1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » |
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin. |
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : « Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi. |
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. » |
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange. |
La lecture d'aujourd'hui nous décrit les premiers problèmes de l'histoire de l'Église qui, comme tous les autres problèmes des relations humaines, étaient liés au péché de l'homme. Il s'agit de celles que l'évangéliste appelle les « veuves des hellénistes » (v. 1). Dans la Synagogue et dans l'Église primitive, on appelait hellénistes les Juifs issus de la diaspora de langue grecque. Il avait toujours existé dans la Synagogue une certaine hiérarchie tacite, où la première place revenait à la communauté juive de Judée et de Jérusalem, tandis que les personnes issues de la diaspora, surtout de langue grecque, occupaient une position moins honorée. Il n'est pas étonnant que cette attitude ait fini par se manifester aussi lors des repas fraternels de l'Église, provoquant l'indignation compréhensible des hellénistes : c'était dans l'Église qu'ils s'attendaient le moins à rencontrer une telle discrimination. Il faut noter que le mot grec correspondant ne signifie pas « distribution du nécessaire », comme le rend la traduction synodale russe — il n'a commencé à être employé dans ce sens qu'au Moyen Âge —, mais simplement « service ». Il désignait apparemment les assemblées de l'Église, qui prenaient la forme de repas fraternels centrés sur la fraction du pain, alors très répandue non seulement dans l'Église, mais aussi dans les confréries religieuses juives. Les apôtres résolvent ce problème en proposant aux membres de la communauté chrétienne primitive, dont le nombre avait déjà beaucoup augmenté, de choisir eux-mêmes ceux qui présideront leurs assemblées. Ils promettent de leur imposer les mains et de prier (v. 2–3), ce qui, selon la coutume de l'époque, signifiait l'admission de ces ministres choisis dans la communauté apostolique (v. 5–6). Le but était d'élargir celle-ci à ceux qui pourraient prendre en charge le « service des tables », afin que les apôtres puissent continuer à se consacrer au « service de la parole », c'est-à-dire à la prédication et au témoignage (v. 4). Bien entendu, le « service des tables » ne comprenait pas seulement les tâches administratives et matérielles ; il comportait aussi des responsabilités spirituelles et pastorales. Un tel ministre devait présider les assemblées communautaires et bénir le pain et le vin lors de la fraction du pain : la responsabilité de la vie spirituelle de la communauté reposait donc aussi sur lui. En règle générale, aucune activité proprement missionnaire n'était cependant confiée à ce responsable, bien que les premiers ministres, appelés diacres en grec, aient souvent été, comme Étienne, d'aussi bons prédicateurs que les apôtres eux-mêmes (v. 8–10). Ainsi, le nombre croissant des membres de l'Église et l'imperfection de la nature humaine déchue font naître une structure ecclésiale. Mais, même dans ces conditions, l'Église primitive, tout comme celle des deux ou trois siècles suivants, ne se transformait pas en organisation à hiérarchie rigide. Elle restait un mouvement communautaire uni avant tout par la communauté de foi et de vie spirituelle.
1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » |
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin. |
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : « Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi. |
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. » |
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange. |
Aujourd'hui nous lisons comment l'Église surmonte une nouvelle situation de crise. Le problème est sérieux : dans une communauté où l'amour mutuel devrait être le principe des relations, apparaissent soudain des personnes lésées, et, comme cela arrive souvent dans le monde, ce sont des membres d'une « minorité socialement vulnérable » : les veuves des hellénistes « non locaux », des Juifs venus de la diaspora à Jérusalem et ayant cru en Jésus.
Ainsi, les plus faibles ne se sont pas trouvés au centre de l'attention et de l'amour de tous, mais au contraire. Ce qui importe pour nous maintenant n'est pas tant le constat d'un tel mal dans l'Église, car le manque d'amour et l'indifférence des chrétiens n'étonnent plus personne aujourd'hui, que la manière dont il est résolu : Étienne apparaît, diacre et martyr, rempli de l'Esprit Saint, de sagesse, de foi et de force, avec les six autres diacres prêts à rétablir la paix et l'amour dans la communauté des premiers disciples.
Dieu agit, d'une manière ou d'une autre, par des personnes ouvertes à la conduite de Son Esprit. Et pour nous, le plus important est de devenir précisément de telles personnes, des personnes de l'Esprit, de sagesse et de foi, afin que par nous le Seigneur puisse conduire vers la perfection le monde qu'Il a créé pour Sa gloire.
