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RÉFLEXIONS pour Lc 9:12-18

12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
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Le miracle que nous revivons aujourd'hui est décrit six fois dans l'Évangile, et l'Église nous le propose très souvent comme lecture du jour. Mais jamais, et c'est vraiment une manifestation révélatrice, il ne manque de faire naître de nouvelles pensées, un sens nouveau. Aujourd'hui, portons notre regard plein de révérence sur ce que l'Église veut nous dire, car elle a précisément placé devant nous un message qui vient d'elle. Le récit du miracle occupe les versets 12 à 17. Le verset 18 appartient à un tout autre récit, mais l'Église le laisse dans la lecture d'aujourd'hui. Il est très important de le remarquer. Quel est ce verset ? « Un jour, tandis qu'Il priait dans un lieu retiré et que les disciples étaient avec Lui, Il leur demanda : pour qui les gens Me prennent-ils ? » Il vient de nourrir tout le monde. Tous sont rassasiés. Et maintenant, pour qui Le prennent-ils ? Il est très important de garder cette question dans notre vie aussi. Le Seigneur te paraît sans miséricorde, Il ne te donne pas ce dont tu as tant besoin : pour qui Le prends-tu ? Pour un Juge sévère et froid, pour un Chef de la vie, non au sens slavon de ce titre dans la prière bien connue, mais au sens russe le plus ordinaire de « chef ». Le Seigneur t'est favorable ; maintenant, pour Qui Le prends-tu ? Pour Celui qui te donne la grâce, le Bienfaiteur, et tu sembles prier avec tant d'inspiration : que Ton règne vienne... là où l'on mange si bien. Aujourd'hui, le Seigneur, et par Sa bouche l'Église, nous pose cette question et semble la laisser sans réponse. Mais c'est peut-être dans cette absence de réponse que se trouve la réponse la plus importante pour nous : que notre représentation de Dieu ne dépende en aucun cas de ce qui nous arrive, du fait que nous avons été nourris aujourd'hui ou que nous avons faim... Le Seigneur est notre Créateur, Il nous aime, et nous L'aimons : voilà quelque chose d'inviolable, que nul événement du monde visible ne peut affecter.

Autres réflexions

 
Pour Lc 9:12-18
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
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On peut difficilement douter que la multiplication miraculeuse des pains, qui rassasia une foule de plusieurs milliers de personnes avec cinq pains et deux poissons, ait été encore...  Lire la suite

On peut difficilement douter que la multiplication miraculeuse des pains, qui rassasia une foule de plusieurs milliers de personnes avec cinq pains et deux poissons, ait été encore l’une des nombreuses manifestations du Royaume mentionnées dans l’Évangile. Une manifestation à laquelle ne s’attendaient ni les gens venus écouter Jésus, ni même les apôtres: ce n’est pas pour rien que les disciples demandaient à Jésus s’ils ne devaient pas aller acheter du pain pour toute cette foule qui L’entourait. Mais Il agit autrement, donnant non seulement aux apôtres, mais aussi à tous les présents, de voir ce qu’est le Royaume, où la nature est entièrement soumise à l’esprit.

Mais pour sentir le souffle du Royaume, il fallait entrer dans ce Royaume. Bien sûr, le moyen le plus simple d’y entrer était de tenir, au sens figuré et parfois même au sens propre, la main de Jésus. Mais Il veut manifestement que ceux qui avancent forment une chaîne spirituelle, dont les membres puissent aussi se tenir les uns aux autres. C’est manifestement dans ce but qu’Il ordonne aux disciples de faire asseoir le peuple par groupes de cinquante.

Il faut remarquer que, dans le judaïsme, le nombre dix et les nombres multiples de dix ont en général un sens particulier. En effet, dix personnes, plus précisément dix hommes ayant atteint la majorité religieuse, suffisent pour former une assemblée de prière, pour organiser une communauté qui sera considérée comme une synagogue. Et Jésus, de toute évidence, n’organise pas la foule au hasard: Il la transforme en une communauté fondée sur des groupes distincts de cinquante personnes.

