46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
Bartimée veut recouvrer la vue. Souvent, ceux qui demandent quelque chose le redoutent en même temps, car il leur faudra alors changer leur mode de vie habituel, et cela crée toujours des problèmes. Si Bartimée recouvre la vue, il sera obligé de cesser de mendier, de commencer à chercher du travail et, plus généralement, d'assumer la responsabilité de lui-même et de ceux qui l'entourent. Mais il y est prêt : non seulement il crie vers le Christ, mais il va à Lui en rejetant son manteau, peut-être son seul bien précieux. Bartimée risque de ne pas le retrouver s'il ne recouvre pas la vue, mais il est prêt à rejeter tout ce qui a de la valeur pour demander l'essentiel. Il va vers Jésus et, ayant recouvré la vue, demeure avec Lui. Combien de fois ce « manteau » auquel nous nous agrippons, différent pour chacun, nous empêche-t-il d'aller vers Jésus et de recevoir de Lui la véritable vue...
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
Dans la rencontre avec Jésus, certains sont guéris, d'autres non. Certains le remarquent, d'autres l'ignorent. Certains s'approchent, d'autres passent à côté. Et parmi ceux qui s'approchent, les uns viennent pour le Royaume et pour la vie, les autres pour débattre avec lui ou le prendre au piège par une parole. À chacun son choix.
L'aveugle au bord du chemin veut la guérison: il veut recouvrer la vue, voir, et avant tout voir celui qui peut lui rendre la vue, la possibilité même de voir. Est-ce possible? Oui, bien sûr. Dans le Royaume tout est possible, et cet aveugle tend de toutes ses forces précisément vers celui qui a apporté le Royaume dans le monde.
C'est possible, mais à une seule condition: la rencontre devient le but principal et unique, pour lequel, s'il le faut, on peut repousser de côté toutes les conventions, interdictions et limitations. Il ne s'agit évidemment pas des commandements de Dieu, mais bien des limitations et des règles inventées par les hommes, des opinions humaines. L'aveugle appelle Jésus Fils de David, c'est-à-dire Messie. On essaie de le faire taire, car officiellement personne ne reconnaissait Jésus comme Messie, et officieusement les opinions divergeaient fortement.
À ce moment-là, Jésus était de toute façon, dans l'opinion publique, une personnalité scandaleuse ou du moins ambiguë à tous égards. Pour se précipiter vers lui ainsi, il fallait lui faire pleinement confiance, lui faire confiance non pas malgré, mais au-dessus de toutes les conventions sociales, en les ignorant simplement et en ne voyant que l'Homme en tant que tel. Voilà des relations avec le Christ qui sont réellement salvatrices. Non parce qu'il est Dieu et homme à la fois, mais parce que ces relations sont vraies; si elles n'avaient pas été vraies, même sa divinité n'aurait pas aidé.
Au bout du compte, tout est déterminé précisément par les relations, par leur profondeur, leur authenticité, qu'il s'agisse des relations avec Dieu ou avec l'homme. Les vraies relations sont toujours inconditionnelles: elles ne peuvent être conditionnées par aucun facteur extérieur, social, religieux ou autre. C'est seulement alors que les relations deviennent efficaces, transformant ceux qui y entrent. Alors, dans les relations avec le Christ, tout est possible: miracles, guérisons, participation au Royaume. Autrement, tout est inutile, même si l'on le rencontre face à face.
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
Les guérisons accomplies par Jésus se font chaque fois un peu différemment. Parfois Il touche la personne, lui impose les mains, et parfois Il dit, comme à l'aveugle qu'Il a guéri sur la route de Jéricho : ta foi t'a sauvé. Qu'est-ce donc qui sauvait les autres ? N'était-ce pas la foi ? Bien sûr que si : sans la foi Jésus ne peut aider personne. Il s'agit, bien entendu, de la foi comme confiance, confiance en Dieu et confiance en Lui-même, en Celui par qui agissent Dieu, la puissance de Dieu et l'amour de Dieu.
Pour la guérison, une telle confiance suffisait : celui qui était guéri pouvait ne pas vraiment comprendre qui se tenait devant lui, il pouvait ne pas voir en Jésus le Messie, ni encore moins le Fils de Dieu. L'essentiel était ailleurs : faire confiance à Jésus comme à Celui par qui Dieu agit, et agit en plénitude, de sorte que rien ne Lui est impossible. À condition d'une telle confiance, l'homme peut non seulement établir avec Jésus des relations de confiance, il peut devenir une partie de Sa vie, et donc une partie du Royaume, au moins en partie et pour un temps. La plénitude d'une telle entrée dans la vie du Royaume est largement déterminée par l'état spirituel de la personne. En principe, toute personne guérie par Jésus aurait pu, en participant par Lui à la vie du Royaume, en rester habitante, à condition bien sûr de garder l'état qu'elle avait vécu au moment de la guérison. Elle aurait alors partagé avec le Christ Son chemin et aurait été de ceux pour qui la Pentecôte serait devenue non pas le commencement, mais l'achèvement du chemin, ou du moins de l'une de ses étapes.
