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RÉFLEXIONS pour Lc 6:12-19

12 Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu.
13 Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres:
14 Simon, qu'il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
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Dans le Sermon sur la montagne, comme on appelle traditionnellement le passage de l’Évangile selon Luc qui suit notre lecture d’aujourd’hui, le Seigneur explique à Ses auditeurs ce que sont la vie véritable et la justice véritable, ainsi que le sens et les fondements moraux de la vie. C’est précisément à propos de ces paroles du Christ que l’évangéliste remarque que tout le peuple cherchait à Le toucher, parce qu’une force sortait de Lui. Cette remarque est très importante, car nous devons nous souvenir que la vérité de Dieu possède une force réelle, et cela précisément parce qu’elle est la vérité.

Le Seigneur dit des choses qui sont loin d’être évidentes ; il est très difficile de comprendre et d’accepter Ses paroles, et plus difficile encore de les mettre en pratique. La béatitude des pauvres et des affamés, la joie de ceux qui sont persécutés pour la justice—rien de tout cela ne découle de l’expérience de la vie humaine. Mais il nous est donné de sentir et d’éprouver dans ces paroles de Jésus la force de la vie véritable, car elles ne sont pas une simple invention d’un esprit oisif, mais la parole de Dieu qui nous est adressée. Voilà pourquoi la vérité et la pureté dans nos relations les uns avec les autres deviennent le lieu où, parfois de manière tout à fait inattendue même pour nous, nous rencontrons le Dieu Vivant.

Autres réflexions

 
Pour Lc 6:12-19
12 Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu.
13 Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres:
14 Simon, qu'il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
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Dieu est vraiment avec nous en tout, Il a vraiment éprouvé comme homme tout ce que nous pouvons traverser, sauf le péché...  Lire la suite

Dieu est vraiment avec nous en tout, Il a vraiment éprouvé comme homme tout ce que nous pouvons traverser, sauf le péché. Il y a dans notre vie des situations où il nous semble que Dieu ne peut pas connaître cela. La peur? Mais au jardin de Gethsémani, Jésus «fut saisi d'effroi et d'angoisse». La tristesse? Dieu a pleuré sur Lazare. La difficulté du choix?

Nous ne savons pas si Jésus savait, en choisissant les apôtres, que l'un d'eux Le trahirait. Peut-être ne savait-Il pas lequel. Parce qu'il y a un choix. Nous avons la même liberté de choix que Dieu. Nous pouvons ne pas L'entendre et ne pas Lui obéir. Mais nous savons avec certitude que Dieu a traversé la difficulté du choix. Nous savons par ce texte qu'avant de choisir les douze apôtres, Jésus a parlé toute la nuit seul avec le Père. Il ne Lui a donc pas été simple de choisir. Il a traversé cela aussi. Et Il nous a montré l'exemple, Il nous a montré comment choisir.

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Pour Lc 6:12-19
12 Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu.
13 Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres:
14 Simon, qu'il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
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Avant de choisir les douze apôtres parmi la foule nombreuse qui Le suivait, Jésus...  Lire la suite

Avant de choisir les douze apôtres parmi la foule nombreuse qui Le suivait, Jésus se rendit sur la montagne pour prier. À en juger par le fait qu’Il y passa toute la nuit, il s’agissait d’une décision très sérieuse et lourde de responsabilité. Il dota d’une grâce particulière ces hommes que l’évangéliste énumère par leur nom, car c’était à eux qu’il revenait de poser les fondements de l’Église future.

En énumérant ces noms, Luc nous fait nous souvenir de ce que nous savons déjà à leur sujet. Ce ne sont pas des personnages abstraits, mais des pêcheurs bien réels, des publicains, des hommes simples et sans instruction, des savants... Il devient alors évident que leur élection et leur statut particulier ne sont dus à aucun mérite de leur part, mais à la seule volonté de Dieu. Le Seigneur les a établis dans ce ministère et comptait agir Lui-même à travers eux.

Il nous arrive parfois de nous indigner et de nous demander pourquoi telle ou telle personne se trouve soudain choisie par Dieu, alors que, selon les critères terrestres, elle ne semble peut-être pas vraiment le mériter. Mais si nous nous rappelons comment le Seigneur a édifié Son Église, comment Il a agi selon Sa logique divine et non selon l’entendement humain, beaucoup de choses peuvent être acceptées.