C’est manifestement cette forme que, selon le dessein du Sauveur, le Royaume devait prendre dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré: il devait devenir un ensemble de communautés, de communautés comprenant ceux qui cherchent le Royaume et ceux qui ont déjà eu le temps de participer à sa vie. C’est ainsi que devait se former et grandir la chaîne spirituelle de ceux qui cherchent le salut et le Royaume. Mais elle était nécessaire non seulement pour aider ceux qui cherchent le Royaume, mais aussi pour que le Royaume lui-même reçoive la forme de son existence dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu’au bout. Une forme qui lui permettrait de grandir, en accueillant toujours de nouveaux hommes, en conquérant toujours de nouveaux cœurs.

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Pour Lc 9:17
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
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Les quatre Évangiles parlent de la multiplication miraculeuse des pains, racontant les repas pour plusieurs milliers de personnes que...  Lire la suite

Les quatre Évangiles parlent de la multiplication miraculeuse des pains, racontant les repas pour plusieurs milliers de personnes que Jésus organisait comme signe du Royaume de Dieu qui vient. En lui il n'y aura plus ni hostilité, ni faim, ni indifférence; c'est pourquoi tous les hommes se rassembleront autour de la table de Dieu pour le festin. C'est précisément ce que Jésus commence à accomplir, affirmant ainsi que le Royaume est venu: chacun peut venir à Lui et manger le «pain de vie».

Chacun peut venir, mais des disciples les plus proches sera exigé l'effort spirituel le plus important: comprendre plus profondément encore le sens de ces repas, voir en leur Maître non seulement le messager du Royaume, mais aussi son Centre, l'Oint autour duquel toutes les nations se rassembleront à la table de Dieu. Ayant reconnu Son mystère, ils devront entendre des paroles étranges et terribles sur les épreuves proches qui attendent le Christ et Ses disciples. L'évangéliste montre comment les disciples avancent peu à peu sur le chemin de la foi, connaissant toujours davantage leur Maître, prenant sur eux un poids toujours plus grand de foi, une foi qui ne parle pas toujours de joie et de victoires. Peut-être espère-t-il que ses lecteurs passeront eux aussi par ce chemin.

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Pour Lc 9:18-22
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
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La confession de Pierre est sans aucun doute l'un des moments les plus importants de la vie spirituelle de la communauté apostolique. Et c'est précisément à ce moment...  Lire la suite

La confession de Pierre est sans aucun doute l'un des moments les plus importants de la vie spirituelle de la communauté apostolique. Et c'est précisément à ce moment que Jésus commence à parler à Ses disciples de Sa mort sur la croix et de Sa résurrection. Tôt ou tard, cette conversation devait avoir lieu. Mais pourquoi précisément maintenant? Sans doute parce que, spirituellement, les disciples étaient prêts à entendre ce que le Maître leur disait.

Bien sûr, il ne s'agit pas de dire que leur intelligence était prête à accueillir ce qu'ils entendaient. Par l'intellect, ils ne comprirent pas ce qui avait été dit jusqu'à la résurrection même du Maître, et si l'on parle de toute la plénitude, jusqu'au jour de la Pentecôte. Il s'agissait d'autre chose: la confession de Pierre, à laquelle tous les apôtres avaient consenti, obligeait à accepter certaines choses sans lesquelles les apôtres n'auraient pas pu demeurer apôtres. Jésus, en effet, ne ressemblait pas du tout à l'image du Messie propre à la religiosité populaire, si proche et si compréhensible aux apôtres.

Même le jour de l'Ascension du Sauveur, les disciples attendaient de Lui qu'enfin Il devienne un Messie «véritable», «correct», qu'Il rétablisse l'État juif indépendant et qu'Il réalise enfin le programme religieux et politique que le peuple attendait du Messie en ces temps-là. Ce n'est pas par hasard que Jésus leur interdit de parler à qui que ce soit de Son messianisme: Il comprend parfaitement, bien sûr, quels appels s'ensuivraient. Les disciples comprirent tout autrement: ils décidèrent que le moment n'était pas encore venu, qu'il fallait préparer le soulèvement, et que jusqu'alors il fallait garder le silence sur le messianisme de leur Maître.