Pour la plupart des guéris, cependant, la guérison ne devenait qu'un retour à l'état accessible aux humains dans le monde déchu. Peu d'entre eux considéraient la guérison comme le point de départ d'un chemin spirituel ultérieur. Or l'aveugle guéri par Jésus sur la route de Jéricho suivit Jésus. Il décida de partager avec Celui qui l'avait guéri au moins une partie du chemin. Pour un tel pas de confiance, il faut beaucoup plus que pour simplement s'approcher et demander la guérison. Avec une telle confiance, la guérison ne requiert même pas de contact physique : la confiance seule suffit, les relations elles-mêmes comme telles. L'évangéliste ne nous dit rien du destin ultérieur de Bartimée, mais une chose est claire : il suivit Jésus. Jusqu'où, c'est leur affaire à tous deux.
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
L'Évangile selon Marc, en décrivant la guérison de l'aveugle, ajoute au récit un détail remarquable absent de Luc: outre le nom du guéri, l'évangéliste mentionne la phrase par laquelle les gens l'encouragent: «N'aie pas peur, lève-toi, Il t'appelle.» À première vue, la situation paraît paradoxale: l'homme qui venait lui-même d'appeler Jésus sans tenir compte de la réaction de la foule s'arrête soudain, comme saisi de crainte, et n'ose pas s'approcher de Celui qu'il appelait à l'aide. De quoi Bartimée a-t-il peur? Certainement pas des hommes. S'il les avait craints, il n'aurait pas crié vers Celui que tous considéraient comme un grand Prophète afin d'attirer Son attention. Il n'a pas non plus peur de Jésus comme homme. Il semble que Bartimée ait soudain senti quelque chose d'inhabituel, quelque chose que ce Prophète étonnant porte avec Lui et en Lui. Il a senti ce Royaume même dont Jésus ne cessait de témoigner en disant qu'il s'était «approché». En le sentant, il a comme reculé et s'est arrêté. Il n'était sans doute pas fort en théologie. Il ne connaissait pas les subtilités des nombreuses théories messianiques étudiées alors dans les académies de Jérusalem et de Babylone. Mais il a senti le souffle du Royaume, parce qu'il s'était totalement confié à ce Maître étrange et inhabituel. Et l'ayant senti, il a compris qu'il n'était pas prêt à y entrer. Ceux qui l'entouraient, sans comprendre ce qui arrêtait cet homme si résolu un instant auparavant, le poussent: va, Il t'appelle. Bartimée y va. Les autres pensent qu'il va vers sa guérison. Lui, entre-temps, fait un pas dans le Royaume.
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
Aujourd’hui, nous lisons le récit de l’évangéliste Marc sur la même guérison d’un aveugle que racontait l’évangéliste Luc. Les deux récits coïncident exactement quant à leur essence ; par rapport à Luc, l’évangéliste Marc ajoute seulement quelques détails. Tout d’abord, il nous a conservé le nom de l’aveugle de Jéricho : Bartimée (en hébreu Bar-Timée, fils de Timée, explique Marc, qui écrit en grec).
En outre, Marc attire l’attention sur le fait que la foule qui entourait le Seigneur Jésus n’était pas composée uniquement de pharisiens. Il s’y trouva des gens qui adressèrent à l’aveugle des paroles dignes de disciples du Seigneur Jésus-Christ. Une force étonnante de miséricorde et d’accueil de la personne résonne dans cet appel : « Prends courage, lève-toi, Il t’appelle. » Ainsi, les personnes présentes ne faisaient pas toutes taire l’aveugle pour qu’il ne gêne pas l’entrée du Christ à Jéricho ; d’autres, au contraire, l’encourageaient. Peut-être l’aveugle n’espérait-il pas beaucoup que ce Maître de Galilée, qu’il ne connaissait pas, répondrait à sa supplication. Peut-être n’était-il pas certain que Jésus fût capable de le guérir. Enfin, le récit de Marc permet de penser que le cri de l’aveugle, « Fils de David, aie pitié de moi », était moins une confession de foi ferme et claire qu’une sorte de question adressée au Christ. La prophétie d’Isaïe disait que le Christ, le Fils de David, guérirait les aveugles. Et voici que l’aveugle s’adresse au Maître entouré par la foule. Ses paroles signifient peut-être : « si Tu es bien ce Fils de David, aie pitié de moi, accomplis la prophétie ». Ce n’est que lorsque le Christ S’arrête et appelle Bartimée que le pauvre aveugle comprend qui il lui a été donné de rencontrer. Comme cela arrive souvent, il fut lui-même effrayé par sa propre audace et, intimidé, ne put bouger de sa place. Voilà pourquoi les disciples durent lui dire : « Prends courage, lève-toi, Il t’appelle. »
Peut-être est-ce aussi à cela que se rattache le troisième détail conservé par Marc et non mentionné par Luc. Bondissant, Bartimée rejeta le manteau poussiéreux dans lequel il était enveloppé, un himation semblable à la toge romaine, et courut vers Jésus. Peut-être, comme on le pense habituellement, ce manteau l’empêchait-il de se mouvoir rapidement ; peut-être était-ce un geste de respect envers le Maître... Quoi qu’il en soit, cela confirme l’impression que Bartimée ne s’attendait pas à ce que le Maître daigne répondre à son cri.
