18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
Dans ce conflit entre le Christ et les pharisiens apparaît avec le plus de clarté la différence entre leurs conceptions de la foi. Les pharisiens exigent de Jésus des arguments précis : Il doit montrer de façon manifeste « par quelle autorité » Il peut agir en maître dans le Temple. Cette exigence revient à demander une nouvelle preuve de la part de Dieu, un miracle. Au lieu de cela, le Christ les place devant une question fondamentale sur la foi, en prenant l'exemple de Jean, qui appelait le peuple à la conversion. En son temps, certains n'avaient pas besoin de preuves miraculeuses de la mission prophétique de Jean : ils avaient reconnu dans leur cœur la justesse de ses paroles. C'étaient ces « publicains et prostituées » (et beaucoup d'autres) qui étaient prêts à revenir vers Dieu, à se réconcilier avec Lui et à commencer une vie différente de la précédente. Mais si cette disponibilité fait défaut, il ne reste plus qu'à jouer au jeu des preuves et à discuter d'autorité...
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
La lecture d'aujourd'hui se compose de deux parties qui, à première vue, ne sont pas directement liées. La première raconte le figuier desséché (v. 18-22); la seconde rapporte l'entretien de Jésus avec les grands prêtres et les anciens dans le Temple (v. 23-32). Et pourtant il existe un lien entre ces deux événements, même s'il n'apparaît pas immédiatement.
Ce n'est pas par hasard que le récit du figuier desséché se termine par un entretien sur la foi capable, selon les paroles de Jésus, de déplacer les montagnes (v. 21-22). Manifestement, la foi n'est pas ici seulement la confiance en Dieu et en Celui que Dieu envoie dans le monde, mais aussi un certain état spirituel. Et la seconde partie du passage est justement consacrée à ce qui empêche l'homme d'acquérir et de garder cet état.
La conversation avec les grands prêtres et les anciens commence par une question déjà discutée plus d'une fois: qui a donné à Jésus l'autorité de faire ce qu'il fait (v. 23)? Jésus, comme cela s'est déjà produit, répond à une question par une question: le lavage, ou « baptême », pratiqué par Jean était-il vrai ou faux (v. 25)? Alors les interlocuteurs de Jésus se mettent à réfléchir à la réponse à lui donner (v. 25-27). Mais ce qui les préoccupe, manifestement, n'est pas la vérité du ministère de Jean, mais seulement la possibilité de sortir d'une situation délicate pour eux sans perdre la face. Finalement, comme il arrive souvent dans de tels cas, ils esquivent la réponse (v. 27).
Alors Jésus refuse lui aussi de répondre à leur question. Il n'y a là aucun jeu: avec une telle attitude, essayer d'expliquer quoi que ce soit à ces hommes serait réellement inutile. La vérité ne les intéresse pas; leur propre opinion leur importe davantage, quoi qu'ils disent de la vie spirituelle, de la pureté de la foi et d'autres choses du même genre.
La parabole des deux fils racontée par Jésus (v. 28-32) caractérise parfaitement la situation: on peut parler autant qu'on veut de foi et de vie spirituelle, mais s'il n'y a pas d'obéissance sincère à la volonté de Dieu, tout cela n'est que paroles. Et ce qui empêche l'obéissance, c'est le manque de résolution et d'intégrité intérieure.
En effet, on ne peut pas dire que les interlocuteurs de Jésus soient des hommes tout à fait incroyants. Mais leur foi n'est pas inconditionnelle; c'est une foi avec réserves et concessions. Et une telle foi vaut peu. Elle ne pourra certainement pas déplacer les montagnes. Une telle foi ne sert qu'à l'auto-consolation de ceux qui voudraient se considérer croyants sans rien sacrifier. Mais une telle foi n'a rien à voir avec le Royaume.
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
Le Seigneur poursuit Son chemin vers le Golgotha, qui se fait déjà sentir dans Ses affrontements avec les grands prêtres et les anciens, dans Ses paraboles et Ses entretiens avec les disciples. Il est entré dans la ville comme Roi ; Il doit soit être accueilli par le peuple comme le Messie longtemps attendu, soit périr dans l'affrontement avec l'hypocrisie et la raideur des chefs et l'infidélité du peuple, dans le combat contre le royaume des ténèbres. Là où vient le Christ, il ne reste pas de place pour les compromis. Le figuier qui n'a pas porté de fruit se dessèche ; Israël, qui n'a pas entendu la prédication de Jean, ne peut recevoir le Sauveur. Il devient de plus en plus clair que le conflit ne peut se terminer que d'une seule manière : par la mort du Rebelle.
