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RÉFLEXIONS pour 1Co 8:1-13

Pour ce qui est des viandes immolées aux idoles, nous avons tous la science, c'est entendu. Mais la science enfle ; c'est la charité qui édifie.
Si quelqu'un s'imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître;
mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui.
Donc, pour ce qui est de manger des viandes immolées aux idoles, nous savons qu'une idole n'est rien dans le monde et qu'il n'est de Dieu que le Dieu unique.
Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux - et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs -,
pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.
Mais tous n'ont pas la science. Certains, par suite de leur fréquentation encore récente des idoles, mangent les viandes immolées comme telles, et leur conscience, qui est faible, s'en trouve souillée.
Ce n'est pas un aliment, certes, qui nous rapprochera de Dieu. Si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins; et si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus.
Mais prenez garde que cette liberté dont vous usez ne devienne pour les faibles occasion de chute.
10 Si en effet quelqu'un te voit, toi qui as la science, attablé dans un temple d'idoles, sa conscience à lui qui est faible ne va-t-elle pas se croire autorisée à manger des viandes immolées aux idoles?
11 Et ta science alors va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort!
12 En péchant ainsi contre vos frères, en blessant leur conscience, qui est faible, c'est contre le Christ que vous péchez.
13 C'est pourquoi, si un aliment doit causer la chute de mon frère, je me passerai de viande à tout jamais, afin de ne pas causer la chute de mon frère.
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Aujourd’hui, nous lisons ces paroles étonnantes de l’apôtre Paul : « Si un aliment fait tomber mon frère, jamais plus je ne mangerai de viande, afin de ne pas faire tomber mon frère. » Paul comprend mieux que quiconque que les questions extérieures, comme la nourriture, les coutumes et les traditions, ne sont pas d’une importance primordiale. Comme il est agréable de dire : « Moi, je sais bien que tout cela n’a aucune importance ; je peux faire ce que je veux, et que les autres me regardent et m’envient »... Pour l’apôtre Paul, la nourriture n’est évidemment pas l’essentiel. L’essentiel pour lui, ce sont les hommes, ses frères. Afin de ne pas troubler un frère ni de le conduire à la condamnation, Paul est prêt à observer tous les rites et toutes les traditions, qu’ils aient un sens ou non.

Autres réflexions

 
Pour 1Co 8:1-6
Pour ce qui est des viandes immolées aux idoles, nous avons tous la science, c'est entendu. Mais la science enfle ; c'est la charité qui édifie.
Si quelqu'un s'imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître;
mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui.
Donc, pour ce qui est de manger des viandes immolées aux idoles, nous savons qu'une idole n'est rien dans le monde et qu'il n'est de Dieu que le Dieu unique.
Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux - et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs -,
pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.
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L'homme passe la plus grande partie de sa vie à acquérir certaines connaissances, officiellement à partir de 7 ans...  Lire la suite

L'homme passe la plus grande partie de sa vie à acquérir certaines connaissances : officiellement à partir de 7 ans, et en réalité beaucoup plus tôt, et au moins jusqu'à 23 ans, souvent plus longtemps, il étudie, étudie, étudie. Pour quoi faire ? Demandez à n'importe quel élève de première année pourquoi il va à l'école, et il répondra : « Pour acquérir des connaissances ». Les connaissances, les informations, sont dans notre civilisation le deuxième capital par ordre d'importance après l'argent. Et il faut remarquer que, de ce point de vue, le XXIe siècle ne diffère en rien du Ier. L'apôtre Paul lui-même, comme on le sait, était d'ailleurs un homme très instruit. Et soudain, de façon tout à fait inattendue, nous l'entendons dire : « Si quelqu'un pense connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ». Qu'est-ce que cela signifie ? Comment donc : nous passons la plus grande partie de notre vie à acquérir du savoir, et il s'avère que nous ne savons rien ? Et comment faut-il connaître ?

