devant Dieu et nous donne la réconciliation avec le Père céleste. Mais il y a un pas que personne ne fera à notre place : reconnaître la primauté de Dieu dans notre vie, ouvrir notre cœur à la voix et à la volonté de Dieu. Et c’est cela, l’humilité. L’apôtre Jacques dit que, dans ce cas, Dieu pourra prendre sur Lui la responsabilité de notre « destin », de notre vie, et celle-ci deviendra une montée vers la vie éternelle, pleine d’amour.
12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
L'apôtre Jacques entend par la forme même de la question que l’homme ne doit non seulement pas, mais n’est simplement pas aussi dans l'état de juger le prochain. D'une part, juger le prochain signifie s'approprier du droit appartenant seulement au Créateur. D'autre part, cela signifie tenter de faire ce que nous ne pouvons pas.
Avons-nous le droit d’avoir notre opinion sur les actes d’une autre personne? Certainement, oui. Mais alors il ne nous est évidemment pas donné le droit de juger l'autre : on parle de cela non seulement dans ce verset de l’épître de Jacques, mais aussi dans quelques passages évangéliques, avant tout dans le sermon sur la Montagne. Où est donc la différence?
Probablement, dans quel statut nous nous approprions nous-mêmes de plus. Notre opinion est et reste notre opinion, l’opinion ne prétend pas à la justice absolu. Mais alors, quand nous jugeons, nous prenons la position du porteur de la connaissance absolue sur la vérité et la justice (il est naturel qu’avec une telle position nous condamnons plutôt que ne jugeons!). Mais seul Dieu peut avoir une telle position, et c’est de cela que nous rappelle l’apôtre Jacques. Il convient encore de se rappeler ici que Dieu n’est pas seulement le Législateur et le Juge, mais aussi l'amour parfait, c'est pourquoi nous pouvons espérer en Son jugement (Ps. 119:43). Les jugements des hommes ne sont jamais exécutés avec amour, on peut seulement avoir peur d’eux.
13 Eh bien, maintenant ! vous qui dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » |
14 Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie, car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît. |
15 Que ne dites-vous au contraire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » |
16 Mais voilà que vous vous glorifiez de votre forfanterie ! Toute gloriole de ce genre est mauvaise. |
17 Celui donc qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché. |
Pourquoi, au juste, ne pourrait-on pas prévoir à l'avance ? Qu'y a-t-il de mal à cela ? Il est sans doute important de distinguer la planification de la présomption. Une chose est d'établir un plan en comprenant que les circonstances peuvent changer et, bien plus, que ce que nous avons prévu peut ne pas plaire au Seigneur, auquel cas il faudra corriger nos projets. Autre chose est de se tracer un programme pour la moitié de sa vie et de le suivre avec la détermination d'un bulldozer, en écrasant tous les obstacles : cela finira très probablement et très vite par une collision douloureuse avec la dure réalité. C'est précisément contre cette seconde voie que l'apôtre Jacques nous met en garde, en nous rappelant que toute entreprise ne s'achèvera véritablement avec succès, c'est-à-dire sans destruction matérielle ni intérieure, que si elle plaît au Seigneur.
