52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
60 Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Et en disant cela, il s’endormit. |
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
De manière tout à fait inattendue, Étienne change à la fois le sujet et le ton de son discours. Il commence manifestement dans l'intention de se justifier devant ses juges, d'expliquer le sens des paroles qui ont servi de motif à son accusation. Tout son assez long parcours à travers l'histoire du peuple juif et de la Révélation devait l'amener au thème du Temple comme sanctuaire et de la Torah comme instrument de sanctification.
Il était apparemment prévu de passer ensuite à l'image du Christ comme sanctuaire vivant, comme nouveau Temple et comme Torah vivante. Ce passage aurait pu expliquer le sens des paroles qu'Étienne répétait après Jésus sur la destruction du Temple, ces paroles mêmes qui avaient servi de motif à l'accusation. Mais soudain, sans raison apparente, Étienne passe d'un exposé historique calme à des accusations directes contre les personnes présentes, dans l'esprit et le style des anciens prophètes. Que s'est-il passé ?
La réponse peut se trouver dans le témoignage d'Étienne lui-même : selon ses propres paroles, il a vu le ciel ouvert et le Christ Lui-même, qu'il a appelé le « Fils de l'homme », debout « à la droite de Dieu ». Une telle révélation ne pouvait manquer d'interrompre le cours de son discours et d'en changer le sujet comme le ton. Apparemment, ce qu'Étienne a vu marquait le début de son départ, le prélude à sa mort de martyr. Sa tâche avait changé : un instant auparavant, il s'agissait de prononcer un discours pour sa défense ; maintenant qu'il devenait clair que son chemin et son ministère terrestres touchaient à leur fin, il devait dire avant de partir l'essentiel que les personnes venues l'écouter avaient besoin d'entendre. Dans cette situation, un plaidoyer en tant que tel n'avait naturellement plus de sens.
L'essentiel était ce que Jésus Lui-même avait dit à Ses auditeurs durant Son ministère terrestre : au fond, l'état spirituel du peuple n'avait en rien changé depuis les derniers prophètes. Les prédécesseurs de ceux qui accusaient maintenant Étienne avaient tué les prophètes parce qu'ils ne voulaient pas entendre le témoignage de Dieu que ceux-ci portaient. Ceux qui accusaient Étienne avaient, de la même manière, tué le Messie Lui-même, parce que le témoignage du Royaume leur était aussi insupportable que la révélation des prophètes l'avait été à leurs prédécesseurs. Voilà l'essentiel que les auditeurs d'Étienne devaient entendre avant que le martyr ne quitte notre monde. Et ils entendirent tout. Puis ils agirent comme leurs pères.
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
Étienne accuse, et les accusateurs ne tiennent plus et se jettent sur lui. Étienne n'a-t-il pas dépassé la mesure ? Peut-être aurait-il fallu prêcher plus doucement, sans blesser l'amour-propre de personne ? Avec un peu de chance, il serait resté sain et sauf, et aurait converti quelqu'un...
Mais une prédication « adoucie » serait devenue n'importe quoi, sauf un appel au salut, sauf une parole de vie et de mort. Le moment est venu où il faut une franchise extrême et la disposition à témoigner par le sang de la fidélité aux paroles et de la fidélité à la Parole. Étienne ne pouvait pas renoncer à ce dont il était sûr comme de la Vérité ; son témoignage des cieux ouverts et du Fils de l'homme debout à la droite de Dieu n'était pas une métaphore, on ne donne pas sa vie pour des métaphores.
Si, lors de l'exécution du Christ, on avait au moins respecté une imitation de justice, maintenant les accusateurs ne font même pas semblant d'observer la loi. Les formalités juridiques sont rejetées, et c'est un lynchage, un meurtre sans jugement. Ceux qui n'aiment pas les Romains, mais s'entendent parfaitement avec eux, violent volontiers l'interdiction romaine de prononcer des sentences de mort. D'ailleurs, Étienne fut tué sans même qu'une sentence soit prononcée, si bien que la lettre de l'interdiction ne fut pas violée.
