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RÉFLEXIONS pour Ac 20:1-16

1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine.
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce,
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine.
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime.
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas.
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit.
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. »
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit.
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation.
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route.
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène.
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet.
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.
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Le chemin de Paul est celui d'un apôtre et d'un missionnaire, au plein sens du terme. Ce n'est pas seulement qu'après avoir parcouru toute l'Asie Mineure, il a laissé des Églises dans toutes ses grandes villes. C'est aussi ce qu'il porte avec lui. Ce n'est pas un hasard si l'auteur des Actes mentionne l'histoire du jeune homme qui, en écoutant la prédication de l'apôtre, est tombé, s'est tué, puis a été ressuscité par Paul.

C'est le seul événement que l'auteur sacré raconte à part ; il expose le reste de manière schématique, sans détails. C'est comme s'il voulait dire : désormais, de tels événements sont assez ordinaires. Ils peuvent se produire n'importe où et n'importe quand, simplement en chemin, presque au passage. Non en raison de capacités exceptionnelles de Paul ou de qui que ce soit, mais parce que Paul, comme tout autre témoin authentique, vit de la vie du Royaume dont il parle et au Roi duquel il rend témoignage.

Le Royaume accompagne Paul et les autres apôtres partout : ils en vivent et vivent en lui. S'ils ne se distinguent extérieurement en rien des gens ordinaires, cela tient uniquement à leur mission. Le Christ ressuscité, marchant auprès des disciples sur la route d'Emmaüs, semblait Lui aussi être un homme de notre monde non transfiguré, mais seulement pour un temps, jusqu'à ce qu'Il disparaisse à leurs yeux.

Il est alors apparu qu'entre Son monde et celui où vivaient alors les apôtres existait une frontière parfaitement nette, quoique invisible au premier abord : le Royaume et le monde non transfiguré sont deux réalités différentes, bien qu'elles se touchent. Paul, lui aussi, tout en restant un habitant du Royaume, agit dans un monde qui n'en fait pas encore partie, afin qu'il finisse par le devenir. Et tout son chemin, tout son ministère, n'est qu'un moyen d'accomplir cette tâche essentielle que Dieu lui a confiée.

Autres réflexions

 
Pour Ac 20:7-9
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit.
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
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La rencontre des disciples à Troas a lieu le premier jour de la semaine, et cette assemblée est présentée comme quelque chose d'habituel. Or nous avons là un témoignage important sur la manière dont...  Lire la suite

La rencontre des disciples à Troas a lieu le premier jour de la semaine, et cette assemblée est présentée comme quelque chose d'habituel. Or nous avons là un témoignage important sur la manière dont le jour de la Résurrection est devenu très tôt dans l'Église le jour des assemblées de prière et d'eucharistie. Pourquoi l'assemblée a-t-elle lieu la nuit, seulement à cause des persécutions? Apparemment, dans une certaine mesure à cause d'elles, mais guère pour cette seule raison. Car le nouveau jour commençait le soir, et l'on peut imaginer avec quelle impatience les chrétiens, brûlant du désir de rencontrer au plus vite le Christ dans la prière et la fraction du Pain, cherchaient à se réunir aussitôt que prenait fin le repos du sabbat observé par les frères venus du judaïsme.

Dans la chambre haute où les disciples étaient réunis, il y avait beaucoup de lampes, mais l'un d'eux était assis à l'écart, près de la fenêtre, ce qui l'a apparemment détaché de l'assemblée et l'a fait s'endormir; en conséquence, il est tombé par la fenêtre. En effet, tous ceux qui viennent dans l'Église n'ont pas nécessairement la réserve de forces spirituelles requise, et pourtant le Maître a demandé aux disciples de veiller. Quant à ceux qui ne se sentent pas de force, il vaut mieux pour eux ne pas se cacher dans un coin retiré, mais aller vers la lumière, afin de ne pas tomber quelque part plus rudement qu'Eutyque n'est tombé.

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Pour Ac 20:10
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. »
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Dans les livres du Nouveau Testament, on rencontre toute une série de témoignages de résurrection de morts, accomplie tant par le Christ Lui-même que par Ses disciples. Comment ces cas sont-ils liés à...  Lire la suite

Dans les livres du Nouveau Testament, on rencontre toute une série de témoignages de résurrection de morts, accomplie tant par le Christ Lui-même que par Ses disciples. Comment ces cas sont-ils liés à la résurrection du Sauveur Lui-même ? Et comment sont-ils liés à cette résurrection qui attend chacun de nous à la fin des temps ?

La Bible regarde la vie humaine comme l'unité de deux processus : naturel et spirituel. Le processus spirituel est lié à ce souffle de Dieu que Dieu « insuffle » à l'homme « dans les narines », c'est ainsi précisément dans le texte hébreu, lors de la création. Par ce souffle, l'homme est vivant ; il fait de lui l'image de Dieu, et ce qui est unique, ce que l'on pourrait définir comme l'humanité de l'homme, lui est lié.