1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
Nous voyons comment, avec l’augmentation du nombre de personnes dans l’Église primitive (la communauté comptait déjà environ 8 000 personnes), la « quantité » d’amour par personne (si tant est que l’amour puisse se mesurer) diminue. Certaines veuves « non locales » furent oubliées ou non remarquées dans la distribution de la nourriture et des autres choses nécessaires à la vie. Cela ne signifie pas que les gens cessent d’aimer et que l’amour s’en va, mais cela indique que ceux qui arrivent apportent sans doute avec eux moins d’amour et plus de péché qu’il n’en faut pour maintenir le niveau commun de « combustion ». Oui, tout homme est pécheur, y compris celui qui se joint à l’Église. Et chacun de nous, en venant dans l’Église, a apporté sa part de péché et sa part d’amour. Car nous n’en connaissons qu’Un seul qui soit étranger au péché et qui n’ait apporté dans ce monde que l’amour…
Mais tout cela ne signifie nullement qu’il ne faut pas aller dans l’Église pour qu’il n’y ait pas davantage de péché en elle. Nous venons dans l’Église et vers Dieu pour être libérés des ténèbres qui sont en nous ; chacun de nous est un membre de l’Église sans lequel elle ne peut être complète (voir 1 Co 12:14–22). Et l’Église a besoin de chacun de nous, comme le Christ a besoin de l’amour et de la reconnaissance de chaque homme.
1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
Nous sommes habitués au fait que dans l'Église, comme dans les organisations de type volontaire, quiconque est prêt à assumer une responsabilité se trouve aussitôt responsable de tout. On court vers les prêtres avec toutes sortes de questions. La plupart des responsables chrétiens s'occupent de tous les problèmes qui surgissent dans les communautés. Le responsable est responsable de tout.
Mais les apôtres posent la question d'une manière tout à fait différente. Ils savent à quoi le Seigneur les a appelés : à prêcher la Parole de Dieu. Ils comprennent qu'il leur est impossible de combiner le service de la parole et les « questions matérielles ». C'est pourquoi ils font un choix, et choisissent ce à quoi le Seigneur les a appelés. Ce faisant, ils n'ignorent pas le problème ; ils disent simplement que, pour résoudre ce problème, il faut des personnes qui s'occuperont précisément de cette question. Les apôtres prient pour ceux que l'Église a choisis.
Il est sans doute important pour chacun de nous de comprendre qu'il y a des tâches auxquelles le Seigneur nous appelle et que nous devons accomplir nous-mêmes, et qu'il y en a d'autres, elles aussi importantes et nécessaires, pour lesquelles le Seigneur choisira quelqu'un d'autre. Le plus difficile, peut-être, c'est l'équilibre. Prions pour que le Seigneur nous donne la sagesse de ne pas faire ce à quoi Il ne nous a pas appelés, et de faire ce à quoi Il nous appelle, et bien sûr de ne pas exiger des prêtres et des responsables qu'ils sautent plus haut que leur tête.
1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
La croissance de la communauté chrétienne de Jérusalem ne se faisait apparemment pas sans difficultés. La principale était qu'il se révélait bien peu aisé de garder ce « seul cœur et cette seule âme » par lesquels l'auteur sacré caractérise la vie des premiers chrétiens. C'est de là que vint le problème des veuves de ceux que l'auteur du livre appelle les « hellénistes ». Il s'agissait très probablement de Juifs de la diaspora, parfois désignés par ce mot. Il n'est cependant pas exclu qu'il s'agisse de païens convertis au judaïsme. Quoi qu'il en soit, une chose est claire : certaines personnes de la communauté étaient devenues des membres de seconde catégorie, traités comme tels et relégués au second plan pendant le culte de l'Église.
Il faut noter que le texte original ne parle pas d'une quelconque « distribution du nécessaire » — le grec diakonia ne prit ce sens que plusieurs siècles plus tard —, mais précisément du « service quotidien », ou du « service de tous les jours », autre traduction possible de l'expression grecque. C'était le service de l'Église lié au repas rituel et à la fraction du pain. C'est apparemment lors de ces repas que les veuves des hellénistes commencèrent à se sentir reléguées au second plan. L'auteur ne précise pas comment cela se manifestait, mais le fait demeure.
Le sens spirituel de ce qui se passait était parfaitement clair pour les apôtres : avec la croissance de la communauté, des personnes étaient apparues qui n'étaient pas encore prêtes à un travail spirituel sérieux et pleinement accompli. Elles se mirent à accorder trop d'attention aux caractéristiques extérieures des nouveaux membres, notamment à leur origine ou au fait qu'ils n'étaient pas nés juifs, mais l'étaient devenus en embrassant le judaïsme. Tout cela n'a évidemment aucune importance pour la vie spirituelle. Celui qui consacre toute son attention à la vie et au travail spirituels ne remarque tout simplement pas de telles choses, parce qu'elles n'ont pour lui aucune importance.