Et pourtant, malgré tous les malentendus et incompréhensions, Jésus leur dit ce qu'ils devaient désormais entendre. Entendre et accepter. Il n'y avait pas d'autre chemin: car c'est Dieu qui avait révélé à Pierre Qui se tenait devant lui. Désormais, lui aussi, comme tous les autres apôtres, devait tout savoir. Et décider pour lui-même, comme chacun des apôtres: accepte-t-il ce que le Maître a dit ou le rejette-t-il? La question n'était pas de savoir si ce qui avait été dit entrait ou non dans leur conscience. La question principale se réduisait à une seule chose: les disciples pourraient-ils, après tout ce qu'ils avaient entendu, continuer à faire confiance au Maître, ou ne le pourraient-ils pas? «Oui» signifiait le chemin vers le Royaume; «non», le chemin de Judas, le chemin vers les ténèbres extérieures.

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Pour Lc 9:18-22
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
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Nous nous demandons souvent pourquoi le Christ demandait aux apôtres de ne dire à personne qui Il était, alors que parfois Il en parlait soudain Lui-même. Mais si nous nous rappelons...  Lire la suite

Nous nous demandons souvent pourquoi le Christ demandait aux apôtres de ne dire à personne qui Il était, alors que parfois Il en parlait soudain Lui-même. Mais si nous nous rappelons les moments où Il dit clairement qu'Il est le Fils de Dieu, nous voyons qu'Il prononce auparavant des paroles qui pouvaient choquer beaucoup de gens de ce temps, les éloigner de Lui, quelque chose qui ne cadrait pas du tout avec l'image du Messie : par exemple, le sixième chapitre de l'Évangile selon Jean.

Ce n'est pas parce que le Christ veut qu'il nous soit difficile de croire en Lui. Il veut que nous croyions vraiment, malgré tout. Il ne dit jamais « Je suis le Christ » d'une manière qui rendrait impossible de ne pas croire, car c'est Lui-même qui nous a donné la liberté. Dans ce passage évangélique non plus, Il ne dit pas directement : « Je suis le Christ de Dieu. » Il vient de nourrir cinq mille personnes ; croire est maintenant très facile, mais ce serait croire non en Dieu, mais en un mage et un enchanteur. Non, Il demande simplement aux apôtres qui Il est pour eux : à ceux qui L'ont vu non seulement nourrir cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons, mais aussi fatigué et silencieux ; à ceux qui sont toujours avec Lui et pour qui cette question ne serait pas une contrainte. Et les apôtres peuvent répondre qu'Il est le Christ de Dieu, parce qu'ils Le suivent et ne se contentent pas d'écouter Sa Parole, mais s'efforcent de l'accomplir.

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Pour Lc 9:18-24
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
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La question de Jésus à Ses disciples est pleine d'un sens qui ne saute pas immédiatement aux yeux. Elle porte sur ce que signifie Le connaître, Lui, Jésus de Nazareth. Beaucoup L'ont connu pendant Son ministère terrestre, beaucoup L'ont connu sur Son chemin terrestre...  Lire la suite

La question de Jésus à Ses disciples est pleine d'un sens qui ne saute pas immédiatement aux yeux. Elle porte sur ce que signifie Le connaître, Lui, Jésus de Nazareth. Beaucoup L'ont connu pendant Son ministère terrestre, beaucoup L'ont connu sur Son chemin terrestre. Ils Le connaissaient, et en même temps ne Le connaissaient pas. Car ils Le connaissaient comme un maître, ou comme un prophète, ou comme Jean Baptiste ressuscité des morts, ou comme le prophète Élie revenu sur terre, dont on pensait alors qu'il reviendrait du ciel peu avant la venue du Messie pour Lui rendre témoignage. Pour connaître véritablement Jésus, il fallait Le reconnaître comme le Messie, comme Celui qu'Il est réellement.

Comme Pierre L'a reconnu, en L'appelant le Messie, le Christ. Cette reconnaissance était authentique : il s'agissait bien d'une rencontre avec le Christ, et non simplement avec un prophète ou un maître de Nazareth. Pourtant, cette reconnaissance n'était que le début d'une rencontre qui devait se poursuivre ; sinon, elle se serait interrompue avant d'avoir vraiment pu avoir lieu. Reconnaître dans le Messie le Messie n'est que le début du chemin. Ce n'est pas un hasard si, aussitôt après la confession de Pierre, Jésus commence à parler de la mort qui L'attend. Pourquoi précisément de cela ?

