54 Il disait encore aux foules : « Lorsque vous voyez un nuage se lever au couchant, aussitôt vous dites que la pluie vient, et ainsi arrive-t-il. |
55 Et lorsque c’est le vent du midi qui souffle, vous dites qu’il va faire chaud, et c’est ce qui arrive. |
56 Hypocrites, vous savez discerner le visage de la terre et du ciel ; et ce temps-ci alors, comment ne le discernez-vous pas ? |
57 « Mais pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ? |
58 Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche, en chemin, d’en finir avec lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’exécuteur, et que l’exécuteur ne te jette en prison. |
59 Je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu même jusqu’au dernier sou. » |
« Tu ne sortiras pas de là avant d'avoir payé jusqu'à la dernière petite pièce », nous dit aujourd'hui le Seigneur. Et il nous est parfois très difficile de l'entendre. Formés par les livres de prières, nous trouvons souvent plus facile de nous considérer avec dépréciation. Nous nous imaginons avoir ainsi acquis la pauvreté d'esprit. Je suis un pauvre. Je suis le larron sur la croix. Je n'ai rien, rien ne m'a été donné, et rien ne peut m'être demandé. Et nous nous complaisons tellement dans cet état que nous pensons avoir reçu la visite de la première béatitude.
Mais, en réalité, tout cela peut finir en un instant. Le Seigneur t'appellera et te dira : « Où est ce que Je t'ai donné ? Qu'en as-tu fait ? À quoi l'as-tu dilapidé ? » Même la pauvreté matérielle prend des formes différentes : il y eut Xénia de Pétersbourg, qui donna tout ce qu'elle possédait, et il y a de simples ivrognes qui ont tout bu. Cela paraît un peu grossier, parce qu'il s'agit de choses purement matérielles. Mais si l'on transpose cette métaphore au domaine de l'esprit, on s'aperçoit que les mêmes lois y règnent. Le mystique médiéval Maître Eckhart parlait ainsi de la pauvreté d'esprit : « Si l'on me demande maintenant ce qu'est “un homme pauvre qui ne veut rien”, je répondrai ceci : tant qu'un homme a quelque chose vers quoi se dirige sa volonté, même si sa volonté est d'accomplir la volonté de Dieu, cet homme n'est pas pauvre au sens dont il est question ici. Car cet homme possède encore une volonté par laquelle il veut plaire à la volonté de Dieu ; et ce n'est pas encore la pauvreté véritable. »
Ainsi, tant que tu veux être pauvre en esprit, tant que tu essaies ce rôle, tu ne l'es pas. Et puisque tu n'es pas pauvre en esprit, on peut donc te demander des comptes. Si de telles pensées sur la pauvreté d'esprit te sont venues, si tu pries, ne serait-ce qu'avec un livre de prières, c'est que tu as beaucoup reçu, que tu es entré en contact avec l'Esprit, et cela dépasse ce qu'il peut y avoir de plus grand, car Dieu donne l'Esprit sans mesure (Jn 3,34). C'est donc beaucoup qui t'est demandé. Et c'est seulement quand tout aura été exigé de toi que tu seras pauvre, pas avant.
57 « Mais pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ? |
Les paroles du Sauveur, adressées à des gens qui semblaient croyants, font réfléchir à ce que nous remarquons et à ce que nous ne remarquons pas. Ou plutôt à ce que nous voulons remarquer et à ce que nous ne voulons pas remarquer. Aujourd'hui comme en tout temps, il y eut beaucoup de gens, même des croyants, qui assuraient plus ou moins sincèrement aux autres et à eux-mêmes que, soi-disant, en ce qui concerne la vie spirituelle, ils faisaient tout leur possible, mais que tout n'était pas en leur pouvoir, et que, s'il en est ainsi, que pouvait-on encore leur demander? On ne peut pas sauter plus haut que sa tête. Entre-temps, Jésus, s'adressant aux gens qui L'écoutent et qui exigent de Lui des signes prouvant sa messianité, leur conseille de prêter attention à eux-mêmes.
