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RÉFLEXIONS pour 1Tm 3:14-16

14 En t'écrivant cela, j'espère te rejoindre bientôt.
15 Si toutefois je tardais, il faut que tu saches comment te comporter dans la maison de Dieu - je veux dire l'Église du Dieu vivant -: colonne et support de la vérité.
16 Oui, c'est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.
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Le dernier verset de la lecture d’aujourd’hui est le plus ancien Symbole de la foi, car il exprime pleinement l’essentiel de la foi chrétienne. « Manifesté dans la chair », c’est-à-dire comme homme : c’est un point très important. Dieu a pris sur Lui tout le poids de l’existence en venant dans le monde comme homme. « Justifié dans l’Esprit », ou, selon une autre traduction, « a manifesté Sa justice » par la descente du Saint-Esprit promise par Jésus. « Vu des anges » signifie que la rédemption a été accomplie pour la création tout entière. Le sacrifice du Christ a détruit la mort semée par le péché originel.

Autres réflexions

 
Pour 1Tm 3:14-16
14 En t'écrivant cela, j'espère te rejoindre bientôt.
15 Si toutefois je tardais, il faut que tu saches comment te comporter dans la maison de Dieu - je veux dire l'Église du Dieu vivant -: colonne et support de la vérité.
16 Oui, c'est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.
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À propos de l’Église, Paul dit qu’elle est « la colonne et l’appui de la vérité ». Comment comprendre ses paroles ? Et qu’entend-il par...  Lire la suite

À propos de l’Église, Paul dit qu’elle est « la colonne et l’appui de la vérité ». Comment comprendre ses paroles ? Et qu’entend-il par Église ? Dans l’histoire chrétienne, ces paroles de l’apôtre ont souvent été utilisées pour affirmer l’autorité de telle ou telle religion née sur le terreau chrétien, ainsi que de structures et d’institutions ecclésiastiques très diverses qui prétendaient être les interprètes et les dépositaires ultimes de la vérité chrétienne.

De toute évidence, Paul ne vise aucune religion ni aucune institution ecclésiastique : pour lui, le christianisme n’a jamais été une religion, et les institutions ecclésiastiques dans leur forme médiévale n’existaient tout simplement pas à son époque. Pour l’apôtre, l’Église est quelque chose de tout autre. Cela n’a rien d’étonnant : Paul n’a jamais non plus perçu le christianisme comme une nouvelle religion ; pour lui, il a toujours été non pas une religion, mais une vie, la vie avec le Christ dans son Royaume.

C’est en Lui, dans le Christ, que Paul voit la vérité vivante. Et il n’est pas le seul : les deux, voire trois premières générations de chrétiens regardaient le Christ comme la Torah vivante, et donc aussi comme la vérité vivante. Le Sauveur Lui-même disait d’ailleurs de Lui-même qu’Il est le chemin, la vérité et la vie. Mais une telle vérité ne peut exister que comme la personne du Messie qui a manifesté au monde la Torah vivante. Quant à l’homme, il ne peut connaître la vérité chrétienne qu’en devenant une Torah vivante dans le Christ. Il ne peut y avoir de vérité chrétienne abstraite et formulée : aucun mot, aucune formule ne peut la contenir par définition.

Il existe, bien sûr, des symboles de foi ecclésiaux, mais ils n’ont jamais prétendu exprimer de façon achevée la vérité chrétienne. Ils ne faisaient que délimiter l’espace des opinions possibles pour un chrétien sur les questions fondamentales, espace hors duquel l’homme cesse en fait d’être chrétien au sens où l’étaient les premiers chrétiens. Mais devenir une Torah vivante n’est possible pour l’homme qu’à la condition d’une relation personnelle à la fois avec Dieu et avec le Messie envoyé par Lui. Plus précisément, à l’intérieur de ces relations, relations du Père et du Fils, dans l’espace spirituel qu’elles forment.

Tous ceux qui se trouvent dans cet espace et prennent part au processus de devenir spirituel se trouvent aussi liés entre eux, formant ce tout spirituel que, dans une autre de ses lettres, l’apôtre appelle le corps du Christ. C’est cela qui est l’Église, « la colonne et l’appui de la vérité ». Bien entendu, une telle unité a toujours une certaine dimension extérieure, liée à la vie de son époque, mais elle ne s’identifie jamais pleinement à aucune des formes dans lesquelles elle existe. L’Église comme corps du Christ est toujours plus grande non seulement que toute structure ecclésiastique et toute institution, mais aussi que toute communauté ecclésiale concrète. Et elle seule, dans sa dynamique spirituelle, est « la colonne et l’appui de la vérité ». C’est de cette Église que Paul parle dans sa lettre à Timothée.