En réalité, la pensée de Paul est très simple. Notre savoir sec, intellectuel, mémorisé et appris, auquel nous consacrons tant d'efforts, est un trésor que nous acquérons sur la terre et non au ciel. Car devant Dieu il n'est rien ; il ne nous rapprochera pas d'un iota du mystère principal du christianisme, du mystère de la Croix du Seigneur et de Sa Résurrection. Du point de vue de la logique rationnelle, l'une et l'autre sont absurdes, paradoxales et inexplicables. Et quels que soient les systèmes théologiques que nous créions, rien ne changera dans notre vie, car l'essence de la Bonne Nouvelle restera pour nous une abstraction. L'apôtre ne nous indique qu'un seul chemin pour la comprendre : l'Amour. Car il n'y a réellement aucune logique dans l'amour infini et patient de Dieu pour le monde, amour jusqu'à la Croix. Car c'est seulement par Son amour que nous sommes tous vivants, car notre vie est Son don, non selon nos mérites, mais selon Son Amour pour chacun de nous. Simplement parce que c'est seulement par le Christ, c'est-à-dire grâce à Lui seul, que nous existons tous.

Il y a donc un seul moyen d'atteindre l'éternité, de faire en sorte que notre vie ne soit pas vécue en vain : porter dans le monde Son amour, qui est l'unique trésor que l'on puisse amasser au ciel et non sur la terre. Cela signifie-t-il qu'il ne faut pas étudier ? Pas du tout. Il faut simplement toujours se souvenir de la raison pour laquelle nous vivons et se demander sans cesse pourquoi nous avons besoin de ces connaissances. Il faut se souvenir que le bagage intellectuel n'est pas un but, mais l'un des moyens possibles de devenir tels que Dieu nous a voulus. Et il faut encore absolument se souvenir que la vraie connaissance, nous ne pouvons la recevoir que dans la communion avec Dieu.

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Pour 1Co 8:1
Pour ce qui est des viandes immolées aux idoles, nous avons tous la science, c'est entendu. Mais la science enfle ; c'est la charité qui édifie.
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Une grande partie de l’Écriture Sainte, surtout — de l’Ancien Testament, est consacrée à ce « qu’il faut faire ». Comment agir, comment construire sa vie et ses relations avec Dieu et avec les hommes, ce qui est obligatoire, ce qui est permis et ce qui est déconseillé à l’homme...  Lire la suite

Une grande partie de l’Écriture Sainte, surtout — de l’Ancien Testament, est consacrée à ce « qu’il faut faire ». Comment agir, comment construire sa vie et ses relations avec Dieu et avec les hommes, ce qui est obligatoire, ce qui est permis et ce qui est déconseillé à l’homme. Pourtant, cela pose un grand problème, au centre de l’attention du Nouveau Testament : nous aimons trop transformer ces représentations de ce « qu’il faut faire » en connaissances à l’apparence scientifique, et juger les autres à l’aide de celles-ci. Le Seigneur Jésus Christ en parle plus d’une fois, et l’apôtre Paul en parle aussi dans la Première épître aux Corinthiens. Avec l’aphorisme qui lui est souvent propre, il écrit : « ...la connaissance enfle, tandis que l’amour édifie ». Les verbes du texte grec sont nettement plus vifs que dans notre traduction synodale : « ...la connaissance gonfle, tandis que l’amour construit ».

En effet, la connaissance des commandements de l’Écriture comme système religieux peut te transformer en un type orgueilleux, gonflé, qui ne sait que faire la leçon aux autres et leur montrer leurs erreurs. L’édification de l’Église, l’une des notions clés de la théologie de l’apôtre Paul, exige davantage que la simple connaissance de ce « qu’il faut faire » : elle exige l’amour. Derrière ces paroles se cache une idée très importante et profonde de l’Église comme Corps du Christ. Mais plus largement encore : le sens des relations entre nous, la justification de notre existence et la vie elle-même ne peuvent être construits que par nous, et seulement par l’amour. La justice, c’est-à-dire la conformité à ce « qu’il faut faire », est loin de suffire pour cela.