Nous, au même titre que les Israélites du début du premier siècle, nous trouvons au centre même des événements. Le Christ entre chez nous exactement de la même manière (ou entrera encore) qu'Il est entré à Jérusalem ; et Il se heurtera exactement de la même manière (ou s'est déjà heurté) à l'hypocrisie et à la raideur de notre cœur. Nous sommes, comme eux, toujours au bord d'un choix : tuer le Messie et se dessécher comme le figuier, ou Le recevoir, entendre Sa parole, devenir tels qu'Il veut nous voir, et obtenir Sa miséricorde et le Royaume.
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
Quel lien y a-t-il entre le figuier desséché et les paroles du Sauveur sur la foi? Et pourquoi Jésus traite-t-Il avec une telle rigueur l'arbre rencontré sur la route? Après tout, dans la nature tout arrive en son temps, et il est stupide de s'en offusquer ou de s'en irriter.
Et pourtant, il s'agit bien du Royaume. De ce Royaume qui accompagne Jésus partout. Or dans le Royaume, il n'y a pas de changement des saisons au sens où nous l'entendons. Et des fruits peuvent apparaître sur l'arbre à n'importe quel moment. Plus exactement, au moment où ils sont nécessaires à celui qui s'approche de l'arbre. S'il n'y en a pas, cela ne signifie qu'une chose: l'arbre ne vit pas selon les lois du Royaume, mais selon les lois du monde non transfiguré. Un monde où il n'y a pas de vraie vie. Au fond, les paroles du Sauveur ne font que constater un fait triste: le figuier n'est pas entré dans le Royaume. Pourquoi? La question reste ouverte et le restera sans doute jusqu'à la fin des temps. Mais la question des disciples et la réponse du Sauveur se révèlent vraiment très intéressantes. Car il s'agit justement de ce qui peut permettre à l'homme d'éviter le sort du figuier desséché: la foi.
La foi est une notion vaste: elle comprend la fidélité, la confiance et l'assurance de la justesse du chemin choisi. Mais au fondement de tout se trouvent la volonté, le choix et la résolution, ce qui constitue le fondement de la vie spirituelle. C'est cette volonté et cette résolution qui déterminent ce que l'homme sera devant Dieu et devant les hommes, et dans quelle mesure le Royaume s'ouvrira à lui. Et Jésus attire l'attention de ses disciples sur un aspect très important de la volonté, comprise non comme un effort psychique, mais comme un acte spirituel: elle est indivisible. La vraie foi, comprise précisément comme volonté spirituelle, est toujours égale à elle-même; les notions de «plus» ou de «moins» sont ici hors de propos. Elle peut être minuscule du point de vue du monde non transfiguré, «comme un grain de moutarde», mais en elle se trouvent toute la plénitude du choix spirituel et tout le potentiel spirituel de l'homme, capable d'accomplir des miracles. Et, bien sûr, d'ouvrir à celui qui avance la route vers le Royaume.
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
N’est ce pas trop bien pour être la vérité ? On dirait que les doutes sont tout à fait justifiés: Nous ne faisons que demander, mais voila qu’il est impossible de tout recevoir.
Le verset d’aujourd’hui nous parle évidemment de ceci ; Il n’est pas en effet dit : « tout ce que vous demanderez, vous le recevrez ». On a ajouté la prière et la foi. Comment ça, demander à Dieu n’est pas la prière? Aa ah voila comment c’est, le mot « prière » est plus forte que la désignation de notre « donne- donne ». La bible est selon le contexte biblique la communication avec Dieu, c'est-à-dire la réalisation de notre besoin – être avec Lui et non juste recevoir quelque chose. C’est pourquoi il serait correct de ne pas demander et considérer cela comme la prière, mais de demeurer dans la prière (communication) et demander quelque chose au cours de cette prière.
Un autre point concerne la foi; Il s’agit ici avant tout de notre confiance a la bonté absolue de Dieu, c'est-à-dire accepter qu’Il veut pour nous quelque chose de meilleure, que nous ne pouvons nous imaginer. Ainsi, notre demande dans la prière sera précisément la recherche de ce que Dieu veut nous donner ; en outre Son désir et la possibilité de nous donner ce qu’on demande et notre acceptation de recevoir ce bienfait (la grâce) se rencontreront, et cela veut dire que la promesse donnée par Jésus dans ce verset s’accomplira.