Et ici nous voyons pour la première fois Saul, zélateur de la loi, guidé non par la loi mais par sa propre haine. Il lui reste encore à voir que ce n'est pas la haine qui est en réalité au-dessus de la loi...
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Durant les trois premiers jours qui suivent Noël, nous nous rappelons trois manières différentes de confesser le Christ et de nous donner à Lui. Nous commençons par faire mémoire de saint Étienne. Il est l'exemple le plus clair de la manière dont nous devons nous conduire si nous voulons être conséquents dans notre choix et notre confiance en Dieu. Étienne était de ceux qui ont été fidèles en peu de chose, et c'est pourquoi beaucoup lui fut confié. Il travaillait, prêchait et témoignait du Christ par ses actes et ses miracles. Travailler pour Jésus, répondre de ce que l'on fait et des personnes qui nous sont confiées : tel est le premier et le plus simple chemin du disciple et du frère. Chacun reçoit sa propre part de travail sur ce chemin, et Étienne, qui a mené sa tâche jusqu'au bout, n'a pas reculé d'un seul pas et a donné sa vie pour Jésus, est pour nous tous un exemple et un soutien sur ce chemin.
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Le premier jour après Noël, l'Église célèbre la fête de saint Étienne, le premier martyr. Ce n'est pas un hasard si sa fête est la première après Noël. Étienne fut le premier à suivre jusqu'au bout le chemin de Jésus, jusqu'à la mort. Le chemin du don total de soi, du complet oubli de soi. Et regardez ce qui se passe lorsqu'Étienne parle de sa vision. Ceux qui l'entourent se bouchent les oreilles. Il ne s'agit certainement pas simplement du désir pieux de fidèles fervents de préserver leurs oreilles de ce qu'ils considèrent comme un blasphème. Ils sentent dans les paroles d'Étienne une force inconnue. Ces paroles pourraient changer quelque chose dans leur cœur... alors ils se bouchent les oreilles et l'arrêtent, de la seule manière dont ils savent l'arrêter.
Pour nous, il est sans doute important de réfléchir à notre propre réaction à une parole qui nous est adressée. Ne nous arrive-t-il pas d'avoir très envie de nous boucher les oreilles ?
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
Que s'est-il vraiment passé ? Quelqu’un qui entre en extase, prononçant un long discours sur l'histoire d'Israël, a une vision et la raconte. Semblerait-il quoi de spécial, les visions ne sont-elles pas différentes ? Mais les conséquences sont plus tragiques : c’est notamment après ces mots de la vision qu’on se jette sur Étienne pour le tuer! Qu'a t-il dit d’horrible?
Étienne parle du chemin d'Israël, comme ce chemin mène à l’avènement du Messie - tout va bien; quand il accuse les leaders spirituels du peuple du meurtre du Juste, ils grincent les dents, mais il n’y a pas encore de crime ici. Et tout va à ce qu'il faudrait le relâcher. Mais Étienne est en ce moment même rempli du Saint Esprit, Qui non seulement lui ouvre une vision saisissante, mais l'incite aussi à en témoigner. Appeler Jésus Juste, ou même Messie n’est pas un crime, mais plutôt une expression d’opinion, alors que dire que tu Le vois dans les cieux à la droite du Père est soit la vérité, soit un blasphème. Le Saint Esprit n’approuve pas l'indécision du choix des membres du sanhédrin, tout comme Il ne consent pas et avec notre indécision, - Il met les gens et en cette époque là, et aujourd’hui devant la nécessité de donner une réponse concrète et univoque à la question : Qui est Jésus pour moi?
