RÉFLEXIONS pour Ac 11:19-30 — le 24 octobre 2024

RÉFLEXIONS pour Ac 11:19-30

Manifestement, la conversion de Corneille ne fut que la première étape de l'entrée des païens dans l'Église. Le plus remarquable est que ces anciens païens participent eux-mêmes activement à l'expansion du Royaume, et donc de l'Église : ils commencent à témoigner auprès de leurs compatriotes. Les chrétiens juifs, même dispersés dans les régions voisines de la Judée, suivaient apparemment avec rigueur le principe observé par le Sauveur pendant Son ministère terrestre. Ils ne témoignaient qu'auprès des Juifs, d'autant que des communautés juives existaient alors dans toutes les villes quelque peu importantes de l'Empire romain. En revanche, les anciens païens, après leur conversion et leur entrée dans l'Église, commençaient par témoigner auprès de leur entourage, composé de païens semblables à ce qu'ils avaient eux-mêmes été tout récemment.

Un certain isolement du monde juif a probablement joué ici : les Juifs étaient généralement plus à l'aise parmi les leurs, comme cela avait toujours été le cas, et il leur était aussi plus facile de témoigner dans leur propre milieu. On peut en dire autant des païens nouvellement convertis : ils trouvaient naturellement plus facilement un langage commun avec les leurs que ne le faisaient les Juifs vivant dans le monde assez fermé de leur quartier. Dieu, quant à Lui, utilisait toutes ces différences pour faire entrer le plus grand nombre possible dans le Royaume.

Finalement, la mission auprès des païens devint perceptible à l'échelle de l'Église entière. Ces anciens païens se donnèrent même un nom propre, grec : chrétiens — en grec, « chrétiens » signifie « messianistes ». L'Église avait alors la forme d'une fraternité religieuse ; ces fraternités constituaient, au fond, un mouvement communautaire, généralement doté d'un conseil d'anciens, mais sans structure rigide ni hiérarchie.

La communauté de Jérusalem jouissait naturellement d'une autorité particulière dans l'Église. Ce n'est pas par hasard qu'un représentant respecté de cette communauté se rendit en Syrie, à Antioche, pour voir de ses propres yeux les nouveaux convertis et échanger avec eux. Une fois arrivé, il y resta un an, tant ce qu'il y avait vu lui paraissait important pour l'Église. Ainsi, à côté de sa composante juive, ou religieuse, l'Église se dota d'une composante séculière, que l'on pourrait qualifier de païenne dans le langage des livres du Nouveau Testament.

Cela n'a rien d'étonnant : le Royaume ne dépend d'aucune religion, et il n'est pas nécessaire d'être une personne religieuse pour participer à sa vie. Il suffit de faire confiance au Christ et d'être prêt à Le suivre. Comme le fit d'abord Corneille, puis d'autres anciens païens, devenus habitants du Royaume et se présentant au monde sous le nom de chrétiens.