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Pour Lc 6:17-23
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
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« ... Et Il passa la nuit à prier Dieu... » De ces paroles, qui nous donnent de toucher un peu l’expérience de notre Seigneur, est sortie...  Lire la suite

« ... Et Il passa la nuit à prier Dieu... » De ces paroles, qui nous donnent de toucher un peu l’expérience de notre Seigneur, est sortie une immense et admirable tradition d’offices nocturnes. À proprement parler, la « vigile de toute la nuit » signifie ne pas dormir toute la nuit et prier. Il est dommage qu’elle soit maintenant réduite à un office de six à huit heures du soir... Mais nous avons toujours la possibilité de ne pas dormir chez nous, et c’est une expérience étonnante. À celui qui ne l’a jamais vécue, il est très difficile d’expliquer ce que c’est.

L’essentiel que donne la nuit, c’est le silence et la solitude ; seulement dans ce silence peut-on discerner la voix de Dieu. Tout le monde est plongé dans le repos, et l’espace comme le temps perdent leur sens. Avez-vous remarqué combien le temps s’écoule tout autrement la nuit ? C’est, bien sûr, aussi une ascèse, car parfois, surtout après une journée pénible, il est difficile de ne pas s’endormir, comme se sont endormis les disciples au jardin de Gethsémani.

On peut énumérer sans fin les raisons de l’avantage de la nuit pour la prière. L’essentiel, semble-t-il, est le désir de ne jamais se séparer de Dieu, même pour quelques heures d’inconscience nocturne.

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Pour Lc 6:17-23
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
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Dans le sermon « dans la plaine », comme on appelle traditionnellement ce passage de l'Évangile selon Luc, le Seigneur parle à Ses auditeurs de ce qu'est la vraie vie et la vraie justice, du sens et des fondements moraux de la vie. Et c'est précisément à propos de ces paroles du Christ que l'évangéliste remarque que...  Lire la suite

Dans le sermon « dans la plaine », comme on appelle traditionnellement ce passage de l'Évangile selon Luc, le Seigneur parle à Ses auditeurs de ce qu'est la vraie vie et la vraie justice, du sens et des fondements moraux de la vie. Et c'est précisément à propos de ces paroles du Christ que l'évangéliste remarque que tout le peuple cherchait à Le toucher, parce qu'une force sortait de Lui. C'est une remarque très importante, car il nous faut nous souvenir que la vérité de Dieu possède une force réelle, précisément parce qu'elle est vérité.

Le Seigneur dit des choses qui sont loin d'être évidentes ; comprendre et recevoir Ses paroles, et plus encore les accomplir, est très difficile. Le bonheur des pauvres et de ceux qui ont faim, la joie de ceux qui sont persécutés pour la justice, tout cela ne découle aucunement de l'expérience de la vie humaine. Mais il nous est donné de sentir, d'éprouver dans ces paroles de Jésus la force de la vraie vie, parce qu'elles ne sont pas une simple invention d'un esprit oisif, mais la parole de Dieu qui nous est adressée.

C'est précisément pourquoi la vérité et la pureté dans nos relations les uns avec les autres deviennent le lieu où, parfois de façon tout à fait inattendue pour nous-mêmes, nous rencontrons le Dieu vivant.

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Pour Lc 6:17-23
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
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Sur les béatitudes, au cours de deux mille ans d’histoire chrétienne, on a sans doute dit et écrit plus que sur...  Lire la suite

Sur les béatitudes, au cours de deux mille ans d’histoire chrétienne, on a sans doute dit et écrit plus que sur n’importe quel autre texte évangélique. Et le plus souvent, les commentateurs ont tenté d’y découvrir une parole nouvelle, dans le domaine moral, théologique ou spirituel et ascétique.

Mais une question légitime se pose : dans quelle mesure était-il nécessaire que Jésus commence Son entretien avec ceux qui L’écoutaient par l’éthique, l’ascèse ou la théologie ? Il s’adressait en effet à des croyants, dont beaucoup étaient certainement très religieux. Leur parler de normes morales n’avait pas grand sens : les commandements du Décalogue leur étaient déjà bien connus. Quant aux subtilités théologiques ou ascétiques, elles convenaient difficilement à cet auditoire assez mêlé et peu instruit.