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
Comme il est étonnant et effrayant de se trouver à Jérusalem pendant la persécution, de sentir l’agitation, la peur et le tremblement des hommes, et en même temps leur foi et leur joie toujours croissantes à suivre le Christ. Nous avons devant nous quelque chose qui ressemble beaucoup aux événements de l’Évangile : persécution, trouble et pleurs sur celui qui a été tué. Seulement, cette fois, il s’agit déjà des disciples du Christ, et c’est Étienne qui a été tué. Comme alors, il se trouve des « hommes pieux » pour ensevelir le martyr. Les pleurs sur Étienne s’apaisent, mais déjà un écho se fait entendre : des hommes sont dans le deuil parce que Saul jette leurs proches en prison. Pourtant, en même temps, nous voyons Philippe annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, le Messie venu parmi nous. Nous voyons des miracles et des guérisons, des hommes attentifs à la parole, et une « grande joie » (Ac 8:8). Il en va de même à notre époque : les difficultés peuvent être un terrain fécond pour éprouver la présence de Dieu, approfondir la prière et connaître la joie. C’est précisément pourquoi le Seigneur demande d’accueillir sans résistance tout ce qu’Il donne, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment le Seigneur » (Rm 8:28). Toutes les difficultés sont appelées à nous affermir sur le chemin où nous Le suivons.
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. |
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux. |
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. |
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. |
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. |
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. |
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent. |
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. » |
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent ! |
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. |
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ; |
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. » |
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. » |
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains. |
Il est intéressant que l'Évangile annoncé par les disciples, séparé du don de l'Esprit Saint qui est donné aux croyants par les apôtres, puisse facilement se transformer en un nouvel enseignement magique ésotérique. C'est précisément ainsi que Simon le Magicien le perçoit. Ne connaissant ni la liberté ni la grâce de l'Esprit Saint, ni les relations avec Dieu fondées exclusivement sur la miséricorde et sur le don libre de la communion, il pense que dans la vie chrétienne on peut acheter ou vendre quelque chose. Cette erreur est très universelle. Dès que nous perdons, ou oublions, cette expérience de la joie en Dieu, dès que nous cessons de vivre par l'Esprit, nous commençons aussitôt à penser qu'on peut gagner quelque chose auprès de Dieu, Le forcer à faire quelque chose, ou Le soudoyer d'une manière quelconque.
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. |
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux. |
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. |
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. |
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. |
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. |
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent. |
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. » |
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent ! |
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. |
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ; |
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. » |
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. » |
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains. |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de regarder le Royaume sous un angle nouveau, peut-être un peu inattendu. Il s'agit de l'histoire d'un certain magicien nommé Simon (v. 9–24). À la lecture du récit, on remarque immédiatement que, très peu de temps après l'arrivée de Philippe dans la ville, Simon devint l'un de ses auditeurs les plus attentifs et semblait déjà prêt à devenir l'un de ses disciples (v. 9–13). Mais, lorsque les apôtres vinrent dans la ville et prièrent pour que l'Esprit descende sur les nouveaux convertis, Simon s'approcha d'eux, leur proposant de l'argent et demandant en échange cette puissance de prière qui permettait à l'Esprit de descendre sur ceux pour qui ils priaient (v. 18–19). Un