19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
En apparaissant aux disciples, le Christ leur donne de recevoir l'Esprit Saint. Mais les apôtres doivent encore recevoir l'Esprit à la Pentecôte, et cela se produira non pas dans une pièce fermée, mais au grand jour devant tous ceux qui seront rassemblés à Jérusalem. En quoi ce don de l'Esprit diffère-t-il donc de celui qui doit encore avoir lieu ? Après tout, l'Esprit Saint est un et toujours le même.
Il faut croire que notre capacité à recevoir l'Esprit ne peut pas être toujours identique. On ne peut pas affirmer qu'un croyant au Christ puisse être entièrement privé de communion avec l'Esprit, puisque « nul ne peut dire : “Jésus est Seigneur”, si ce n'est par l'Esprit Saint » (1 Co 12,3). L'Esprit Saint peut toujours nous vivifier, mais le degré de notre ouverture à l'Esprit tantôt s'élargit, tantôt se resserre. C'est pourquoi l'Écriture raconte que les apôtres ont reçu l'Esprit à plusieurs reprises, et c'est aussi pourquoi l'Église a intégré à la règle quotidienne de prière cette invocation de l'Esprit Saint : « viens et demeure en nous ».
À la Pentecôte, en revanche, la descente de l'Esprit Saint aura lieu dans sa plénitude et au grand jour devant tous. Pour l'instant, le Christ n'a donné de recevoir l'Esprit qu'aux disciples réunis dans une pièce fermée, d'où ils devront sortir pour un ministère victorieux.
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
Comment les apôtres se représentaient-ils la résurrection ? Il est difficile de le dire exactement. Bien sûr, comme tous leurs coreligionnaires, ils savaient que la résurrection suppose le retour des morts à la vie. Mais quelle sera cette vie ? Après tout, dans le shéol aussi il s'écoulait une certaine vie. Même si on ne pouvait l'appeler vie qu'avec réserve. C'était plutôt une sorte de semblant, l'ombre de la vraie vie. Et quelle sera la vie des ressuscités ? À qui ressembleront-ils : à des hommes ou à des ombres sorties des tombeaux (ou directement du shéol) ?
L'apparition de Jésus ressuscité dans la pièce où les disciples étaient rassemblés donne la réponse à cette question. Il se présente devant eux comme un homme. Dans un corps transfiguré, mais précisément humain. Non comme un fantôme ou une ombre. Il est homme à un tel point que Son corps, même après la transfiguration, porte encore les traces des souffrances subies. La résurrection n'est pas un semblant de l'ancienne vie ni quelque immortalité de l'âme existant séparément du corps. Ici, c'est toute la vie dans toute sa plénitude. La vie du Royaume.
Et Jésus ressuscité partage aussitôt cette vie avec les disciples. Il leur dit : recevez l'Esprit Saint. Le souffle de Dieu. Le souffle du Royaume. Celui-là même qui devra entrer dans le monde le jour de la Pentecôte. Jésus le donne déjà maintenant à Ses disciples. Il leur donne de sentir ce qu'il est, ce souffle. Le souffle avec lequel ils devront désormais vivre. Et qui fera d'eux-mêmes une partie du Royaume. Ici, bien sûr, ce n'est pas encore cette plénitude d'entrée qui devint réalité le jour de la Pentecôte. Ici, ce n'est que le premier contact avec le Royaume. Mais celui qui l'a touché une fois ne sera plus jamais le même.
Même les relations de celui qui a touché le Royaume avec les hommes changent : toutes les relations deviennent désormais une partie du Royaume. Le péché pardonné est désormais pardonné une fois pour toutes ; il n'assombrit plus les relations de ceux qu'il touchait. Dans le Royaume, tout ce qui est fait est fait pour toujours et jusqu'au bout. Mais le refus de pardonner le péché apparaît lui aussi comme quelque chose d'absolu et d'irréversible : car le refus dans le Royaume est aussi univoque, plein et définitif que le pardon. Le pardon du péché au prochain ouvre la route vers le Royaume ; le refus la ferme, car le péché non pardonné et non repenti est incompatible avec la vie du Royaume. En donnant aux disciples de sentir la plénitude du Royaume, Jésus leur donne en même temps de sentir la responsabilité de cette plénitude. Cela se comprend : l'un ne va pas sans l'autre.