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Pour 1Co 8:1
Pour ce qui est des viandes immolées aux idoles, nous avons tous la science, c'est entendu. Mais la science enfle ; c'est la charité qui édifie.
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Une bonne partie des Saintes Ecritures, particulièrement - l'Ancien testament, est consacrée au «comment il faut». Comment il faut agir, comment il faut construire la vie et les relations avec Dieu...  Lire la suite

Une bonne partie des Saintes Ecritures, particulièrement - l'Ancien testament, est consacrée au «comment il faut». Comment il faut agir, comment il faut construire la vie et les relations avec Dieu et les hommes, ce qui est obligatoire, ce qui est admissible, et ce qui est contre-indiqué à l’homme. Cependant est lié à cela un grand problème se trouvant au centre d'intérêt du Nouveau Testament: nous aimons trop transformer ces représentations sur «comment il faut», en connaissances pseudoscientifiques, et avec leur aide porter des jugements sur les autres. Le Seigneur Jésus-Christ parle plus d’une fois de cela, et l'apôtre Paul parle de cela dans la Première épître aux Corinthiens. Avec un aphorisme bien souvent propre à lui, il écrit : «... La science enfle, c’est la charité qui édifie». Les verbes du texte grec est considérablement plus vifs, que dans notre traduction de la Bible de Jérusalem : «... La science gonfle, c’est la charité qui construit».

En effet, la connaissance des préceptes des Saintes Ecritures comme un système religieux peut te transformer au type enflé (gonflé), ne sachant que faire la leçon aux autres et leur montrer leurs erreurs. L’édification de l'Église, une des notions clés de la théologie de l'apôtre Paul, demande plus, que juste la connaissance de «comment il faut», elle demande la charité. Derrière ces mots se cache une représentation très importante et profonde sur l'Église comme sur le Corps Christique. Mais est aussi plus large : la compréhension des relations entre nous, la justification de notre être et la vie elle-même ne peuvent être construite que par nous, et seulement par amour. La justice, c’est à dire la conformité au «comment il faut», est de loin insuffisante pour cela.

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Pour 1Co 8:2-3
Si quelqu'un s'imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître;
mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui.
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À partir du texte grec, les paroles de Paul peuvent être comprises de deux manières: ou bien l'homme sûr de son savoir ne sait en réalité rien comme il faut, ou bien toutes les connaissances d'un tel connaisseur, quoi et combien qu'il sache, ne valent rien en comparaison de la connaissance authentique dont il n'a même pas idée. Au fond, l'apôtre revient ici de nouveau à...  Lire la suite

À partir du texte grec, les paroles de Paul peuvent être comprises de deux manières: ou bien l'homme sûr de son savoir ne sait en réalité rien comme il faut, ou bien toutes les connaissances d'un tel connaisseur, quoi et combien qu'il sache, ne valent rien en comparaison de la connaissance authentique dont il n'a même pas idée. Au fond, l'apôtre revient ici de nouveau à ce thème de la pauvreté qu'il a déjà abordé plus d'une fois dans son épître aux chrétiens de Corinthe. Et aussi au thème de la « folie pour le Christ », ou plus exactement de ce que ce monde considère comme folie en regardant les chrétiens et leur vie. Car cette pauvreté dont Paul parle à la suite de Jésus lui-même, et dont, bien avant, des siècles avant la venue du Christ, parlait déjà l'un des grands prophètes d'Israël, Isaïe de Jérusalem, suppose une attitude correspondante non seulement envers les biens ou le statut social, mais aussi envers les connaissances, la religiosité, la piété et même ses propres « réalisations » ascétiques.

Pour le pauvre de Dieu, rien de ce qui vient d'être énuméré n'a de valeur autonome, y compris la connaissance, et non seulement la connaissance théorique, spéculative, mais même l'expérience mystique, qui ouvre à première vue bien davantage que toute spéculation. Le pauvre de Dieu comprend parfaitement que tout cela en soi, y compris les connaissances et même l'expérience mystique, ne le rapproche pas de Dieu. Or être en présence de Dieu est l'unique chose qui, dans la vie spirituelle, ait sens et importance, et qui ne dépende pas de l'homme. L'homme peut seulement demander une telle proximité et y tendre, mais il ne peut ni l'atteindre ni la mériter par ses propres forces de sorte qu'elle lui appartienne de droit ou par mérite.