tel désir de la puissance divine chez un magicien pourrait sembler étrange et contre nature. Mais, si l'on réfléchit à l'essence de la magie, on n'y verra rien de particulièrement étrange. Depuis longtemps, les magiciens considèrent le monde comme l'expression et l'incarnation d'une force ou d'une énergie surnaturelle, dont la maîtrise passait pour le but de la magie et le sens de la vie du magicien. Apparemment, Simon avait lui aussi obtenu certains succès dans ce domaine, peut-être même considérables (v. 10–11). Mais voici qu'un inconnu apparaît dans la ville : il semble mieux connaître cette force et la maîtriser avec art. Simon voulut évidemment devenir le disciple de ce mystérieux inconnu et, cette décision prise, ne le quittait plus (v. 13). Il avait probablement négligé le baptême, l'estimant inutile pour lui. Apparemment, comme la plupart des magiciens, Simon était un athée pratique. S'il pensait à Dieu, c'était probablement en ce sens que Dieu ne pouvait ni l'aider ni l'entraver : le magicien doit acquérir lui-même la force, sans s'adresser à aucun dieu ni à aucun esprit. Lorsqu'il fut convaincu que les apôtres possédaient réellement une puissance tout à fait réelle, capable de changer l'homme, il voulut naturellement apprendre à la maîtriser comme eux. Mais tout se révéla à la fois plus simple et plus compliqué que Simon ne l'attendait. Il ne s'agissait pas simplement d'une force, mais du Royaume entrant dans le monde, la force n'étant que l'une de ses manifestations. Or Simon voulait acquérir la force sans le Royaume. Ce n'est pas par hasard que Pierre porte un jugement extrêmement sévère sur son état spirituel (v. 22–23). Le problème n'est pas que la force dont le magicien veut obtenir la maîtrise soit mauvaise en elle-même. En fin de compte, rien dans le monde n'est démoniaque à l'origine : le diable est incapable de créer, il ne peut qu'abîmer et pervertir ce qu'il n'a pas créé. Le plus effrayant est ailleurs : même lorsqu'il entre en contact avec le Royaume, le magicien demeure toujours fermé aux autres, y compris à Dieu, et reste totalement égocentrique. Le Royaume suppose au contraire une ouverture entière à Dieu et au prochain. À en juger par la réaction de Simon aux paroles de Pierre (v. 24), il commence probablement à le comprendre. Et peut-être fait-il ainsi son premier pas vers le Royaume.
51 « Nuques raides, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! Tels furent vos pères, tels vous êtes ! |
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
60 Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Et en disant cela, il s’endormit. |
Aujourd’hui, nous avons devant nous la première mort parmi les chrétiens (si l’on ne compte pas Ananie et Saphire comme chrétiens — voir Ac 5:1–11). Et le premier chrétien mourant est déjà un martyr. Le monde continue de rejeter le Christ et Ses disciples. Et si les grands prêtres avaient craint de mettre à mort le Christ Lui-même de leur propre autorité, sans les Romains, parce qu’Il était trop aimé de beaucoup dans le peuple, après s’être débarrassés de Lui, ils ne font plus de cérémonies avec Ses disciples.
Le Sanhédrin, devant lequel paraît Étienne, entend une fois de plus des accusations ouvertes à son adresse : des accusations concernant la mort du Juste. Et ils en avaient déjà passablement assez ; ils l’avaient entendu de Pierre et de Jean au moins deux fois déjà (voir Ac 4:5–12», 5:27-32). Mais cette fois, ils n’ont pas tenu : ils ont été provoqués par le fait qu’Étienne leur a dit honnêtement ce qu’il ne savait pas seulement, mais voyait réellement. Lui, comme le Christ, témoignait au monde d’une réalité objective : le monde est dans le péché, mais Jésus a apporté le salut. Et le monde n’a pas besoin d’une telle vérité...
Quand le Christ disait : « S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », Il disait aussi : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (voir Jn 15:20). Étienne, homme rempli de « foi et de force », véritable disciple du Christ, dit avant sa mort presque les mêmes paroles que son Maître a dites sur la croix : il demande au Seigneur de pardonner à ses persécuteurs… Et l’Église, malgré tout, continue de grandir et de s’affermir, précisément parce qu’elle continue d’agir comme son Seigneur le lui a commandé et comme Lui-même a agi.
1 Le grand prêtre demanda : « En est-il bien ainsi ? » |
2 Il répondit : « Frères et pères, écoutez. Le Dieu de la gloire apparut à notre père Abraham, encore en Mésopotamie avant de s’établir à Harân, |
3 et lui dit : Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai.