D’ailleurs, ceux qui écoutaient Jésus attendaient une réponse à une tout autre question. À cette époque, les attentes messianiques étaient très fortes dans le peuple juif ; de nombreux prétendants au messianisme étaient déjà apparus et, bien qu’ils aient tous, ce qui n’a rien d’étonnant, échoué, l’attente ne devenait pas moins tendue, et le peuple regardait avec espérance quiconque laissait entrevoir ne serait-ce qu’un indice du Messie.

Il n’est pas étonnant que les auditeurs de Jésus aient aussi porté sur Lui-même un tel regard d’espérance. Et Il ne voulait pas tromper leurs attentes. Mais s’Il avait déclaré directement Son messianisme, cela se serait presque certainement produit : car, dans les milieux rabbiniques comme dans la conscience populaire, la personne du Messie était liée à quelque chose de guerrier et d’héroïque ; le Messie devait, selon ces représentations, être un grand roi terrestre qui rétablirait l’indépendance d’Israël et en ferait un État fort, gouverné selon les lois de la Torah. Or Jésus, bien sûr, ne pouvait rien promettre de tel au peuple. Il rappelle simplement à Ses auditeurs ce qu’attendaient les messianistes des époques antérieures, depuis le temps d’Isaïe de Jérusalem.

C’est alors, semble-t-il, qu’est né le premier mouvement messianique, dont les participants furent appelés « pauvres » ; ils acceptèrent ce nom, qui s’attacha ensuite à ceux qui menaient une vie juste et attendaient la venue du Messie. C’est donc de leur béatitude, de celle de ces messianistes, que parle Jésus. Il témoigne réellement de Son messianisme et de la proximité du Royaume, qui entre déjà dans le monde. Mais il y entre non au son des trompettes guerrières, mais doucement, dans ce silence où un cœur spirituellement attentif entend Dieu. Un Royaume dont la béatitude n’est compréhensible qu’aux pauvres.

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Pour Lc 6:17-23
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
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Bien des paroles évangéliques devraient nous paraître étranges si nous réfléchissions vraiment à leur sens. Pourquoi, en effet, faudrait-il appeler « heureux » ceux qui pleurent, ceux qui ont faim ou ceux qui sont persécutés ? Et en quoi la « pauvreté d'esprit » peut-elle aider ? Certes, celui qui a faim et sait qu'on va bientôt le nourrir est heureux parce que...  Lire la suite

Bien des paroles évangéliques devraient nous paraître étranges si nous réfléchissions vraiment à leur sens. Pourquoi, en effet, faudrait-il appeler « heureux » ceux qui pleurent, ceux qui ont faim ou ceux qui sont persécutés ? Et en quoi la « pauvreté d'esprit » peut-elle aider ? Certes, celui qui a faim et sait qu'on va bientôt le nourrir est heureux parce qu'il obtiendra bientôt ce qu'il désire. Celui qui pleure de chagrin peut être tout aussi heureux s'il est certain qu'on soulagera bientôt sa peine, tout comme le persécuté qui comprend qu'il ne lui reste plus longtemps à endurer. Mais tout cela n'est encore qu'un bonheur à venir, tandis que Jésus parle de la béatitude de ces personnes dès maintenant, alors que le triomphe du Royaume est encore futur.

Peut-être trouverons-nous une réponse en revenant au sens premier du mot « heureux » ou, plus exactement, à celui de son original hébreu, qui désignait une personne recevant de Dieu force et soutien. Tout se met alors en place : tous ceux que Jésus nomme peuvent réellement s'en remettre à Dieu dans l'attente du triomphe prochain du Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Quant à la pauvreté d'esprit qu'Il mentionne (bien que Jésus, qui parlait araméen, ait très probablement dit ici simplement « les pauvres »), elle était une condition nécessaire pour recevoir l'aide d'en haut. En effet, on ne peut se confier entièrement à Dieu que lorsqu'on sait avec certitude qu'en dehors de Lui, il n'y a véritablement personne ni rien d'autre en qui espérer. Alors le chemin vers le Royaume, auparavant d'une difficulté inconcevable, devient non pas simple, mais léger, comme le fardeau dont parle le Sauveur.