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
La question des grands prêtres et des anciens, qu'ils posent à Jésus après la purification du temple du commerce, est transmise sous une forme quelque peu policée. En réalité, ils ne demandent pas l'origine du pouvoir du Christ, car cela obligerait à supposer l'existence de ce pouvoir, ce que ni les chefs religieux ni les chefs sociaux ne veulent faire. Dans le texte grec, ce n'est pas ici le mot kratos (pouvoir, puissance), habituellement employé au sens de pouvoir, qui est utilisé; au contraire, les grands prêtres et les scribes demandent au sujet de l'exousia (permission, droit). La même distinction est visible aussi dans d'autres langues, par exemple en latin. Ainsi, les grands prêtres parlent assez rudement: «Et de quel droit commandes-Tu ici? Et qui T'a donné ce droit?». Une telle formulation de la question nous la rend beaucoup plus familière, parce que nous la rencontrons constamment dans notre vie quotidienne.
C'est pourquoi une nuance importante se voit dans la question que le Christ leur renvoie. Lorsqu'Il les interroge sur l'origine du baptême de Jean, Il interroge sur les droits du Ciel. «Dans votre monde, Dieu a-t-Il des droits, et lesquels? Dieu a-t-Il le droit de faire quelque chose selon son propre vouloir?».
À notre époque, nous connaissons tous bien les droits de l'homme. Dans leurs temps anciens, les grands prêtres pensaient davantage aux droits de la société et de l'État. Mais personne ne pense aux droits et à la liberté de Dieu. Le ministère de Jean le Baptiste devient ainsi l'exemple de ce que le Créateur fait de sa propre initiative, selon son propre vouloir et hors du cadre des usages humains. C'est pourquoi la réponse évasive des grands prêtres, qu'ils voulaient rendre non négative, pour qu'on ne pense pas qu'ils critiquent un homme qui avait de l'autorité auprès du peuple, se révèle non affirmative: «Nous ne savons pas, disent-ils, si Dieu a des droits ou non». Et nous, le savons-nous?
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
Nous sommes habitués à penser que plus une personne possède de pouvoir, plus son rôle dans la société est important, plus elle doit se soucier de ce que l’on pensera d’elle. Dans le monde moderne, cela porte un beau nom: «image», c’est-à-dire, traduit de l’anglais, «apparence». Le mot est peut-être nouveau, mais le problème du choix de la bonne stratégie pour construire son image était clairement actuel il y a déjà deux mille ans. Les grands prêtres se trouvent dans une situation difficile: reconnaître Jean comme prophète et, par là même, comme on dit aujourd’hui, désavouer toutes leurs déclarations précédentes, ou bien redire à haute voix ce qui fera très probablement baisser fortement leur cote.
Et c’est précisément pour cela que Jésus refuse de poursuivre la conversation avec les pharisiens: cela n’a aucun sens. Ils ne peuvent même pas dire honnêtement ce qu’ils pensent vraiment. Terrible paradoxe: la créature parle avec le Créateur, mais elle ne se soucie que de son image, et non de demeurer image de Dieu.
Le patriarche Jacob n’a pas craint de lutter avec Dieu et il a reçu la bénédiction, mais la peur et le repli sur nous-mêmes nous cachent Dieu. Quel chemin choisissons-nous?
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
Le Seigneur ne permet aucun détour qui nous éviterait de professer directement et ouvertement notre foi et notre position dans la vie sur telle ou telle question. Pourtant, nous sommes plus enclins à attendre de Lui des signes, en cherchant à échapper à notre responsabilité, car si nous agissons ou parlons de la manière qui nous arrange, toute notre fausseté deviendra évidente. De même, les anciens tentent d'obliger Jésus Lui-même à répondre à Sa propre question au sujet de Jean, dans l'espoir secret de Le prendre au piège. « Nous ne savons pas » est une position très commode ; en parlant ainsi, les anciens continuent d'attendre quelque signe du Christ. Peut-être dira-t-Il que le baptême de Jean venait de Dieu, et l'on pourra Lui reprocher de S'être institué Lui-même. Peut-être condamnera-t-Il Jean, et l'on pourra alors trouver un terrain d'entente avec Lui. Le Christ parle avec les anciens et les scribes, mais eux ne parlent pas avec Lui : ils ne communiquent pas avec Lui et ne dialoguent pas, ils essaient de « régler le problème ». Mais le Seigneur ne le permet pas. Avec Lui, seul un dialogue direct et ouvert est possible.
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
«Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions», tout le monde connaît cette sagesse populaire. Pourquoi en est-il ainsi? C'est à méditer cela que nous conduit la parabole des deux fils. Nous acceptons facilement en paroles de faire le bien, car nous tirons alors plaisir de la pensée de notre propre justice. Mais la constance, la patience, l'ardeur au travail nous manquent à tous. Et nous ressemblons aux graines tombées sur les pierres. «L'esprit est ardent, mais la chair est faible», dit le Seigneur à un autre moment. Mais réfléchissons aussi à ce don étonnant du repentir qui nous est donné. Il nous reste toujours la possibilité d'une page blanche. Il n'est jamais trop tard pour rejeter le mal.