|
4 Il quitta alors le pays des Chaldéens pour s’établir à Harân. C’est de là, après la mort de son père, que Dieu le fit passer dans ce pays dans lequel vous-même habitez maintenant. |
5 Il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, ainsi qu’à sa postérité après lui quoiqu’il n’eût pas d’enfant. |
6 Et Dieu lui déclara que sa postérité séjournerait en terre étrangère, qu’on la réduirait en servitude et qu’on la maltraiterait durant quatre cents ans. — |
7 Mais la nation dont ils auront été les esclaves, je la jugerai, moi, dit Dieu. Après quoi, ils s’en iront et me rendront leur culte en ce lieu même. |
8 Il lui donna ensuite l’alliance de la circoncision ; c’est ainsi qu’étant devenu père d’Isaac, Abraham le circoncit le huitième jour. Et Isaac fit de même pour Jacob, et Jacob pour les douze patriarches. |
9 « Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être emmené en Égypte. Mais Dieu était avec lui : |
10 il le tira de toutes ses tribulations et lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d’Égypte, qui l’établit gouverneur de l’Égypte et de toute sa maison.
|
11 Survinrent alors dans toute l’Égypte et en Canaan famine et grande détresse ; nos pères ne trouvaient rien à manger. |
12 Apprenant qu’il y avait des vivres en Égypte, Jacob y envoya nos pères une première fois ; |
13 la deuxième fois, Joseph se fit reconnaître de ses frères, et son origine fut révélée à Pharaon. |
14 Joseph envoya chercher alors son père Jacob et toute sa parenté, qui comptait soixante-quinze personnes.
|
15 Jacob descendit donc en Égypte, et il y mourut, ainsi que nos pères. |
16 Leurs corps furent transportés à Sichem et déposés dans le tombeau qu’Abraham avait acheté à prix d’argent aux fils d’Emmor, père de Sichem. |
17 « Comme approchait le temps où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait faite solennellement à Abraham, le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte, |
18 jusqu’à l’avènement d’un nouveau roi qui ne se souvint pas de Joseph.
|
19 Usant d’astuce envers notre race, ce roi maltraita nos pères, jusqu’à leur faire exposer leurs nouveau-nés pour qu’ils ne puissent pas vivre.
|
20 C’est à ce moment que naquit Moïse, qui était beau devant Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; |
21 puis, comme il avait été exposé, la fille de Pharaon le recueillit et l’éleva comme son propre fils.
|
22 Ainsi Moïse fut-il instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. |
23 « Comme il atteignait la quarantaine, la pensée lui vint de visiter ses frères, les Israélites.
|
24 Voyant maltraiter l’un d’eux, il prit sa défense et vengea l’opprimé en tuant l’Égyptien.
|
25 Ses frères, supposait-il, comprendraient que c’était Dieu qui, par sa main, leur apportait le salut ; mais ils ne le comprirent pas. |
26 Le lendemain, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il tentait de les remettre en paix. « Mes amis, leur dit-il, vous êtes frères : pourquoi vous maltraiter l’un l’autre ? » |
27 Alors celui qui maltraitait son compagnon le repoussa en disant : “Qui t’a établi chef et juge sur nous ?
|
28 Voudrais-tu me tuer comme hier tu as tué l’Égyptien ?” |
29 À ces mots, Moïse s’enfuit et alla se réfugier au pays de Madian, où il eut deux fils. |
30 « Au bout de quarante ans, un ange lui apparut au désert du mont Sinaï, dans la flamme d’un buisson en feu.
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31 Moïse était étonné à la vue de cette apparition. Comme il s’avançait pour mieux voir, la voix du Seigneur se fit entendre :
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32 “Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.” Tout tremblant, Moïse n’osait regarder.
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33 Alors le Seigneur lui dit : “Ôte les sandales de tes pieds, car l’endroit où tu te tiens est une terre sainte.
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34 Oui, j’ai vu l’affliction de mon peuple en Égypte, j’ai entendu son gémissement et je suis descendu pour le délivrer. Viens donc, que je t’envoie en Égypte.” |
35 « Ce Moïse qu’ils avaient renié en disant : Qui t’a établi chef et juge ? Voici que Dieu le leur envoyait comme chef et rédempteur, par l’entremise de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. |
36 C’est lui qui les fit sortir, en opérant prodiges et signes au pays d’Égypte, à la mer Rouge et au désert pendant quarante ans.