Enfin, il y a encore un point important : la manière dont l’aveugle s’adresse au Christ. L’évangéliste Luc, qui a consigné ce récit « après enquête » sur la tradition de l’Église, emploie comme adresse le mot habituel parmi les chrétiens de langue grecque, « Seigneur » (en grec Kurios). Marc, en revanche, qui traduisait en grec et consignait le témoignage de l’apôtre Pierre, témoin oculaire de cette guérison, place ici sans le traduire le mot araméen « Rabbouni », « maître ». Cette forme d’adresse est empreinte d’un respect exceptionnel ; elle souligne l’origine divine de l’enseignement annoncé par le Maître. Selon le témoignage de l’évangéliste Jean, c’est précisément cette adresse qui jaillit des lèvres de Marie Madeleine bouleversée lorsqu’elle voit le Christ ressuscité. Pour Bartimée, son dialogue avec le Seigneur Jésus devint probablement une rencontre avec Dieu Lui-même, le Maître et le Pasteur d’Israël. Voilà ce que le Seigneur appelle la foi qui a sauvé l’aveugle.
Et bien sûr, un détail très frappant est que Bartimée, ayant recouvré la vue, suivit Jésus sur le chemin. Où donc et à la suite de qui un homme qui a recouvré la vue pourrait-il aller, sinon à la suite de Jésus ? Ainsi Pierre dit-il dans un moment difficile : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Le recouvrement de la vue donne à Bartimée la possibilité non seulement de voir le monde, mais aussi d’y voir l’essentiel : le Fils de Dieu.
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
Entendant l'aveugle crier : « Aie pitié de moi », Jésus lui répondit aussitôt et engagea le dialogue avec lui. Mais la guérison ne se produisit pas immédiatement. Avant d'accomplir Son miracle, Il demanda à Bartimée ce qu'il voulait au juste, en quoi devait consister cette miséricorde. L'aveugle répondit aussitôt : « Que je retrouve la vue. » Alors il reçut non seulement la vue ordinaire, mais aussi la certitude que le Christ se tenait devant lui. Ce n'est pas un hasard s'« il suivit Jésus sur le chemin ».
Parfois, le Seigneur attend de nous que nous prenions nous-mêmes conscience de notre problème et que nous formulions précisément ce que nous ne pouvons surmonter sans Son miracle. N'est-ce pas là l'un des aspects du sacrement de la confession ? Tant que nous ne prenons pas conscience de notre péché et ne l'exprimons pas en présence d'un prêtre, il ne peut nous être remis.
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
Différentes personnes réagissent différemment à l'apparition de Jésus. Et la réaction la plus directe est en général celle de ceux qui cherchent auprès de lui une aide, le plus souvent une guérison. Cela se comprend : de telles personnes n'ont d'ordinaire rien à perdre. Quelle exigence peut-on imposer à un mendiant aveugle assis au bord du chemin ? Ceux qui l'entourent essaient de le faire taire ou, du moins, de l'empêcher de crier si fort.
On peut les comprendre : à ce moment-là, toutes sortes de rumeurs sur Jésus circulaient déjà parmi le peuple, et l'attitude envers lui et sa prédication était ambiguë. À beaucoup de personnes respectées et faisant autorité dans la société religieuse, elle paraissait pour le moins douteuse. Mais le mendiant aveugle au bord de la route se souciait peu de ces personnes respectées et faisant autorité : aucune d'elles ne pouvait l'aider. Et ces personnes respectées et faisant autorité n'avaient pas besoin de lui. Bien sûr, elles lui donnaient l'aumône, et il ne mourait pas de faim.
