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RÉFLEXIONS pour Lc 9:57-62

57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Jésus ne répondait nullement de la même manière à tous ceux qui voulaient Le suivre. Bien sûr, d'une manière générale, Il tenait compte de la personne et de sa situation, répondant en fonction de ce que l'on pouvait attendre d'elle. Mais c'est une vue d'ensemble ; qu'en est-il concrètement ? En effet, Jésus a plus d'une fois refusé à des personnes de rester avec Lui. Voici un homme qui s'approche de Lui, prêt à Le suivre n'importe où. Jésus lui répond qu'Il est sans demeure, qu'Il n'a nulle part où aller, tout comme celui qui vient à Lui. Tout paraît logique. Mais voici deux autres cas rapportés par l'évangéliste : Jésus appelle au contraire à Le suivre des personnes qui, il faut le remarquer, ne Lui opposent aucun refus, mais demandent seulement un très court délai, tout à fait justifié à vues humaines.

Bien sûr, il est pratiquement impossible de tout comprendre ici avec exactitude : il faudrait pour cela reconstituer entièrement la logique qui guide les décisions du Sauveur, en général comme dans chaque cas particulier. Mais on peut néanmoins comprendre certaines choses. Manifestement, l'essentiel pour Jésus n'est pas seulement, ni même tant, l'état spirituel présent de la personne que ses potentialités spirituelles. Il ne considère pas seulement sa disposition à Le suivre à cet instant précis, mais aussi ce qui en résultera par la suite.

En effet, la volonté de suivre telle ou telle personne, même lorsqu'il s'agit d'un être humain ordinaire, peut être liée à un élan émotionnel passager ou à des constructions intellectuelles, aux conclusions que l'on tire des paroles prononcées et de ce que l'on croit discerner derrière elles.

Le Sauveur, bien sûr, voit immédiatement, en parlant avec une personne, toutes les forces et tous les motifs qui animent le désir exprimé : le cœur humain Lui est aussi transparent qu'à Son Père.

Il comprend parfaitement que, si quelqu'un attend un refuge chaleureux et douillet contre tous les vents qui soufflent dans le monde, cette personne ne peut faire route avec Lui : Il n'a rien à offrir à celui qui cherche un abri sûr. Il en va autrement lorsqu'il s'agit d'arracher une personne à un tel refuge douillet, si le moment est venu pour elle d'aller plus loin, de s'engager sur le chemin qui mène au Royaume.

Jésus peut alors Se montrer absolument intransigeant : aucun retard, laisse tout et suis-Moi ! En effet, tout délai peut n'être, et n'est souvent, qu'un prétexte pour remettre à plus tard une décision dont l'heure est venue, puis pour l'éviter tout à fait. C'est pourquoi Jésus invite ceux dont l'heure est venue à regarder non pas en arrière, mais en avant. Comme le laboureur, qui ne regarde que devant lui et ne doit pas se retourner, sous peine de gâcher tout son travail.

Autres réflexions

 
Pour Lc 9:57-62
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. Nulle part... mais pourquoi ? Pourquoi trouvons-nous un endroit où reposer la tête, tandis que Lui n'a pas de place ? Même le plus démuni des sans-abri de Moscou trouvera un coin chaud dans une gare ou ailleurs, mais notre Seigneur n'a pas de place. Pourquoi ?...  Lire la suite

Le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. Nulle part... mais pourquoi ? Pourquoi trouvons-nous un endroit où reposer la tête, tandis que Lui n'a pas de place ? Même le plus démuni des sans-abri de Moscou trouvera un coin chaud dans une gare ou ailleurs, mais notre Seigneur n'a pas de place. Pourquoi ? Il a pourtant pris place à des repas et fréquenté même des maisons riches, ce qui signifie que des gens fortunés L'ont accueilli chez eux. Pourquoi dit-Il donc qu'Il n'a pas où reposer la tête ? Se plaint-Il vraiment de Son dénuement et de Sa pauvreté ? Non, bien sûr.