Le principe est simple: si vous vous connaissiez vraiment, leur dit Jésus, vous Me reconnaîtriez aussi, et vous n'auriez besoin d'aucun signe. Mais dans l'état où se trouvaient les gens qui écoutaient le Sauveur, aucun signe ne les aurait aidés. Et il ne s'agit pas nécessairement du fait que ceux qui écoutaient Jésus Le trompaient délibérément, ou se trompaient eux-mêmes. Il pouvait aussi s'agir du fait que ses auditeurs n'étaient pas, au sens spirituel, eux-mêmes.
Ils n'étaient pas leur vrai soi, de même que très souvent nous non plus ne sommes pas notre vrai soi. Nous ne vivons pas cette vraie vie que Dieu nous donne, et c'est pourquoi la vie du Royaume n'a nulle part où entrer en nous. En effet, notre vie naturelle, selon la nature, est un courant qui vient de Dieu et qui est lié à son souffle, à ce souffle de vie qui détermine notre existence comme personnes créées à l'image de Dieu. Et si nous ne permettons pas au courant de notre vie de couler librement, si nous le faisons entrer dans des cadres que nous avons créés, les cadres de théories, de concepts, de religions que nous avons inventés, alors le souffle du Royaume n'a nulle part où entrer.
Pour vivre de la vie du Royaume, il faut d'abord devenir soi-même. Alors beaucoup de choses deviendront évidentes, des choses que, tant que notre vie ne coule pas librement, aucun miracle ne pourra nous prouver. C'est de cela que Jésus parle à ceux qui Lui demandent des preuves de sa messianité: devenez vous-mêmes, et vous verrez tout par vous-mêmes. On ne peut imaginer meilleure preuve: car toute preuve, par définition, est extérieure, tandis qu'il s'agit ici de ce qui vient de l'intérieur, de ce dont l'homme se convainc lui-même. Alors il n'a plus besoin d'aucun miracle: sans eux, tout lui est clair.
48 Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. |
49 « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! |
50 Je dois être baptisé d’un baptême, et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé ! |
51 « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division. |
52 Désormais en effet, dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois : |
53 on sera divisé, père contre fils et fils contre père, mère contre sa fille et fille contre sa mère, belle-mère contre sa bru et bru contre sa belle-mère. » |
54 Il disait encore aux foules : « Lorsque vous voyez un nuage se lever au couchant, aussitôt vous dites que la pluie vient, et ainsi arrive-t-il. |
55 Et lorsque c’est le vent du midi qui souffle, vous dites qu’il va faire chaud, et c’est ce qui arrive. |
56 Hypocrites, vous savez discerner le visage de la terre et du ciel ; et ce temps-ci alors, comment ne le discernez-vous pas ? |
Les paroles de Jésus sur la division qu'Il a apportée dans le monde troublent certains lecteurs de l'Évangile, particulièrement de nos jours. L'union nous paraît aujourd'hui plus appropriée que la division ; nous aimerions voir disparaître toutes les divisions entre les hommes. L'unité nous semble, par définition, préférable à la division.
Il en est bien ainsi lorsqu'il s'agit de choses secondaires. Or, du point de vue de l'Évangile comme de celui de la vie spirituelle en général, toutes nos divisions — culturelles, linguistiques, raciales, même religieuses — sont par essence secondaires : elles ne touchent pas l'essentiel, nos relations avec Dieu et leur dynamique. Du point de vue de l'Évangile comme de celui de la vie spirituelle en général, c'est précisément la dynamique des relations avec Dieu et le prochain qui est centrale ; tout le reste est secondaire. À cet égard, les êtres humains ne se répartissent qu'en deux catégories : ceux dont la vie comporte une relation avec Dieu et la dynamique qui l'accompagne, et ceux chez qui elle est absente.
Bien entendu, l'absence totale de relation avec Dieu signifie pour l'être humain la destruction complète de sa personne, souvent suivie aussi d'une destruction physique. Mais on peut parler de la naissance et de l'affermissement de ces relations, ou de leur dégradation progressive, de leur tendance à se détruire entièrement. À la limite, dans le contexte et la perspective du Royaume entrant dans le monde, il faut parler d'aspiration à la plénitude de la vie du Royaume ou d'auto-isolement : la tentative de se retrancher, de créer son petit monde clos, pour en devenir le roi, l'unique maître et souverain. Le monde déchu existe précisément dans cet isolement ; la principale division chrétienne oppose donc ceux qui cherchent la vie du Royaume à ceux qui se contentent de la vie de ce monde, du monde déchu.