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37 C’est lui, Moïse, qui dit aux Israélites : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. |
38 C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, était avec l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï, tout en restant avec nos pères, lui qui reçut les paroles de vie pour nous les donner. |
39 Voilà celui à qui nos pères refusèrent d’obéir. Bien plus, ils le repoussèrent et, retournant de cœur en Égypte, |
40 ils dirent à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé.” |
41 Ils fabriquèrent un veau en ces jours-là et offrirent un sacrifice à l’idole, et ils célébraient joyeusement l’œuvre de leurs mains. |
42 Alors Dieu se détourna d’eux et les livra au culte de l’armée du ciel, ainsi qu’il est écrit au livre des Prophètes :M’avez-vous donc offert victimes et sacrifices, pendant quarante ans au désert, maison d’Israël ? |
43 Mais vous avez porté la tente de Moloch et l’étoile du dieu Rephân, les figures que vous aviez faites pour les adorer ; aussi vous déporterai-je par-delà Babylone. |
44 « Nos pères au désert avaient la Tente du Témoignage, ainsi que l’avait prescrit Celui qui parlait à Moïse, lui enjoignant de la faire suivant le modèle qu’il avait vu. |
45 Après l’avoir reçue, nos pères l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays conquis sur les nations que Dieu chassa devant eux ; ainsi en fut-il jusqu’aux jours de David. |
46 Celui-ci trouva grâce devant Dieu et sollicita la faveur de trouver une résidence pour la maison de Jacob. |
47 Ce fut Salomon toutefois qui lui bâtit une maison.
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48 Mais le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme ; ainsi le dit le prophète : |
49 Le ciel est mon trône et la terre l’escabeau de mes pieds : quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos ? |
50 N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ?
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51 « Nuques raides, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! Tels furent vos pères, tels vous êtes ! |
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre la prédication des apôtres et des premiers chrétiens en général. Elle présente le discours d'Étienne devant le Sanhédrin, prononcé pour sa défense face aux accusations d'atteinte au peuple, au Temple et à la Torah (Ac 6,11–14). Il n'est pas étonnant qu'Étienne commence son discours par un long parcours historique, apparemment destiné à éclaircir son rapport au Temple et à la Torah (v. 2–50). Il rappelle ici le lien étroit de l'histoire juive avec la Révélation et la Torah, en soulignant la continuité de la tradition qui relie le Temple, par Salomon et David, aux temps antérieurs, une tradition enracinée au temps de Moïse et de l'Exode. Compte tenu des accusations portées contre Étienne, ce début était parfaitement naturel et logique. La même logique exigeait qu'après cette rétrospective concernant le Temple et la Torah, il aborde un thème alors bien connu de tous : la Torah intérieure et l'homme comme Temple vivant. Étienne était apparemment déjà prêt à en parler précisément (v. 48–50). Et de la Torah intérieure et de l'homme comme Temple vivant, il aurait été facile de passer au thème du Royaume, qui était sans aucun doute au centre de la prédication des apôtres comme des premiers chrétiens en général. Une telle prédication était probablement bien dans le caractère d'Étienne, que l'évangéliste décrit comme un homme « sage » (Ac 6,10) ; selon la conception de la sagesse à l'époque évangélique, un tel homme ne pouvait manquer d'être aussi un bon orateur. Les accusations qu'Étienne lance au visage de ses auditeurs (v. 51–53) ne correspondent assurément pas à son discours précédent, ni par leur sens ni par leur caractère accusateur. Peut-être furent-elles inattendues pour Étienne lui-même. Cela pouvait fort bien se produire, car ses paroles étaient guidées non seulement par ses propres projets et intentions, mais avant tout par la révélation qu'il recevait de Dieu. C'est apparemment l'intervention directe de Dieu qui interrompt son discours. Mais pourquoi cela se produit-il ? Le plaidoyer d'Étienne aurait sans aucun doute débouché sur une prédication du Royaume. Peut-être sommes-nous devant une situation semblable à celles qui obligeaient parfois Jésus Lui-même à garder le silence ou à ne pas répondre à une question. Il est des situations et des circonstances où ceux qui interrogent ne veulent entendre aucune réponse autre que celle qu'ils connaissent déjà. Alors, accuser ces interlocuteurs de mauvaise foi devient la seule forme de témoignage possible, quelles qu'en soient les conséquences pour celui qui ose le porter.