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Pour Lc 6:17-36
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
24 " Mais malheur à vous, les riches ! car vous avez votre consolation.
25 Malheur à vous, qui êtes repus maintenant! car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.
26 Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. "
27 " Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien, ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Ces paroles semblent délibérément aller à l'encontre des représentations humaines ordinaires. Pourquoi les pauvres et les affamés, ceux qui pleurent et les rejetés sont-ils soudain bienheureux, tandis que le malheur est promis aux riches, aux rassasiés et à ceux qui rient? On pourrait penser que...  Lire la suite

Ces paroles semblent délibérément aller à l'encontre des représentations humaines ordinaires. Pourquoi les pauvres et les affamés, ceux qui pleurent et les rejetés sont-ils soudain bienheureux, tandis que le malheur est promis aux riches, aux rassasiés et à ceux qui rient? On pourrait penser que le Christ annonce une révolution qui retournera le monde sens dessus dessous! Le Royaume de Dieu qu'il apporte sur la terre diffère réellement de façon radicale de l'ordre du monde qui nous est familier. Les relations y sont fondées sur la miséricorde du Père, non sur la lutte pour l'existence. Même croyants, nous oublions souvent que des lois tout autres règnent dans ce Royaume: nous appelons bonheur ce que le Christ appelle malheur et, inversement, nous considérons ses béatitudes comme un malheur. Combien devons-nous changer pour devenir de véritables citoyens de ce Royaume!

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Pour Lc 6:17-36
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : " Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. "
24 " Mais malheur à vous, les riches ! car vous avez votre consolation.
25 Malheur à vous, qui êtes repus maintenant! car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.
26 Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. "
27 " Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien, ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Comme certains autres épisodes du ministère terrestre du Sauveur, Luc ne décrit pas le Sermon sur la montagne tout à fait comme Matthieu. Pour Luc, la base de l’exposé de ce que Jésus a dit pendant ce sermon devient...  Lire la suite

Comme certains autres épisodes du ministère terrestre du Sauveur, Luc ne décrit pas le Sermon sur la montagne tout à fait comme Matthieu. Pour Luc, la base de l’exposé de ce que Jésus a dit pendant ce sermon devient l’opposition de deux chemins: le chemin des riches, que l’évangéliste identifie au chemin des païens, et le chemin des pauvres, qui se révèle être le chemin vers le Royaume.

En soi, l’idée des deux chemins n’est nullement nouvelle; elle est bien connue dans les textes de l’Ancien Testament, et pour Luc c’est précisément elle qui devient le prisme à travers lequel il perçoit les paroles du Sauveur. En mentionnant les pauvres, Jésus avait sans doute en vue non pas simplement les indigents, mais ceux qui comprenaient la pauvreté comme un état spirituel. Les prophètes de l’Ancien Testament parlaient déjà de tels pauvres. Et les riches se distinguent d’eux non par un critère patrimonial, mais par un critère spirituel: si les pauvres ne trouvent leur consolation que dans le Royaume (v. 20-23), les riches reçoivent la leur dans ce monde, sans avoir besoin du Royaume (v. 24-26).

Mais pour entrer dans le Royaume, il faut lui rester fidèle jusqu’au bout. C’est pourquoi ceux qui ont soif du Royaume ne peuvent pas vivre selon les lois de ce monde, qui n’est pas encore transfiguré, même si les lois du Royaume n’y agissent pas encore. Ce n’est pas un hasard si Luc met en relief, dans la prédication de Jésus, l’appel à agir envers les hommes comme nous voudrions qu’ils agissent envers nous (v. 31), en en faisant le centre de composition de la partie de son récit où il rapporte l’enseignement de Jésus à ceux qui veulent vivre selon les lois du Royaume (v. 27-36).