On peut dire que notre première réaction à ces paroles est effectivement une pitié, un amour et une tendresse sans mesure. Combien d'expériences mystiques ces mots ont suscitées, combien de fois a-t-on parlé de donner au Seigneur son cœur pour qu'Il y repose la tête. Mais sont-ce là les seuls sentiments que le Seigneur veut éveiller en nous par les paroles de la lecture d'aujourd'hui ? S'il en était ainsi, Il ne ferait que Se plaindre et demander qu'on Le plaigne. On ne peut dire que cela soit entièrement absent, car le Seigneur a également assumé la nature humaine, dans laquelle est inscrit le désir d'amour et de tendresse, désir qui n'est pas pécheur en lui-même. Nous avons pourtant le sentiment qu'il ne faut pas s'arrêter à cette seule compréhension de Ses paroles : nous devons réfléchir plus profondément et chercher d'autres sens.

Quand un enfant est malade, quand il repose la nuit brûlant de fièvre, sa mère ne peut dormir. Même si rien ne dépend d'elle et qu'elle ne peut rien faire, elle ne peut reposer la tête et s'endormir. Mais dès que la fièvre tombe, le sommeil vient de lui-même. En réalité, notre monde est lui aussi terriblement malade. Réfléchissons : s'est-il écoulé une seule minute sur terre sans qu'un homme meure quelque part, sans qu'un malheur survienne ? Pour nous, le temps se partage entre la nuit et le jour ; pour le Seigneur, entre les mains duquel repose toute la terre, il n'y a ni nuit ni jour.

On se souvient de la « Prière du soir » du métropolite Antoine de Souroge : « Dans un hôpital ou dans la chambre d'un malade, il y a des gens qui ne dormiront pas parce qu'ils souffrent, parce qu'ils ont peur, parce qu'ils sont inquiets pour ceux qu'ils aiment, dont les uns portent avec eux le poids de leur maladie et dont les autres seront laissés orphelins par leur mort. Il y a des hommes dans la solitude de la prison ; certains sont jeunes, et quelque part au-delà des murs se trouve la jeune fille qu'ils aiment, il y a leurs enfants, leurs camarades, il y a la liberté, il y avait l'espérance, et maintenant il ne reste rien. Il existe aussi des prisons où les nuits sont terribles, où les interrogatoires vont commencer ; ils se prolongent de longues heures au cœur de la nuit ; quelqu'un sera battu, quelqu'un sera torturé. Ils retourneront dans leurs cellules épuisés et entreront dans un jour où ils n'auront aucune consolation, seulement la peur de la nuit à venir. Maintenant la nuit se referme sur eux, la peur enveloppe leur corps et leur âme. En outre, dans toutes les villes, il y a la nuit bruyante, la nuit des bars, la nuit des jeux de hasard, la nuit de l'ivrogne, la nuit où des jeunes gens et des jeunes filles perdront leur pureté ; la nuit où des époux, ayant oublié l'amour et saisis par le seul désir, seront durs l'un envers l'autre. Il y a des gens qui perdront leur honneur et qui auront honte de se réveiller le matin. »

Et en méditant les paroles du métropolite, on peut se demander : quand il existe de telles nuits sur terre, comment le Seigneur pourrait-Il dormir ?

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Pour Lc 9:57-62
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Les réponses du Seigneur Jésus-Christ aux paroles de trois personnes qui viennent à Lui en exprimant le désir de Le suivre...  Lire la suite

Les réponses du Seigneur Jésus-Christ aux paroles de trois personnes qui viennent à Lui en exprimant le désir de Le suivre troublent souvent le lecteur. Pourquoi, au lieu d'accueillir de nouveaux disciples, le Seigneur les rejette-t-Il en quelque sorte et dénonce-t-Il quelque chose dans leur désir de Le suivre ? Cette question tient souvent à nos propres craintes : nous redoutons qu'Il ne rejette aussi notre désir de suivre Jésus. Quoi qu'il en soit, les paroles du Christ dans la lecture d'aujourd'hui, tirée de l'Évangile de Luc, nous choquent ; elles contredisent certaines de nos idées toutes faites, profondément enfouies. Parfois, on en vient même à en vouloir à l'évangéliste : sans ce passage, tout serait bien plus simple et agréable pour nous.