Pourquoi pas du Royaume, de la résurrection ou de la vie du siècle à venir ? Très probablement parce que les Juifs croyants de cette époque avaient une certaine idée de tout cela ; ces choses trouvaient tant bien que mal leur place dans leur esprit, même si, bien sûr, leur connaissance ne pouvait être qualifiée de pleinement adéquate. C'était plutôt un mélange de révélation authentique, de mythologie populaire et d'interprétations théologiques. Ils en avaient néanmoins une représentation plus ou moins adéquate, ce qu'on ne peut dire d'un Messie qui meurt et ressuscite.

Une allusion à quelque chose de semblable ne se trouve que chez l'un des grands prophètes d'Israël, Isaïe de Babylone ; mais elle avait été réinterprétée en ce sens que le Messie devrait souffrir, et même affronter un danger mortel, avant d'accéder au pouvoir et de devenir Roi du nouvel Israël. Or, pour suivre le Christ, Ses disciples devaient absolument prendre conscience de Sa mort et de Sa résurrection ; sans cela, ils ne L'auraient jamais connu véritablement. Voilà précisément ce dont Jésus parle avec Ses disciples aussitôt après la confession de Pierre : ce qui est le plus nécessaire pour poursuivre le chemin.

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Pour Lc 9:18-27
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
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La confession de Pierre, survenue après la multiplication des pains pour 5000 personnes avec 5 pains, est un tournant dans l'histoire évangélique...  Lire la suite

La confession de Pierre, survenue après la multiplication des pains pour 5000 personnes avec 5 pains, est un tournant dans l'histoire évangélique. Les foules qui suivent sans relâche le Christ et les Douze sont mues par des motivations assez diverses. Les apôtres répondent au Seigneur que certains de ces gens Le prennent pour Jean, d'autres pour Élie ou pour d'autres anciens prophètes, et qu'ils Le suivent pour recevoir le baptême de repentance ou une guérison miraculeuse, ou simplement pour toucher « au divin ». Le Seigneur Lui-même dit avec amertume : « vous Me cherchez... parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6,26). Sa tentative de révéler à ces gens le dessein du Père provoque des murmures parmi les Juifs, si bien que beaucoup de disciples Le quittent.

Mais le prophète Amos dit que « Dieu ne fait rien sans révéler Son secret à Ses serviteurs les prophètes » (Am 3,7). Cela vaut aussi pour le dessein de Dieu concernant le salut du monde. Pour que les hommes puissent recevoir le Sacrifice de la Croix, ils doivent comprendre ce qu'il est. Pour que les hommes puissent recevoir le Chemin du salut qui nous est donné dans le Christ, il faut Le voir précisément comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Et dans un lieu retiré, aux environs de Césarée de Philippe, dont parle l'évangéliste Luc, le Seigneur pose à Ses disciples une question directe : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? ». Il importe que l'évangéliste Jean, complétant le récit des Évangiles synoptiques, formule cette question autrement : « voulez-vous partir, vous aussi ? ». Ces douze hommes sont les derniers à qui le Seigneur peut adresser une question directe...

Lorsque Pierre, au nom de tous les disciples, confesse Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Seigneur révèle pour la première fois aux disciples le dessein du salut du monde. La Crucifixion et la Résurrection sont révélées aux disciples, et à nous par leur témoignage, comme Pâque : le passage du Dieu vivant à travers notre vie humaine. Il n'y a pas de salut pour nous si un simple homme, fût-il prophète, est mort pour nous. Il n'y a même pas de salut pour nous si Dieu a simplement refait les lois de l'univers afin que le péché ne conduise pas à la mort : dans un monde modifié, nous ne resterions pas nous-mêmes. Le salut nous est donné en ceci : le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme et a partagé notre destin, nous ouvrant le chemin de la Résurrection. Pour s'engager sur ce chemin, chacun de nous, comme Pierre et les apôtres, doit voir en Jésus de Nazareth le Christ, le Fils du Dieu vivant.