À première vue, cet appel rappelle la «règle d’or» bien connue, mais il y a dans la formulation du Sauveur une différence qui ne saute pas immédiatement aux yeux: si, dans sa forme traditionnelle, la «règle d’or» appelle à traiter les gens comme ils nous traitent, Jésus conseille de traiter les gens comme nous voudrions qu’ils nous traitent. Autrement dit, si nous cherchons vraiment le Royaume, dans nos relations avec les hommes, selon la parole du Sauveur, nous devons en un certain sens prendre de l’avance, leur donnant d’avance notre bonne attitude sans attendre qu’ils se manifestent d’abord envers nous.

Selon les lois de notre monde encore non transfiguré, c’est bien sûr un comportement tout à fait irrationnel: chacun sait que l’homme déchu est très peu capable de bonnes actions comme de bonne disposition envers ses prochains. Mais, d’un autre côté, une autre approche des personnes qui nous entourent ne suppose pas l’ouverture, et sans elle il est impossible d’entrer dans le Royaume. Car le Royaume est fait de telle sorte qu’on ne peut pas en jouir seul. On ne peut pas l’acquérir en se coupant de tous. Le Royaume ne peut être acquis que si l’on en devient soi-même une partie, et on ne peut le devenir que lorsque ce que nous avons reçu, nous le transmettons aux autres, à ceux qui, comme nous, cherchent la plénitude de la vie dans ce Royaume. Alors nous devenons serviteurs du Royaume, ceux que Jésus choisit pour que, par eux, tout le monde créé par Dieu devienne Royaume.

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Pour Lc 6:1-16
Or il advint, un sabbat, qu'il traversait des moissons, et ses disciples arrachaient et mangeaient des épis en les froissant de leurs mains.
Mais quelques Pharisiens dirent : " Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? "
Jésus leur répondit : " Vous n'avez donc pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons,
comment il entra dans la demeure de Dieu, prit les pains d'oblation, en mangea et en donna à ses compagnons, ces pains qu'il n'est permis de manger qu'aux seuls prêtres ? "
Et il leur disait : " Le Fils de l'homme est maître du sabbat. "
Or il advint, un autre sabbat, qu'il entra dans la synagogue, et il enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était sèche.
Les scribes et les Pharisiens l'épiaient pour voir s'il allait guérir, le sabbat, afin de trouver à l'accuser.
Mais lui connaissait leurs pensées. Il dit donc à l'homme qui avait la main sèche : " Lève-toi et tiens-toi debout au milieu. " Il se leva et se tint debout.
Puis Jésus leur dit : " Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre ? "
10 Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : " Étends ta main. " L'autre le fit, et sa main fut remise en état.
11 Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu'ils pourraient bien faire à Jésus.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu.
13 Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres:
14 Simon, qu'il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
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Dans leurs conversations avec Jésus, les pharisiens lui adressent souvent des reproches sur sa manière de traiter telle ou telle prescription, telle ou telle tradition. Le sabbat occupe une place centrale dans ces controverses...  Lire la suite

Dans leurs conversations avec Jésus, les pharisiens lui adressent souvent des reproches sur sa manière de traiter telle ou telle prescription, telle ou telle tradition. Le sabbat occupe une place centrale dans ces controverses. Que peut-on faire le jour du sabbat, et que ne peut-on pas faire?

Dans l'esprit d'un Juif de l'époque, la réponse à cette question exige une connaissance sérieuse de la Loi et des commentaires qu'en ont donnés des maîtres faisant autorité. Mais la façon dont Jésus pose la question transforme une discussion théologique en un défi direct à la conscience, qui n'appartient pas seulement aux maîtres et aux théologiens: que peut-on faire le jour du sabbat, le bien ou le mal? Sauver ou perdre? L'Évangile nous apprend à poser ainsi les questions qui nous préoccupent, car la conscience est souvent le meilleur conseiller, même en théologie.

