RÉFLEXIONS pour Jb 38:1-21 — le 13 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Jb 38:1-21

Lorsqu'on lit le livre de Job pour la première fois, le tournant du récit au chapitre 38 paraît sans doute inattendu et saisit le lecteur. Mais il ne fait pas moins d'impression lorsqu'on relit le livre encore et encore, qu'on attend ce moment et qu'on voudrait parcourir plus vite les longs discours d'Élihou et des amis de Job pour arriver au chapitre 38. Enfin, cela s'est produit : Dieu a répondu à Job.

Rappelons-nous : Élihou vient de démontrer que Dieu est incompréhensible et lointain, et que le dialogue avec Lui est impossible et met la vie en danger. Les amis s'indignaient contre Job, qui demandait à Dieu de lui répondre, de lui dire ne serait-ce que quelque chose. Job, lui, persistait à croire et suppliait Dieu d'être non seulement son Juge, mais aussi son Libérateur. Non, c'est impossible, disaient les amis ; exiger que Dieu te parle est un blasphème. Dieu a raison et Il est tout-puissant ; l'homme ne doit pas Lui demander d'explications. Mais Dieu a répondu, confondant ainsi tous ceux qui Le calomniaient.

Dieu a répondu à Job : le cri du souffrant ne Lui est donc pas indifférent. Dieu n'avait pas abandonné Job et ne regardait pas ses tourments de l'extérieur. Dieu tient à Job, comme à tout homme, et le Tout-Puissant S'abaisse jusqu'à parler avec lui.

Même les paroles redoutables que Dieu adresse à Job résonnent comme des trompettes victorieuses annonçant le triomphe de la foi. « Qui est celui qui obscurcit la providence par des paroles dépourvues de sens ? », retentit la voix de Dieu au milieu de la tempête. Le Seigneur reproche à Job son doute, le fait que sa foi ne se soit pas distinguée assez radicalement de la théologie de ses amis. Comme un Père, Il instruit Job, et l'hymne à la beauté et à la grandeur de la création ne sonne plus faux ici, comme dans les chapitres précédents.

L'auteur met dans la bouche du Seigneur un hymne à la grandeur du Créateur, comme il l'avait fait à plusieurs reprises dans celle des amis de Job. Ceux-ci disaient : Dieu est grand, ne cherche donc pas à Lui parler ni à Le comprendre. Ici, le Seigneur parle d'une grandeur plus grande encore : Il est si grand qu'il y a dans Son cœur une place pour l'amour et la compassion. Bien plus, dans la dernière partie du livre, l'ampleur des forces créatrices du Tout-Puissant devient la mesure de la grandeur de Son amour et de Sa compassion.

Tel est le sens principal des paroles du Seigneur. Mais chaque verset du chapitre 38 et des suivants frappe aussi par sa beauté propre. Ces paroles sont belles comme les détails d'un tableau grandiose. La nuance de légère ironie avec laquelle le Seigneur S'adresse à Job est étonnante et très importante pour le lecteur : quel contraste avec les sombres raisonnements des amis ! « Où étais-tu quand Je fondais la terre ? », demande le Seigneur à Job. « As-tu jamais, de ta vie, donné des ordres au matin et indiqué à l'aurore sa place ? » Non, bien sûr : la réponse à ces questions rhétoriques est évidente. Où était Job quand Dieu fondait la terre ? Dans le dessein de Dieu, dans Son cœur : voilà où était Job. Il ne peut expliquer tout ce sur quoi le Seigneur l'interroge, et il est peu probable que cela lui soit réellement demandé. Il fait partie de la création dont le Créateur prend soin. Le Créateur ne l'a pas abandonné au hasard du destin ; il n'a pas échappé aux desseins du Seigneur. C'est pourquoi la réponse de Dieu est remplie, pour Job et pour le lecteur, d'une joie étonnante. L'auteur emplit son hymne de ce qu'il appelle lui-même « l'allégresse commune des étoiles du matin » : la lumière d'un monde pur et beau, où Dieu entend l'homme et lui répond.