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RÉFLEXIONS pour Rm 12:16

16 Pleins d'une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l'orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse.
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En parlant des relations des fidèles entre eux, Paul leur conseille de suivre l’exemple de ceux qu’on appelait alors d’ordinaire les «pauvres» ou les «humbles». Autrefois, huit siècles avant la venue du Messie, au temps d’Isaïe de Jérusalem, on appelait ainsi les disciples du prophète, qui donnèrent naissance à tout un mouvement religieux. Ses membres s’appelaient eux-mêmes «pauvres» ou «humbles», bien qu’il s’agît d’ordinaire non de leur situation matérielle, mais de leur état spirituel. Ces hommes considéraient comme leur but principal la préparation à la rencontre du Messie, dont Isaïe annonçait la venue prochaine.

Ils s’appelaient «pauvres» et «humbles» parce qu’ils comprenaient que seul l’homme qui renonce à tout ce qu’il possède dans ce monde et se remet entièrement à la volonté de Dieu peut espérer entrer dans le Royaume du Messie. Et Paul, s’adressant à ses coreligionnaires, les appelle à cette humilité dont parlaient déjà les «pauvres» de l’époque d’avant l’exil. Que comprend donc l’apôtre par humilité lorsqu’il s’agit de l’attitude envers le prochain, envers le frère dans le Christ? Avant tout ce que la traduction russe appelle, pas très heureusement, «unanimité». On pourrait penser qu’il s’agit d’opinions communes sur telle ou telle question.

En réalité, l’expression grecque correspondante signifie «penser de l’autre de la même manière». Il s’agit, d’une part, de ne distinguer personne et de ne donner la préférence à personne, et, d’autre part, de ne pas non plus se placer soi-même au-dessus des autres. Un tel appel peut paraître irréalisable: les hommes sont différents, et il est impossible de ne pas remarquer ces différences. Mais Paul n’appelle pas à ne pas remarquer les différences entre les hommes. Il propose seulement de ne pas en distinguer certains au-dessus des autres, de ne pas placer les uns plus haut et les autres plus bas en fonction des capacités ou des qualités personnelles de l’homme.

Et de ne pas se donner à soi-même non plus la préférence en ce sens, de «ne pas être orgueilleux de soi», comme dit l’apôtre. En effet, la véritable humilité ne consiste pas à se considérer inférieur à tous, mais à cesser d’évaluer aussi bien soi-même que les autres. Bien sûr, nous sommes tous différents, et il faut voir ces différences. Mais il ne faut pas essayer de déterminer qui est plus important aux yeux de Dieu, qui est plus haut ou plus bas à cet égard. Dieu Lui-même peut le déterminer lorsque la nécessité s’en présentera. Quant à nous, nous pouvons très bien accomplir Son œuvre sans penser du tout à savoir dans quelle mesure nous sommes plus haut ou plus bas à Ses yeux que n’importe lequel de nos prochains.

Autres réflexions

 
Pour Rm 12:9-21
Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien;
10 que l'amour fraternel vous lie d'affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants,
11 d'un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l'esprit, au service du Seigneur,
12 avec la joie de l'espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière,
13 prenant part aux besoins des saints, avides de donner l'hospitalité.
14 Bénissez ceux qui vous persécutent; bénissez, ne maudissez pas.
15 Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure.
16 Pleins d'une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l'orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse.
17 Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes,
18 en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous,
19 sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère ; car il est écrit : C'est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur.
20 Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.
21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien.
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En décrivant la vie du Royaume et de ceux qui y ont part, Paul souligne un point très...  Lire la suite

En décrivant la vie du Royaume et de ceux qui y ont part, Paul souligne une particularité très importante de notre époque, l'époque du Royaume qui vient, qui se révèle avec une plénitude toujours plus grande et accueille sans cesse de nouveaux habitants.

Auparavant, parlant des manières dont Dieu agit dans le monde, l'apôtre, en se référant à la Torah, attirait l'attention de ses lecteurs sur le fait que Dieu peut agir même par ceux qui lui résistent; mais alors ce n'était plus l'action de l'amour de Dieu, mais celle de sa puissance. Maintenant, à première vue, le tableau change: l'action de l'amour de Dieu est visible, et Paul décrit avec détail ses manifestations dans les relations entre frères comme dans celles des chrétiens avec ceux qui ne connaissent pas encore le Royaume (v. 9-18).

Mais Paul ne mentionne pas les manifestations de la puissance de Dieu du genre de celles dont il parle en se référant aux textes de l'Exode. Au contraire, il interdit la vengeance, suivant ici les enseignements de Jésus lui-même, et propose de la remettre jusqu'au moment où Dieu manifestera directement sa puissance et exercera son jugement (v. 19-21). Mais, à en juger par ce que Paul dit du Royaume et du retour du Sauveur, le jugement définitif sur les ennemis de Dieu, et donc sur les ennemis des fidèles, est remis à la fin des temps.

À première vue, on peut avoir l'impression que Dieu expose ainsi son peuple aux coups, car les fidèles devront attendre encore longtemps le jugement de Dieu. Mais cette manière d'agir dans notre monde déchu apparaît comme la seule possible. En effet, on ne peut parler du jugement définitif de Dieu que lorsque l'homme se trouve dans le Royaume ou devant le Royaume, et un Royaume révélé dans toute sa plénitude.

Certes, Dieu voit dès maintenant le cœur de chacun. Mais l'histoire du Royaume ne fait que commencer; il ne s'est pas encore révélé au point de transformer jusqu'au bout notre monde, qui n'est pas encore libéré du péché. Cela signifie que l'ancienne histoire, où le choix d'une voie ne signifiait encore que le choix d'une voie, n'est pas tout à fait terminée. L'ancien monde a cessé d'être l'unique réalité de l'histoire, mais il en constitue encore une part réelle. Par conséquent, tout choix fait par l'homme dans ce monde ambigu et divisé ne peut être tenu pour définitif, sauf pour ceux qui ont choisi le Royaume et ont parcouru leur chemin jusqu'au bout. Tous les autres ont encore, jusqu'au retour du Sauveur, la possibilité de changer d'avis, de modifier leur décision et leur choix.

Mais alors il faut aussi leur donner le temps d'utiliser cette possibilité. Et Dieu, en différant son jugement, leur donne du temps afin d'employer jusqu'au bout toutes les possibilités pour le salut de chacun. Pour ceux qui sont déjà dans le Royaume, le chemin du salut est ouvert. Il est maintenant temps pour eux de penser à ceux qui ne connaissent pas encore ce chemin, afin que le Sauveur soit réellement le Sauveur de chacun de ceux qui peuvent encore être sauvés.

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