S'il en est ainsi, toute connaissance humaine comme telle ne vaut rien, et l'homme qui pense savoir quelque chose, premièrement, ne comprend pas ce qui est principal et véritable dans la vie spirituelle, et deuxièmement, se trompe en prenant pour réel ce qui ne l'est pas, la seconde chose étant généralement la conséquence de la première. C'est ce rappel de l'égarement spirituel que fait l'apôtre, le considérant comme assez dangereux: car il crée l'illusion d'une vie spirituelle et d'un chemin spirituel là où, en réalité, il n'y a ni l'une ni l'autre.

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Pour 1Co 8:5-6
Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux - et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs -,
pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.
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Aux temps évangéliques, il existait dans le monde païen une multitude de religions. Paul le savait parfaitement, bien sûr: il était né à Tarse, dans une ville païenne. Au cours de sa vie, il lui fallut voir une multitude...  Lire la suite

Aux temps évangéliques, il existait dans le monde païen une multitude de religions. Paul le savait parfaitement, bien sûr: il était né à Tarse, dans une ville païenne. Au cours de sa vie, il lui fallut voir une multitude de dieux et de cultes très différents. Et il ne tente nullement d'en nier l'existence; il leur donne seulement l'évaluation qui convient. « Ce qu'on appelle des dieux », dit-il à leur sujet. Et il ajoute: dans le monde, il y a beaucoup de dieux, et beaucoup de seigneurs aussi. Mais Dieu avec une majuscule est un. Ainsi l'apôtre définit l'attitude du christianisme, et du monothéisme en général, envers le paganisme.

Les chrétiens, comme les autres monothéistes, regardent la vie religieuse de façon tout à fait réaliste. Il est absurde de nier ce qui est une réalité pour le païen. Après tout, ce ne sont pas la nature, mais l'homme qui engendre les dieux. C'est lui qui se crée des dieux à son image et à sa ressemblance, et qui en fait ses seigneurs, bien qu'il lui semble que ce sont les dieux qui existent pour lui, qu'ils le protègent et l'aident.

En réalité, il se trouve qu'il ne peut pas vivre sans eux. Les dieux que crée l'imagination humaine deviennent réellement pour l'homme des seigneurs, ses maîtres, nullement imaginaires, mais bien réels. Et seul le vrai Dieu, celui qui s'écrit avec une majuscule, libère l'homme. Ce n'est pas étonnant: l'homme déchu ne se créera pas des dieux capables de le libérer de lui-même. Cela ressemblerait surtout à une tentative de se tirer soi-même d'un marécage par les cheveux. Il en va autrement du vrai Dieu: ce n'est pas l'homme qui l'a créé. Au contraire, c'est lui qui a créé l'homme, et lui seul peut sauver sa création et la libérer du péché.

Seulement les hommes ne le comprennent pas toujours. Pour l'homme déchu, ses propres dieux restent plus familiers. Peut-être ne peuvent-ils pas toujours aider, mais ils n'exigent pas de renoncer au monde, certes déchu, mais connu et habituel. Le vrai Dieu, lui, en sauvant, conduira dans son Royaume. On ne peut pas aider l'homme autrement. Et là, il faudra se décider à de sérieux changements, ou bien rester avec ses dieux, avec ses péchés et avec ses maîtres.