Il en va autrement de celui qui ne s'engage pas sérieusement dans le travail spirituel : il remplace souvent la vie spirituelle par la vie religieuse, où tout ce qui vient d'être énuméré est, bien entendu, important et de grand poids. Apparemment, à un moment donné de la vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem, l'élément religieux, sans avoir nécessairement commencé à prévaloir sur le spirituel, était au moins devenu assez visible pour créer des tensions absolument inutiles dans la vie communautaire. Il fallait agir. Comprenant qu'ils ne pouvaient assumer le « service des tables » parce que la « parole de Dieu » — c'est ainsi qu'on appelait alors la Torah — occupait tout leur temps, les apôtres proposent à la communauté de choisir des ministres, des « diacres », qui prendraient en charge ce service.
Un tel ministre devait d'abord organiser l'assemblée, puis la présider, devenant le responsable chargé de diriger la petite communauté nouvellement formée. Habituellement, c'était ce « diacre » qui accomplissait la fraction du pain pendant le repas rituel. Il devait désormais veiller à ce que rien, dans sa petite communauté, ne trouble ni ne détruise sa vie spirituelle. Les apôtres, quant à eux, ne gardaient plus que le « service de la Parole » : le témoignage du Christ et l'enseignement de la Torah aux chrétiens dans le contexte de ce témoignage.
Ils accueillaient les ministres nouvellement choisis dans leur propre communauté, leur imposant les mains et priant pour que descende sur eux l'Esprit Saint, ce souffle de Dieu qui rend l'homme capable d'assumer un ministère et d'accomplir l'œuvre de Dieu. Ainsi les apôtres résolurent un problème qui, autrement, aurait pu provoquer une grave crise spirituelle dans la communauté. Et l'Église primitive commença à prendre la structure d'une confrérie religieuse traditionnelle pour l'époque : le ministère du président d'une petite communauté réunie par un repas rituel et la fraction du pain était en effet un ministère fraternel traditionnel de ce temps.
1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. |
2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : « Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. |
3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ; |
4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole. » |
5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Étienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. |
6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. |
7 Et la parole de Dieu croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi. |
La communauté grandit, et les préoccupations quotidiennes s'accumulent, devenant de plus en plus difficiles à gérer. Bien des choses, dans le cheminement de l'Église du Nouveau Testament, rappellent celui du peuple de l'Ancien Testament : de même que Moïse, ne parvenant plus à porter seul le fardeau, avait autrefois désigné des personnes dignes pour l'assister, les apôtres établissent maintenant des ministres chargés des questions pratiques.
Tout irait bien, si la création de nouveaux ministères n'avait pas été provoquée moins par les préoccupations d'organisation et d'intendance elles-mêmes que par les plaintes d'un groupe de fidèles au sujet de l'injustice commise par un autre groupe de fidèles semblables à eux. La brèche ouverte par Saphire et Ananie s'élargit ; l'hostilité humaine entre dans la communauté, et la première fissure apparaît dans l'Église. Elle n'a pas encore conduit au schisme : le conflit a été réglé à temps par une répartition judicieuse des responsabilités. Mais les racines de ce premier conflit sont plus profondes. Elles sont dans nos péchés, que non seulement nous oublions de rejeter et cessons de remarquer, mais que nous introduisons trop souvent et trop légèrement au sein même de l'Église.
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » |
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin. |
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : « Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi. |
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. » |
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange. |
Le récit du supplice d’Étienne commence aussitôt après la mention de son établissement dans le service, et le récit de son témoignage dure plus longtemps que celui de son service lui-même, si bien que nous ne savons même pas si on a laissé Étienne travailler normalement longtemps. Mais d’après ce qui est dit, on peut voir qu’Étienne était un bon serviteur, et il apparaît que ce qu’il avait accompli suffisait pour que les adversaires du Christ s’acharnent précisément contre lui.
Il est impossible de contester Étienne, il n’y a rien à lui répondre sur le fond, mais on veut lui fermer la bouche par n’importe quel moyen ; et c’est là que commence l’iniquité du côté des accusateurs. Dans chaque répression injuste contre les disciples du Christ, il y a quelque chose qui rappelle la répression contre le Maître Lui-même : de nouveau les accusateurs excitèrent le peuple, les anciens et les scribes, de nouveau ils présentèrent de faux témoins... Mais le Maître avait averti d’avance : « S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi... » (Jn 15:20).
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » |
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin. |
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : « Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi. |
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. » |
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange. |
L'inventivité des accusateurs parlant au nom du Temple et du Sanhédrin n'était pas très raffinée. Les accusations contre Étienne reprennent celles que ces mêmes personnes, probablement, avaient autrefois portées contre Jésus Lui-même. Toujours le même procédé familier : s'accrocher à des paroles manifestement allégoriques et tenter de faire accuser leur auteur d'un crime « contre le peuple, le Temple et la Torah ». Dans le droit religieux de l'époque du Second Temple, un certain ensemble d'actes constituait le crime « contre le peuple, le Temple et la Torah ». Il comprenait tout ce qui relevait d'actions contre le peuple, la Torah et le Temple. Par exemple, quiconque se rangeait volontairement du côté d'autorités causant un tort quelconque au peuple était considéré comme criminel contre le peuple.