Il faut sans doute distinguer trois raisons principales à cette attitude envers ces paroles du Christ. Premièrement, nos représentations habituelles et stéréotypées sont peut-être fausses. Deuxièmement, nous ne comprenons peut-être pas ce que dit le Seigneur. Et troisièmement, nous appliquons peut-être à tous, y compris à nous-mêmes, ce qui est dit à des personnes bien précises pour une raison bien précise. Ici, les trois raisons semblent jouer à la fois.

L'idée que le Seigneur ne rejettera pas celui qui vient à Lui repose sur Ses propres paroles. Mais Il dit Lui-même aussi que ce n'est pas quiconque L'appelle « Seigneur » qui peut entrer dans la vie, mais seulement celui qui fait la volonté du Père céleste. Dieu n'est donc pas un homme politique dont l'objectif serait la popularité à tout prix. Seul peut Le suivre celui qui possède une certaine pureté d'intention. Lorsque nous cherchons Dieu, nos motivations sont sans doute toujours quelque peu altérées ; mais dans certains cas, cette altération rend notre venue au Christ, non pas impossible, non, mais désastreuse pour nous-mêmes. Tels sont les trois exemples rapportés par l'évangéliste. Le premier, attiré par la gloire du Royaume messianique, veut y prendre part ; mais le Seigneur parle de Son chemin comme d'un chemin de rejet et de souffrance. Les deuxième et troisième veulent suivre le Christ à leurs propres conditions : « Je Te suivrai, mais... », disent-ils. C'est ici l'homme lui-même qui détermine sa route et tente de faire une sorte de faveur à Dieu en acceptant de Le suivre. Or tout cela est loin d'être anodin sur le plan spirituel, comme le soulignent les réponses du Seigneur Jésus.

Il est évident que la première raison de notre refus des paroles du Christ est directement liée à la troisième : il ne faut pas généraliser au monde entier les réponses du Christ à ces trois personnes. Pour qu'elles ne puissent pas nous être appliquées, il suffit de ne pas répéter les erreurs de ces hommes.

Et enfin, il faut vraiment pénétrer le sens de ce que le Seigneur veut dire. Au premier des trois hommes mentionnés, Il parle, au fond, de la Croix. Il importe que les souffrances de la Croix et le rejet par les hommes apparaissent ici comme les compagnons constants du Seigneur Jésus tout au long de Son chemin terrestre, de la grotte de Bethléem au Golgotha. Il est important d'entendre la réponse du Christ à l'homme qui refuse de Le suivre en raison d'un devoir filial essentiel en même temps que la question. Cet homme dit : permets-moi de Te quitter, car quelque part là-bas, quelque chose d'important m'attend. Mais en quittant Dieu, on ne peut aller qu'en un seul endroit : l'enfer, car partout où Dieu est absent, c'est l'enfer. Et le Christ dit à cet homme : non, c'est de là-bas que tu dois partir pour venir à Moi. La question comme la réponse s'articulent autour du verbe apelauno, « partir, s'éloigner ». Là où le Christ est absent, dit Jésus, se trouve le royaume des morts. Ce n'est pas le Christ qu'il faut quitter pour s'y rendre, mais cet endroit qu'il faut quitter pour venir au Christ. Toi, dit le Seigneur, va annoncer le Royaume. Quant au troisième, tout en acceptant de suivre le Christ, il cherche à se réserver un certain degré de liberté et, peut-être aussi, à se vanter devant ses proches de ses progrès spirituels, puisqu'il part à la suite du Maître de Nazareth. Et le Seigneur lui dit qu'une telle duplicité du cœur est impossible devant la face de Dieu.

Voilà apparemment pourquoi il importait à l'évangéliste Luc d'inclure ces trois brefs dialogues dans l'Évangile : afin que nous puissions voir fidèlement ce qui se passait et tirer quelque enseignement de cet exemple.

