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RÉFLEXIONS pour Qo 8:2-4

Moi ! Observe l’ordre du roi,
et à cause du serment divin,
ne te presse pas de t’en écarter ;
ne t’obstine pas dans un mauvais cas,
car il fait ce qui lui plaît :
la parole du roi est souveraine,
et qui lui dira : « Que fais-tu ? »
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On dirait que les paroles de l'Ecclésiaste affirment la grandeur du pouvoir royal, auquel, semble-t-il, personne n'a la force de résister. Mais le pouvoir du roi se révèle lui aussi une composante de l'interminable vanité des vanités, non seulement parce que le pouvoir de l'homme sur l'homme s'exerce souvent pour le mal, mais surtout à cause de l'absence chez le roi d'un véritable pouvoir sur le monde. Car aucun homme n'a pouvoir sur l'esprit pour retenir l'esprit, et il n'a pas de pouvoir sur le jour de la mort.

Autres réflexions

 
Pour Qo 8:1-17
Qui est comme le sage et qui sait expliquer cette parole :« La sagesse de l’homme illumine son visage
et son air austère est changé » ?
Moi ! Observe l’ordre du roi,
et à cause du serment divin,
ne te presse pas de t’en écarter ;
ne t’obstine pas dans un mauvais cas,
car il fait ce qui lui plaît :
la parole du roi est souveraine,
et qui lui dira : « Que fais-tu ? »
« Celui qui observe le commandement ne connaîtra aucun mal ;
le cœur du sage connaît le temps et le jugement. »
Oui, il y a un temps et un jugement pour chaque chose,
mais il y a un grand malheur pour l’homme :
il ne sait pas ce qui arrivera,
qui pourrait lui annoncer comment ce sera ?
Aucun homme n’est maître du souffle
pour retenir ce souffle ;
personne n’est maître du jour de la mort.
Il n’y a pas de relâche dans le combat
et la méchanceté ne sauve pas son homme.
Tout cela je l’ai vu, en mettant tout mon cœur à tout ce qui se fait sous le soleil, au temps où l’homme est maître de l’homme, pour son malheur.
10 Et ainsi j’ai vu des méchants mis au tombeau ; on allait et venait depuis le lieu saint, et on oubliait dans la ville comment ils avaient agi.Cela aussi est vanité.
11 Parce que la sentence contre celui qui fait le mal n’est pas vite exécutée, le cœur des fils d’Adam est plein de l’envie de mal faire.
12 Que le pécheur fasse cent fois le mal, il survit. Mais moi, je sais aussi qu’il arrive du bien à ceux qui craignent Dieu parce qu’ils éprouvent de la crainte devant lui,
13 mais qu’il n’arrive pas de bien au méchant et que, comme l’ombre, il ne prolongera pas ses jours, parce qu’il est sans crainte devant Dieu.
14 Il y a une vanité qui se fait sur la terre :
il y a des justes qui sont traités selon la conduite des méchants
et des méchants qui sont traités selon la conduite des justes.
Je dis que cela aussi est vanité.
15 Et je fais l’éloge de la joie, car il n’y a de bonheur pour l’homme sous le soleil que dans le manger, le boire et le plaisir qu’il prend ; c’est cela qui accompagne son travail aux jours de la vie que Dieu lui donne sous le soleil.
16 Après avoir mis tout mon cœur à connaître la sagesse et à observer la tâche qu’on exerce sur la terre — car ni jour ni nuit on ne voit de ses yeux le repos —
17 j’ai observé toute l’œuvre de Dieu : l’homme ne peut découvrir toute l’œuvre qui se fait sous le soleil ; quoique l’homme se fatigue à chercher, il ne trouve pas. Et même si un sage dit qu’il sait, il ne peut trouver.
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De longues réflexions ont finalement conduit l'Ecclésiaste, comme on le voit, à la conclusion qu'il est impossible de comprendre le sens des événements qui se produisent dans le monde...  Lire la suite

De longues réflexions ont finalement conduit l'Ecclésiaste, comme on le voit, à la conclusion qu'il est impossible de comprendre le sens des événements qui se produisent dans le monde, qu'il n'est clair qu'à Dieu, mais non à l'homme (v. 16-17). La valeur de la sagesse ne tient pas au fait qu'elle explique tout ce qui existe, mais au fait qu'elle change l'homme lui-même (v. 1). Et la seule chose pour laquelle il vaille la peine de vivre est la joie (« l'allégresse »), cette joie que peut donner la communion à table dans le cercle des proches et en présence de Dieu (le mot hébreu correspondant employé dans le texte désigne précisément la joie éprouvée par l'homme en présence de Dieu).

Bien sûr, l'homme y est pour peu de chose, car une telle joie est donnée par Dieu ; elle a peu de rapport avec l'allégresse des insensés condamnée par les sages de l'antiquité, la ressemblance n'étant ici qu'extérieure. Mais la joie en Dieu n'est possible que si l'homme est prêt à observer la Torah et à garder la sagesse. C'est en ce sens que l'Ecclésiaste dit du sage qu'il ne connaîtra aucun mal (v. 5). Un tel homme est prêt à tous les tournants du destin, et, bien que personne n'ait pouvoir sur sa propre vie ni ne puisse rien y changer (v. 6-8), le sage ne craint pas les surprises.

Pour l'Ecclésiaste, l'impiété, comme on le voit, est d'abord liée au désir d'éviter quelque chose que les impies perçoivent comme un mal (v. 8), mais il comprend évidemment la stérilité finale de telles tentatives (v. 12-13). C'est pourquoi, semble-t-il, l'Ecclésiaste insiste sur la conscience professionnelle et l'honnêteté dans les affaires du service de l'État : il ne s'agit pas seulement du fait qu'une autre conduite serait imprudente et dangereuse, mais aussi du fait qu'en agissant autrement, l'homme viole les serments prêtés devant Dieu, trompant non seulement le roi, mais aussi Dieu (v. 2-4). Bien sûr, puisque le châtiment du péché ne s'abat pas immédiatement sur le pécheur, beaucoup ont l'impression qu'on peut l'éviter tout à fait (v. 11). Mais, selon l'Ecclésiaste, il est tout de même inévitable (v. 12-13).

Il reste cependant assez difficile de comprendre en quoi consiste précisément, dans ce cas, cette inévitabilité. Les impies et leurs oeuvres, selon l'Ecclésiaste, sont vite oubliés (v. 10). Mais il avait dit un peu plus tôt la même chose des bonnes oeuvres qui méritent mémoire (Eccl. 4:15-16). Quant aux récompenses et aux châtiments en ce monde, l'Ecclésiaste ne se fait pas d'illusions au sujet de la justice : trop souvent les justes reçoivent ce que méritent les impies, et inversement (v. 14). Apparemment, le seul châtiment de l'impie est l'impossibilité de cette joie en Dieu qui est accessible au juste. Dans ce cas, la justice, comme la sagesse, se révèle être une récompense en elle-même, et l'acquisition de la sagesse, comme la vie juste, devient une fin en soi.

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