1 D’où viennent les guerres, d’où viennent les batailles parmi vous ? N’est-ce pas précisément de vos passions, qui combattent dans vos membres ? |
2 Vous convoitez et ne possédez pas ? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir ? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. |
3 Vous demandez et ne recevez pas parce que vous demandez mal, afin de dépenser pour vos passions. |
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié pour le monde est inimitié contre Dieu ? Qui veut donc être ami du monde, se rend ennemi de Dieu. |
5 Penseriez-vous que l’Écriture dise en vain : Il désire avec jalousie, l’esprit qu’il a mis en nous ? |
6 Il donne d’ailleurs une plus grande grâce suivant la parole de l’Écriture : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. |
7 Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous. |
8 Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos cœurs, gens à l’âme partagée. |
9 Voyez votre misère, prenez le deuil, pleurez. Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. |
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
11 Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es pas l’observateur de la Loi, mais son juge. |
12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
13 Eh bien, maintenant ! vous qui dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » |
14 Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie, car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît. |
15 Que ne dites-vous au contraire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » |
16 Mais voilà que vous vous glorifiez de votre forfanterie ! Toute gloriole de ce genre est mauvaise. |
17 Celui donc qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché. |
Jacques ne précise pas à qui demandent sans recevoir ceux qui demandent dans de mauvaises intentions, mais nous pouvons rapprocher ces paroles de ce qu’il écrivait au début de son épître à propos de ceux qui s’adressent au Seigneur non avec une foi entière, mais avec des pensées partagées. Aujourd’hui encore, on entend cette question : pourquoi ne recevons-nous pas ce que nous demandons dans la prière ? La réponse de Jacques est simple : demandez-vous si vous priez avec foi et si vous demandez toujours ce qui est bon pour vous. Votre prière n’est-elle pas divisée et affaiblie par le manque de foi ? Il est bien sûr impossible d’expliquer « en termes humains » beaucoup de choses qui relèvent du monde d’en haut, et il ne faut pas imiter les amis de Job, dont les raisonnements étaient logiques et vraisemblables, mais faux. Pourtant, il est parfois nécessaire de méditer les paroles de Jacques.
Jacques parle aussi de l’impossibilité de l’amitié avec le monde, et ces paroles ont souvent été comprises littéralement. Mais ce n’est pas le monde créé et aimé par le Seigneur, ce monde où Il a envoyé Son Fils, qu’il faut quitter ; c’est le péché qui a frappé et asservi le monde. Résister au péché s’avère simple : il suffit de se soumettre à Dieu et, avec Son aide, de résister au diable, et celui-ci fuira loin de vous. C’est vrai, mais, pour une raison ou une autre, ce qui nous est le plus simple et le plus accessible se révèle très difficile. Sans doute parce que nous avons peur de nous approcher de Dieu : il faut pour cela renoncer à de nombreuses inclinations qu’Il déteste et qui nous lient au monde pécheur...
1 D’où viennent les guerres, d’où viennent les batailles parmi vous ? N’est-ce pas précisément de vos passions, qui combattent dans vos membres ? |
2 Vous convoitez et ne possédez pas ? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir ? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. |
3 Vous demandez et ne recevez pas parce que vous demandez mal, afin de dépenser pour vos passions. |
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié pour le monde est inimitié contre Dieu ? Qui veut donc être ami du monde, se rend ennemi de Dieu. |
5 Penseriez-vous que l’Écriture dise en vain : Il désire avec jalousie, l’esprit qu’il a mis en nous ? |
6 Il donne d’ailleurs une plus grande grâce suivant la parole de l’Écriture : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. |
7 Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous. |
8 Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos cœurs, gens à l’âme partagée. |
9 Voyez votre misère, prenez le deuil, pleurez. Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. |
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
Combien de fois avons-nous peur... Combien de fois disons-nous : « Oh, je suis si faible, je ne peux rien faire... » Et nous nous rendons sans combattre, donnant au diable, par notre inaction, la possibilité d’agir. Pourtant, l’apôtre Jacques nous dit que nous avons la possibilité de nous libérer et, plus encore, que ce n’est pas si difficile ! Résistez simplement au diable, et il fuira loin de vous ! Mais c’est nous qui fuyons... Pourquoi ? Pourquoi nous semble-t-il que rien ne peut être fait ? Peut-être est-ce plus facile pour nous ainsi ? Mais si nous désirons sérieusement nous approcher de Dieu afin qu’Il S’approche de nous, il n’y aura pas d’autre choix : si nous ne résistons pas au diable, nous ne pourrons pas nous approcher de Lui.