1 Le grand prêtre demanda : « En est-il bien ainsi ? » |
2 Il répondit : « Frères et pères, écoutez. Le Dieu de la gloire apparut à notre père Abraham, encore en Mésopotamie avant de s’établir à Harân, |
3 et lui dit : Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai.
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4 Il quitta alors le pays des Chaldéens pour s’établir à Harân. C’est de là, après la mort de son père, que Dieu le fit passer dans ce pays dans lequel vous-même habitez maintenant. |
5 Il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, ainsi qu’à sa postérité après lui quoiqu’il n’eût pas d’enfant. |
6 Et Dieu lui déclara que sa postérité séjournerait en terre étrangère, qu’on la réduirait en servitude et qu’on la maltraiterait durant quatre cents ans. — |
7 Mais la nation dont ils auront été les esclaves, je la jugerai, moi, dit Dieu. Après quoi, ils s’en iront et me rendront leur culte en ce lieu même. |
8 Il lui donna ensuite l’alliance de la circoncision ; c’est ainsi qu’étant devenu père d’Isaac, Abraham le circoncit le huitième jour. Et Isaac fit de même pour Jacob, et Jacob pour les douze patriarches. |
9 « Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être emmené en Égypte. Mais Dieu était avec lui : |
10 il le tira de toutes ses tribulations et lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d’Égypte, qui l’établit gouverneur de l’Égypte et de toute sa maison.
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11 Survinrent alors dans toute l’Égypte et en Canaan famine et grande détresse ; nos pères ne trouvaient rien à manger. |
12 Apprenant qu’il y avait des vivres en Égypte, Jacob y envoya nos pères une première fois ; |
13 la deuxième fois, Joseph se fit reconnaître de ses frères, et son origine fut révélée à Pharaon. |
14 Joseph envoya chercher alors son père Jacob et toute sa parenté, qui comptait soixante-quinze personnes.
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15 Jacob descendit donc en Égypte, et il y mourut, ainsi que nos pères. |
16 Leurs corps furent transportés à Sichem et déposés dans le tombeau qu’Abraham avait acheté à prix d’argent aux fils d’Emmor, père de Sichem. |
17 « Comme approchait le temps où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait faite solennellement à Abraham, le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte, |
18 jusqu’à l’avènement d’un nouveau roi qui ne se souvint pas de Joseph.
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19 Usant d’astuce envers notre race, ce roi maltraita nos pères, jusqu’à leur faire exposer leurs nouveau-nés pour qu’ils ne puissent pas vivre.
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20 C’est à ce moment que naquit Moïse, qui était beau devant Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; |
21 puis, comme il avait été exposé, la fille de Pharaon le recueillit et l’éleva comme son propre fils.
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22 Ainsi Moïse fut-il instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. |
23 « Comme il atteignait la quarantaine, la pensée lui vint de visiter ses frères, les Israélites.
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24 Voyant maltraiter l’un d’eux, il prit sa défense et vengea l’opprimé en tuant l’Égyptien.
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25 Ses frères, supposait-il, comprendraient que c’était Dieu qui, par sa main, leur apportait le salut ; mais ils ne le comprirent pas. |
26 Le lendemain, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il tentait de les remettre en paix. « Mes amis, leur dit-il, vous êtes frères : pourquoi vous maltraiter l’un l’autre ? » |
27 Alors celui qui maltraitait son compagnon le repoussa en disant : “Qui t’a établi chef et juge sur nous ?
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28 Voudrais-tu me tuer comme hier tu as tué l’Égyptien ?” |
29 À ces mots, Moïse s’enfuit et alla se réfugier au pays de Madian, où il eut deux fils. |
30 « Au bout de quarante ans, un ange lui apparut au désert du mont Sinaï, dans la flamme d’un buisson en feu.