Ici, la division est réellement inévitable : ces deux orientations spirituelles sont incompatibles, non parce que les uns seraient « spirituels » et les autres non, mais parce que les uns cherchent la vie et avancent vers elle, tandis que les autres se satisfont d'une vie qui se meurt, d'un enfoncement progressif dans la mort qui règne dans le monde déchu. Il ne s'agit pas de points de vue ou de convictions différents, mais de directions opposées du mouvement spirituel, qui séparent inévitablement ceux qui les choisissent. Des personnes allant dans des directions différentes, opposées, ne peuvent en effet rester unies.
35 « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. |
36 Soyez semblables, vous, à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. |
37 Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira. |
38 Qu’il vienne à la deuxième ou à la troisième veille, s’il trouve les choses ainsi, heureux seront-ils ! |
39 Comprenez bien ceci : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur devait venir, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. |
40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. » |
41 Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tout le monde ? » |
42 Et le Seigneur dit : « Quel est donc l’intendant fidèle, avisé, que le maître établira sur ses gens pour leur donner en temps voulu leur ration de blé ? |
43 Heureux ce serviteur, que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
44 Vraiment, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
45 Mais si ce serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde à venir », et qu’il se mette à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, boire et s’enivrer, |
46 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; il le retranchera et lui assignera sa part parmi les infidèles. |
47 « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. |
48 Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. |
49 « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! |
50 Je dois être baptisé d’un baptême, et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé ! |
51 « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division. |
52 Désormais en effet, dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois : |
53 on sera divisé, père contre fils et fils contre père, mère contre sa fille et fille contre sa mère, belle-mère contre sa bru et bru contre sa belle-mère. » |
54 Il disait encore aux foules : « Lorsque vous voyez un nuage se lever au couchant, aussitôt vous dites que la pluie vient, et ainsi arrive-t-il. |
55 Et lorsque c’est le vent du midi qui souffle, vous dites qu’il va faire chaud, et c’est ce qui arrive. |
56 Hypocrites, vous savez discerner le visage de la terre et du ciel ; et ce temps-ci alors, comment ne le discernez-vous pas ? |
57 « Mais pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ? |
58 Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche, en chemin, d’en finir avec lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’exécuteur, et que l’exécuteur ne te jette en prison. |
59 Je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu même jusqu’au dernier sou. » |
La lecture d'aujourd'hui touche un autre thème, très important pour comprendre ce qu'est la vie dans le Royaume. Mais le sens des paroles de Jésus ne devient clair que dans le contexte de la situation de cette époque de transition qui a commencé avec la venue du Sauveur et dans laquelle nous vivons. On pourrait l'appeler l'époque du Royaume qui vient, et elle s'achèvera par le retour de Jésus. Mais puisque nous ne connaissons pas les dates exactes de ce retour, la disponibilité est requise toujours, chaque jour et à chaque heure.
C'est précisément là le sens des paraboles racontées par Jésus (v. 36-48). Car lorsque, dans l'Évangile, il est question de la proximité du Royaume, il ne s'agit pas de la date de la seconde venue du Christ, mais du fait que le Royaume est déjà entré dans le monde, que sa présence pour nous aujourd'hui n'est déjà plus future mais présente; et si nous ne remarquons rien de semblable, c'est seulement parce que nous ne voulons pas le remarquer. Certes, il arrive que, sur ceux à qui Dieu confie des ministères liés au Royaume, l'éloignement apparent du terme du processus ait un effet relâchant, semblable à celui qu'avait sur le serviteur déchaîné de la parabole la pensée que le maître était loin (v. 45).
Il n'est pas étonnant que ceux qui savaient tout et qui, malgré cela, se sont permis de se relâcher soient l'objet d'une exigence plus sérieuse que ceux qui savaient moins (v. 47-48). Mais autre chose est intéressant. Dans le monde, il y a ceux qui savent davantage et ceux qui savent moins, mais, semble-t-il, il n'y a personne qui ne sache rien. Ce n'est pas un hasard si Jésus compare les signes du Royaume qui vient aux signes par lesquels, en ce temps-là, on déterminait l'approche d'un changement de temps: ils étaient tout aussi évidents et tout aussi compréhensibles pour chacun, de sorte qu'il était tout simplement impossible de ne pas les remarquer du tout et de ne rien comprendre (v. 54-57).