La vie, comme processus naturel, est appelée dans la Bible « âme ». Nous sommes habitués à regarder l'âme comme le centre des qualités personnelles de l'homme, comme ce qui le rend unique et irremplaçable. C'est ainsi que les prêtres égyptiens et les philosophes grecs regardaient l'âme.

Les auteurs bibliques, quant à eux, entendaient par le mot que l'on traduit ordinairement en russe par « âme » une force vitale impersonnelle, commune à l'homme et aux animaux. C'est précisément cette force vitale qui apparaît dans l'homme après que Dieu a « insufflé » en lui le souffle de vie.

Les animaux possèdent eux aussi une telle âme, chez eux liée au sang : car le sang est le fondement de tous les processus vitaux dans l'organisme animal. Chez l'homme, avant la chute, elle était liée au souffle de vie reçu de Dieu ; après la chute, elle s'est trouvée liée au sang, comme chez les animaux. Après la chute, l'homme est manifestement devenu bien plus semblable à l'animal qu'à Dieu, auquel il ressemblait avant la chute.

La mort aussi est décrite dans la Bible comme un processus double. Le souffle de vie que l'homme a reçu de Dieu retourne à Dieu au moment de la mort, tandis que la force vitale, l'âme, s'en va simplement, se dissolvant dans l'espace environnant. Il n'en reste qu'une très petite part, qui rend possible l'existence après la mort de ce qu'on appelle d'ordinaire l'ombre de l'homme, dont le lieu de séjour est le monde d'en bas, appelé shéol.

C'est précisément cette vie qui s'en va si facilement et si inévitablement que Jésus appelle à Lui donner, afin qu'Il lui confère une qualité nouvelle, la renouvelant par le souffle de Son Royaume, dont elle deviendra ensuite une part. Le souffle du Royaume est le même souffle de Dieu ; il pénètre le Royaume dans une plénitude qui ne s'était jamais auparavant ouverte à l'homme.

Mais la vie de l'homme, son âme, doit se renouveler afin de devenir une part organique de ce Royaume vers lequel l'homme tend. La résurrection du Sauveur et la résurrection de chacun de nous à la fin des temps sont impossibles sans un tel renouvellement ; et selon que ce renouvellement deviendra possible pour nous, seuls nos péchés dont nous ne nous sommes pas repentis pouvant l'empêcher, notre destin dans l'éternité sera déterminé.

Il existe aussi une résurrection d'un autre ordre, comme retour à l'ancienne vie non transfigurée. Cela peut arriver si la force vitale n'a pas encore quitté définitivement l'homme, comme dans le cas décrit dans le Livre des Actes. Mais ce n'est pas encore la transfiguration ; ce n'est qu'un retour à l'ancienne vie, à la vieille vie, une chance de plus donnée par Dieu à l'homme pour son salut.

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Pour Ac 20:1-38
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine.
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce,
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine.
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime.
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas.
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit.
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. »
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit.
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation.
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route.
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène.
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet.
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.
17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église.
18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit :
« Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous,
19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs.
20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé,
21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur.
22 « Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra,
23 sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent.
24 Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu.
25 « Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume.
26 C’est pourquoi je l’atteste aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous.
27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer en son entier le dessein de Dieu.
28 « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre fils.
29 « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau,
30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite.
31 C’est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé d’admonester avec larmes chacun d’entre vous.
32 « Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés.
33 « Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne :
34 vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà.
35 De toutes manières je vous l’ai montré : c’est en peinant ainsi qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
36 À ces mots, se mettant à genoux, avec eux tous il pria.
37 Tous alors éclatèrent en sanglots, et, se jetant au cou de Paul, ils l’embrassaient,
38 affligés surtout de la parole qu’il avait dite : qu’ils ne devaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau.
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Cette conversation de l'apôtre Paul avec les presbytres d'Éphèse est sans doute l'un des passages les plus dramatiques du livre...  Lire la suite

Cette conversation de l'apôtre Paul avec les presbytres d'Éphèse est sans doute l'un des passages les plus dramatiques du livre des Actes. Paul sait qu'il va au-devant des épreuves, qu'il ne reverra plus la plupart de ses frères et collaborateurs. C'est pourquoi ses paroles à leur adresse sont une sorte de testament spirituel, ce qu'il peut dire de plus important aux disciples du Christ.

Ainsi, il leur rappelle qu'il ne leur a pas prêché une nouvelle doctrine, une nouvelle loi, une nouvelle religion : il est simplement devenu serviteur et témoin du commencement de leurs propres relations directes avec Dieu. Il ne les appelle pas à s'attacher à des autorités extérieures, mais à veiller sur eux-mêmes et sur le troupeau où demeure l'Esprit, que le Sauveur Christ S'est acquis. Désormais, Dieu conduira Son Église, et les presbytres ne seront que Ses serviteurs. Enfin, qu'ils se souviennent des paroles de Jésus, pleinement accomplies par Paul lui-même : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ». Paul a montré que ces paroles parlent moins d'argent que de tout ce que l'homme possède : de l'âme, du temps, des forces, de toute sa vie.