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Pour 1Co 8:7-13
Mais tous n'ont pas la science. Certains, par suite de leur fréquentation encore récente des idoles, mangent les viandes immolées comme telles, et leur conscience, qui est faible, s'en trouve souillée.
Ce n'est pas un aliment, certes, qui nous rapprochera de Dieu. Si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins; et si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus.
Mais prenez garde que cette liberté dont vous usez ne devienne pour les faibles occasion de chute.
10 Si en effet quelqu'un te voit, toi qui as la science, attablé dans un temple d'idoles, sa conscience à lui qui est faible ne va-t-elle pas se croire autorisée à manger des viandes immolées aux idoles?
11 Et ta science alors va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort!
12 En péchant ainsi contre vos frères, en blessant leur conscience, qui est faible, c'est contre le Christ que vous péchez.
13 C'est pourquoi, si un aliment doit causer la chute de mon frère, je me passerai de viande à tout jamais, afin de ne pas causer la chute de mon frère.
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Poursuivant la conversation sur l'amour et la liberté, Paul indique le fait que, dans...  Lire la suite

Poursuivant la conversation sur l'amour et la liberté, Paul indique le fait que, dans le Royaume, l'un est inséparable de l'autre. C'est dans une telle unité que se trouve pour lui, manifestement, la vraie connaissance. Pour l'habitant du Royaume, la connaissance n'est pas simplement une information sur l'état des choses, mais aussi la compréhension de la manière d'utiliser cette information afin de ne pas causer de dommage spirituel au prochain.

L'Église n'est pas une organisation scientifique qui se fixe pour but de connaître et de décrire aussi complètement que possible les lois de la vie spirituelle ; elle est une communauté d'habitants du Royaume, dont la tâche principale est le salut de chacun de ceux qui veulent être sauvés. Pour résoudre cette tâche, surtout compte tenu de la corruption de la nature humaine déchue, le traitement se révèle parfois plus important que l'enseignement. Dans ce cas, toute connaissance doit être envisagée précisément du point de vue thérapeutique : aidera-t-elle le frère qui n'est pas encore spirituellement affermi à devenir plus fort et à s'enraciner dans la vie du Royaume, ou bien, au contraire, ne fera-t-elle que lui infliger une blessure intérieure dont il devra peut-être se remettre pendant plus d'un jour ? La nourriture, pour la vie spirituelle, n'est certes pas un facteur décisif ; mais que se passera-t-il si la question de la nourriture devient une pierre d'achoppement pour ceux qui ne sont pas encore prêts à la plénitude de la liberté du Royaume (v. 8-9) ? Leurs corps, bien sûr, ne seront pas souillés par la nourriture, mais les tourments de conscience au sujet d'un péché commis, fût-il imaginaire, peuvent très bien souiller leur âme et les gêner sur le chemin spirituel (v. 7).

Le principe de la « Torah naturelle » fonctionne ici aussi : de même que Dieu juge les païens conformément au niveau de leur développement moral, de même Il juge les personnes religieuses selon la mesure de leur religiosité. Et si une personne religieuse, imitant extérieurement cette liberté spirituelle qu'elle ne possède pas en réalité, se met à violer des normes et des règles qu'au fond d'elle-même elle considère comme obligatoires pour elle, une telle violation deviendra pour elle un péché bien réel. Ainsi, la démonstration de la liberté spirituelle devant ceux qui n'y sont pas prêts peut se révéler spirituellement destructrice pour eux (v. 9-11).

Ce n'est pas étonnant, car la liberté spirituelle n'est pas tout à fait la même chose que la liberté de choix dans notre monde qui n'est pas encore transfiguré. Ici, elle n'est qu'une possibilité ; là, elle est déjà réalisation. Et si l'homme ne sait pas encore utiliser les possibilités que lui offre la vie du Royaume, il vaut mieux qu'il use de la mesure de liberté qu'il peut supporter sans se briser spirituellement. Tous les autres doivent tenir compte de cette mesure s'ils ne veulent pas blesser leur prochain ni détruire l'oeuvre commencée par le Sauveur (v. 12-13).

