Ces mots de l'apôtre de Paul sont actuels maintenant, comme ils étaient actuels et au milieu des années 50 du 1er siècle. Dans cette partie du chapitre, l'apôtre Paul écrit aux corinthiens de la vie au service de...
Ces mots de l'apôtre de Paul sont actuels maintenant, comme ils étaient actuels et au milieu des années 50 du 1er siècle. Dans cette partie du chapitre, l'apôtre Paul écrit aux corinthiens de la vie au service de Dieu et souligne que, si les scissions sont nécessaires, les divisions à cause d’elles, sont au contraire inadmissibles. Oubliant ces mots de l'apôtre, nous pensons souvent instinctivement et nous agissons exactement au contraire : nous pensons que les scissions sont inadmissibles, mais la division avec les hétérodoxes nécessaire.
Cette phrase de l’apôtre sonne étonnamment en grec, surtout sur le fond de l’histoire chrétienne. Le grec contient en effet le mot «aeresis» - l'hérésie. Ce mot était utilisé à trois proche, mais non identiques significations : a) le choix, la liberté du choix; b) les élections, les personnes élues; c) les dispositions, parcours, directions, les écoles.
À l'époque Synodique, les deux premières significations étaient passées au second plan chez les chrétiens, mais elles étaient encore tout à fait utilisées au 1er siècle. Ce mot ne porte en lui-même aucune négative nuance, pourquoi donc l'apôtre parle de ces «aeresis» comme de quelque chose de nécessaire (et on peut traduire de "désirable"). La traduction selon la Bible de Jérusalem propose l'interprétation rétrécie "scissions", considérant ou croyant que l'apôtre parle de la différence d’opinions, qui ne devraient pas servir de prétexte pour une division. On ne peut cependant exclure la possibilité que l'apôtre parle des élections des fonctionnaires dans la communauté Corinthienne, entraînant la division entre les partisans des différentes personnes.
D’une manière ou d'une autre, est principale pour nous le fait que l'apôtre caractérise les préférences personnelles et/ou la différence des opinions comme étant un phénomène normal pour les chrétiens. Il explique qu'il le faut pour que se manifestent parmi nous des éprouvés. Nous pensons humainement que si les éprouvés se manifestent, alors, conséquemment le reste est considéré comme n’ayant pas passé l’épreuve, c'est-à-dire inutile, avec des «conclusions organisées» correspondantes. Ce n’est pas du tout ce que l'apôtre veut dire, pour lui il est important de voir les éprouvés pour que, en gardant l'unité comme un grand joyau, nous puissions suivre leur exemple et leur choix.
En outre, pour nous, particulièrement pour ceux qui ont grandi à la période des bolcheviks, il est important de comprendre que les scissions s’avouent nécessaire que dans l’unique communauté religieuse, dont Paul appelle à révérer l'unique Eucharistie, c'est-à-dire - dans le cadre du christianisme. Il nous semble d'habitude que le christianisme est une doctrine ou idéologie, où il ne peut avoir des différences d’opinions. Mais voici qu’elles ne doivent pas seulement être, mais elles sont même nécessaires. En réalité, tout est très clair : Dieu a planté l'Église dans un monde variable, et qui elle-même varie, et sous la bonne action du Créateur. Et il arrive à choisir chaque jour en elle sur le chemin de la vie chrétienne.
Tandis qu’il écrivait les épîtres aux Thessaloniciens, Paul évangélisait Corinthe durant plus de dix-huit mois, Ac 18.1-18, du printemps 50 à la fin de l’été 51. Selon sa coutume d’agir dans les grands centres, il voulait implanter la foi au Christ dans ce port fameux très peuplé, d’où elle rayonnerait dans toute l’Achaïe, 2 Co 1.1 ; 9.2. De fait, il réussit à y établir, surtout dans les couches modestes de la population, 1 Co 1.26-28, une forte communauté. Mais cette grande ville était un foyer de culture grecque, où s’affrontaient des courants de pensée et de religion fort divers. Le contact de la jeune foi chrétienne avec cette capitale du paganisme devait poser pour les néophytes bien des problèmes délicats. C’est à les résoudre que s’emploie l’Apôtre dans les deux lettres qu’il leur écrit.