Quiconque aurait osé demander publiquement l'abandon de la Torah comme loi régissant la vie du peuple, en nier l'autorité ou appeler publiquement à la transgresser aurait été criminel contre la Torah. Et, si les célèbres paroles du Sauveur sur la destruction du Temple avaient été comprises littéralement plutôt qu'allégoriquement, on aurait fort bien pu L'accuser d'un péché contre le Temple, donc contre le sanctuaire. Tous les crimes de ce genre étaient punis de mort. Le sachant, les ennemis d'Étienne comme de Jésus Lui-même cherchaient à les faire tomber sous l'accusation la plus grave pour garantir une condamnation à mort.
Le motif devait être ces paroles sur le Temple que Jésus, selon Ses propres mots, pouvait bâtir en trois jours si quelqu'un le détruisait. Les accusateurs s'étaient alors attachés à la forme : « Détruisez... et Je bâtirai. » Avec beaucoup de détermination et une orientation manifestement à charge de l'enquête judiciaire, on pouvait accuser celui qui les avait prononcées d'appeler à détruire le Temple. Mais l'accusation était si évidemment absurde qu'elle échoua dans le cas de Jésus. Le grand prêtre abandonna alors tout simplement l'accusation formelle, s'accrocha à d'autres paroles de Jésus et L'accusa de blasphème, sans plus juger nécessaire d'en apporter la preuve dans une procédure judiciaire formelle.
Et voici que l'on tente maintenant d'accuser Étienne de la même chose et sur les mêmes bases que Jésus Lui-même. Dans sa prédication, Étienne avait probablement répété plus d'une fois les paroles du Sauveur sur la destruction du Temple, les interprétant comme son Maître : au sens de Sa mort sur la croix et de Sa résurrection. Pour arrêter le prédicateur, quelqu'un parmi les gens du Sanhédrin proposa alors d'essayer de lui faire ce qu'on n'avait pas réussi à faire à Jésus : l'accuser d'un crime contre le Temple et tenter de mener l'accusation jusqu'au bout dans le cadre, précisément, d'une procédure judiciaire formelle.
L'accusation d'un crime aussi grave contre l'un des ministres de la communauté fraternelle, de surcroît prédicateur actif, aurait porté un coup sérieux à l'Église si elle avait été prouvée. Elle aurait même pu servir de motif à une interdiction formelle de l'Église, qui existait alors en Judée comme l'une des nombreuses confréries religieuses enregistrées auprès du Sanhédrin. L'enjeu était de taille, et une rude épreuve attendait Étienne lui-même comme l'Église entière.
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
Durant les trois premiers jours qui suivent Noël, nous nous rappelons trois manières différentes de confesser le Christ et de nous donner à Lui. Nous commençons par faire mémoire de saint Étienne. Il est l'exemple le plus clair de la manière dont nous devons nous conduire si nous voulons être conséquents dans notre choix et notre confiance en Dieu. Étienne était de ceux qui ont été fidèles en peu de chose, et c'est pourquoi beaucoup lui fut confié. Il travaillait, prêchait et témoignait du Christ par ses actes et ses miracles. Travailler pour Jésus, répondre de ce que l'on fait et des personnes qui nous sont confiées : tel est le premier et le plus simple chemin du disciple et du frère. Chacun reçoit sa propre part de travail sur ce chemin, et Étienne, qui a mené sa tâche jusqu'au bout, n'a pas reculé d'un seul pas et a donné sa vie pour Jésus, est pour nous tous un exemple et un soutien sur ce chemin.
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple. |
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, |
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. |
Le premier jour après Noël, l'Église célèbre la fête de saint Étienne, le premier martyr. Ce n'est pas un hasard si sa fête est la première après Noël. Étienne fut le premier à suivre jusqu'au bout le chemin de Jésus, jusqu'à la mort. Le chemin du don total de soi, du complet oubli de soi. Et regardez ce qui se passe lorsqu'Étienne parle de sa vision. Ceux qui l'entourent se bouchent les oreilles. Il ne s'agit certainement pas simplement du désir pieux de fidèles fervents de préserver leurs oreilles de ce qu'ils considèrent comme un blasphème. Ils sentent dans les paroles d'Étienne une force inconnue. Ces paroles pourraient changer quelque chose dans leur cœur... alors ils se bouchent les oreilles et l'arrêtent, de la seule manière dont ils savent l'arrêter.
Pour nous, il est sans doute important de réfléchir à notre propre réaction à une parole qui nous est adressée. Ne nous arrive-t-il pas d'avoir très envie de nous boucher les oreilles ?
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