D'ailleurs, l'hypothèse des bonnes intentions non accomplies du fils qui a dit «j'y vais» n'est qu'une des interprétations possibles. Un autre sens peut être la piété ostentatoire, qui permet de glisser à la surface de la vie sans pénétrer la profondeur de ses problèmes.
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
La grande difficulté de notre vie à vous et à moi tient sans doute au fait que nous savons trop bien ce que nous devons être. Et, chose très paradoxale, cela vient d’une chose aussi admirable que la connaissance et l’amour de la Loi.
Nous essayons sur nous le costume de la vertu, et nous nous plaisons beaucoup à nous-mêmes en le portant. C’est pourquoi il nous est si difficile de reconnaître devant les hommes notre faiblesse, notre indignité, notre péché. Il nous est même parfois difficile de refuser quelqu’un qui nous demande quelque chose, si nous ne pouvons pas satisfaire sa demande, parce que nous n’avons pas envie de nous mettre dans la position d’une personne qui n’a pas aidé quelqu’un dans le besoin. Ce rôle nous déplaît.
La parabole dont nous parlons aujourd’hui a de nombreux sens. Mais en voici un : être toujours parfaitement honnête devant soi-même et devant celui qui vous demande quelque chose ou s’adresse à vous pour quelque chose. On entend parfois dire que cette parabole montre que les actes sont plus importants que les paroles. En aucun cas. En réalité, le second fils a péché deux fois : une première fois en ne disant pas à son père la vérité sur son refus intérieur d’aller travailler, et une seconde fois en n’allant pas travailler. C’est donc au contraire une parabole sur l’importance des paroles (le premier péché) et sur l’importance des actes (le second péché).
Le premier fils a-t-il péché ? Il semble que non, tout de même. Oui, il a attristé son père. Mais il a été honnête en parlant de son refus, honnête dans la description de son état intérieur, même s’il ne pouvait pas ne pas comprendre que cet état était peu honorable. Efforçons-nous d’avoir la même honnêteté. Bien sûr, il faut tâcher de cacher aux hommes ses mauvaises pensées, pour ne pas les scandaliser ; il s’agit d’autre chose : ne pas promettre plus que ce que nous pouvons réellement faire. C’est difficile, car la demande dépasse toujours nos possibilités et l’on veut toujours être bon pour chacun ; mais comprenons que c’est impossible, et cessons de nous admirer nous-mêmes, car nous faisons souffrir ceux qui ne comprennent pas pourquoi nous avons été si bons, puis pourquoi rien n’en est sorti.
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s'y trouvaient: il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : " Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! " |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s'approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu'il venait d'accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : " Hosanna au fils de David ! ", les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : " Tu entends ce qu'ils disent, ceux-là ? " - " Parfaitement, leur dit Jésus ; n'avez-vous jamais lu ce texte : De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t'es ménagé une louange ? " |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
Le passage composé d'aujourd'hui dans l'Évangile selon Matthieu raconte deux actions semblables du Seigneur Jésus-Christ, qui ont suscité un grand étonnement chez ceux qui en furent témoins. Ces deux moments, l'expulsion des vendeurs du Temple et le figuier desséché, s'inscrivent dans le cadre des «actions prophétiques» bien connues dans l'Ancien Testament. Ces actions sont accomplies sur l'ordre de Dieu et servent de paraboles visibles. Les prophètes les accomplissaient pour transmettre à leurs contemporains une révélation, et cela de manière à ce qu'elle reste longtemps dans les mémoires.
L'expulsion des vendeurs du Temple est directement l'accomplissement de ce qui était dit du Christ dans les Psaumes et chez les prophètes. Cette action est interprétée de façon tout à fait univoque comme l'accomplissement des prophéties; c'est pourquoi, littéralement dès le lendemain, les grands prêtres et les anciens demandent au Christ: «Par quelle autorité fais-Tu cela?». Le Seigneur ne leur donne pas de réponse directe, mais ses disciples, comme en témoignent les évangélistes, l'ont bien compris et s'en sont souvenus pour toujours.
Le figuier desséché suscite le plus souvent la question: «pourquoi?». Le figuier, bien sûr, n'est coupable de rien, mais depuis l'antiquité l'arbre était un symbole que les prophètes utilisaient souvent lui aussi. Ils disaient qu'Israël est la plantation de Dieu, nécessaire uniquement pour porter du fruit pour Dieu. Si cela ne se produit pas, l'existence de cette plantation perd son sens. C'est précisément vers cela que le Seigneur tourne ses disciples.
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