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31 Moïse était étonné à la vue de cette apparition. Comme il s’avançait pour mieux voir, la voix du Seigneur se fit entendre :
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32 “Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.” Tout tremblant, Moïse n’osait regarder.
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33 Alors le Seigneur lui dit : “Ôte les sandales de tes pieds, car l’endroit où tu te tiens est une terre sainte.
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34 Oui, j’ai vu l’affliction de mon peuple en Égypte, j’ai entendu son gémissement et je suis descendu pour le délivrer. Viens donc, que je t’envoie en Égypte.” |
35 « Ce Moïse qu’ils avaient renié en disant : Qui t’a établi chef et juge ? Voici que Dieu le leur envoyait comme chef et rédempteur, par l’entremise de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. |
36 C’est lui qui les fit sortir, en opérant prodiges et signes au pays d’Égypte, à la mer Rouge et au désert pendant quarante ans.
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37 C’est lui, Moïse, qui dit aux Israélites : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. |
38 C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, était avec l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï, tout en restant avec nos pères, lui qui reçut les paroles de vie pour nous les donner. |
39 Voilà celui à qui nos pères refusèrent d’obéir. Bien plus, ils le repoussèrent et, retournant de cœur en Égypte, |
40 ils dirent à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé.” |
41 Ils fabriquèrent un veau en ces jours-là et offrirent un sacrifice à l’idole, et ils célébraient joyeusement l’œuvre de leurs mains. |
42 Alors Dieu se détourna d’eux et les livra au culte de l’armée du ciel, ainsi qu’il est écrit au livre des Prophètes :M’avez-vous donc offert victimes et sacrifices, pendant quarante ans au désert, maison d’Israël ? |
43 Mais vous avez porté la tente de Moloch et l’étoile du dieu Rephân, les figures que vous aviez faites pour les adorer ; aussi vous déporterai-je par-delà Babylone. |
44 « Nos pères au désert avaient la Tente du Témoignage, ainsi que l’avait prescrit Celui qui parlait à Moïse, lui enjoignant de la faire suivant le modèle qu’il avait vu. |
45 Après l’avoir reçue, nos pères l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays conquis sur les nations que Dieu chassa devant eux ; ainsi en fut-il jusqu’aux jours de David. |
46 Celui-ci trouva grâce devant Dieu et sollicita la faveur de trouver une résidence pour la maison de Jacob. |
47 Ce fut Salomon toutefois qui lui bâtit une maison.
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48 Mais le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme ; ainsi le dit le prophète : |
49 Le ciel est mon trône et la terre l’escabeau de mes pieds : quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos ? |
50 N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ?
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51 « Nuques raides, oreilles et cœurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint ! Tels furent vos pères, tels vous êtes ! |
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, |
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » |
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. |
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. |
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » |
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, |
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. |
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » |
Étienne rappelle à l'assemblée le chemin historique parcouru par le peuple conduit par Dieu, mais il insiste sur les épisodes où le peuple s'est révolté contre Sa volonté, a rejeté ou n'a pas compris les prophètes que le Seigneur envoyait. Les exemples auraient pu être plus nombreux, mais ceux qu'Étienne mentionne suffisaient pour conduire ses auditeurs tout près de cette pensée : la seule appartenance à la tradition n'assure pas mécaniquement que l'on suive la bonne voie et ne garantit pas l'accomplissement de la volonté de Dieu.
On peut apprendre beaucoup de choses par cœur, bien connaître les prescriptions rituelles et même se repérer avec aisance dans le texte de l'Écriture ; mais si le cœur reste fermé, on peut très facilement ne pas reconnaître Celui qu'on croyait attendre et sur qui l'on pensait avoir placé toute son espérance.
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