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
Qu’est-ce donc, au juste, que cette question de Thomas ? De la méfiance ? Le désir de tout voir de ses propres yeux ? Ou une sorte de prudence partant du fait que la vie spirituelle ne peut pas se construire sur l’expérience d’autrui, même si elle est liée à des personnes auxquelles on fait entièrement confiance ? Et que signifient, dans un tel contexte, les paroles de Jésus sur ceux qui ont cru sans voir ce que Thomas a vu ?
Bien sûr, le plus simple serait de s’arrêter à la version de la méfiance, comme beaucoup le font : la foi de Thomas, dit-on, s’est révélée la plus faible, il lui a fallu des preuves, mais Jésus se réjouit de toute foi et permet donc à Thomas de se convaincre de Sa réalité de la manière qui lui paraît adéquate.
Mais tout est-il si simple ? Car lorsqu’il s’agit de la vie spirituelle, nous ne pouvons réellement nous appuyer que sur notre propre expérience. La vie spirituelle, comme la vie en général, est propre à chacun, et si remarquable que soit l’expérience de la vie d’autrui, elle ne pourra pas remplacer la nôtre. Cela vaut pleinement pour la vie spirituelle. Et Thomas, en refusant de croire les autres apôtres sur parole, part sans doute précisément de là. Il veut voir et vivre lui-même ce que les autres ont vu, sans s’appuyer seulement sur leurs récits.
Mais que veut donc dire Jésus ? A-t-Il en vue les autres apôtres ? À peine : car tous, à ce moment-là, L’avaient déjà vu, et il n’était donné qu’à Thomas de croire les autres sur parole. De qui donc parle le Sauveur ? De ceux qui croiront plus tard ? Mais on ne devient chrétien au sens véritable qu’en vivant cette rencontre personnelle avec le Ressuscité, sans laquelle on ne peut parler du christianisme que de manière conditionnelle. Comment donc peut-on croire « sans voir » ? Manifestement, seulement par le témoignage de ceux qui, par leur témoignage, manifestent la vie du Royaume apporté dans le monde par Jésus. Un tel témoignage peut devenir le commencement du chemin spirituel, bien sûr, si celui qui l’a commencé est conséquent, la rencontre personnelle avec Jésus ressuscité aura lieu tôt ou tard dans sa vie.
Et Jésus comprend évidemment que l’Église ne demeure Église que tant qu’elle est capable d’un tel témoignage. Et Il appelle bienheureux ceux qui auront à entrer dans cette Église authentique.
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
« Ne sois pas incrédule, mais croyant » (Jn 20:27). Le sens de ces paroles bat dans cette expression (ou une expression semblable) dans le cœur d’une immense quantité de personnes. L’un prie pour ses parents et ses proches qui ne se sont pas encore tournés vers Dieu, un autre prie pour les passants, un autre demande la foi pour lui-même. Mais avant tout, ces paroles sont nées dans le cœur de Dieu. Il nous a conduits à la vie pour une coopération féconde avec Lui dans l’amour et, naturellement, dans la foi en ce qu’Il nous révèle. Le Seigneur désire notre salut plus que quiconque au monde, plus que nos proches et même plus que nous-mêmes. Et celui qui croit au Seigneur reçoit la vie éternelle (voir Jn 11:25-26).
C’est précisément pourquoi Il désire pour nous la foi. Chaque jour, Il frappe aux portes de nos cœurs (voir Ap 3:20). Chaque jour, voyant le feu s’éteindre, Il envoie des miracles, grands et petits, en répétant ces paroles : « Ne sois pas incrédule, mais croyant ».
