30 Ne contristez pas l'Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption.
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En parlant du péché, Paul appelle les destinataires de sa lettre à ne pas attrister, selon le texte grec, le souffle de Dieu, «l'Esprit Saint de Dieu», dont ils ont reçu le sceau au jour de leur baptême, que l'apôtre appelle «jour de la rédemption». Ces paroles sont souvent comprises allégoriquement, en voulant dire que tout péché commis par un chrétien attriste Dieu à peu près comme il attristerait un homme désireux de correspondre à certaines normes morales et religieuses. On suppose alors que Dieu attend Lui aussi de l'homme cette conformité et, ne l'obtenant pas, s'afflige.
Mais c'est là une image par trop humaine, créée à la mesure humaine et selon une évaluation humaine de ce qui se passe. Bien sûr, les péchés des hommes ne réjouissent pas Dieu. Mais il ne s'agit pas ici de morale en tant que telle. Dieu n'attend pas de l'homme déchu la perfection; Il sait mieux que quiconque à qui Il a affaire. L'important est autre. Dieu a envoyé dans le monde Son Fils afin qu'Il y apporte le Royaume et le rende accessible à quiconque cherche. Le Royaume est pénétré du souffle de Dieu, auquel, par le Christ, peut participer quiconque Lui fait confiance.
Celui qui Lui fait ainsi confiance pourra réellement vivre avec le Christ d'une même vie, la vie de Son Royaume. Mais il ne peut y avoir de place pour le péché dans cette vie. Le souffle du Royaume n'enveloppe pas seulement l'homme qui participe à sa vie. Il entre aussi en lui, dans la profondeur de son cœur. Le cœur du chrétien devient cette porte par laquelle le souffle du Royaume entre dans le monde en le transfigurant. Le monde et l'homme sont transfigurés par le même souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré. Et le péché entrave ce processus, il le freine.
Le péché qui niche dans le cœur empêche le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, de demeurer dans l'homme. Il empêche aussi la sanctification du monde. Pour parler en image, la capacité du cœur humain empoisonné par le péché à laisser passer à travers lui le souffle de Dieu diminue comme diminue la capacité d'une conduite d'eau à laisser passer le flux d'eau pure lorsque la conduite est bouchée par des déchets.
Le souffle de Dieu accablé de tristesse est une belle image qui décrit cette réalité. Tout péché diminue la mesure de plénitude du souffle de Dieu qui demeure dans le cœur du chrétien. Il diminue donc aussi la mesure de l'action sanctifiante d'un tel cœur sur le monde. Et, en fin de compte, il repousse le jour du triomphe complet et définitif du Royaume et du retour du Christ dans la gloire. Il repousse donc aussi le jour du salut du pécheur lui-même.
Autres notes
Pour Ep 4:17-32
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement
18 et leurs pensées enténébrées: ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l'ignorance qu'a entraînée chez eux l'endurcissement du cœur,
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d'impureté.
20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris le Christ,
21 si du moins vous l'avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus,
22 à savoir qu'il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes,
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement
24 et revêtir l'Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité.
25 Dès lors, plus de mensonge: que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres?
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère;
27 il ne faut pas donner prise au diable.
28 Que celui qui volait ne vole plus; qu'il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux.
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d'édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l'entendent.
30 Ne contristez pas l'Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption.
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes.
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.
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En appelant les chrétiens d'Éphèse à une vie spirituelle normale et pleine, Paul parle de la nécessité pour eux...
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En appelant les chrétiens d'Éphèse à une vie spirituelle normale et pleine, Paul parle de la nécessité pour eux d'être renouvelés par le «souffle («l'esprit») de l'intelligence», afin de devenir autres, des hommes nouveaux, capables de vivre une vie juste conformément au dessein de Dieu sur l'homme et sur sa vocation. Cette vie nouvelle, l'apôtre la considère comme chrétienne au sens propre du mot (v. 20-24). Un tel appel correspond pleinement aux conceptions de la vie spirituelle généralement admises dans le milieu rabbinique au temps de Paul. Leur quintessence est exprimée par le célèbre appel à aimer Dieu «de tout son coeur, de tout son être («de toute son âme») et de toutes ses forces» (Dt 6:5). La vie spirituelle de l'homme est déterminée par le choix de son coeur, qui, dans la langue de la Bible, désigne ce centre de la personne humaine où se fait le choix et où se prennent les décisions qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu et avec les hommes, ainsi que le système de valeurs qui détermine toute sa vie. En grec, depuis l'Antiquité déjà, on a commencé à l'appeler «intelligence»; et les philosophes grecs rattachaient à la notion d'«intelligence» ce que les auteurs bibliques écrivant en hébreu mettaient dans la notion de «coeur». C'est précisément l'action spirituelle («l'esprit») de cette «intelligence-coeur» qui renouvelait l'homme, et avant tout son monde intérieur, ce que la Bible appelle ordinairement «l'âme», par quoi il faut entendre ici non pas le principe personnel auquel nous sommes habitués, mais la force vitale intérieure.
Paul parle en ce sens du «renouvellement de l'homme intérieur», ce qui n'a rien d'étonnant: le renouvellement spirituel de l'homme commence toujours de l'intérieur, même si, dans un cas normal, il ne se limite jamais à son seul monde intérieur. Et l'apôtre, en parlant du renouvellement de «l'homme intérieur», estime lui aussi que celui-ci doit être suivi d'un changement de toute la vie du converti. Ce n'est pas par hasard qu'il oppose deux modes de vie: l'ancien, que beaucoup de chrétiens d'Éphèse menaient manifestement auparavant, avant leur conversion (v. 17-19), et le nouveau, auquel Paul les appelle (v. 25-32). Mais si autrefois, avant la venue du Christ dans le monde, il s'agissait de choisir ou de rejeter le chemin de la justice, il s'agit désormais de choisir ou de rejeter le Royaume et le salut. Et l'apôtre appelle de nouveau les fidèles à rester fidèles jusqu'au bout, après avoir choisi le Royaume.
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