1 Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. |
2 Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. |
3 Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! |
4 Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. |
5 Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. |
6 Vous avez condamné, vous avez tué le juste : il ne vous résiste pas. |
7 Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’Avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière-saison. |
8 Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. |
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
11 Voyez : nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur ; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant. |
12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. |
13 Quelqu’un parmi vous souffre-t-il ? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il entonne un cantique. Quelqu’un parmi vous est-il malade ? |
14 Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. |
15 La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. |
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. |
17 Élie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. |
18 Puis il pria de nouveau : le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit. |
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, |
20 qu’il le sache : celui qui ramène un pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. |
L’intensité avec laquelle Jacques dénonce les riches atteint son sommet. Mais nous voyons ensuite un appel adressé aux opprimés pour qu’ils patientent, et de nombreux adversaires du christianisme se sont souvent écriés à ce propos : « Ah ! les travailleurs doivent supporter l’oppression ! Cela signifie donc que vous, les chrétiens, êtes du côté des exploiteurs ! »
Une lecture attentive et impartiale ne permet pourtant pas une telle interprétation. La juste protestation contre le mal social ne contredit pas les paroles de l’apôtre ; l’épître elle-même en témoigne. Et s’il faut patienter, ce n’est pas pour encourager les oppresseurs, mais parce qu’ils sont déjà condamnés s’ils ne se repentent pas. La protestation violente contre le mal terrestre a trop souvent dégénéré en révolte destructrice qui, après l’effusion de sang, s’achevait par la défaite et un nouvel asservissement. Mais la défense persévérante et patiente de la justice s’est souvent révélée plus féconde et victorieuse. C’est elle aussi un travail, impossible sans patience. Or il faut travailler sous toute organisation sociale ; voilà pourquoi il est nécessaire que nous patientions jusqu’à l’avènement du Seigneur.
Jacques rappelle aussi ici la puissance de la prière, que tout chrétien connaît en principe, mais qui, dans la pratique, est bien trop souvent sous-estimée. À ceux d’entre nous qui ne se croient pas capables d’audace dans la prière, il rappelle le grand prophète Élie, qu’il appelle de façon inattendue un homme semblable à nous (et non pas nous qui serions semblables à lui !). Cela signifie que la force spirituelle donnée par le Seigneur à Élie, Il peut aussi nous la donner. Pourvu que nous l’accueillions.
8 Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. |
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
Aujourd'hui l'apôtre Jacques nous ramène au temps de l'attente. Attendre dans l'inconnu, voilà ce qu'est la vie des prophètes. Vivre dans un état où l'on sait comment les choses doivent être, croire que cela arrivera nécessairement, et pourtant ne pas le vivre soi-même. Ne pas toucher ce que l'on sait, tout en réveillant des gens qui savent comme toi, mais n'attendent pas.
Notre situation, comparée à la vie des prophètes, peut être considérée comme confortable et bien établie. Ce dont ils parlaient s'est accompli. Nous pouvons désormais nous joindre à Jean le Baptiste, à propos de qui le Sauveur dit: «heureux celui pour qui Je ne serai pas une occasion de chute». C'est-à-dire qu'en sachant tout ce qui s'accomplira, en sachant qu'Il naîtra, mourra et ressuscitera, nous pouvons et devons ne pas être scandalisés par Lui. C'est l'une des béatitudes qui nous sont les plus accessibles.
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
11 Voyez : nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur ; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant. |
12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. |
L'apôtre Jacques nous dit aujourd'hui : « Ne vous plaignez pas les uns des autres. » Rappelons-nous : quand avons-nous dit pour la dernière fois « Sans lui... », « Tout est de sa faute... », « Comment travailler avec des gens pareils ?! » Encore heureux si nous nous arrêtons là, car nous disons aussi souvent : « Sans toi... » Est-il facile de s'abstenir de telles phrases ? Est-il facile de ne pas chercher un coupable et de ne pas se plaindre, ne serait-ce qu'en soi-même ? Tout cela se produit en effet, pour l'essentiel, automatiquement. Et c'est précisément à cet automatisme qu'il faut nous attaquer. Pour commencer, essayons de ne pas dire tout cela à voix haute... et prions pour que le Seigneur nous apprenne à ne pas chercher de coupable ni nous plaindre, mais simplement à faire notre travail aussi bien que possible dans les circonstances où nous nous trouvons.
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