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Pour Lc 9:1-27
1 Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
2 Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
3 Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
4 En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
5 Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
6 Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
7 Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
8 certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
9 Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
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La lecture d'aujourd'hui réunit plusieurs courts récits, mais le Christ et les disciples se trouvent au centre de chacun d'eux...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui réunit plusieurs courts récits, mais le Christ et les disciples se trouvent au centre de chacun d'eux. Dans tous ces passages, Il leur accorde un don particulier : l'unité. Elle peut prendre des formes très différentes : la confiance et l'espérance communes en Dieu, leur expérience commune de témoins oculaires des miracles et des guérisons, un repas partagé, la fraction des pains multipliés, une confession de foi commune, le fait de suivre ensemble Jésus sur le chemin de la souffrance et—pour résumer tout cela—l'expérience partagée du Royaume venu avec puissance. Ce chemin d'unité nous est ouvert à nous aussi : dans la prière commune, dans la fraction du pain, dans la foi partagée—dans une relation avec Jésus où il ne s'agit plus seulement de ma foi personnelle, mais de la prise de conscience qu'en vivant ensemble, les uns avec les autres et avec Lui, nous devenons un seul Corps.

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Pour Lc 9:1-27
1 Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
2 Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
3 Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
4 En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
5 Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
6 Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
7 Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
8 certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
9 Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
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La lecture d'aujourd'hui nous propose plusieurs événements que Luc relie entre eux, en faisant les maillons d'une même chaîne. Le passage commence par la description de la manière dont Jésus...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous propose plusieurs événements que Luc relie entre eux, en faisant les maillons d'une même chaîne. Le passage commence par la description de la manière dont Jésus envoie les douze apôtres prêcher (v. 1–10), se poursuit par l'histoire de la multiplication miraculeuse des pains (v. 11–17), et s'achève par le récit de la confession de Pierre, qui comprend un entretien de Jésus (v. 18–27). Et ce lien, bien sûr, n'est pas fortuit. Car Jésus envoie ses disciples témoigner du Royaume, et témoigner non seulement par la parole, mais aussi par les actes, de sorte que le témoignage soit confirmé par une manifestation visible du Royaume, comme les guérisons (v. 1–2). Et la prédication des apôtres, on le voit, eut du succès, attirant l'attention non seulement du peuple, mais aussi des autorités (v. 7–9).

Ensuite arriva ce que, peut-être, même les apôtres n'attendaient pas. Le miracle de la multiplication des pains, on le voit, fut une surprise même pour eux. Pour nourrir la foule rassemblée, ils étaient prêts à agir par les méthodes les plus ordinaires (v. 12–13), tandis que Jésus attendait autre chose d'eux: Il leur ordonna de se comporter comme s'ils se trouvaient dans le Royaume (v. 14–16). Et alors se produisit réellement ce qui ne pouvait aucunement se produire selon les lois de notre monde, encore non transfiguré, mais qui est possible dans le Royaume: une petite quantité de nourriture suffit à tous, et même avec surabondance, si bien que, si la foule rassemblée avait été encore plus nombreuse, chacun en aurait eu assez (v. 17).

Ce fut pour tous, et avant tout bien sûr pour les apôtres eux-mêmes, une expérience très importante du Royaume. Jusque-là, ils avaient été témoins de la manière dont la puissance du Royaume agit dans le monde encore non transfiguré, dans un monde où son action se manifeste, d'une façon ou d'une autre, en s'opposant au mal dans lequel ce monde demeure. Mais maintenant les apôtres virent le Royaume de l'intérieur, tel qu'il sera lorsque le monde sera entièrement transfiguré et renouvelé. Une telle expérience du séjour dans le Royaume triomphant ne pouvait évidemment pas rester sans trace, et la confession de Pierre en fut peut-être la conséquence (v. 18–20).

Alors Jésus avertit ses disciples qu'avant que la victoire du Royaume, qu'ils avaient déjà eu en partie l'occasion de voir, devienne complète, Lui-même devra passer par la croix, et ceux qui Le suivront devront partager cette croix avec Lui (v. 21–27). Ainsi, en faisant participer ses disciples au Royaume, Jésus leur parle en même temps du prix du Royaume. Du prix de la transfiguration du monde et de sa délivrance du mal dans lequel la chute l'a plongé.