Mais c'était la limite de ce qu'il pouvait recevoir de la société et des personnes respectées dans la société. Et voici quelqu'un qui peut vraiment aider, guérir, délivrer de la cécité. Un prédicateur. On dit qu'il est prophète. Peut-être n'est-il pas prophète, mais il guérit, cela est certain. Si un tel homme passe sur la route, comment ne pas saisir l'occasion ? Comment ne pas crier ? D'autant plus si recouvrer la vue est le but principal et le sens principal de la vie. Ici agit une loi spirituelle importante : pour que les relations avec Dieu, les relations avec le Christ, soient pleines, elles doivent devenir inconditionnelles. L'homme doit suivre le Christ sans regarder en arrière.
Sans regarder en arrière vers la tradition, les coutumes ou les autorités religieuses. Sinon, rien n'en sortira. Et pour aller ainsi, il faut une liberté intérieure vis-à-vis de tout cela. Une liberté comme celle de l'aveugle au bord de la route, qui n'a rien à perdre. Qui veut une seule chose, et la veut de toute son âme, de tout son être. Bien sûr, il ne comprend pas encore à qui il a affaire. Mais sa détermination est grande ; ceux qui essaient de le faire taire n'ont pas une telle détermination. Et grâce à cette détermination et à sa confiance envers l'Inconnu, le mendiant aveugle reçoit ce qu'il veut. Ceux qui tentaient de le faire taire ne reçoivent rien. Ce n'est pas étonnant : après tout, ils ne cherchaient rien.
32 Ils étaient en route, montant à Jérusalem ; et Jésus Mchait devant eux, et ils étaient dans la stupeur, et ceux qui suivaient étaient effrayés. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver : |
33 « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, |
34 ils le bafoueront, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera. » |
35 Jacques et Jean, les fils de Zébédée, avancent vers lui et lui disent : « Maître, nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. » |
36 Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » — |
37 « Accorde-nous, lui dirent-ils, de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » |
38 Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? » |
39 Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez, et le baptême dont je vais être baptisé, vous en serez baptisés ; |
40 quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, mais c’est pour ceux à qui cela a été destiné. » |
41 Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. |
42 Les ayant appelés près de lui, Jésus leur dit : « Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. |
43 Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, |
44 et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. |
45 Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » |
46 Ils arrivent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. |
47 Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » |
48 Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » |
49 Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! lève-toi, il t’appelle. » |
50 Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus. |
51 Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » |
52 Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Et aussitôt il recouvra la vue et il cheminait à sa suite. |
«Montant à Jérusalem», Jésus parle de nouveau de Ses souffrances et de Sa résurrection; jusqu'ici les disciples ne comprenaient pas Ses paroles, et Pierre discutait même avec Lui. Maintenant Il décrit tout ce qui doit Lui arriver. Les disciples sont saisis d'effroi; mais ont-ils enfin compris les paroles du Maître?
Jacques et Jean demandent à Jésus de leur donner les places les plus honorables dans Son Royaume. Selon les coutumes du temps, à la droite du roi siégeait son premier conseiller; la place à gauche venait au second rang. Le Christ répond aux frères: «Vous ne savez pas ce que vous demandez», et leur propose de partager avec Lui la coupe des souffrances. C'est ce qui arriva aux deux frères: Jean subit des persécutions (voir Ap 1:9), et son frère Jacques fut tué (Ac 12:2).
Voulant rétablir la paix entre les disciples, le Christ leur révèle que de telles demandes n'ont pas de sens: dans le Royaume de Dieu, il n'y a pas la pyramide de pouvoir qui existe dans tout royaume terrestre, ni domination au sens habituel. Qui est le plus grand dans le Royaume de Dieu? Celui qui sert le plus. Et Celui qui sert le plus, c'est le Roi Lui-même (cf. Ph 2:7).
Peut-être par contraste, l'évangéliste Marc raconte la demande de l'aveugle Bartimée, à laquelle le Seigneur répondit par le miracle de la guérison. En quoi la foi de Bartimée s'est-elle manifestée? Il appelle Jésus par le titre messianique «Fils de David», ce qui ne plut pas à tout le monde: beaucoup lui ordonnent de se taire. En allant vers Jésus, il jette son manteau; s'il était resté aveugle, il ne l'aurait jamais retrouvé. Enfin, une fois qu'il voit, il suit Jésus.
Le Seigneur a répondu à la demande de l'aveugle Bartimée, mais Il a rejeté celle de deux de Ses disciples. Demandons-nous: à quoi ressemblent mes prières? Peut-être Jésus me dit-Il aussi: «Tu ne sais pas ce que tu demandes»?
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