La genèse de ces deux épîtres est assez claire, en dépit de quelques points douteux. Une première lettre « précanonique », 1 Co 5.9-13, de date incertaine, n’a pas été conservée. Plus tard, durant le séjour qu’il fit à Éphèse au cours du troisième voyage, durant juste un peu plus de deux ans (52-54), Ac 19.1 ; 20.1, des questions apportées par une délégation de Corinthiens, 1 Co 16.17, auxquelles s’ajoutaient des informations reçues par le moyen d’Apollos, Ac 18.27s ; 1 Co 16.12, et des « gens de Chloé », 1 Co 1.11, poussèrent Paul à écrire une nouvelle lettre, qui est notre 1 Co, aux environs de Pâques 54 (1 Co 5.7s ; 16.5-9). Peu après, une crise dut se produire à Corinthe, où Timothée joua probablement un rôle, (1 Co 4.17 ; 16.10-11) et qui l’obligea à y faire une visite rapide et pénible, 2 Co 1.23–2.1, au cours de laquelle il promit de revenir bientôt, 2 Co 1.15-16. En fait, il ne revint pas et remplaça cette visite par une lettre sévère et écrite « parmi bien des larmes », 2 Co 2.3s, 9, qui produisit un effet salutaire, 2 Co 7.8-13. C’est en Macédoine, après avoir quitté Éphèse à la suite de crises très graves mal connues de nous, 1 Co 15.32 ; 2 Co 1.8-10 ; Ac 19.23-40, que Paul apprit de Tite cet heureux résultat, 2 Co 1.12s ; 7.5-16 ; et c’est alors qu’il écrivit les deux parties de 2 Co, pendant le printemps et l’été de 55. Il devait ensuite repasser par Corinthe, Ac 20.1s, cf. 2 Co 9.5 ; 12.14 ; 13.1, 10, pour de là remonter à Jérusalem et y être fait prisonnier.
Selon certains, 2 Co serait une compilation de plusieurs lettres – jusqu’à cinq – envoyées par Paul à Corinthe en différentes occasions. D’autres, moins impressionnés par les transitions difficiles que cette théorie cherche à expliquer, admettent cependant que les chap. 10-13 ne peuvent être la suite de 1-9. Il est psychologiquement impossible que Paul passe brutalement de la célébration de la réconciliation des chap. 1-9 à l’admonestation amère et aux justifications sarcastiques des chap. 10-13. On a suggéré que les chap. 10-13 pourraient être l’épître écrite dans les larmes, à cause de leur ton sévère, mais cela ne convient guère au contexte. L’épître écrite dans les larmes a été provoquée par la conduite d’un individu, 2 Co :2.5-8, or il n’y est même pas fait allusion dans les chap. 10-13, qui parlent du tort fait aux communautés par les faux apôtres. Il est donc plus probable que ces chapitres ont été déterminés par une détérioration de la situation à Corinthe après l’envoi des chap. 1-9.
Si ces épîtres apportent sur l’âme de Paul et sur ses relations avec ses convertis des lumières d’un extrême intérêt, leur importance doctrinale n’est pas moindre. Nous y trouvons, surtout dans 1 Co, des informations et des décisions sur bien des problèmes cruciaux du christianisme primitif, aussi bien dans sa vie intérieure : pureté des mœurs, 1 Co :5.1-13 ; 6.12-20, mariage et virginité, 1 Co 7.1-40, tenue des assemblées religieuses et célébration de l’eucharistie, 11-12, usage des charismes, 1 Co 12.1–14.40, – que dans ses rapports avec le monde païen : appel aux tribunaux, 1 Co 6.1-11, viandes offertes aux idoles 8-10. Ce qui aurait pu n’être que cas de conscience ou règlements de liturgie devient, grâce au génie de Paul, occasion de vues profondes sur la vraie liberté de la vie chrétienne, la sanctification du corps, le primat de la charité, l’union au Christ. La défense de son apostolat, 2 Co 10-13, lui inspire des pages splendides sur la grandeur du ministère apostolique, 2 Co 2.12 – 6.10 ; et le sujet très concret de la collecte, 2 Co 8-9, est illuminé par l’idéal de l’union entre les Églises. L’horizon eschatologique est toujours présent et sous-tend tout l’exposé sur la résurrection de la chair, 1 Co 15. Mais les descriptions apocalyptiques de 1 Th et 2 Th font place à une discussion plus rationnelle qui justifie cette espérance difficile pour des esprits grecs. Cette adaptation de l’Évangile au monde nouveau où il pénètre se manifeste surtout dans l’opposition de la folie de la Croix à la sagesse hellénique. Aux Corinthiens qui se divisent en s’opposant leurs différents maîtres et leurs talents humains, Paul rappelle qu’il n’y a qu’un seul maître, le Christ, un seul message, le salut par sa croix, et que là est la seule et vraie Sagesse, 1 Co 1.10 – 4.13. Ainsi, par la force des choses et sans renier les perspectives eschatologiques, il est amené à insister davantage sur la vie chrétienne présente, comme union au Christ dans la vraie connaissance qui est celle de la foi. Cette vie que donne la foi, il va l’approfondir encore, et, cette fois, par rapport au judaïsme, à la suite de la crise galate.