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Pour Lc 9:60
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
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Les paroles de Jésus sur les morts qui ensevelissent leurs morts peuvent sembler trop dures dans la situation où elles furent prononcées. Mais, à bien y réfléchir, il n'est pas difficile de voir que la situation elle-même était au fond critique, bien que l'homme que Jésus avait appelé à le suivre ne lui demandât apparemment rien d'extraordinaire. Au contraire, il s'agissait de...  Lire la suite

Les paroles de Jésus sur les morts qui ensevelissent leurs morts peuvent sembler trop dures dans la situation où elles furent prononcées. Mais, à bien y réfléchir, il n'est pas difficile de voir que la situation elle-même était au fond critique, bien que l'homme que Jésus avait appelé à le suivre ne lui demandât apparemment rien d'extraordinaire. Au contraire, il s'agissait d'un devoir que nous qualifions habituellement de sacré : ensevelir son propre père. Il existe une interprétation intéressante de cette demande. Certains commentateurs estiment qu'il ne s'agit pas ici du fait que le père de l'homme mentionné dans le récit était déjà mort, mais qu'il était encore en vie tout en attendant la mort, soit à cause d'une maladie, soit simplement en raison de son grand âge. Cet homme demandait un délai afin de permettre à son père de vivre paisiblement les années—sans doute peu nombreuses—qui lui restaient sur terre. Il était prêt à suivre Jésus ; il demandait seulement un délai.

Mais Jésus ne lui accorda pas ce délai. Pourquoi ? On pourrait dire que les ajournements relâchent une personne et lui ôtent souvent la résolution qu'elle avait à un moment donné, résolution qui disparaît avec le temps parce qu'elle n'a jamais accompli ce qu'elle avait décidé de faire. Mais ce n'est qu'un aspect de la question. L'autre est que, dans la vie spirituelle, il n'existe généralement aucun « plus tard ». Dieu est hors du temps, et l'on ne peut le rencontrer que dans le présent, seulement ici et maintenant. Mais l'« ici et maintenant », comme point de rencontre entre la personne et Dieu, se projette dans un moment tout à fait précis du temps et en un point tout à fait précis de l'espace. C'est exactement ce point que Jésus a indiqué à l'homme mentionné dans le récit. En ce point, il faut une concentration extrême sur la présence de Dieu, sur la révélation de sa volonté et sur la tâche placée devant la personne dans le contexte de tout ce qui vient d'être dit.

Mais l'homme dont parle l'évangéliste ne possède pas cette concentration. Il n'est pas dans ce présent éternel où sa rencontre avec Dieu a eu lieu ; il est dans le présent temporel, où le passé cède la place à l'avenir et où le présent se révèle non pas un point de rencontre avec Dieu, mais seulement le lieu où ce qui n'existe pas encore rencontre ce qui n'existe plus. Les paroles tranchantes du Sauveur sont nécessaires pour arracher l'homme au présent temporel et le placer devant Dieu dans le présent éternel. Bien sûr, cela ne constitue pas encore en soi une garantie, car la personne est libre. Mais le moment de la plus grande clarté possible pour une personne devient toujours pour elle un moment de vérité : une vérité envers laquelle il lui faut prendre position—pour le Royaume et pour le salut.

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Pour Lc 9:62
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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La Bible offre de nombreux exemples d'un tel « regard en arrière » : la femme de Lot, Israël pendant l'Exode... Nous cherchons nos idéaux dans le passé, sans comprendre que...  Lire la suite

La Bible offre de nombreux exemples d'un tel « regard en arrière » : la femme de Lot, Israël pendant l'Exode... Nous cherchons nos idéaux dans le passé, sans comprendre que le Royaume de Dieu est toujours ici et devant nous. Il convient ici de rappeler une pensée de l'auteur contemporain Richard Rohr :

« La Bonne Nouvelle renvoie toujours vers l'avenir, vers un lieu nouveau, vers une terre promise. Elle ne se tourne jamais en arrière. Mais l'ironie de l'histoire chrétienne réside dans notre habitude de nous tourner en arrière et de dire : “Autrefois, il y avait des miracles. C'est autrefois que Dieu était Dieu, c'est alors que vivaient les grands prophètes. C'est au Moyen Âge qu'il y avait de grands saints...” Par cette ironie, la Parole de Dieu, de force libératrice, s'est transformée en force défensive. Parce que nous n'avons pas véritablement prêté l'oreille à la Parole de Dieu, nous nous sommes mis à faire de la gymnastique religieuse et avons perdu le contact avec la puissance de la Parole de Dieu. »

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Pour Lc 9:51-62
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous?..  Lire la suite

Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous? Précisément en ce que nous sommes des hommes, avec nos réactions «communes à tous les hommes». Les disciples, brûlant de zèle pour le Maître, sont offensés de ce qu'on n'ait pas voulu Le recevoir. Quelqu'un a traité leur Maître comme n'importe quel autre homme: on a refusé l'hospitalité à un voyageur. Et voilà déjà devant nous la «colère juste» qui gronde, car ces simples pêcheurs ne prononçaient sans doute pas calmement les paroles appelant le feu céleste vengeur, même si l'Évangile le rapporte sans émotion (voir Lc. 9:54). Et ces hommes simples s'estiment en droit de venger une attitude si peu accueillante envers leur Seigneur. Peut-être sont-ils mus par les paroles du Christ qui les envoie prêcher: «Et si quelqu'un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, en sortant de là, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville» (Mc. 6:11). Or il s'agissait alors d'eux-mêmes, tandis qu'ici il s'agit de leur Maître! La punition doit donc être proportionnée!..

Et si l'on imaginait que Joseph se soit comporté ainsi lorsque personne ne voulait les accueillir, lui et Marie qui était sur le point d'enfanter? Combien de gens et de maisons auraient été brûlés par le feu?

Il est étonnant que les disciples aient ici la foi que le feu viendra à leur demande! Et la question ne sonne pas ainsi: «Le feu descendra-t-il du ciel si nous le demandons?», mais «Veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume?» (Lc 9:54).

Et comme il est merveilleux que la foi en Dieu et dans le fait que «tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé par Mon Père céleste» s'accompagne d'un dialogue avec le Seigneur! Car Il rejette la proposition des disciples et le leur interdit (Lc. 9:55), dirigeant leurs sentiers sur le droit chemin.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire....  Lire la suite

Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire et combien il est incompatible avec les conceptions humaines normales. Dans le Royaume de Dieu qui vient, tout sera différent de ce qui est admis sur terre : les plus importants et les plus respectés seront ceux qui ont le moins de valeur aux yeux des hommes (car, avant leur majorité, les enfants n'avaient aucun droit et étaient considérés comme la propriété de leurs parents, au même titre que les esclaves, tandis que Jésus les donne en exemple aux disciples). Jésus interdit aux disciples de diviser les hommes entre « les nôtres » et « les autres », bien que ce soit un principe fondamental de la société humaine (pour comparaison, regardez les nouvelles à la télévision). Son Royaume sort de notre système de valeurs ; il est plus important même que le devoir sacré d'enterrer son père, plus important qu'une maison confortable et une famille. Il saisit l'homme tout entier : celui qui a interrogé Jésus sur Son Royaume a déjà « mis la main à la charrue », déjà commencé le chemin paradoxal vers Dieu...

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient, y compris Ses disciples les plus proches. Et de nouveau, nous nous heurtons à une incompréhension totale, même chez les apôtres, de ce qu'est le Royaume et de ce que sont ses lois. La question même de la primauté, de savoir qui est le plus grand dans le Royaume (v. 46), y perd tout sens. Jésus a su l'expliquer en montrant aux disciples un enfant que la question de la primauté, du fait de son âge, ne préoccupe encore absolument pas (v. 47-48).

Selon les lois de notre monde pas encore transfiguré, est grand celui qui est grand par sa propre grandeur; dans le Royaume, manifestement, la grandeur propre ne signifie rien, et moins l'homme s'appuie sur elle, plus la grandeur du Royaume transparaît à travers lui. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire d'imposer ce Royaume par la force, comme les apôtres avaient pensé le faire dans un village samaritain où, comme d'habitude, on n'appréciait pas les Juifs (v. 51-54): car on ne peut ainsi démontrer que sa propre force et prouver sa propre importance, mais il est impossible de rapprocher les hommes du Royaume par ce moyen. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit aux disciples qu'ils n'agissent pas selon l'esprit du Royaume: pour le Royaume, aucune violence n'est acceptable; on ne peut y faire entrer personne par la force, car pour y entrer, il faut avant tout une relation avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie, une relation non imposée, mais librement acceptée.