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Pour 1Co 8:8-9
Ce n'est pas un aliment, certes, qui nous rapprochera de Dieu. Si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins; et si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus.
Mais prenez garde que cette liberté dont vous usez ne devienne pour les faibles occasion de chute.
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La nourriture dite offerte aux idoles était un problème assez sérieux pour les premiers chrétiens. Le problème tenait au fait qu'une même communauté ecclésiale pouvait fort bien réunir des Juifs et d'anciens païens récemment convertis. Il importe de se rappeler...  Lire la suite

La nourriture dite offerte aux idoles était un problème assez sérieux pour les premiers chrétiens. Le problème tenait au fait qu'une même communauté ecclésiale pouvait fort bien réunir des Juifs et d'anciens païens récemment convertis. Il importe de se rappeler ceci: le paganisme de masse des temps évangéliques n'était déjà plus un phénomène profondément religieux. Ceux que nous appelons païens, il serait plus exact de les appeler simplement des gens séculiers; la plupart d'entre eux, avant leur conversion au Christ, pensaient peu à la religion, s'ils y pensaient jamais. Ces gens mangeaient habituellement la nourriture qui leur était familière, sans penser du tout, ou peut-être en oubliant complètement, que, formellement, la viande achetée par exemple au marché de la ville avait été consacrée aux dieux protecteurs de ce même marché.

Il en résultait que, formellement, toute la nourriture vendue sur les marchés était consacrée aux dieux païens, elle était toute offerte aux idoles, mais les anciens païens convertis au Christ ne s'en inquiétaient pas plus qu'avant leur conversion. Ils ne pensaient tout simplement à aucun dieu ni à aucune religion lorsqu'ils faisaient leurs achats au marché de la ville, ni avant leur conversion, ni après. Les chrétiens d'origine juive, eux, prenaient tout cela beaucoup plus au sérieux: ils n'achetaient jamais de viande ni d'autres produits au marché de la ville; ils avaient leurs propres boutiques, où tous les produits étaient garantis casher.

Bien sûr, après la venue du Christ, tout ce qui vient d'être décrit n'avait plus d'importance de principe, d'autant moins pour les païens, à qui personne n'avait jamais demandé d'observer la cacherout. Néanmoins, lorsque des Juifs et d'anciens païens se retrouvaient à la même table, il arrivait que sur cette table apparaisse une nourriture formellement consacrée aux dieux païens; et si, pour les anciens païens, cette consécration ne signifiait absolument rien et ne changeait rien, pour les Juifs la situation devenait manifestement une occasion de chute. Ils ne parvenaient pas à se défaire de l'idée qu'ils péchaient contre Dieu en mangeant une nourriture consacrée aux dieux païens, et leur conscience les condamnait, bien qu'ils n'eussent objectivement aucune raison de s'inquiéter. Et dans une telle situation, Paul conseille de ne pas ignorer ce genre d'inquiétude. Il ne faut pas placer un frère dans une situation difficile pour lui et grosse d'une occasion de chute, si l'on peut l'éviter. Bien sûr, une question peut se poser: jusqu'où peuvent aller les exigences de ceux qui se scandalisent tantôt de ceci, tantôt de cela, et à quoi vaut-il vraiment la peine de renoncer pour tenir compte de la délicatesse religieuse d'autrui?

La réponse n'est pas difficile à trouver dans l'épître de l'apôtre: il y est question de choses spirituellement indifférentes pour celui qui est prêt à faire un pas vers l'autre. De ce qui ne touche pas l'essence de sa vie spirituelle. Pour un ancien païen, par exemple, il était totalement indifférent que la viande posée sur la table fût casher ou qu'elle eût été achetée au marché de la ville. Dans ce cas, il vaut mieux aller au-devant de celui pour qui cela n'est pas indifférent: car la vie spirituelle de l'ancien païen ne souffre nullement d'un tel pas.

Mais la vie spirituelle de son frère juif peut en souffrir: une discorde intérieure constante ne favorise nullement une vie spirituelle normale. Telle est la règle générale que Paul conseille de suivre: l'homme religieusement moins scrupuleux doit céder à l'homme religieusement plus scrupuleux dans la mesure où de telles concessions ne détruisent pas sa propre vie spirituelle. Alors beaucoup de problèmes de la vie ecclésiale se résoudront d'eux-mêmes, et il y aura davantage de paix dans les assemblées de l'Église.

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