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
Pour une raison étrange, l’opinion courante a fait de l’apôtre Thomas un exemple de défiance ; l’expression « Thomas l’incrédule » est même devenue proverbiale. Pourtant, lorsqu’il dit aux apôtres qui ont vu Jésus ressuscité : « Je ne croirai pas tant que je n’aurai pas mis mes doigts dans les plaies des clous », il n’est pas mû seulement par la défiance envers le récit d’un événement incroyable. Il faut tenir compte du fait que le Seigneur Lui-même ne réprimande pas Thomas, mais lui montre effectivement les blessures des clous et de la lance. Et dès que l’apôtre Thomas entendit cela, il confessa Jésus non seulement comme le Messie, mais comme son Seigneur et son Dieu ! Personne avant lui ne s’était élevé à une telle audace.
Il faut penser qu’il importait à l’apôtre de s’assurer non seulement de la réalité de la Résurrection, mais aussi que le Corps du Ressuscité portait les marques de la Passion. Premièrement, cela signifie pour Thomas — et pour nous — que le Seigneur est ressuscité dans le Corps même où Il a souffert pour nous. Deuxièmement, cela signifie que les souffrances de la Croix et la Résurrection sont inséparables. Il nous faut le savoir lorsque nous entendons notamment l’appel du Christ : « Prends ta croix et suis-Moi. » Car si le chemin de la croix ne nous conduit pas à la résurrection et à la vie, comment le suivre ? Et si ce chemin à la suite du Christ ne mène pas à la vie, comment la trouver ? C’est pourquoi le témoignage de l’apôtre Thomas revêt pour nous tous une importance exceptionnelle.
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
Nous ne savons pas tout ce qui s’est passé entre le Christ et Ses disciples après Sa Résurrection. D’un côté, c’est très regrettable : nous aimerions tant regarder à l’intérieur, apprendre ce qu’Il leur disait de Sa mort, de Sa descente aux enfers et de la Résurrection ; Le voir accomplir de nouveaux miracles. Il aurait pu leur dire tant de choses importantes et intéressantes. Mais hélas, non. Les évangélistes gardent le mystère avec une grande pudeur ; ils ne montrent que ce qui suffit pour que nous « croyions que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant nous ayons la vie en Son nom » (Jn 20:31). L’Esprit Saint qui anime les évangélistes veut manifestement laisser caché tout ce qui s’est passé durant cette période, comme tout ce qui est arrivé à Jésus dans Son enfance. Ce n’est pas parce qu’il s’agirait d’une connaissance secrète et particulière, accessible aux seuls élus. C’est parce que tout ce qui est nécessaire et suffisant à notre salut nous a déjà été dit. On pourrait même dire que ces versets de l’Évangile sont pour nous un lieu particulier, le lieu où est racontée l’histoire de chacun de nous : comment le Seigneur ressuscité nous est déjà apparu. Peut-être le Seigneur, dans Sa miséricorde, nous montrera-t-Il plus tard, dans la Nouvelle Jérusalem, tout ce que nous n’avons pas vu ; mais ce sera plus tard. Pour l’heure, nous devons nous réjouir de ne pas voir comment le Seigneur est apparu aux apôtres, car « heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20:29).