Un Royaume imposé par la force n'est pas le Royaume, mais seulement son fantôme, qui peut perdre l'homme mais ne peut pas le sauver. Et puisque le Royaume n'est pas un lieu, mais une relation, il n'est limité par aucune structure; même la communauté apostolique, si on la regarde non comme une communauté de personnes vivant dans le Royaume, mais comme une sorte d'organisation chargée de propager l'idée du Royaume de Dieu, ne le limite pas. C'est pourquoi quiconque témoigne de lui au nom du Christ, en manifestant autour de lui sa puissance et son efficacité, y trouve sa place, même s'il n'a formellement aucun rapport avec la communauté apostolique (v. 49-50). Ainsi, en dissipant les mythes si répandus à cette époque dans la conscience religieuse de masse, Jésus affermit dans le coeur de Ses disciples les représentations du Royaume qui devaient les aider à traverser Sa mort sur la croix et à accueillir Sa résurrection.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description...  Lire la suite

On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description. Voici les disciples qui se disputent pour savoir qui est le plus grand dans le Royaume. Enfin, après le Maître, bien sûr. Voici ces mêmes disciples prêts à faire éclater le tonnerre sur un village samaritain où on ne les reçoit pas. Pas pour eux-mêmes, bien sûr, mais pour le Maître. Et pour la vérité, cela va de soi.

Et voici les gens qu'ils rencontrent en chemin. L'un est prêt à partir, mais Jésus lui dit: Je n'ai nulle part où t'inviter. À un autre, Jésus dit Lui-même: suis-Moi, et celui-ci demande la permission d'enterrer son père; il reçoit une réponse qui paraît impitoyable. Comme encore un autre: la réponse est extérieurement plus douce, mais au fond elle dit: laisse, oublie tout le monde, sinon il faudra oublier le Royaume.

Qu'est-ce donc: une forme particulière de sélection? Oui, bien sûr: car Jésus voit le coeur de chacun, il est pour Lui aussi transparent que pour son Père céleste. Mais il y a aussi quelque chose de commun. Le Royaume est ouvert à chacun. Mais à une condition: il doit être à la première place dans la vie de celui qui veut l'atteindre. Dans le Royaume, on ne finit pas sa vie, on vit. Or ceux qui refusent de partir veulent, d'une manière ou d'une autre, finir leur vie. Rester avec ceux qui finissent la leur. Sans comprendre que finir sa vie, seul ou avec d'autres, peut durer indéfiniment. Dans le monde déchu, en effet, il n'y a pas de vraie vie; il n'y en a que les restes. Et il faut choisir: soit ramasser ces restes et essayer d'en tirer jusqu'à la dernière goutte, soit aller là où la vie est en abondance. Sans essayer de traîner avec soi les restes de ce semblant de vie que l'on peut trouver dans le monde déchu.

Mais là-bas, dans le Royaume, les lois sont autres. Il n'y a pas de chefs et de subordonnés, mais des services à porter, et celui qui sait mieux le faire est le principal. Au principal, dans le Royaume, ne reviennent pas les meilleures places, mais les services les plus responsables. Et là-bas, il n'est pas nécessaire de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Dans ce monde non plus, il n'est pas nécessaire de prouver le Royaume à qui que ce soit.

Le montrer, bien sûr, est possible. Mais le prouver est insensé. Car la preuve, surtout lorsqu'elle fait appel aux tonnerres du ciel, suppose toujours le désir de convaincre de force. De contraindre à accepter, à croire. Et peu importe alors quels seront les arguments irréfutables: dans tous les cas, ils supposent que l'homme se rend devant l'inévitable, que ce soit une force à laquelle on ne peut échapper ou une évidence à laquelle on ne peut se soustraire. Le Royaume, bien sûr, est force et évidence. Mais c'est une force dont on peut s'éloigner, et une évidence que l'on peut ne pas remarquer si on le veut. Dieu ne s'impose pas, et l'homme est libre. À l'homme libre, la liberté; au sauvé, le paradis.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel...  Lire la suite

Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel d'entre nous est le plus grand ? Ou ne ressentons-nous jamais le désir d'« interdire » à quelqu'un qui pense autrement ? Ou de demander à Dieu que le feu du ciel tombe sur nos ennemis, « comme Élie l'a fait » ? Savons-nous toujours de quel Esprit nous sommes ? Beaucoup d'entre nous n'ont pas seulement « mis la main à la charrue », mais ont déjà bel et bien labouré la moitié du champ. Et pourtant, regardons-nous de nouveau en arrière ?

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