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Pour Lc 6:1-16
Or il advint, un sabbat, qu'il traversait des moissons, et ses disciples arrachaient et mangeaient des épis en les froissant de leurs mains.
Mais quelques Pharisiens dirent : " Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? "
Jésus leur répondit : " Vous n'avez donc pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons,
comment il entra dans la demeure de Dieu, prit les pains d'oblation, en mangea et en donna à ses compagnons, ces pains qu'il n'est permis de manger qu'aux seuls prêtres ? "
Et il leur disait : " Le Fils de l'homme est maître du sabbat. "
Or il advint, un autre sabbat, qu'il entra dans la synagogue, et il enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était sèche.
Les scribes et les Pharisiens l'épiaient pour voir s'il allait guérir, le sabbat, afin de trouver à l'accuser.
Mais lui connaissait leurs pensées. Il dit donc à l'homme qui avait la main sèche : " Lève-toi et tiens-toi debout au milieu. " Il se leva et se tint debout.
Puis Jésus leur dit : " Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre ? "
10 Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : " Étends ta main. " L'autre le fit, et sa main fut remise en état.
11 Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu'ils pourraient bien faire à Jésus.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu'il s'en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu.
13 Lorsqu'il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu'il nomma apôtres:
14 Simon, qu'il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
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La lecture d’aujourd’hui nous propose deux épisodes liés au sabbat et à la manière dont Jésus comprend le sabbat. L’un d’eux décrit une situation bien compréhensible pour tout Juif orthodoxe...  Lire la suite

La lecture d’aujourd’hui nous propose deux épisodes liés au sabbat et à la manière dont Jésus comprend le sabbat. L’un d’eux (v. 1-5) décrit une situation bien compréhensible pour tout Juif orthodoxe. Au jour du sabbat, aux temps évangéliques comme aujourd’hui, s’appliquait une multitude d’interdits réglant ce que le judaïsme considère comme un travail, interdit le jour du sabbat par le quatrième commandement. Les systèmes de ces interdits rituels pouvaient varier quelque peu d’une école rabbinique à l’autre, mais tous avaient déjà, au fond, largement perdu leur sens spirituel pour ne garder qu’une fonction strictement religieuse. Le but du commandement du sabbat était de détourner l’homme de ses occupations quotidiennes afin qu’au moins un jour sur sept il le consacre entièrement à Dieu, en oubliant ses propres affaires. Or le système d’interdits rituels formé après l’exil de Babylone ne reposait pas sur cette tâche spirituelle et pratique, mais sur des critères théologiques plus ou moins formels qui définissaient telles ou telles actions comme du travail. Toutes ces actions étaient bien entendu interdites le jour du sabbat, et le fait de frotter des épis, même avec les mains et en très petite quantité (v. 1), était formellement assimilé à moudre du grain et comptait parmi les actions interdites.

En réponse, Jésus renvoie à des événements de l’histoire de l’ancien Israël (v. 3-4), faisant allusion à une règle rabbinique bien connue des pharisiens, qui permettait de violer les interdits du sabbat si cela était nécessaire pour sauver la vie d’un homme ou d’un animal domestique. Plus encore, il rappelle à ses interlocuteurs que, pour sauver une vie, on transgressait autrefois même les normes de pureté rituelle: donner le pain sacré à quelqu’un qui n’était pas prêtre revenait en effet à profaner ce pain.

Bien sûr, si les disciples de Jésus étaient morts de faim et n’avaient eu aucune autre nourriture, on leur aurait permis de froisser autant d’épis qu’il leur fallait pour ne pas mourir de faim; dans ce cas, froisser des épis n’aurait pas été une violation du sabbat. Mais il aurait fallu pour cela que la menace de mourir de faim soit inévitable pour eux. Jésus, lui, regarde le sabbat autrement: il dit que, dans le Royaume, le sabbat n’est pas un système de limitations rituelles, mais la plénitude de la communion avec Dieu, inséparable de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde (v. 5).

Le second épisode (v. 6-11) décrit la guérison par Jésus de l’homme à la main desséchée. Ici encore, nous voyons la même différence dans la compréhension du sabbat. Pour Jésus, la guérison n’est pas un travail, mais la manifestation du Royaume, qui doit précisément se manifester le jour du sabbat, jour consacré à Dieu; c’est pourquoi il guérit particulièrement souvent le sabbat, rappelant aux présents le vrai sens de ce jour (v. 8-10). Mais pour les formalistes religieux, il n’y a pas de Royaume: il n’y a que la violation d’interdits qu’ils surveillent avec soin (v. 7). Et ils haïssent quiconque viole ces interdits (v. 11). Ainsi l’attachement aux interdits religieux cache le Royaume à l’homme. Et il conduit à la croix Celui qui a apporté ce Royaume dans le monde.

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