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Pour Lc 9:1-27
1 Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
2 Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
3 Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
4 En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
5 Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
6 Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
7 Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
8 certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
9 Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
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Luc ne fait qu'effleurer toute une série d'événements dont les autres évangélistes, surtout Matthieu, parlent plus en détail. Il accorde la place principale à la confession de Pierre et aux paroles de Jésus sur sa mort et sa résurrection prochaines. Cette présentation a sa logique. Tout d'abord...  Lire la suite

Luc ne fait qu'effleurer toute une série d'événements dont les autres évangélistes, surtout Matthieu, parlent plus en détail. Il accorde la place principale à la confession de Pierre et aux paroles de Jésus sur sa mort et sa résurrection prochaines. Cette présentation a sa logique. Tout d'abord, le Sauveur donne à ses disciples de ressentir la puissance du Royaume et d'apprendre par leur propre expérience comment cette puissance agit dans le monde. Et pas seulement à eux: la multiplication miraculeuse de cinq pains et de deux poissons pour nourrir des milliers de personnes n'est elle aussi possible que dans le Royaume. Rien d'étonnant à cela: lorsqu'il s'agit du Royaume, il est plus facile de montrer que de raconter. Cependant, même ceux qui ne s'intéressaient pas auparavant au témoignage du Christ commencent à le remarquer, par exemple Hérode, qui redoutait en général tous les mouvements messianiques susceptibles de menacer son pouvoir.

C'est précisément pourquoi, aussitôt après la confession de Pierre, Jésus explique aux disciples combien le messianisme qu'il a apporté au monde est différent. Bien sûr, les apôtres ne comprirent pleinement tout ce que Jésus leur disait que le jour de la Pentecôte. Mais c'est juste après la confession de Pierre qu'il commença à leur parler de son messianisme et de son chemin. Il s'efforce en quelque sorte de tout clarifier dès le départ, afin que ses disciples n'associent pas son ministère messianique aux conceptions messianiques populaires traditionnelles.

Dès le commencement, le Sauveur fait tout son possible pour que ses disciples comprennent autant qu'ils le peuvent de ce qu'ils devront comprendre pleinement en son temps. Cela se comprend: le Golgotha était devant eux. Il fallait préparer autant que possible les disciples à ce qui les attendait, et ce qui les attendait, c'était le choc lié à l'effondrement complet de toute leur vision et de tout leur sentiment du monde. Seule l'expérience du Royaume pouvait les aider à le surmonter—non pas le royaume terrestre des représentations populaires, mais le véritable Royaume, celui que le Sauveur a apporté au monde.

Les apôtres acquirent l'expérience du Royaume, autant qu'elle était alors possible, après être partis prêcher seuls, sans leur Maître. Les nouvelles conceptions du Royaume se révélèrent plus difficiles: elles n'entraient pas dans la tête des disciples, ne trouvaient pas place dans leur conscience. Il ne restait plus qu'à se fier à leur intuition et, surtout, aux relations personnelles qui les liaient à Jésus. Pourtant, il dit aux apôtres tout ce que les paroles humaines peuvent exprimer au sujet de son chemin terrestre et de son ministère terrestre. Ensuite, chacun accueille de ses paroles autant qu'il est capable d'en accueillir.

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Pour Lc 9:1-17
1 Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
2 Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
3 Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
4 En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
5 Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
6 Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
7 Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
8 certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
9 Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
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En envoyant les douze apôtres prêcher, le Seigneur leur confie la mission d’annoncer le Royaume de Dieu et de rendre témoignage...  Lire la suite

En envoyant les douze apôtres prêcher, le Seigneur leur confie la mission d’annoncer le Royaume de Dieu et de rendre témoignage à ceux qui veulent accueillir leur témoignage. Au début du chapitre suivant, Il confie la même mission aux soixante-dix apôtres. Les Douze comme les Soixante-dix sont appelés à s’en remettre à Dieu et à ne pas emporter de provisions superflues pour le voyage. La différence caractéristique que relève l’évangéliste Luc est que les douze apôtres reçoivent également la puissance et la mission de chasser les esprits mauvais et de guérir les maladies. C’est précisément pourquoi, dès la génération chrétienne suivante, on disait que le Christ « avait établi Son Église sur le fondement des douze apôtres ». Il les avait en effet revêtus de Sa propre puissance et de Son autorité, et leur avait confié la mission qu’Il accomplissait Lui-même dans Son ministère. La particularité de la mission des douze apôtres signalée par Luc est importante, car elle caractérise non seulement leur tâche à ce moment précis, mais aussi l’essence de l’Église que le Seigneur édifie. Comme les apôtres, toute l’Église apostolique poursuit sur terre ce ministère du Christ : annoncer le Royaume et guérir la nature humaine blessée.

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