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Pour 1Tm 3:15
15 Si toutefois je tardais, il faut que tu saches comment te comporter dans la maison de Dieu - je veux dire l'Église du Dieu vivant -: colonne et support de la vérité.
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En parlant de l'Église, Paul l'appelle la maison de Dieu, « soutien et fondement de la vérité ». Cette définition, pour quiconque...  Lire la suite

En parlant de l'Église, Paul l'appelle la maison de Dieu, « soutien et fondement de la vérité » (v. 15). Cette définition, pour quiconque connaissait au moins superficiellement la tradition yahviste et, en particulier, le culte yahviste, évoquait le Temple de Jérusalem comme le lieu de la présence de Dieu, qui sanctifiait le peuple et en faisait un tout spirituel uni. Bien sûr, cette même présence, selon une tradition déjà non pas sacerdotale mais rabbinique, demeurait aussi dans les assemblées sacrées, comme par exemple le seder pascal ou le repas du shabbat, mais ceux-ci étaient perçus comme le prolongement des repas sacrés sacrificiels du Temple, auxquels les reliait non seulement l'unité de la foi, mais aussi l'unité du sacrifice : la viande sacrificielle consacrée était présente à ces repas jusqu'en 70, jusqu'à la fin de l'époque du Second Temple et à l'arrêt des sacrifices yahvistes.

Paul, lui, appelle visiblement maison de Dieu l'assemblée ecclésiale, ce qui n'a rien d'étonnant : car ici, selon la pensée de l'apôtre, devenait manifeste et s'ouvrait à tous les participants la plénitude du Royaume qui restait d'ordinaire cachée au monde, auquel elle ne se révélera qu'au jour du Jugement et du retour du Sauveur. Mais cette plénitude, comme on le voit, n'est plus liée au culte du Temple, mais à ce que le Sauveur a apporté au monde (v. 16). Ce n'est pas par hasard que l'apôtre relie le « mystère de la piété » au chemin du Christ, qui n'est rien d'autre que l'incarnation de Dieu, se révélant au monde pas à pas et toujours davantage. Et cette révélation se révèle inséparable de la révélation du Royaume qui entre dans le monde. C'est précisément le souffle du Royaume, le souffle de Dieu, qui manifeste la plénitude de la justice du Messie (« ...justifié dans l'Esprit », dit Paul). Ce n'est que dans le Royaume, où il n'y a pas de frontière infranchissable entre l'esprit et la nature, qu'un homme né d'une femme terrestre peut se montrer aux anges. Et ce n'est que par l'Esprit de Dieu qu'est annoncée et reçue dans le monde la bonne nouvelle de la naissance du Messie promis par Dieu, afin que ceux qui cherchent le Royaume puissent entendre, croire ce qu'ils ont entendu et suivre Celui en qui ils se sont confiés.

Quand tout cela s'est accompli, la plénitude de la présence de Dieu propre au Royaume s'est ouverte au monde, plénitude que l'apôtre, suivant l'usage traditionnel, appelle « gloire », celle qui accompagne le Messie ressuscité d'entre les morts. Et tout le chemin parcouru par le Christ conduit à l'Église, à cette assemblée où Celui qui préside devient Lui-même, ressuscité d'entre les morts pour donner au monde le Royaume. Le Royaume qui devient, selon la parole de l'apôtre, « soutien et fondement de la vérité », incarnée dans l'Église comme la plénitude de Dieu s'est incarnée en Jésus Christ Lui-même.

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Pour 1Tm 3:16
16 Oui, c'est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.
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Quand est apparu dans l’Église le premier symbole de foi ? Et que faut-il considérer comme tel ? Bien sûr, dans notre compréhension actuelle, le symbole de foi est avant tout une confession et un témoignage de l’orthodoxie de celui qui le proclame. Mais cela a-t-il toujours...  Lire la suite

Quand est apparu dans l’Église le premier symbole de foi ? Et que faut-il considérer comme tel ? Bien sûr, dans notre compréhension actuelle, le symbole de foi est avant tout une confession et un témoignage de l’orthodoxie de celui qui le proclame. Mais cela a-t-il toujours été ainsi ?