1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. |
2 Elle court alors et vint trouver Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis. " |
3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. |
4 Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. |
5 Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre; pourtant il n'entra pas. |
6 Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait; il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre, |
7 ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. |
8 Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. |
9 En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Écriture, il devait ressusciter d'entre les morts. |
10 Les disciples s'en retournèrent alors chez eux. |
11 Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l'intérieur du tombeau |
12 et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds. |
13 Ceux-ci lui disent : " Femme, pourquoi pleures-tu ? " Elle leur dit : " Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. " |
14 Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. |
15 Jésus lui dit : " Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? " Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : " Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je l'enlèverai. " |
16 Jésus lui dit : " Marie ! " Se retournant, elle lui dit en hébreu : " Rabbouni ! " - ce qui veut dire : " Maître ". |
17 Jésus lui dit : " Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. " |
18 Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et qu'il lui a dit cela. |
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " |
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. |
21 Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " |
22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint. |
23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " |
24 Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. |
25 Les autres disciples lui dirent donc : " Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur dit : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. " |
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : " Paix à vous. " |
27 Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. " |
28 Thomas lui répondit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " |
29 Jésus lui dit : " Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. " |
30 Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. |
31 Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. |
À la lecture des récits de la Résurrection, il devient évident que, malgré tout ce que Jésus leur avait dit pendant Son ministère terrestre, les apôtres n'étaient absolument pas prêts à rencontrer le Ressuscité. Ce n'est pas un hasard si Jean mentionne les vêtements funéraires, les « linges », qui ont amené pour la première fois les apôtres à penser qu'il se passait quelque chose d'inhabituel (v. 1–9). En effet, selon la coutume juive, le corps était enveloppé dans le linceul si étroitement qu'il était pratiquement impossible de le dérouler sans endommager le tissu. Or les apôtres ont vu ce linceul non seulement intact mais, apparemment, même sans qu'il ait été dérangé, si bien que le linge dont on entourait habituellement la tête du défunt, le « suaire » du v. 7, était resté posé à part, sans doute à l'endroit où se trouvait la tête du Sauveur avant la Résurrection. Il était impossible d'expliquer ce qui s'était produit autrement que par un miracle. Mais les apôtres ne se représentaient apparemment pas encore très bien ce qui avait précisément eu lieu.
Bien sûr, Marie Madeleine avait vu Jésus ressuscité dans le jardin et l'avait aussitôt annoncé aux apôtres (v. 11–18), mais son témoignage ne leur avait probablement pas suffi. La véritable rencontre eut lieu le soir du même jour (v. 19–23), et les apôtres purent enfin se convaincre que leur Maître était réellement vivant. Ce n'est pas un hasard si Jésus leur permet de regarder Ses mains, Ses pieds et Ses côtes (v. 20). Les traces des blessures devaient convaincre les apôtres qu'ils n'avaient devant eux ni un fantôme ni une ombre sortie du tombeau, comme ils auraient pu le penser en apprenant de Marie Madeleine que le Ressuscité ne lui avait pas permis de Le toucher (v. 17). Cela était extrêmement important, car il ne s'agissait pas seulement de la Personne du Ressuscité, mais aussi de la nature du Royaume. Si celui-ci ne différait en rien du monde des ombres et des esprits, son influence sur le monde ne serait pas plus forte que la leur. Les ombres et les esprits peuvent parfois manifester leur présence, mais ils sont incapables d'influer sérieusement sur l'ordre existant, et moins encore de le changer radicalement comme le monde change lorsqu'il devient une partie du Royaume.
Mais, malgré toute son objectivité et sa réalité tangible, le Royaume diffère apparemment de manière essentielle, sous certains aspects, de notre monde qui n'est pas encore transfiguré. Ce n'est pas un hasard si le Seigneur place tout de même le désir de Thomas de toucher de ses propres mains les blessures de Jésus au-dessous de la confiance accordée au témoignage (v. 24–29). Car l'essentiel dans le Royaume est déterminé par la confiance : confiance en Dieu, confiance en Jésus, confiance les uns envers les autres. Elle est le fondement de tout. Sans elle, il n'y a pas de Royaume. Et elle ne peut dépendre de la possibilité de toucher de ses mains ce en quoi l'on croit ou celui en qui l'on a confiance. Non pas parce que cela est interdit, mais parce que l'essentiel dans le Royaume ne peut être touché avec les mains. On ne peut le toucher qu'avec le cœur. Et tous ceux qui veulent vivre la vie du Royaume doivent y être prêts.
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