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Pour Ac 20:1-38
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine.
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce,
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine.
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime.
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas.
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit.
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. »
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit.
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation.
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route.
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène.
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet.
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.
17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église.
18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit :
« Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous,
19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs.
20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé,
21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur.
22 « Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra,
23 sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent.
24 Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu.
25 « Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume.
26 C’est pourquoi je l’atteste aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous.
27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer en son entier le dessein de Dieu.
28 « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre fils.
29 « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau,
30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite.
31 C’est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé d’admonester avec larmes chacun d’entre vous.
32 « Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés.
33 « Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne :
34 vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà.
35 De toutes manières je vous l’ai montré : c’est en peinant ainsi qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
36 À ces mots, se mettant à genoux, avec eux tous il pria.
37 Tous alors éclatèrent en sanglots, et, se jetant au cou de Paul, ils l’embrassaient,
38 affligés surtout de la parole qu’il avait dite : qu’ils ne devaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau.
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La lecture d'aujourd'hui comprend un discours dans lequel Paul fait le bilan de son activité missionnaire...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui comprend un discours dans lequel Paul fait le bilan de son activité missionnaire (v. 17–38). Ce discours est à la fois un compte rendu et une exhortation. En parlant de son ministère, Paul ne mentionne pas par hasard que, durant tous ses voyages missionnaires, il n'a été à charge à personne (v. 33–35). Ce point avait apparemment pour lui une importance de principe, et rien d'étonnant à cela : il concernait le spirituel autant que le matériel. Il ne s'agissait pas seulement du fait qu'il aurait été pour le moins étrange de faire payer la prédication. Il s'agissait de l'attitude même envers le ministère confié par Dieu. Si on le considère comme un travail ordinaire, semblable à tous les autres, on peut bien sûr en réclamer la rémunération comme pour n'importe quel travail. Mais Paul semble suivre avec constance l'instruction donnée par Jésus à Ses disciples lorsqu'Il les envoyait prêcher, pendant Son ministère terrestre (Mt 10,8). Son souci principal paraît être que ceux que Dieu a placés à la tête des Églises conservent tout ce dont il leur a témoigné dans sa prédication (v. 27–32). Paul comprend que de faux docteurs et de faux prophètes apparaîtront très bientôt : leur apparition est inévitable, et il faut s'y préparer (v. 29–30). Rester fidèle à ce dont Paul a témoigné, c'est rester fidèle au Christ et au Royaume. Mais aucun homme n'en est capable seul ; Paul conseille donc aux responsables des Églises d'écouter à la fois eux-mêmes et leur Église (v. 28). À première vue, il semble s'agir seulement de ce que nous appellerions aujourd'hui la démocratie au sein de l'Église. Pourtant, il ne s'agit pas uniquement de l'organisation des communautés ecclésiales, mais de la manière dont Paul voit l'Église. Pour lui, elle est avant tout le nouveau peuple de Dieu, créé par le Christ Lui-même. Aucun homme ne peut gouverner une communauté ecclésiale au sens où l'on parle habituellement de gouvernement dans notre monde encore non transfiguré : si cette communauté reste l'Église, seul Jésus ressuscité peut, par définition, la gouverner. Le rôle du responsable d'une Église devient alors principalement fonctionnel : il peut et doit se tenir à la tête de la communauté et présider l'assemblée, mais il ne peut donner à son Église rien qu'un autre de ses membres ne puisse lui donner. Rien d'étonnant : toute communauté ecclésiale qui mène une vie spirituelle pleine reçoit du Christ Lui-même tout ce qui est nécessaire à cette vie. Il n'y a, et ne peut y avoir, d'autres sources dans l'Église. Mais alors, ce ne sont pas des individus, quelle que soit leur place dans la communauté, qui peuvent préserver l'expérience de la communion avec le Christ, et donc celle du Royaume : seule la communauté entière le peut. Il reste pourtant nécessaire de s'écouter soi-même : la communauté ecclésiale n'est pas un collectif où la personne se perd, mais une communauté de personnes qui suivent le Christ dans toute leur singularité. L'expérience de chacun revêt alors une importance exceptionnelle, sans pouvoir être considérée, bien sûr, comme la vérité ultime. Paul comprenait apparemment qu'on ne peut se protéger des faux docteurs qu'en menant une vie spirituelle pleine. Aucune structure ecclésiale, aucun concept théologique, pas même aucun symbole de foi ne peut, à lui seul, protéger l'Église de la destruction venue du dehors ou du dedans. Sa seule protection peut être la fidélité au Christ et la vie selon les lois du Royaume.

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