Le sens initial du mot « orthodoxie » est lié à la notion de vues justes ou, plus exactement, d’opinions justes (« orthodoxie » signifie proprement et littéralement « opinion correcte »). Il en résulte qu’en proclamant, par exemple, le symbole de Nicée, nous déclarons par là même que nos opinions sur certaines choses fondamentales pour les chrétiens sont justes, qu’elles ne diffèrent pas des opinions partagées par tous les chrétiens ou, du moins, par leur majorité.

Mais en quoi nos opinions importent-elles à Dieu ? Sur le chemin du Royaume, ce ne sont pas les opinions ou les théories qui comptent, mais les actes ; sur ce chemin, l’orthopraxie est plus importante que l’orthodoxie. Les différences d’opinion sur l’immense majorité des problèmes théologiques, du point de vue du Royaume, ne sont que des rides à la surface de l’eau ; pour le Royaume, une seule différence est essentielle : celle entre le péché et la justice.

Alors quoi : les symboles de foi sont-ils inutiles ? Sans doute sont-ils tout de même nécessaires ; autrement, Paul n’aurait pas proclamé son symbole avec tant de résolution. Mais son symbole a une signification pratique pour la vie spirituelle : il contient un bref témoignage de ce qui constitue le fondement de la vie spirituelle de tout chrétien. Et sa question principale, comme la question principale de tout autre symbole de foi, se ramène à savoir qui est Jésus de Nazareth pour celui qui le confesse. C’est toujours la même question, celle qu’il a posée à Pierre : qui les hommes disent-ils que je suis ? Et vous, qui dites-vous que je suis ? Ici, il ne s’agit plus d’opinions sur des questions théologiques abstraites, mais de l’expression d’une relation à une Personne concrète. Une relation qui, soit ouvre à celui qui confesse le chemin du Royaume, soit le lui ferme.

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Pour 1Tm 3:16
16 Oui, c'est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.
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Quand est-ce qu’est apparue dans l'Église le premier symbole de la foi? Et qu’est-ce qu’on peut considérer tel? Bien sûr, dans notre compréhension actuelle, le symbole de la foi est, en premier lieu, une confession et le témoignage de l'orthodoxie de celui qui proclame ce symbole. Mais est-ce que cela a toujours été ainsi...  Lire la suite

Quand est-ce qu’est apparue dans l'Église le premier symbole de la foi? Et qu’est-ce qu’on peut considérer tel? Bien sûr, dans notre compréhension actuelle, le symbole de la foi est, en premier lieu, une confession et le témoignage de l'orthodoxie de celui qui proclame ce symbole. Mais est-ce que cela a toujours été ainsi? Le sens initial du mot «orthodoxie» est lié à la notion des regards justes ou, plus exactement, des opinions justes («l'orthodoxie», en effet, signifie exactement «opinion juste»).

Il se trouve qu’en proclamant, par exemple, le symbole de Nicée, nous déclarons alors que nos opinions sur certains objets fondamentaux pour les chrétiens sont vraies, qu'ils ne se distinguent pas des opinions partagées par tous les chrétiens, au moins, la plupart. Mais qu’est-ce que Dieu a à faire de nos opinions? Sur le chemin menant au Royaume, sont importantes non pas les opinions ou les théories, mais les actes, l’orthopraxie sur ce chemin est plus important que l'orthodoxie.

Les différences d’opinions selon la plupart des problèmes théologiques du point de vue du Royaume ne sont que des rides sur l'eau, et seulement une différence est essentielle pour le Royaume: entre le péché et la justice. Et quoi donc: le symbole de foi n'est plus nécessaire ? Probablement, il est tout de même nécessaire: sinon Paul ne proclamerait pas son symbole aussi catégoriquement. Mais son symbole a une signification pratique pour la vie spirituelle: il contient un bref témoignage de ce qui fait la base de la vie spirituelle de tout chrétien.

Et sa principale question, comme toute principale question de n'importe quel autre symbole de la foi, est réduite à celle de savoir qui est Jésus de Nazareth pour celui qui se confesse. C'est la même question que Jésus a posée à Pierre: que disent les gens au sujet de Moi? Et qui dites-vous que Je suis? Ce n’est plus ici des opinions sur les questions théologiques abstraites, mais l'expression d’une relation à une Personne concrète. Relation, qui soit ouvre à celui qui se confesse la voie au Royaume, ou la ferme.

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