C'est précisément pourquoi la venue du Royaume divise les hommes, et la division, semble-t-il, ne passe pas par une frontière nationale, sociale ou religieuse, mais par-dessus toutes les frontières, séparant ceux qui accueillent le Royaume de ceux qui le rejettent, parfois vivant non seulement dans le même pays et la même ville, mais même dans la même maison (v. 51-53). Et cela arrive non parce que Dieu aurait besoin de divisions, mais parce que le Royaume est une réalité absolue: il est impossible d'y entrer en partie ou à moitié, et même d'y entrer «presque complètement» ne réussira pas. On entre dans le Royaume jusqu'au bout et sans regarder en arrière, ou bien on n'y entre pas du tout. Voilà pourquoi, dans l'Église, selon la parole de l'apôtre Paul, il ne peut y avoir «ni Grec ni Juif»: si l'Église demeure le Royaume et ne se transforme pas en organisation religieuse parmi beaucoup d'autres, une seule division reste actuelle pour elle: entre ceux qui accueillent le Royaume et ceux qui le rejettent. Toutes les autres divisions sont conditionnelles et relatives; celle-ci est absolue, aussi absolue que peut l'être la séparation entre la vie éternelle et la mort éternelle.
35 « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. |
36 Soyez semblables, vous, à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. |
37 Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira. |
38 Qu’il vienne à la deuxième ou à la troisième veille, s’il trouve les choses ainsi, heureux seront-ils ! |
39 Comprenez bien ceci : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur devait venir, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. |
40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. » |
41 Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tout le monde ? » |
42 Et le Seigneur dit : « Quel est donc l’intendant fidèle, avisé, que le maître établira sur ses gens pour leur donner en temps voulu leur ration de blé ? |
43 Heureux ce serviteur, que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
44 Vraiment, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
45 Mais si ce serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde à venir », et qu’il se mette à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, boire et s’enivrer, |
46 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; il le retranchera et lui assignera sa part parmi les infidèles. |
47 « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. |
48 Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. |
49 « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! |
50 Je dois être baptisé d’un baptême, et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé ! |
51 « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division. |
52 Désormais en effet, dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois : |
53 on sera divisé, père contre fils et fils contre père, mère contre sa fille et fille contre sa mère, belle-mère contre sa bru et bru contre sa belle-mère. » |
54 Il disait encore aux foules : « Lorsque vous voyez un nuage se lever au couchant, aussitôt vous dites que la pluie vient, et ainsi arrive-t-il. |
55 Et lorsque c’est le vent du midi qui souffle, vous dites qu’il va faire chaud, et c’est ce qui arrive. |
56 Hypocrites, vous savez discerner le visage de la terre et du ciel ; et ce temps-ci alors, comment ne le discernez-vous pas ? |
57 « Mais pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ? |
58 Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche, en chemin, d’en finir avec lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’exécuteur, et que l’exécuteur ne te jette en prison. |
59 Je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu même jusqu’au dernier sou. » |
La venue du Royaume de Dieu est un mystère peut-être aussi grand que celui du Royaume lui-même. C'est pourquoi le Seigneur appelle les disciples à veiller, afin de ne pas manquer ni laisser passer dans leur sommeil la venue du Royaume dans leur vie. Il ne s'agit probablement pas seulement d'être constamment prêts à mourir ou à accueillir la Seconde Venue du Christ.
Le Christ entre aussi dans la vie humaine au moment où l'homme s'y attend le moins : à tout instant, nous pouvons nous trouver devant un choix d'une importance vitale ou une rencontre décisive. Malheur à celui qui ne remarque pas le Christ au moment où il est appelé à participer à l'accomplissement du Royaume de Dieu. Ce n'est pas que Dieu S'offensera et le punira, mais qu'en passant à côté de ce Royaume, l'homme manquera l'événement le plus important et la rencontre la plus importante de sa vie. C'est pourquoi, à l'approche de la Rencontre définitive, le Seigneur appelle les hommes à ne pas manquer Sa présence dès ici-bas, en chemin vers le triomphe du Royaume de Dieu.
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